*~Tetsuyaoi~*

Loup y es-tu ?

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Loup y es-tu ?

Message par Mili le Lun 9 Juin - 20:59

Prologue

Jerôme regardait les vagues à perte de vue. Aujourd'hui, premier jour de juillet, débutait la colonie de vacances. Il avait donc reccueilli dans son auberge une trentaine de gamins, et sept moniteurs. Il habitait depuis toujours dans cette maison, qu'il avait transformée en auberge à la mort de ses parents. Son frère et sa soeur étaient également propriétaires, et il leur versait une rente tous les mois, depuis près d'un an. Ainsi, il avait calculé que dans cinq ans, il serait le propriétaire de cette maison.
Les enfants étaient couchés depuis un moment déjà, et il aimait la solitude. Il pouvait souffler, enfin. Car lorsqu'il louait l'auberge à cette colonie, il devait servir de moniteur. Il aimait bien les gamins, et il avait l'habitude, avec ceux de son frère, mais il ignorait s'il parviendrait à les supporter tout un mois.

-Vous êtes seul ?
Jerôme se retourna. Ses yeux verts se posèrent sur Amélie, une monitrice. Elle avait une vingtaine d'année, plutôt jolie, souriante. Elle plaisait sûrement aux hommes.
-Oui, répondit-il, j'avais envie de profiter de l'air du large et me reposer un moment, maintenant que les enfants sont couchés.
-Vous n'aimez pas les enfants ?
-Si, mais je préfère les loups.
-Les loups ?
-Il y a un parc zoologique avec des loups, à une cinquantaine de kilomètres. Ce serait bien d'y aller, pendant la colo. C'est l'occasion d'une belle ballade, et je pense que les enfants vont adorer.
-J'aime beaucoup les loups, moi aussi. J'ai adoré Croc Blancs.
-C'est un film magnifique, mais à choisir, je préfère Wolf's Rain.
-Qu'est-ce que c'est ? Un film ?
-C'est un anime japonais, expliqua Jerôme. Les héros sont des loups qui ont la faculté d'être vus sous apparence humaine pour ne pas être tués par les humains. Dedans, il y a un loup magnifique, blanc, majestueux. Il s'appelle Kiba. Et lorsqu'on le voit sous son apparence humaine, je baverais presque. C'est lui qui m'a fait autant aimer les loups. Si mon beau Kiba existe, qu'il se présente à moi, et je ne le laisse jamais repartir...
-Est-ce vraiment le loup que vous aimez ?
-Pas uniquement. L'homme me plaît beaucoup également.


Chapitre 01

Louis, un des moniteurs, soupira. Il n'était vraiment pas habitué à courir et jouer avec les enfants. Il était littéralement exténué.
-Je t'ai attrapé, lança un enfant, c'est toi le chat !
Louis courut après les enfants, glissa sur un galet, et tomba.
Jerôme, ayant assisté à la scène, intervint rapidement. Il alla vérifier l'état de Louis, et lorsque ce dernier annonça qu'il ne pouvait plus marcher, il appela les secours.
-C'est le deuxième jour, et nous voilà déjà avec un moniteur en moins, s'énerva Héléna, la directrice de la colonie.
-On a qu'à appeler Wolfy ! répondit une enfant.
-Mélanie ! s'exclama sa soeur.
L'adolescente de treize ans sourit à Héléna et expliqua :
-Wolfy est le baby-sitter de Mélanie et notre voisin. Il s'occupe de ma soeur et de presque toute sa classe quand ils ont fini l'école et que les parents ne peuvent pas venir les chercher. Son vrai nom est Orrin.
-Et ça se passe bien avec les enfants ?
-Je me souviens de l'époque où il me gardait, répondit Laetitia, la soeur de Mélanie, en souriant. Il n'élevait jamais la voix et pourtant, il arrivait même à nous faire ranger nos jouets.
-Etant donné qu'il nous manque un moniteur... où peut-on joindre cet Orrin ?
-Moi, je ne sais pas, dit Laetitia, mais ma mère doit avoir son numéro. Je peux l'appeler si vous voulez.

Une ambulance emmena Louis à l'hôpital. Il avait probablement la cheville foulée, et ne serait certainement pas opérationnel avant la fin des vacances. Jérôme rejoignit Héléna dans son bureau afin de lui annoncer la nouvelle. Il s'attendait à subir les foudres de la directrice, mais c'est avec un immense sourire qu'elle répondit :
-Ne vous en faites pas, Jérôme, nous avons un remplaçant sous le coude. J'allais justement l'appeler. Je vais mettre l'interphone, pour que vous puissiez prendre part à la discussion, car s'il est d'accord, j'aurai besoin que vous alliez le chercher, il habite à moins de 100 kilomètres et vous êtes le seul à posséder une voiture. Il s'appelle Orrin, il garde des enfants le soir et pendant les vacances pour se faire de l'argent. Les enfants l'aiment beaucoup. Il a 23 ans.
Jérôme était sur le point de protester, aussi, Héléna reprit :
-Nous vous payons cinquante centime du kilomètre.
-Très bien...
-Je l'appelle !
Héléna composa le numéro. A la troisième sonnerie, une voix grave retentit.
-Allô ?
-Vous êtes Orrin ?
-C'est bien moi.
-Je me présente, je m'appelle Héléna, et je suis la directrice d'une colonie de vacances. Un de mes moniteurs vient d'avoir un accident, et Mélanie et Laetitia m'ont suggéré de vous appeler.
-Les pestes, sourit Orrin, même pendant les vacances, elles ne me laissent aucun répit ! Où êtes-vous situés ?
Héléna indiqua le lieu de l'auberge de Jérôme. Puis elle ajouta :
-Vous n'aurez pas de frais de transport à payer, j'enverrai quelqu'un vous chercher demain si vous acceptez.
-Aurais-je à travailler de nuit ?
-Hé bien, sauf si un des enfants est malade, non, pas vraiment, pourquoi ?
-J'ai une exigence. Je ne souhaite pas être dérangé durant les nuits de pleine lune. Donc pendant la semaine de la pleine lune, laissez-moi tranquille la nuit.
-Très bien, s'il n'y a que ça, répondit Héléna.
-Alors nous sommes d'accord. Quand vient-on me chercher ?
-Jérôme ? demanda Helena.

Jérôme était hypnotisé par cette voix virile et souriante. Rien qu'à l'entendre, il sentait ses poils se hérisser. Pire : il sentait son boxer le serrer.
-Jérôme ? répéta Héléna.
Le jeune homme sortit de ses songes.
-Oui ? Pardon Héléna.
-A quelle heure allez-vous chercher Orrin ?
-A 10 heures, ça vous va ? Ainsi, nous devrions être arrivés pour le déjeuner.
-Parfait, dit Orrin.
-Alors à demain, Orrin, dit Héléna avant de raccrocher.
Elle sourit à Jérôme.
-J'espère que vous n'êtes pas aussi distrait au volant.
Jérôme ne répondit que par un sourire. Il était impatient de voir le nouveau, le lendemain.


Chapitre 02

Jérôme se gara devant l'appartement indiqué. Il sortit de la voiture, fit quelques pas pour se détendre les jambes, puis il monta les marches du perron. Il sonna. Quelques instants plus tard, un homme ouvrit la porte. Il mesurait plus d'1,80m, assez svelte, il possédait de magnifiques yeux légèrement bridés, si noirs qu'on les aurait dit dorés. Ses longs cheveux noirs dépassaient ses épaules et étaient ornés de perles en bois. L'inconnu était vêtu d'un jean, de mocassins en daim, et d'une chemise en jean à franges.
Cet homme était Indien. Et il était magnifique.
-Vous... vous êtes Orrin ? demanda Jérôme.
-Et vous Jérôme ? demanda Orrin avec un sourire. Entrez. Vous voulez boire un café ou quelque chose d'autre ?
-De l'eau, merci, répondit Jérôme troublé.
Il sortit son téléphone portable et composa le numéro de Héléna.
-Oui ?
-C'est Jérôme. J'ai trouvé Orrin.
-Très bien, vous partez ?
Jérôme demanda à Orrin :
-Quand partons-nous ?
Orrin indiqua sa valise d'un geste du menton et dit :
-Quand vous voulez. Au fait, cela vous intéresse que j'apprenne aux enfants à faire des bijoux en métal ?
Jérôme répéta la proposition à Héléna qui s'enthousiasma immédiatement. Orrin prépara son matériel, puis suivit Jérôme à sa voiture. Tous deux chargèrent le coffre, et prirent la route.
Jérôme avait un mal fou à se concentrer sur sa voiture. Son voisin était si beau, si viril...

Orrin regarda à la dérobée le conducteur de la voiture. Jérôme était presque aussi grand que lui, il avait de courts cheveux blond vénitien, et un regard bleu tirant sur le vert. Toutefois, ce qu'il avait remarqué en premier, c'était sa bouche. Charnue, souriante, amicale. Le genre de bouche qui a du mal à rester fermer. Et pour preuve...
-J'ignorais qu'il y avait des Indiens en France.
-Comme vous voyez.
Son père était canadien et sa mère française. Tous deux se sont rencontrés quand sa mère est allée faire ses études au Canada, il y a bien longtemps. Une fois ses études terminées, elle est rentrée en France, et son père l'a suivie. Mais Orrin n'avait pas du tout l'intention de raconter sa vie à un inconnu, lui qui n'aimait pas particulièrement parler.
Peu loquace, il croisa les bras et regarda le paysage défiler par le fenêtre. En ce début de vacances, le temps était magnifique.
-Que veut dire votre prénom dans votre langue ? demanda Jérôme.
-Que signifie le vôtre ? rétorqua Orrin.
-Euh... rien à ma connaissance.
-Pourquoi le mien aurait-il un sens ?
-Les Indiens ont tous des noms ayant un sens, à la télé : Nuage Dansant, Petite Belette, Loup Hurlant...
-Orrin ne veut dire qu'une seule chose : Orrin. Je ne suis pas à la télé.
Orrin sourit intérieurement. "Loup Hurlant", quelle nom grotesque. Surtout pour lui !

La voiture arriva enfin à l'auberge.
-L'aile principale est destinée aux invités, expliqua Jérôme. Cependant, je n'ai plus de chambre de libre. Vous occuperez donc une chambre de l'aile nord en attendant que Louis reparte.
-Parfait.
-Je vous guide à votre chambre. Rejoignez-nous au restaurent dans une demi-heure pour le déjeuner.
Orrin suivit Jérôme dans l'immense demeure. Il portait son matériel pour fabriquer les bijoux, et Jérôme portait sa valise. Son hôte s'arrêta devant une chambre.
-Voilà, faites comme chez vous.
-Inutile que je déballe toutes mes affaires si je dois changer de chambre bientôt.
-A votre guise.
Jérôme quitta la chambre. Orrin rangea quelques affaires, et laissa le reste dans sa valise. Il jeta un oeil à son calendrier : la pleine lune n'arriverait que la semaine suivante, pas besoin de s'inquiéter pour le moment.

Mili
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Re: Loup y es-tu ?

Message par Mili le Lun 9 Juin - 21:00

Chapitre 03

Orrin sortit de sa chambre et trouva le restaurant après s'être perdu deux fois dans l'immensité de cette maison. Les enfants étaient devant, et attendaient le moment où ils pourraient rentrer. Jérôme rejoignit Orrin et dit :
-Viens, je vais te présenter aux autres.
Il le précéda vers le groupe d'enfants et de moniteurs.
-Je vous présente Orrin, il remplacera Louis à partir de maintenant.
-Wolfy !!!!!
Le jeune homme eut tout juste le temps d'ouvrir les bras alors que Mélanie lui sautait dessus. Il lui ébourriffa les cheveux et chuchota :
-Ne m'appelle pas ainsi.
-Promis, répondit la gamine avec un sourire malicieux.
Orrin lui rendit son sourire, puis fit la connaissance de Héléna, et des moniteurs : Amélie, Thérésa, Jasmine, Noémie, et Jean-Luc.
La journée se passa bien, même si Orrin ne put avoir deux minutes de tranquillité, Mélanie passait son temps à le coller. Le soir, lorsque les enfants furent couchés, il alla se promener un moment sur la plage.
-Qu'est-ce que tu lui as fait, à cette gosse, pour qu'elle soit dingue de toi à ce point ?
Orrin se retourna et vit Jérôme. Les moniteurs avaient décidé de se tutoyer, pour plus de praticité.
-Rien de spécial. Disons qu'elle connaît un de mes plus grands secrets. Et elle veut que je l'épouse plus tard sinon elle révèle mon secret.
-Je vois, sourit Jérôme. Ah les filles...
-Elle n'a que 8 ans ! soupira Orrin. J'adore cette gosse, mais pas... pas comme ça !
-J'imagine bien, oui...
Jérôme réfléchit, puis dit :
-Je crois avoir une idée...
-Ah ?
-Si elle nous voit ensemble, elle n'aura plus envie de t'épouser ! lança Jérôme.
Orrin le dévisagea.
-Ca va, je plaisantais ! C'est une autre idée. Bon, je vais me coucher, je suis mort, avec tous les kilomètres que je me suis tapé aujourd'hui.
-Bonne nuit.
Orrin resta assis sur la grève encore un moment, puis il décida, lui aussi, d'aller se coucher. Il regagna sa chambre, se déshabilla, et vêtu d'un peignoir, alla à la salle de bains. Il ouvrit la porte, et vit Jérôme, complétement nu, sous la douche.
-D... Désolé, bredouilla Orrin.
-Entre, il y a de la place pour deux, dit Jérôme avec un sourire.
-Merci, je repasserai.
Orrin retourna dans sa chambre, cachant la bosse sous son peignoir en tenant une serviette devant lui.

Jérôme regarda le bel Indien quitter la salle de bains. Manifestement, ce dernier n'aimait pas les hommes. Pourtant, il était si beau, avec sa peau bronzée, ses mains aux longs doigts fins qui devaient savoir faire des choses délicieuses... Et ses cheveux... Jérôme ferma les yeux et imagina Orrin, allongé sur lui, ses magnifiques cheveux noirs venant lui chatouiller le visage au rythme de ses coups de reins. Il imagina l'éclat que prendraient ses magnifiques yeux noirs au moment de la jouissance.
Pourquoi se sentait-il autant attiré par cet homme ? Ce n'était pas uniquement son apparence physique, qui mettait Jérôme dans tous ses états. Une aura dangereuse émanait de lui, une aura sauvage, animale...
Frustré, Jérôme se soulagea dans la douche.

Le lendemain, Jérôme décida de tenir parole. Il avait une idée pour que la petite Mélanie cesse de coller Orrin. Aussi, au moment du temps mort, juste après le déjeuner, il proposa :
-Aujourd'hui, pendant que vous êtes allongés, je vais vous raconter une histoire.
-Ouais ! s'exclamèrent les enfants.
-Voilà, c'est l'histoire d'une grande et belle dame. Elle est riche, possède de beaux bijoux. Mais son bijou le plus précieux est un collier. Ce collier est transmis dans sa famille de mère en fille, et la dame y tient plus que tout. Un jour, alors qu'elle part faire une promenade à cheval, elle perd son beau collier. Un de ses domestiques trouve le collier, le range dans sa poche. Le domestique est amoureux de la dame depuis longtemps, et quelques jours plus tard, il va voir la dame. Elle est triste, désespérée, comme elle a perdu son collier familial. Le domestique lui dit alors qu'il a trouvé le collier, mais qu'il ne le lui rendra que si elle accepte de l'épouser. La pauvre dame ne sait pas quoi faire. Elle tient à son collier, mais de là à se marier avec un domestique... Elle n'est pas amoureuse de lui, et les barrières sociales les séparent. Finalement, le domestique lui rend le collier et part travailler ailleurs.
Orrin sourit en entendant cette histoire. Il fit un clin d'oeil à Jérôme pour le remercier.
-A votre avis, le domestique a bien fait ?
-Non, répondit Mélanie. C'est nul ! S'il aimait autant la dame, il n'aurait pas dû abandonner.
-Même si la dame ne l'aimait pas ?
-La dame aurait pu être heureuse avec lui, s'il l'aimait.
-L'amour ne se passe pas à sens unique. Le domestique avait beau aimer la dame de tout son coeur, puisque la dame ne l'aimait pas, elle n'aurait jamais pu être heureuse avec lui. Tu ne penses pas, Mélanie ?
La fillette soupira, mais ne répondit rien.


Chapitre 04

Les enfants jouaient sur la plage. Ils couraient, se baignaient, criaient, sous l'oeil vigilant des moniteurs. Orrin ne faisait pas exception. Vêtu d'un maillot de bain noir tout simple, il regardait autour de lui et aucun détail n'échappait à son regard d'aigle.
Une immense vague se lança sur les enfants, et ils nagèrent en riant pour échapper à la vague. Toutefois, Mélanie ne bougea pas et fut emmenée plus loin. Orrin n'hésita pas une seconde, il courut dans l'eau et nagea le plus vite possible. Mélanie n'était plus visible. Le jeune homme regarda sous l'eau et vit l'enfant, au loin, immobile.
Désespéré, Orrin se dit qu'il n'arriverait jamais à temps. Il plongea sous l'eau, à l'abris des regards. Ses muscles se décuplèrent, une fourrure poussa sur son corps, et il nagea beaucoup plus vite. Il saisit Mélanie par le bras et la ramena à la surface pour qu'elle puisse respirer. Il resta lui-même sous l'eau, afin de ne pas être vu. Il regagna la plage, et pendant sa nage, sa carure redevint celle d'un homme, sa fourrure se dissipa.
Il était éssouflé d'être resté si longtemps en apnée. Toutefois, il prit le temps de poser Mélanie sur le sol. Il appuya trois fois sur son thorax. L'enfant toussa, recracha l'eau qu'elle avait avalé, vômit, puis pleura. Elle se jeta dans les bras d'Orrin, agenouillé près d'elle.
-Wolfy, pardon...
-Mélanie, reste calme, tu as été choquée.
Il caressa les cheveux de l'enfant pour la rassurer. Toutefois, elle pleurait toujours.
-Je pensais à l'histoire que Jérôme nous avait racontée, et je n'ai pas vu la vague. J'ai été égoïste, pardon Wolfy... euh... Orrin. Pardon...
Le jeune homme embrassa le front de Mélanie puis lui sourit.
-Ne t'en fais pas, tout va bien.
-Tu ne m'en veux pas ?
-Tu es ma petite soeur, non ? répondit Orrin avec un clin d'oeil.
-Tout va bien ? demanda Héléna en arrivant avec Jérôme.
-Oui, ça va, Mélanie a juste été choquée.
-Je vais bien, confirma l'enfant.
-Je l'emmène se reposer, dit Orrin.
-Très bien, dit Héléna.
-Tu risques de t'ennuyer, non ? demanda Jérôme.
-Pas de problème, j'ai une commande à honnorer.
-Une commande ?
-De bijoux. Je les vends pour gagner un peu d'argent.
Orrin rentra à l'auberge avec Mélanie, il alla prendre une douche pendant qu'elle faisait de même. Puis il resta près d'elle pendant qu'elle dormait, à entortiller des fils, sculpter le métal, et assembler. Tout en travaillant, il pensait à Jérôme. Il ne l'aurait avoué pour rien au monde, mais sa proposition de douche à deux l'avait bien tenté. Ce serait si bon de passer ses doigts dans ses cheveux blonds, de caresser sa poitrine lisse, de sentir ses mains...
Se sentant réagir, Orrin préféra se concentrer sur son travail.

Jérôme, tout en surveillant les enfants, pesta intérieurement. Sans Orrin à regarder, il s'ennuyait copieusement, sur cette plage. Orrin en maillot de bains, un vrai régal. Ses magnifiques cheveux flottaient sur ses épaules cuivrées, une fine ligne de poils noirs descendait sous sa ceinture...
-Jérôme ? Décidément, souvent en train de rêvasser en ce moment.
Le moniteur sourit à Héléna.
-Désolé, tu disais ?
-Je disais "on y va, c'est l'heure du goûter."
Il n'en fallut pas plus à Jérôme. Il aida les autres à rassembler les enfants, puis une fois de retour à l'auberge, il frappa discrètement à la porte de la chambre de Mélanie.
-Comment va-t-elle ? chuchota-t-il à l'attention d'Orrin.
-Elle dort depuis tout à l'heure.
Trouvant un prétexte pour s'approcher du bel Indien, il demanda :
-C'est ça, les bijoux que tu fabriques ?
-Oui.
-C'est joli. Tu fais ça depuis combien de temps ?
-Treize ans.
-Tu as appris seul ?
-Non.
-On dirait que tu as appris seul à parler, par contre...
-Hein ?
Orrin baissa les yeux, gêné.
-Désolé, je ne suis pas à l'aise pour parler de moi. Je n'ai rien d'intéressant à dire, alors je me contente de répondre par des phrases courtes.
-Bravo, deux phrases d'affilée ! se moqua Jérôme. C'est ton record, ou bien...
Orrin sourit.
-Je peux même en dire trois, parfois, tu sais.
-Tu m'impressionnes.
Jérôme se plaça derrière Orrin et ne put résister à passer une main dans la masse noire de ses cheveux.
-Ils sont magnifiques. Lisses, pas un noeud, doux comme la soie...
-Arrête, grogna Orrin.
-Pardon... Ca te dit, une ballade sur la plage après la veillée ?
-Pour quoi faire ?
-Se ballader, parler... Ah c'est vrai, tu ne sais pas faire !
-On verra comment je me sens à ce moment-là.
-Bon, je vais prendre ma douche... l'invitation tient toujours, dit Jérôme avec un clin d'oeil.
Orrin se contenta de se concentrer sur son assemblage.


Chapitre 05

-Demain, tout le monde se lève à 8h, lança Héléna. Nous nous rendons au Parc du Loup, à cinquante kilomètres d'ici. Nous avons loué un bus. Nous partons d'ici à 9h.
Fous de jois, les enfants exprimèrent leur enthousiasme à leur manière : des cris sans queue ni tête. Héléna reprit :
-Bien, et maintenant, au lit !
-Bonne nuit ! lançèrent les enfants.
Il était vingt-deux heures, tous les enfants allèrent dans leurs chambres. Orrin, hésitant, préféra ne rien dire. Il jeta un oeil à Jérôme qui intercepta son regard, et se dirigea vers la plage. Jérôme le rejoignit bientôt, et tous deux marchèrent, côte à côte, dans un silence détendu.
-Tu as toujours vécu dans le coin ? demanda Orrin.
-J'ai toujours habité cette maison. Mes parents sont morts, maintenant, et mon frère, ma soeur, et moi, en avons hérité. Mon frère et ma soeur souhaitaient la vendre. J'ai refusé. Tous les mois, je leur donne de l'argent. Et dans cinq ans, cette maison sera à moi.
-Tes parents devaient être riches, pour posséder une maison de cette envergure.
-Mon père était PDG d'une boite. C'est à présent mon frère qui s'en occupe. Mais elle nous appartient à tous les trois, et nous recevons tous des dividendes en fin d'année.
-Ce qui te permet de ne travailler que l'été.
-Non, le reste de l'année, des touristes viennent. C'est la première fois que j'accueille une colonie de vacances. C'est sympa, je pense recommencer l'an prochain. Tu viendras ?
-Attendons déjà de voir si je survis à ce mois, répondit Orrin amusé.
-Et toi, tu vis toute l'année dans ton appartement ?
-Oui. J'habitais dans la maison de mes parents, quand j'étais plus jeune. Mes parents ont déménagé, ils nous ont laissé la maison. J'ai laissé la maison à mon frère aîné, il est marié et a deux enfants.
-Gratuitement ?
-Nous sommes frères, il n'y aura jamais de problèmes d'argent entre nous. S'il est dans le besoin, je l'aide, et vice-versa.
-Vous êtes vraiment très unis. Et ton frère euh... a ton style de vêtements ?
-Non, il a presque totalement renié ses origines. Il a les cheveux courts, et s'habille comme le français moyen.
-Pourquoi as-tu choisi de...
-De sauvegarder mes origines ? Notre langue, notre peuple, est presque anéantit. Je n'étais qu'un petit métis francisé, jusqu'à mes dix ans. A dix ans, je suis parti en vacances dans la tribu de mon père. J'ai fait la connaissance de mes grands-parents, et j'ai été envouté par cette ambiance... J'y ai appris à faire des bijoux, j'y ai parlé la langue de mes ancêtres... Ces deux mois ont été un vrai paradis. J'y retourne tous les deux ans, environ. Quand mes moyens me le permettent.
-Ils vivent dans une tente ?
-Un tipi, répondit Orrin amusé. Oui, ils sont dans une réserve. Cette réserve est sous la juridiction du Canada, mais il y a également des lois au sein même de la réserve.
-Tu comptes transmettre ton amour de tes origines à tes enfants ?
-Je n'aurai pas d'enfants.
Orrin plongea dans les beaux yeux bleus assombris par l'obscurité. Il s'approcha, hésita, puis recula.
-Il se fait tard, et nous devons nous lever plus tôt, demain. Je vais me coucher. Bonne nuit Jérôme.
-Dors bien, mon bel Indien, et ne rêve pas trop de moi...
-Essaye d'être drôle, la prochaine fois, ça me changera !

-Un kilomètre à pied, ça use, ça use ! Un kilomètre à pied, ça use les souliers ! chantaient les enfants tout en visitant le parc.
Jérôme souriait tout en admirant les magnifiques loups, derrière les clôtures. Les animaux ne s'approchaient pas trop près, mais ne semblaient pas sauvages non plus. Ils devaient avoir l'habitude. Il regarda Orrin. Ce dernier fixait les loups, et ses yeux témoignaient déférence, douceur, amitié. Le bel Indien était-il un ami des loups, lui aussi ?
-Bon, on fait une pause, il est déjà midi passé, dit Héléna. Nous poursuivrons la visite plus tard.
Les moniteurs posèrent les glacières. Amélie et Thérésa distribuaient les bouteilles d'eau, Jasmine et Noémie distribuaient les paquets de chips, Jean-Luc distribuait les salades, Jérôme les sandwiches au jambon et Orrin distribuait les sandwiches au thon.
-Qui veut un sandwich au jambon ! lança Jérôme en brandissant un morceau de pain.
Un magnifique loup gris arriva et se dirigea vers lui. Des gardiens lui couraient après, un fusil pointé sur lui.
-Le voilà ! crièrent-ils. Abattez-le !

Mili
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Re: Loup y es-tu ?

Message par Mili le Lun 9 Juin - 21:02

Chapitre 06

Le loup gris courrait en direction de Jérôme. Les gardiens avaient l'animal dans leur ligne de mire.
-Non !!! cria Orrin.
Il se plaça devant Jérôme et s'accroupit, tirant son compagnon pour qu'il se baisse, lui-aussi. Orrin fixa l'animal droit dans les yeux. Il tendit un sandwich au loup, qui avança, plus doucement. Le loup gronda, effrayé. Orrin tendit encore plus le bras, voyant que l'animal avait peur de lui. Le loup renifla, puis se sentant en sécurité, il s'assit près d'Orrin, et mordit dans le sandwich.
Orrin soupira, soulagé. Les gardiens arrivèrent, leurs fusils baissés. Tout en caressant le loup, Orrin expliqua :
-Ce vieux loup s'est fait expulser de la meute par le nouveau loup dominant, maintenant qu'il est trop vieux. Il ne peut plus se nourrir convenablement, et il meurt de faim. Il ne voulait pas attaquer, simplement manger, et l'odeur de nourriture l'a rendu fou. Je pense qu'à partir de maintenant, vous devriez le nourrir à part.
Les gardiens hochèrent la tête, puis...
-Excusez-nous d'abuser, mais pourriez-vous nous aider à le ramener dans son enclos ?
-Dès qu'il a fini de manger, répondit Orrin en caressant la tête du loup. Il ne lâchera plus son sandwich maintenant qu'il l'a commencé.
-Wah, j'ai eu une de ces palpitations, soupira Jérôme.
-Toi qui aimes tant les loups, tu devrais savoir que cet animal n'attaque pratiquement jamais l'homme.
-Oui, mais bon, il avait l'air prêt à me sauter dessus, quand-même.
-Orrin ! Orrin ! piaillèrent les enfants, je peux carresser le loup ?
-Non, répondit Héléna, c'est trop dangereux. Orrin, dès que tu auras ramené ce loup, j'aurai à te parler.
L'Indien hocha simplement la tête. Lorsque le loup eut terminé son repas improvisé, il suivit Orrin jusqu'à son enclos. Les gardes le remercièrent chaleureusement, puis le jeune homme alla voir la directrice. Tous deux s'éloignèrent du groupe.
-Ton attitude est irresponsable. Les enfants auraient pu être blessés, sans parler de Jérôme ou toi.
-Ce loup n'était pas agressif, simplement mort de faim. Il n'avait aucune intention d'attaquer, son seul but, c'était de trouver à manger.
-Comment le sais-tu ?
-J'ai vécu avec des loups en liberté, j'ai eu tout le loisir de les observer.
-Des loups en liberté, ça n'existe pas.
-Si, au Canada, près d'une réserve indienne. Les enfants sortent nourrir les loups avec le reste des repas. Aucun enfant n'a jamais été blessé, ni aucun loup, d'ailleurs. Et ce loup-là, sous prétexte qu'il avait faim, méritait de mourir ? Pas question.
-Nous sommes responsables des enfants.
-Les loups sont en voie d'extinction, pas les humains...
Orrin soupira.
-Pardon, Héléna, je ferai plus attention à l'avenir. Mais jamais je ne laisserai un loup se faire tuer sans réagir, jamais !
-Pourquoi le sort des loups te tient tant à coeur ? Ce n'est pas comme s'il s'agissait de ton père, tout de même.
"Non, c'est juste mon cousin" pensa Orrin. Toutefois, il ne répondit rien.

Jérôme poursuivit la distribution de sandwiches seul. Son coeur battait à cent à l'heure. Jamais il n'avait approché un loup d'aussi près. Sans le savoir, Orrin avait réalisé son rêve. Il avait même caressé discrètement l'animal avant qu'il ne soit ramené dans son enclos.
Et Orrin était si beau, les yeux braqués sur l'animal, comme si tous deux communiquaient par un moyen que nul autre ne pouvait comprendre. Le loup et l'Indien, deux créatures si belles, si mystérieuses...
Tout comme il avait plongé sa main dans la fourrure du loup, Jérôme se promit qu'un jour, il parviendrait à toucher Orrin.
-Ca va ? demanda le jeune homme en revenant.
-Oui, et toi ? Héléna n'a pas été trop dure avec toi ?
-Non, elle a été juste. Je suis désolé si tu as eu peur...
-Je n'ai pas eu peur, j'étais excité. Ce loup était magnifique, quoiqu'un peu décharné par manque de nourriture. J'ai enfin pu approcher, toucher un loup. Tu te rends compte de ce que ça représente ?
-Je crois, oui.
Orrin soupira.
-Pauvre loup. Il a servi la meute toute sa vie, assurant la descendance, la chasse. Et maintenant qu'il est trop vieux, un jeune mâle lui a pris sa place. J'ai mal au coeur pour lui.
-Quel âge avait-il, ce loup ?
-A ton avis ?
-Entre douze et quinze ans ?
-Oui, approximativement. Les loups vivent beaucoup plus vieux, en captivité, car ils font moins d'efforts pour se nourrir, et se blessent moins.
Une fois tous les enfants servis, les moniteurs mangèrent. A la grande joie de Jérôme, Orrin ne le rabroua pas lorsqu'il s'assit à ses côtés.


Chapitre 07

Lorsque Louis revint à l'auberge pour rassembler ses affaires et rentrer chez lui, Orrin s'attendait à être déplacé dans sa chambre. Toutefois, pour qu'il n'ait pas à déranger ses affaires, Héléna et Jérôme décidèrent qu'il garderait sa chambre de l'aile nord, puisque cela ne semblait pas déranger ce dernier.
La nouvelle semaine commença, et Orrin se sentait de plus en plus nerveux, à l'approche de la pleine lune. Le jour, ça allait, mais la nuit, lorsque la lune presque pleine dardait sur lui ses rayons, il n'avait qu'une envie : aller courir, épuiser cette force qu'il ne pouvait contrôler que difficilement.
La jour de la pleine lune arriva enfin. Peu avant la tombée de la nuit, Orrin sortit discrètement, courut jusqu'à la plage, se dévêtit, cacha ses vêtements dans une petite crique, et il fit rugir le loup qui était en lui. L'homme, peu à peu, devenait animal. Sa carrure se déploya, la fourrure apparut sur sa poitrine, ses jambes, son dos, et même son visage, ses ongles devinrent des griffes acérées, ses canines s'allongèrent.
Totallement transformé, Orrin hurla à la lune, et il partit dans une course folle, le long de la plage.

Jérôme entendit Orrin quitter sa chambre. On lui avait souvent dit que la curiosité était un vilain défaut, mais il ne pouvait pas s'en empêcher. Il devait savoir pourquoi Orrin ne serait pas disponible durant les nuits de pleine lune. Alors il suivit discrètement l'Indien, et se cacha une fois qu'il s'arrêta.
Il pensait que sa surprise avait atteint son appogée lorsqu'il se déshabilla. Bon, Orrin était de dos, mais il pouvait déjà admirer ses fesses magnifiques dans lesquelles il aimerait bien aller faire un tour... ou deux.
Toutefois, lorsque les poils commencèrent à recouvrir ce corps magnifique, lorsque les muscles apparurent, lorsque les griffes poussèrent, Jérôme pensa halluciner. Il cligna plusieurs fois des yeux, en vain. Orrin se mit à hurler, puis partit en courant. Jérôme se frotta les yeux, se demandant s'il avait rêvé. Il se dirigea là où se tenait Orrin peut de temps plus tôt. Il ramassa ses vêtements, y plongea son visage. Une douce odeur de citron en émanait, ainsi qu'un odeur de transpiration. Une odeur à la fois fraîche et sauvage. Comme Orrin.
Jérôme se demanda un instant s'il devait avoir peur d'Orrin, puis décida qu'il devait garder ses vêtements, au cas où quelqu'un voudrait lui voler. Il serra la petite pile de vêtement contre lui, et s'assit dans le sable, les yeux perdus dans les vagues.
Il dût s'endormir, car il sursauta lorsqu'il entendit un grognement. Il faisait presque jour, et Orrin reprennait forme humaine.
-Que fais-tu là ? demanda-t-il avec violence.
-Je surveillais tes vêtements, répondit Jérôme avec une assurance feinte.
-J'ai dit que je ne voulais pas être dérangé les nuits de pleine lune !
Orrin soupira, passa les vêtements que Jérôme lui tendait, et expliqua :
-Ces nuits-là, je ne me contrôle pas, tous les instincts primaires prennent le dessus.
-Hé bien dévore-moi, répondit Jérôme, taquin.
Tout en parlant, il passa une main dans les longs cheveux noirs, dont il retira des brins d'herbe et des épines.
-Je n'ai jamais tué personne, mais je pourrais faire des choses tout aussi graves, sinon pires.
Orrin recula d'un pas et lança violemment :
-Laisse mes cheveux tranquilles.
Jérôme laissa retomber sa main. Il leva la tête et fixa Orrin droit dans les yeux.
-Ne t'inquiète pas, ton secret est bien gardé. Mais je ne te lâcherai pas une seconde durant ces nuits de pleine lune.
-Ton obscession pour les loups tourne au ridicule.
-Espèce d'idiot, répondit Jérôme en poussant Orrin. Est-ce à un loup que j'ai proposé de partager ma douche ?
L'Indien tomba sur les fesses sous la violente poussée de Jérôme. Ce dernier tourna les talons et regagna sa chambre.


Chapitre 08

Orrin rentra à l'auberge tout en retirant les picots et les épines de ses cheveux. Il monta dans sa chambre et se coucha. Il n'était pas spécialement fatigué, mais il s'obligea à dormir au moins deux heures, car même si la pleine lune lui donnait une énergie inépuisable, il savait qu'après, lorsque celle-ci serait passée, il serait réellement épuisé. Mais il ne put s'empêcher de penser à Jérome.
Orrin savait que son secret ne risquait rien. En revanche, il était vraiment très attiré par le jeune moniteur, et si ce dernier le suivait durant une nuit de pleine lune, il ne pourrait vraiment pas se contrôler, il pourrait lui faire vraiment mal.
Sentant son sexe se durcir rien qu'à cette évocation, Orrin abandonna toute idée de dormir. Il passa son peignoir et se dirigea vers la salle de bains. Il ouvrit la porte et...
-Tiens, ma proposition t'a finalement tenté ? demanda Jérôme avec un immense sourire.
-Tu ne fermes jamais à clé ?
-Non. Je suis habitué à vivre seul dans cette aile, vois-tu. Allez, viens avec moi, beau métis, je t'assure, tu ne vas pas le regretter.
-Non, c'est toi qui risques de le regretter si tu continues, répondit Orrin.
-Tes menaces ont l'air plutôt sérieuses, plaisanta Jérôme en désignant du menton la bosse visible sous le peignoir d'Orrin. Laisse-moi arranger ça.
Il ouvrit le peignoir tout en approchant sa bouche de celle d'Orrin. L'Indien ferma les yeux en sentant sa langue chaude forcer le barrage de ses lèvres. Jérôme passa une main dans ses cheveux noirs et...
-Aïe ! Maudite épine.
Ce cri fit reprendre ses esprits à Orrin. Ce dernier repoussa Jérôme, referma son peignoir et quitta la salle de bains. Si jamais il goûtait à Jérôme, il ne pourrait plus s'empêcher de le vouloir, qu'il soit humain, ou loup-garou...

Jérôme regarda Orrin jouer avec les enfants comme si de rien n'était. Le bel Indien ne se départissait pas de son sourire, de sa disponibilité pour ces gamins loin de leurs parents. Mélanie était toujours sa première admiratrice, mais d'autres fillettes ne juraient à présent que par lui. Il était leur héros, celui qui avait arrêté le loup, celui qui avait sauvé Mélanie dans l'eau, celui qui leur avait appris à fabriquer des bijoux.
Comme il les comprennait. Lui-même ne pouvait s'empêcher de l'admirer, son bel Indien aux yeux de braize.
La journée fut longue, monotone pour Jérôme. Il jouait avec les enfants, mais le coeur n'y était pas. Durant la promenade de l'après-midi, il resta en arrière pour ne pas perdre les retardataires.
Toutefois, le soir, il ne put s'empêcher de suivre Orrin, de le regarder lors de sa transformation, et de garder ses vêtements durant toute la nuit. Comme la veille, il finit par s'endormir. Il fut réveillé par un hurlement de loup très proche.
Jérôme ouvrit les yeux. Il était allongé sur la plage, et Orrin était juste au dessus de lui, son visage à quelques centimètres.
-Je t'avais prévenu, grogna-t-il, mais tu n'as rien voulu entendre.
-C'est toi qui n'a rien voulu entendre, répondit Jérôme en avançant ses lèvres à la rencontre de la bouche d'Orrin.
Il sentit le loup-garou répondre à son baiser. Jérôme passa ses mains dans la fourrure douce tout en sentant une langue vive se faufiler entre ses lèvres. Des mains griffues et malhabiles tentèrent de lui retirer ses vêtements, aussi préféra-t-il s'en occuper lui-même. Des bras puissants le positionnèrent sur le ventre, puis il sentit Orrin le pénétrer d'un coup de rein violent.
-Arrête, gémit Jérôme. Ca fait mal, arrête.
Mais le loup-garou n'entendit rien, et poursuivit jusqu'à se vider totalement.

Mili
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Re: Loup y es-tu ?

Message par Mili le Lun 9 Juin - 21:03

Chapitre 09

Orrin, épuisé par cet acte charnel, reprit forme humaine avant la fin totale de la nuit. Il regarda Jérôme, affalé sur le ventre. Il avait envie de lui dire "Tu vois, je te l'avais dit" mais au lieu de ça, il le prit dans ses bras et chuchota contre son oreille :
-Pardon. Je sais que ça n'arrangera rien, mais je suis vraiment désolé.
Il caressa les courts cheveux blonds comme il avait si souvent eu envie de le faire, et il embrassa les lèvres meurtries par leur baiser précédent, brutal. Il descendit lentement sur son menton, son torse lisse, son ventre, il lécha les griffures laissées au niveau de la ceinture, lorsque le loup-garou voulait le déshabiller, puis il contourna la taille de Jérôme.
-Qu'est-ce que tu fais ? demanda le jeune homme.
-Fais-moi confiance, répondit Orrin avec un sourire.
Il écarta les jambes de Jérôme, toujours allongé sur le ventre, et il le lécha là où il avait été meurtri par le loup-garou.
-Je te fais mal ? demanda-t-il.
-Non, c'est bon, répondit rêveusement Jérôme.
Ce dernier soupira de béatitude et expliqua :
-C'était ma première fois. Et il faut admettre que tu es plutôt bien bâti, en loup-garou.
Orrin éclata de rire.
-Dis que j'en ai une petite, ne te gêne pas.
Jérôme joignit son rire au sien. Orrin s'allongea à nouveau contre lui.
-Déjà fini ? demanda Jérôme d'un air faussement déçu.
-Je ne voudrais pas te faire davantage mal.
-Je sais, répondit Jérôme en se blotissant contre Orrin.
Il baissa la tête, regarda à nouveau Orrin dans les yeux, et dit :
-Pour un humain aussi, t'es bien bâti.
Orrin sourit. Puis il se sépara à regret de cette étreinte.
-Je dois aller dormir tant qu'il est encore temps. Cette semaine, la pleine lune me donne des forces, mais les retombées vont se faire sentir la semaine prochaine.
-Tu viens dormir avec moi ?
-Je dois "dormir", vraiment.
-Je ne suis pas en état de faire quoique ce soit d'autre, rassure-toi.

Les deux hommes s'habillèrent, puis Jérôme prit Orrin par la main. Il l'entraîna dans sa chambre. Là, ils se déshabillèrent et se couchèrent dans les bras l'un de l'autre. Jérôme se sentait au paradis, dans ces bras protecteurs, contre ce corps aimé, même si ledit corps lui avait fait mal peu de temps plus tôt. Cependant, il ne pouvait pas en vouloir à Orrin : il l'avait prévenu. Blotti contre ce torse rassurant, il ferma les yeux et s'endormit.
A peine deux heures plus tard, il se réveilla. Il se leva discrètement et gagna la salle de bains, certain qu'Orrin ne voudrait pas la partager avec lui. Toutefois, moins de cinq minutes plus tard, Orrin arrivait, en peignoir.
-Sympa de m'abandonner seul dans une chambre inconnue.
-Tu as refusé toutes mes propositions jusqu'à maintenant.
-Mais les choses ont légèrement changé, tu ne trouves pas ? demanda Orrin en s'avançant, son regard noir braqué sur Jérôme.
Il retira son peignoir, entra dans la douche, et embrassa le jeune homme.
-Oui, il y a une chose qui a changé, chuchota Jérôme.
Il repoussa Orrin et lança, tout en éclatant de rire :
-Tu piques, va te raser !
Orrin tourna à fond le robinet d'eau froide et sortit de la douche. Il étala la mousse à raser sur ses joues, sous les cris de Jérôme.
-Tu vas me le payer !
Il régla la température de l'eau. Quelques minutes plus tard, Orrin vint le rejoindre sous la douche. Il l'embrassa tendrement, puis d'une voix implorante, demanda :
-S'il te plaît, ne viens pas sur la plage cette nuit.
-A une condition.
-Encore du chantage ?
-Tu ne veux pas connaître ma condition ? demanda Jérôme, moqueur.
-Vas-y, répondit Orrin, bougeon.
-Dès que la nuit est terminée, tu viens assouvir tes pulsions bestiales avec moi. Je ne viens pas te rejoindre, mais c'est toi qui viens me rejoindre. Ca te va ?
-Je commence à aimer le chantage.


Chapitre 10

La chaleur de ce début de colonie avait laissé la place à des nuages, et une pluie fine s'abattait. Les activités du jour étaient donc basées à l'intérieur de l'auberge. Orrin expliquait aux enfants comment tailler le métal sans se blesser, lorsque Jérôme vint le voir dans l'atelier.
-Je peux te parler une minute ?
-Juste une minute, alors, hein.
Il jeta un oeil au groupe d'enfants. Tous semblaient occupés. Il quitta l'atelier et interrogea Jérôme du regard.
-Je n'ai plus mal ! s'exclama ce dernier en baissant se ceinture. Les marques de griffures, elles sont parties ! Et euh... mes fesses sont comme neuves.
Orrin éclata de rire.
-Ma salive est cicatrisante. C'est pour ça que je t'ai léché, hier.
-Vraiment ? Je pensais que tu avais envie de moi, répondit Jérôme déçu.
-J'ai envie de toi, mais jamais je ne t'aurais touché, étant donné l'état dans lequel tu étais par ma faute. J'ai toujours envie de toi... soupira Orrin en fermant les yeux.
Il sentit Jérôme l'embrasser et glisser une langue furtive entre ses lèvres. Il ouvrit les yeux, surpris. Jérôme s'était déjà retiré, et affichait un grand sourire.
-J'ai une aphte, expliqua-t-il, de la malice dans les yeux.
Orrin éclata de rire. Jérôme était vraiment un cas désespéré. Il retourna vers les enfants.

Jérôme se coucha tout en regardant la pleine lune, ce soir-là. Un hurlement de loup se fit entendre, et il imagina son bel Orrin se transformer en puissant loup-garou. Quel dommage, il avait un si beau corps... Mais bon, en loup-garou, il n'était pas mal non plus. Sentant l'excitation le gagner, Jérôme se força à penser à autre chose. Cependant, toutes ses pensées convergeaient en direction du bel Indien, sa peau cuivrée, la fine ligne de poils noirs qui descendaient lentement vers un magnifique pénis alléchant.
-Du calme, murmura Jérôme. Calme-toi mon vieux ! N'oublie pas que tu vas avoir une bête sauvage à l'aube, garde tes forces...
Le jeune homme soupira, en se demandant si Orrin le rejoindrait vraiment. Vaincu par le sommeil, il s'endormit.
Il fut réveillé par un bruit de porte. Il ouvrit les yeux et distingua dans la pénombre son bel Indien, en peignoir. Ses longs cheveux noirs paraissaient mouillés, et il claquait des dents.
-Il pleut à seau.
Jérôme lui ouvrit les draps, l'invitant à le rejoindre.
-Viens.
-Je suis frigorifié.
-Je connais un bon moyen pour te réchauffer. Viens, Orrin.
L'Indien capitula. Il retira son peignoir qu'il laissa tomber sur le sol, et se coucha aux côtés de Jérôme. Le jeune homme le serra contre lui, le touchant partout afin de lui communiquer sa chaleur. Tout en le réchauffant, Jérôme prit possession de sa bouche, léchant ses lèvres, venant à la rencontre de sa langue. Sentant une érection naître contre son ventre, il sourit.
-Tiens, on dirait que ça commence à se réchauffer par là, dit-il, taquin.
-Imbécile, grogna Orrin, gêné.
Jérôme descendit sur son menton, son cou, s'attarda sur sa poitrine dont il mordilla les mamelons érigés. La respiration saccadée d'Orrin lui prouva qu'il était bien parti, aussi continua-t-il sur sa lancée. Des mains, il pinça doucement les mamelons si sensibles, tandis que sa bouche descendait lentement sur le ventre plat, puis sur le pénis en érection. Il le lécha tout d'abord de la base au sommet, puis sentant des frissons parcourir le corps de son amant, il le prit entièrement dans sa bouche.
Orrin poussa un râle de plaisir alors que Jérôme faisait de lents va-et-viens sur son sexe. Quant à Jérôme, il ne songeait pas à se plaindre. Depuis le temps qu'il convoitait cet homme magnifique, il pouvait enfin y goûter.
-Arrête, recule, gémit Orrin.
D'ailleurs, Jérôme goûta un peu plus qu'il ne l'avait escompté au départ. En effet, un spasme agita Orrin, et ce dernier jouit en un râle plaintif.


Chapitre 11

Jérôme avala goulument tout ce qu'Orrin voulut bien lui donner, puis il se coucha aux côtés de l'Indien. Orrin prit son compagnon par la nuque et l'attira afin de l'embrasser. Puis il chuchota :
-Désolée, je t'ai prévenu un peu tard.
Jérôme le fit taire d'un baiser.
-Si j'avais voulu partir, je l'aurais fait, répondit-il.
Orrin sourit. Il caressa le corps offert à lui, toucha, lécha chaque parcelle de peau, commençant par le cou, descendant lentement sur la poitrine, le ventre, puis le pénis qu'il suça longuement alors qu'un doigt s'attardait un peu plus bas. Jérôme poussait des gémissements adorables, et lorsqu'Orrin le sentit prêt, il s'agenouilla entre ses jambes, le porta et le fit glisser, lentement, sur son sexe à nouveau érigé. Jérôme passa ses bras autour de son cou, jouant avec ses cheveux, les yeux fermés. Il poussa un soupir de ravissement lorsqu'il fut totalement empalé.
-Ca va ? demanda Orrin. Ca ne te fait pas mal ?
Pour toute réponse, Jérôme plia les jambes sous lui, et il embrassa Orrin tout en se réhaussant. Puis il redescendit, tout aussi lentement. Se réhaussa. Redescendit. Se réhaussa. Redescendit...
Orrin en perdit le compte, il se sentait si bien, contre ce corps, dans ce corps. Jamais il n'avait connu de communion plus parfaite, comme si Jérôme avait été créé spécialement pour lui.
Il s'allongea, tendit la main, et s'empara du sexe dressé devant lui. Il le caressa tout d'abord lentement, puis de plus en plus vite.
-Arrête, Orrin, je vais...
-Moi aussi, soupira Orrin.
Tous deux jouirent en même temps. La semence de Jérôme attérit sur le visage d'Orrin. Ce dernier sourit.
-Je ne suis pas encore au point pour viser.
Jérôme éclata de rire. Il s'affala sur son amant, et entreprit de lui lécher le visage à petits coups de langue.
Epuisés, ils s'endormirent.

Jérôme se réveilla tendrement blotti dans des bras protecteurs. Il ouvrit les yeux et décrouvrit un regard noir braqué sur lui.
-Bonjour, mon loup, dit-il en embrassant Orrin.
-Ne m'appelle pas comme ça !
-Tu préfères Wolfy ? demanda Jérôme, taquin.
Orrin ne jugea pas utile de répondre. Il se leva, passa son peignoir, et Jérôme le suivit à la salle de bains.
-Dis, je pensais que les loups-garous avaient une queue, des oreilles, un énorme museau...
-Tu regardes trop la télé. Je ne suis pas une créature de science fiction.
-Ca j'avais remarqué ! fit Jérôme pour lui-même.
-Quoi ?
-Pour moi, tu es plus une créature de films X.
Orrin se tourna en rougissant. Il étala de la mousse à raser sur son visage, autant pour se raser que pour cacher son trouble.
-Donc tu n'es pas en guerre contre les vampires ?
-Quoi ?
-Dans les films, les vampires et les loup-garous sont les pires ennemis.
-Les seuls vampires que je traque sont ces maudites chauve-souris. Elles s'attaquent rarement à l'homme, mais si une d'entre elle me suce le sang, et qu'elle va ensuite mordre un humain, cet humain deviendrait comme moi. Je pense que la légende de la haine entre vampires et loup-garous vient de là.
-Comment es-tu devenu un loup-garou ?
-Par mon père.
-Ton frère l'est donc aussi ?
-Non. Les lois de l'hérédité dont compliquées, elles ne touchent pas tout le monde. Mon frère a échappé à cela. En revanche, son fils aîné, Michel, a été touché.
-Comment est né le premier loup-garou ?
-Hé bien... Tu sais, les humains prétendent descendre du singe. Les Indiens, eux, sont très liés aux loups, et ils vivent presque ensemble. Les Indiens disent qu'ils descendent du loup. Dans la course de l'évolution raciale, la famille des Canis Lupus s'est divisée en deux branches, le loup, et le loup-garou. D'autres tribus prétendent que tout a commencé lorsqu'un loup, pendant la période des amours, n'ayant pas trouvé de louve, a violé une humaine. J'ignore ce qui est vérité et ce qui est fiction, mais en tous cas, je suis bien réel.
-Tu m'en vois ravi, répondit Jérôme, des coeurs dans les yeux.

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Re: Loup y es-tu ?

Message par Mili le Lun 9 Juin - 21:05

Chapitre 12

-C'est bizarre, j'ai entendu des hurlements de loups, ces dernières nuits, chuchota un enfant à Mélanie.
-Tu as été tellement impressionné par le loup de l'autre jour que tu en rêves la nuit.
-Non, moi aussi je l'ai entendu, dit un autre enfant.
-Il y a un loup qui s'est libéré, chuchota Jérôme d'un air conspirateur. Et si les gardiens n'arrivent pas à l'attraper, ce sera à nous d'agir.
-Vraiment ? demanda Mélanie avec un immense sourire.
-Oui, mais ne vous en faites pas, ce loup ne sort que la nuit.
Toutes les nuits, Orrin faisait sa sortie, et tous les matins, il retrouvait Jérôme dans son lit, où il ne pensait plus du tout à se reposer.
La dernière nuit de pleine lune prit fin, et Jérôme annonça aux enfants :
-Les gardiens n'ont pas retrouvé le loup ! A nous de le trouver.
-J'ai peur, pleura Victor, un enfant de neuf ans.
Mélanie lui prit gentiment la main.
-Ne t'en fais pas, Orrin est avec nous. Tu as bien vu comme il s'est occupé du loup, l'autre jour. Tu n'as rien à craindre.
-Mais au fait, où est Jean-Luc ? demanda un des enfants.
-Il est malade, expliqua Héléna, je reste avec lui pour le soigner.
Héléna avait en réalité des papiers à ranger dans son bureau. Quant à Jean-Luc, il était déguisé en loup et s'était caché dans la forêt environnante. Quelques jours plus tôt, suite aux plaintes des enfants, Jérôme avait eu l'idée de ce jeu. Il en avait donc touché un mot à la directrice, prétendant que la visite au parc avait échauffé les imaginations.
Deux groupes étaient formés, un conduit par Jérôme, et un conduit par Orrin. Le premier groupe à trouver le loup gagnerait. Tous les enfants voulaient se mettre dans l'équipe d'Orrin, et Jérôme ne les comprenait que trop bien, lui-même ayant beaucoup de mal à se séparer de son amant.

Finalement, l'équipe d'Orrin avait trouvé le loup, talonnée de près par celle de Jérôme.
-Les Indiens sont bons pisteurs, fanfaronna Mélanie auprès de Jérôme. Tu n'avais aucune chance.
Le jeune moniteur éclata de rire. Après une longue randonnée dans les bois, les enfants épuisés se couchèrent tôt, ce qui n'était pas pour déranger Jérôme et Orrin. Après le dîner et une réunion pour prévoir la journée du lendemain, ils allèrent se promener sur la plage, chose qu'ils n'avaient pu faire depuis longtemps à cause de la pleine lune. Arrivant près de la crique utilisée par Orrin pour cacher ses vêtements, Jérôme se laissa tomber sur le sable, entraînant Orrin dans sa chute.
-Pas trop fatigué ? lui demanda-t-il.
-Pour tout te dire, je suis vraiment épuisé.
-Tu devrais te coucher tôt.
-A qui la faute si je ne le fais pas ?
Jérôme eut le bon goût de rougir, ce qui adoucit Orrin. Il se retourna et s'allongea sur le beau blond, capturant sa bouche. Ses cheveux tombèrent autour de leur visage, comme pour les protéger des regards indiscrèts. Puis Orrin chevaucha les hanches de son amant et caressa sa poitrine à travers sa chemise. Jérôme lui défit sa braguette, le libéra de toute entrave, et commença à le caresser lentement.
-Au fait, dit Orrin d'un air taquin, je trouve que tu te débrouilles pas mal pour un novice.
-Novice ?
-Ne m'as-tu pas dit l'autre jour que c'était ta première fois ?
Jérôme éclata de rire. Il attira Orrin à lui et embrassa fougueusement ses lèvres, faufilant sa langue, caressant la masse soyeuse de ses cheveux.
-C'était ma première fois dans ce rôle. Habituellement, je suis de l'autre côté.
-Vraiment ? demanda Orrin gêné. Pardon, je... je ne voyais pas les choses comme ça.
-Ne t'inquiète pas, répondit Jérôme en le serrant dans ses bras. J'en ai redemandé, non ?
Il posa ses mains sur les fesses d'Orrin et ajouta :
-Ce qui ne veut pas dire que ce beau postérieur ne me tente pas, bien au contraire. Tu as déjà essayé ?
-Non, jamais, admit Orrin.
Il plongea dans les magnifiques yeux bleus qui lui faisaient face et dit :
-Mais si tu veux le faire, je suis d'accord.
-Et en loup-garou, tu veux bien ?
-Dégage, répondit Orrin en poussant Jérôme. Je vais me coucher.
-Attends, mon beau loup, pleurnicha Jérôme.


Chapitre 13

Orrin, après avoir détendu ses muscles sous la douche, se coucha, épuisé. Jérôme était vraiment un boulet de première classe, quand il s'y mettait. Cela lui ferait les pieds, de ne pas le rejoindre ce soir dans son lit. Et puis Jérôme viendrait certainement, sans gêne comme il l'était.
En même temps, c'était aussi pour ces raisons qu'Orrin aimait tant Jérôme. Ce dernier savait rire, il savait faire rire, il savait lui faire des avances le plus naturellement du monde, il savait ce qu'il voulait et n'hésitait pas à le demander.
Toutefois, il avait poussé le bouchon un peu loin en demandant à le faire en loup-garou. Orrin prenait sa transformation très au sérieux, ce n'était pas un jeu, et mis à part pendant les nuits de pleine lune, il ne se transformait qu'en cas d'urgence, ou sous le coup d'émotions trop fortes, principalement la peur ou la colère.
Sur ces pensées, il s'endormit, réellement épuisé par ses nuits passées à courir sous la pleine lune. Lorsqu'il se réveilla, à l'aube, il était toujours seul. Il passa son peignoir et rejoignit Jérôme dans sa chambre. Ce dernier avait les yeux grands ouverts, et fixait le plafond.
-Mon calendrier lunaire serait-il faux ? demanda-t-il seulement.
Orrin soupira. Il s'assit au bord du lit et passa distraitement sa main dans les courts cheveux blonds.
-Si tu ne veux pas de moi, dis-le simplement.
-Es-tu déjà resté une semaine en ne dormant qu'une heure ou deux par nuit ?
-Non.
-Hé bien essaye, et tu verras qu'après, tu n'es même plus en état de baiser, rétorqua Orrin en se levant brusquement.
Jérôme lui prit la main puis lança :
-Je me demande pourquoi je te retiens, tu es vraiment trop stupide.
-Lâche-moi, dans ce cas, répondit froidement Orrin.
Jérôme tira sur la main qu'il tenait et serra Orrin dans ses bras lorsqu'il tomba sur le lit.
-Non je ne te lâcherai pas. Après tout, ce n'est pas ta faute si tu es bête à ce point, c'est peut-être une târe héréditaire.
Il rabattit les couvertures sur Orrin, se blottit tout contre lui, et murmura à son oreille :
-Voilà ce que je voulais, tout simplement. Je ne demandais pas à "baiser", comme tu dis. Juste à sentir ta présence et ta chaleur contre moi.
-Pardon. Je ne pensais pas que...
-Pas grave. Dors.
Orrin se releva.
-Qu'est-ce que tu fais ?
-J'enlève mon peignoir, ce n'est pas un pyjama.
-Non ! Sinon je vais avoir envie de...
-Obsédé ! Je retourne dans ma chambre.
-Non, ok ! Retire ton peignoir, promis, je suis sage.
Orrin obéit en dissimulant un sourire. Il n'était pas près de l'admettre, mais lui aussi, aimait sentir la chaleur du corps de son amant pendant son sommeil.

Jérôme soupira en allant se coucher. Il allait devoir affronter le corps nu d'Orrin, et résister à la tentation de le toucher, de l'embrasser. Ils n'avaient rien fait la nuit précédente, mais deux nuits d'affilée, c'était impossible ! Peut-être qu'en se couchant le premier, il s'endormirait avant qu'Orrin n'arrive. Avec un peu de chance...
Il se débarrassa donc de son peignoir, et se coucha sur le côté, tournant le dos à la place d'Orrin. Quelques instants plus tard, il entendit la porte s'ouvrir. Il ferma les yeux, feignit de dormir. Il entendit un bruit de tissus. Il sentit le matelas s'affaisser à côté de lui. Puis il sentit un souffle chaud sur son cou.
-Alors, beau blond, déjà fatigué ? murmura Orrin à son oreille tandis que sa main se faufilait sur la poitrine de Jérôme.


Chapitre 14

-Je te rappelle que "tu" étais celui qui était fatigué, répondit Jérôme en se retournant.
Sur ce, il embrassa la magnifique bouche qui était à portée de la sienne.
-J'ai revu la priorité de mes besoins corporels, répondit Orrin lorsque Jérôme lâcha sa bouche.
-Ah, ce n'est qu'un besoin ? Attends, je te passe une poignée de mouchoirs, ne bouge pas, répondit Jérôme en tendant le bras vers la boite de Kleenex.
-Idiot !
Jérôme éclata de rire. Puis sérieusement, il prit le visage d'Orrin dans ses mains, et l'embrassa de la manière la plus tendre qui existe. Ce baiser était plus qu'un acte charnel, c'était une révélation pour Orrin. Il comprit qu'il ne pouvait se passer de cet homme, malgré ses bêtises et son humour tordu. Il répondit avec passion à se baiser, rendant coup de langue pour coup de langue, enroulant ses bras autour du cou de Jérôme comme s'il était sur le point de se noyer. Puis il chuchota à son oreille d'une voix implorante :
-Fais-moi tien.
-Tu es sûr ?
-Certain.
Jérôme inspira une goulée d'air pour tenter de se contenir. Il caressa avec le plus de douceur possible le corps de son amant, taquinant ses mamelons durcis, chatouillant son nombril, léchant son ventre, se guidant à la respiration d'Orrin. Lorsqu'il arriva devant son pénis dressé, il le prit dans sa bouche, ne pouvant résister à la tentation de ce corps sublime. Il alterna les petits coups de langues rapides et les longues avalées intenses, et ce tout en glissant un doigt un peu plus bas, dans ce lieu tant convoité. Puis un deuxième doigt.
-Jérôme, s'il te plaît... Viens.
Le jeune homme ne se le fit pas dire deux fois. Il s'allongea sur Orrin, lui soulevant le bassin, et entra, tout en fermant les yeux tant cette sensation lui plaisait. Inquiet, il regarda son amant.
-Ca va ? s'enquit-il en le voyant les yeux fermés. Je me retire si tu as mal.
Pour toute réponse, Orrin s'accrocha aux épaules de Jérôme. Emu, ce dernier déposa un baiser sur les lèvres d'Orrin, puis commença à bouger. Les gémissements de l'Indien prouvaient qu'il le supportait plutôt bien, alors il accéléra le mouvement tout en caressant le pénis qui taquinait son ventre. La tension montait en lui à une vitesse phénoménale, et quelques minutes plus tard...
-Orrin ! cria-t-il, emporté par la vague de la jouissance.
-Quoi ? Déjà ? se moqua Orrin en caressant tendrement les cheveux blonds humides de sueur.
-Pas ma faute, ton corps est si bon...
-Ouais, bon, ça va hein ! maugréa Orrin. Bon, on dort ?
-Pas encore, répondit Jérôme avec malice. Sinon, j'ai un ami, sous mon ventre, qui m'en voudrait.
Vif comme l'éclair, Jérôme chevaucha les hanches d'Orrin et se laissa glisser sur son sexe dressé.

Le mois de colonie passa vite, beaucoup trop vite. Orrin discutait avec Jérôme durant la pause de midi, lorsque Mélanie arriva en courant.
-Orrin ! lança-t-elle. Maman vient nous chercher demain. Est-ce que tu pars avec nous ? On te ramène à la maison.
Orrin sentit son ventre se nouer à l'idée de partir. Il jeta un oeil à Jérôme, qui répondit par un haussement d'épaules, l'air de dire qu'il lui laissait le choix.
-Non, je rentrerai plus tard, répondit Orrin. Je dois aider les autres moniteurs à ranger l'auberge.
-Ah ! On ne me la fait pas, à moi, fit Mélanie en riant.
-Quoi ?
-Tu sais, Orrin, moi aussi, je suis tombée amoureuse pendant ces vacances. Victor a promis de m'écrire.
-C'est super !
Orrin ne savait que répondre d'autre. Amoureux, lui ?
-Jérôme est au courant, pour...
-Oui, il l'est.
Mélanie éclata de rire.
-J'espère qu'il a eu moins mal que moi !
Jérôme regarda Orrin, incrédule. Orrin éclata de rire.
-Bon, je vous laisse, à tout à l'heure ! lança Mélanie en partant.
Jérôme était aussi pâle qu'un linge. Orrin savait qu'il aurait dû lui expliquer, mais il riait tant qu'il n'était pas en état de parler. Enfin, il se reprit.
-Il y a environ un an, j'ai emmené Mélanie cueillir des champignons dans les prés. Seulement, nous avons eu un imprévu : un taureau. Il fonçait droit sur Mélanie. Le loup-garou est apparu tant j'avais peur pour elle, il lui a foncé dessus et l'a poussée à plus d'un mètre pour éviter qu'elle ne se fasse piétiner.
Jérôme éclata de rire à son tour, et Orrin se joignit à lui. Reprenant son sérieux, le blond dit :
-Tu sais, tu peux très bien fabriquer tes bijoux ici. Tu as un atelier aménagé, tu as une chambre, tu as tout l'espace dont tu as besoin...
-Je n'ai pas de salle de bains.
-Si ce n'est que ça, je peux en faire construire une.
-Idiot, rétorqua Orrin en attirant Jérôme par le revers de sa chemise.
Il l'embrassa, puis :
-Tant que je t'ai toi, je n'ai besoin de rien d'autre.
Un rire de fillette attira leur attention. Mélanie les espionnait, cachée derrière un gros pot de fleurs. Elle fit un clin d'oeil à Orrin, le pouce levé vers le haut, puis rejoignit ses camarades.


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Voilà, c'était ma troisième fic yaoi, j'espère qu'elle vous plaira. N'hésitez pas à dire ce que vous en pensez.

Mili
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