*~Tetsuyaoi~*

Sept ans de Malheur

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Sept ans de Malheur

Message par Mili le Mar 10 Juin - 20:54

Prologue


Toute cette histoire a commencé il y a sept ans. Ces sept années furent les pires de ma vie. Tout a réellement commencé lorsque...

Attendez, avant, je vais vous parler un peu de moi. Yann, 32 ans, jusque là, tout paraît banal. Seulement, je suis le protrait craché d'un enfant. Je mesure 1,65m. Vous imaginez ? Pour un homme, c'est trop peu. Mais comme si ça ne suffisait pas, mes cheveux sont blond très très clair, presque blancs, et mes yeux sont bleus ciel. Ma peau reste toujours blanche, laiteuse, sauf quand je m'expose au soleil. Là, je passe par le stade écrevisse avant de redevenir blanc. Et à cause de ça, personne n'a jamais pu me considérer comme un homme, un vrai. Enfin, sauf...

Ah, je mets la charrue avant les boeufs, pardonnez-moi. Heureusement, il paraît que je suis plutôt pas mal. C'est toujours ça de gagné. Mais je préférerais être plus grand, plus mâte, plus viril...
Donc tout ça pour dire que ces sept années ont réellement changé ma vie. Il n'est que quinze heures, je devrais avoir le temps de vous raconter ce qui m'est arrivé.

Donc tout a commencé il y a sept ans, un lundi matin...


Chapitre 01


Lundi matin... Je n'ai jamais aimé le lundi matin. On fait la fête le week-end, ou on fait ce qu'on n'a pas eu le temps de faire ou ce qu'on aurait dû faire durant la semaine. Résultat, on est plus fatigué le lundi matin que le vendredi soir !

En ce lundi matin, Angela, ma petite amie, était couchée, comme elle ne travaillait pas. Fidèle à mon habitude, je l'embrassai, elle m'enlaça dans son sommeil, puis me regarda, de ses yeux brumeux de sommeil.
-Tu as un bouton sur la joue, me dit-elle avant de replonger dans le sommeil.
Angela était esthéticienne, elle notait la moindre imperfection et détestait ça. Donc une fois à la salle de bains, je pris un miroir, m'approchai de la fenêtre ouverte afin d'observer mon visage. Je décelai bien un minuscule bouton sur ma joue, vraiment pas de quoi en faire un dramme.
Un courant d'air fit claquer la fenêtre. Surpris, je lâchai le miroir qui se fracassa sur le carrelage.

-Hé voilà, sept ans de malheur, plaisantais-je. Voilà pour bien commencer la semaine.
Je ne pouvais pas savoir à quel point j'avais raison...

Comme tous les jours, je me rendis au travail au volant de ma vieille 309. Le métier de secrétaire n'est pas celui que j'aurais choisi d'emblée, mais je m'estimais déjà heureux d'avoir un emploi. Mon patron ne me portait pas dans son coeur, mais mes collègues étaient tous très sympas.


Le lendemain matin, mardi, Angela était déjà partie lorsque je me réveillai. Elle ne m'avait pas fait de remarque sur mon bouton la veille au soir, en revanche, elle m'avait demandé dix euros pour remplacer le miroir brisé. Comme si elle remplaçait tout ce qu'elle cassait. Mais non, elle, ce n'était jamais sa faute ! Soit c'était la faute de Caramel, son caniche (insupportable, soit dit en passant) soit l'objet était tombé tout seul...
Quelle mauvaise foi !

Je me préparai donc de manière totalement habituelle ce matin-là, sans me préoccuper d'un quelconque bouton. Il fallait admettre que ce n'était pas non plus ma préoccupation principale, contrairement à Angela.
Après un copieux petit déjeuner, je mis mon porte-feuille dans ma poche, je sautai dans ma voiture, mis le contact... Toutefois, rien ne se passa. Plus de batterie, pensais-je. Je changeai donc la batterie, j'en avais toujours une de rechange depuis que j'étais tombé en panne de batterie. Ca ne fonctionnait toujours pas. Sûrement l'alternateur...
J'appelai Mickaël, un ami garagiste. Il promit de passer vérifier ma voiture dans la journée. Je laissai donc les clés sous le siège passager, et je partis à l'arrêt de bus.

Je ne suis pas du tout habitué à prendre le bus. Et bien sûr, je pris celui qui allait dans la direction opposée de là où je voulais aller. Le temps que je m'en aperçoive, que je remonte dans un autre bus... J'arrivai au travail avec une heure de retard. Mon patron ne me félicita pas, au contraire, mais lorsque je parlai de mon problème de voiture, il décida de fermer les yeux.

Lorsque je rentrai chez moi le soir, un message de Mickaël m'attendait sur mon répondeur. Ma voiture n'avait pas un problème d'alternateur : elle était irrémédiablement fichue, hors service, irréparable, etc...


Mercredi matin, je pris le bus dans la bonne direction, mais je ne pris pas le bon numéro. Deux retards en deux jours. Patron aussi souriant qu'une hyène.


Jeudi matin, je décidai de me lever une heure plus tôt que d'habitude et de faire le chemin à pied, pour être sûr de ne pas me tromper. Toutefois, une coupure d'électricité remit mon radio-réveil à zéro pendant la nuit. J'appelai au bureau pour dire que j'étais en retard. Mon patron rétorqua que trois retards en trois jours, c'était inadmissible. J'étais viré.


Vendredi matin, comme je ne travaillais pas, je dis à Angela d'aller travailler directement, que je sortirais Caramel. Je me retrouvai donc à promener ce foutu caniche dans la rue. Saleté de bestiole ! Caramel ne parvenait pas à marcher droit, il fallait soit qu'il longe une propriété afin d'aboyer un chien ou un chat, soit qu'il aille sur la route courir après une voiture. Je le tenais en laisse, mais il était vraiment stupide au point de s'étrangler avec son collier si je ne le suivais pas.
Comment Angela pouvait-elle supporter pareil animal ?
Alors que cette saleté de Caramel faisait enfin ce qu'il avait à faire, un crissement de frein attira mon attention. Je me retournai à temps pour m'écarter de la voiture qui venait de perdre le contrôle. Elle se fracassa contre le mur, là où je me tenais cinq secondes plus tôt. Là où Caramel se tenait toujours. Et d'où il ne bougerai plus jamais...

Le soir-même, Angela fit ses valises, hurlant que j'étais un bon à rien incapable de m'occuper d'une voiture, de garder un travail ou même de m'occuper d'un chien.


Samedi matin, j'appelai des amis pour qu'on se fasse une virée en boite le soir-même. Toujours prêts à sortir, ils furent d'accord, proposèrent même de passer me chercher.
Ce soir-là, je bus plus que de raison, pour oublier ma semaine horrible.

-Monsieur ? Hoho ? fit-on en me secouant l'épaule.
Je me réveillai. J'étais allongé sur le sol des toilettes. Un vigile me secouait.
-Il est six heures, on ferme, aboya-t-il.
Je me levai laborieusement et je sortis de la discothèque. Mes prétendus amis étaient partis sans moi.
Je remarquai que j'avais perdu mon portable, mon porte-feuille.
-Super, c'est le pompon !! Quelle semaine extraordinaire !!

Je me postai sur le bord de la route, le pouce en l'air. Moins de vingt minutes plus tard, une voiture s'arrêta près de moi. Une magnifique Jaguar rouge. Le conducteur était vêtu d'un complet noir. Il avait de longs cheveux violets, et des yeux de la même couleur.
-Montez, me dit-il avec un sourire.
La seule chose à laquelle je pus penser fut que je ne devais pas vômir sur les sièges en cuir.


Chapitre 02


Une fois dans la voiture, bercé par le ronronnement du moteur, j'eus l'impression que j'allais vômir.
-J'ai une bouteille de bière sur le siège arrière, si vous voulez, proposa mon chauffeur.
Bonne idée ! A boire ! Ca me changerait certainement les idées.

Je me penchai et saisis la bouteille. Elle ne possédait aucune étiquette, et le bouchon était amovible.
-C'est de la bière faite maison avec le raisin de la propriété, expliqua mon chauffeur.
J'étais tellement mal que je ne relevai même pas l'incohérence de ses propos. Je me contentai de dévisser le bouchon, et de boire.
Mon père disait toujours "Pour éviter la gueule de bois, restons bourrés". Je suppose que c'est le seul de ses préceptes que j'aie suivi. C'est d'ailleurs le seul qu'il ait bien voulu m'enseigner. Avec du recule, je crois que c'était son seul précepte.


Je me réveillai allongé sur un lit, tout habillé. J'ignorais combien de temps j'avais dormi, mais j'avais totalement désaoûlé.
Je regardai autour de moi. Le lit était immense. Les murs de la pièce étaient recouverts d'une magnifique peinture rouge et dorée. Une magnifique armoire en bois poli faisait face à mon lit.
Je levai les yeux. La pièce était haute de plafond, et la fenêtre était impossible à atteindre.
Deux portes donnaient sur cette pièce. J'allai en ouvrir une. Elle était verrouillée. La deuxième donnait sur une luxueuse salle de bains avec jacuzzi, baignoire, douche...
-Où est-ce que je suis ? demandai-je.
-Ah, tu es réveillé.

Je me retournai. L'homme qui m'avait pris en stop venait d'entrer dans ma chambre.
-Où est-ce que je suis ? répétai-je.
-Chez moi.
-C'est gentil de m'avoir déposé, mais à la base, j'aurais préféré rentrer chez moi. Je n'ai plus de voiture, ni de copine, ni de portable, ni de chien, ni de travail. Toutefois, mon domicile est fixe, et le mot "fixe" veut dire qu'il ne peut m'échapper.

L'homme sourit à ce qu'il prit sans doute pour une plaisanterie. Et voilà ! Avec ma petite taille et ma tronche de bébé, personne ne me prenait au sérieux !

-Bon, et qu'est-ce que je fais ici ? demandai-je. Et qui êtes-vous d'ailleurs ?
-Je m'appelle Hatori. Et tu vas être mon serviteur.
-Tiens donc ? Je ne me souviens pas avoir signé quoique ce soit pour ce nouveau job.
-Tu as cassé un miroir, dois-je te le rappeler ?
-Non merci, ma semaine mouvementée me l'a assez rappelé. Entre ma voiture...
-... ton job, le chien, ta copine... Oui, je sais.
-Co... comment le savez-vous ?
-On m'appelle de bien des manières : le mauvais oeil, la malchance, la guigne... En d'autres termes, mon principal travail consiste à donner les sept ans de malheur à ceux qui cassent un miroir. Mais parfois, je distille un peu de malchance par-ci par-là, pour ne pas m'ennuyer. Parce que c'est horrible, les gens utilisent de moins en moins de miroirs qu'on tient à la main, donc ils en cassent de moins en moins ! Qu'est-ce que je m'ennuie. Donc maintenant, je prends les casseurs de miroir à mon service, ça m'occupe.
-Alors je suis votre domestique, c'est bien ça ?
Hatori me regarda, de ses beaux grands yeux violets.
-Non, tu es mon serviteur.
-C'est pareil.
-Un domestique ne fait qu'accomplir des actions pour son maître. Il fait la cuisine, le ménage... Un serviteur est dévoué corps et âme à son maître. Et crois-moi, même si je n'ai pas ton âme, je compte bien profiter de ton corps.

-Profiter de mon corps ? demandai-je éberlué.
-Oui. D'ailleurs, je vais vérifier maintenant ce que tu vaux.
Sur ces belles paroles, Hatori s'avança vers moi. Hypnotisé par ses magnifiques yeux violets, je ne pus bouger. Il se baissa et m'embrassa.

Mili
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Re: Sept ans de Malheur

Message par Mili le Mar 10 Juin - 20:54

Chapitre 03


Hatori prit mes fesses à pleines mains et me hissa à son niveau, tout en poursuivant son baiser.
-Tu sais, dit-il, lorsque je t'ai vu, sur la route, de dos... Je t'aurais peut-être laissé suivre le cours de ta vie si tu n'avais pas porté un jean qui mette autant en valeur ces fesses magnifiques. Donc tout est ta faute, Yann.
Il plongea à nouveau sur ma bouche, et je ne songeai même pas à tourner la tête. J'avais 25 ans, j'étais en train de vivre ma première expérience homosexuelle, et j'aimais ça. J'aimais sentir ces mains sur mes fesses, j'aimais sentir cette langue chaude et aussi insidieuse qu'un serpent, se faufilant agilement entre mes lèvres, jouant avec ma langue, dansant une valse douce et humide.

Avec douceur, Hatori me déposa sur le lit. Et il me déshabilla. Tout d'abord ma chemise.
-Hé ! Attendez ! m'écriai-je.
-Tss tss, Yann, je parlais de tout ton corps, voyons.
-Qu'allez-vous me faire ? C'est du viol !
Il me retira mon jean, et la bosse à l'intérieur de mon boxer le fit sourire.
-Du viol ? Mais tu as pourtant l'air plus que consentant.
Il retira mon boxer et son sourire s'élargit.
-On dirait que tu n'es pas réduit de partout. Tu as au moins un membre qui est aux normes.

Sans plus de cérémonie, il me prit dans sa bouche. Je fermai les yeux, me laissant aller à toutes les sensations qui me traversaient. Mes mains étaient si crispées sur la couverture que mes jointures devaient être blanches.
-Laisse-toi aller, mon mignon, tu verras, tout va bien se passer si tu arrives à te détendre.
Je soupirai silencieusement et laissai partir mon corps en arrière. Allongé en travers du lit, cet homme s'occupant de mon érection, je ne m'étais en réalité jamais senti aussi bien. De plus, il s'y prennait vraiment bien. A tel point que...
-Hatori, je vais...
-Appelle-moi "Maître" dorénavant.

Sur ces belles paroles, il me reprit dans sa bouche. Je fermai les yeux. Je jouis.
Finalement, ce n'était pas si terrible, de le faire avec un homme.
Enfin, c'est ce que je pensai, naïf que j'étais. Car Hatori n'en avait pas terminé avec moi. Je sentis une de ses mains quitter mon pénis et descendre lentement, jusqu'à ce qu'un doigt entre en moi.
-Non...
-Oh, mais si !
-Non...
-Ne te crispe pas, sinon c'est sûr, tu vas avoir mal. Ce serait dommage que tu souffres au lieu de prendre du plaisir, tu ne crois pas ?
-Pourquoi moi ?
-Parce que je le veux, et c'est une raison suffisante.
Sa langue rejoignit ses doigts inquisiteurs et je soupirai de béatitude. C'était plutôt agréable, en fin de compte. Tellement agréable, d'ailleurs, qu'une nouvelle érection naquit.
Les yeux fermés, j'étais abandonné à ces sensations extraordinaires. Toutefois, lorsque je sentis quelque chose de gros se presser contre moi, je sursautai.

-Non !
-Tu ne vas pas recommencer, fit Hatori, légèrement moqueur, tout en entrant en moi. Regarde un peu, j'y suis presque.
-Ca fait mal...
-Détends-toi, répondit Hatori en prenant mon pénis dans sa main.
Il fit de lents vas et viens sur mon pénis qui contribuèrent largement à me décrisper, il faut bien l'admettre. Et lorsqu'il bougea en moi, une fois la brûlure passée, je trouvai ça de plus en plus supportable.
-Tes gémissements sont très mignons, mais ils me donnent vraiment envie de te faire crier de plaisir.
Hatori accéléra le mouvement. Je troquai la sensation de "supportable" contre celle d'"agréable". Finalement, le seul mot qui me vint à l'esprit fut "jouissif", lorsque j'éjaculai. Hatori me suivit de près et je sentis un liquide chaud couler en moi.

Haletant, j'en étais à reprendre mes esprits lorsque Hatori lança avec dédain :
-Pas mal, j'ai bien fait de t'amener jusqu'ici.
Je le regardai. Il s'était déjà rajusté, et rien dans son apparence n'indiquait ce qu'il venait de se passer.
-Je te laisse, j'ai à faire.
Il quitta ma chambre. Je restai allongé sur le lit, ma propre semence sur mon ventre, celle de Hatori coulant sur mes cuisses.

Quelques instants plus tard, on frappa à ma porte.
Un jeune homme entra. Il devait avoir dix-huit ans au maximum. Il était plutôt grand, bien bâti, une peau mâte, de magnifiques yeux verts.
-Bonjour, je suis Callum, votre serviteur.


Chapitre 04


-Mon serviteur ? demandai-je en rabattant pudiquement un pan de couverture sur moi.
Callum était vêtu d'une tunique verte brodée d'or, un pantalon assorti, qui allaient magnifiquement avec ses yeux. Je n'aimais pas spécialement le vert, mais je devais admettre qu'il mettait mon serviteur en valeur.

-Oui. Maître Hatori m'a demandé de vous servir comme il vous plaît. Je vais donc faire de mon mieux pour vous être agréable.
Callum me regarda et suggéra :
-Je vous fais couler un bain, Maître ?
-Oui, si tu veux.
Callum se rendit à la salle de bains. Je tentai de me lever, mais j'étais trop endolori. Callum me rejoignit, il me porta dans ses bras et m'emmena à la salle de bains, où il me posa dans la baignoire. Il s'empara d'une éponge et entreprit de me laver.
-C'est bon, je peux le faire, fis-je gêné.
-Détendez-vous, Maître, répondit Callum sans lâcher l'éponge. Laissez-moi vous chouchoutter.

Je dus avouer que la sensation de cette douce éponge sur ma peau était des plus agréable. Je fermai les yeux en sentant l'éponge mousseuse passer sur mes bras, sur mon ventre. Lorsque l'éponge descendit plus bas, j'arrêtai Callum.
-Laisse, je peux le faire.
-Maître, vous n'avez pas à être gêné devant moi, je ne suis qu'un serviteur.
-N'empêche, je n'ai pas l'habitude qu'on s'occupe ainsi de moi.

Les yeux mi-clos, je détaillai mon serviteur. Il était concentré sur sa tâche et ne semblait pas avoir d'autres intentions que me laver.
-Vous devez être quelqu'un de très important pour que Maître Hatori vous offre un serviteur.
-Vraiment ?
Je me demandai pourquoi Hatori me faisait cet honneur. Puis j'esperai en apprendre un peu plus sur Callum.
-Tu as cassé un miroir, toi aussi ?
-Non, je suis né ici.
-Vraiment ?
-Mes parents ont tous deux cassé un miroir. Ils se sont rencontrés ici, lorsqu'ils étaient au service de Maître Hatori. Mon père est hongrois, ma mère irlandaise. Ils ont préféré rester ici tous les deux. Ainsi, aucune barrière de langue ne se pose. De plus, Maître Hatori a été très bon avec eux. Il leur a offert une petite propriété dans le village, il m'a accepté à son service.

Je me demandai comment Callum était bien sûr d'être le fils de son père, étant donné la manière dont Hatori traitait ses serviteurs. Le jeune homme poursuivit :
-Ma mère est la cuisinière de la maison. Lorsqu'elle est tombée enceinte de moi, Maître Hatori lui a donné une apprentie qui la remplacerait lorsqu'elle ne pourrait plus travailler.
-Ta mère est uniquement cuisinière ?
-"Uniquement" ? C'est beaucoup de travail de cuisiner pour tout ce monde, vous savez.

Revigoré par le bain, je demandai à Callum de me faire visiter les environs. Il parut gêné.
-Je ne peux vous faire visiter que la maison. Il vous est interdit de sortir.
-Tout ça à cause d'un bouton, maugréai-je.
-Pardon ?
-Non, rien. Je te suis.
Ma chambre était à l'étage, comme toutes les autres chambres. Nous descendîmes les escaliers. Tout était richement décoré. Certaines personnes faisaient le ménage, d'autres arrosaient les plantes. Je vis par une fenêtre des jardiniers qui s'occupaient d'un splendide parterre de fleurs. Nul n'avait l'air malheureux dans le domaine.
Nous visitâmes la salle à manger, puis Callum s'arrêta.
-Et là ? demandais-je.
-Ce sont les cuisines. Un hôte de votre rang ne devrait pas...
-J'aimerais aller voir.
-Très bien.

Je suivis Callum. Il franchit une porte. Une femme rousse aux grands yeux verts malaxait ce qui devait être de la pâte à pain.
-Callum, dit-elle avec un sourire.
-Maman, répondit mon serviteur, je te présente Yann, mon maître. Maître, voici Rebecca, ma mère.
-Enchanté, madame, dis-je avec un sourire.
Rebecca éclata de rire.
-Vous êtes enchanté de rencontrer une domestique ! Vous alors, quel homme.
Elle fit de gros yeux à son fils.
-Prends bien soin de ton maître, ne nous fais pas honte, à ton père et moi.
-Je vais faire de mon mieux, maman.

Les odeurs de cuisine me donnèrent faim. Callum sourit.
-Souhaitez-vous manger, Maître ?
-S'il te plaît.
-A la salle à manger ou dans votre chambre ?
-Apporte à manger pour deux dans ma chambre.
-P... Pour deux ?
-Oui, je t'invite.
Rebecca éclata de son rire jovial.
-Callum, quel maître généreux tu as ! Je vais vous préparer un plateau, mangez bien !
Rebecca me plut immédiatement. Franche, sans chichis.
-Attendez-moi dans votre chambre, Maître. Je me dépêche, dit Callum.


Chapitre 05


Je montai dans ma chambre. Callum me rejoignit quelques minutes plus tard avec un plateau dont émanait de merveilleuses odeurs. Toutefois, rien ne se passa comme je l'avais voulu, encore une fois...
Une fois les assiettes disposées sur une petite table, Hatori fit son apparition.
-Ah, Callum, tu as apporté à manger pour deux. Ca tombe bien. Laisse-nous, maintenant.
-J'ai invité Callum à manger avec moi, fis-je.
-Hé bien ce sera pour la prochaine fois.
Je souris tristement à mon serviteur.
-Désolé Callum.
-Ce n'est rien, Maître. Si vous avez besoin de moi, je serai de l'autre côté de la porte.
-Non, va manger. Je te ferai appeler si j'ai besoin de toi.
Callum obéit.

Je regardai mon Maître qui prit place en face de moi.
-Alors, te plais-tu ici ? me demanda-t-il.
-J'aimerais pouvoir sortir.
-Pour te sauver ? Où que tu ailles, je parviendrais à te retrouver, et j'aimerais m'épargner la déception de te voir t'enfuir.
-Mais j'ai besoin de bouger un peu, faire du sport...
-Je te ferai faire autant de sport que tu le souhaites.
-Je ne parlais pas de ce type de sport...

J'hésitai puis :
-Pourquoi m'avoir fait l'honneur de m'offrir un serviteur ? Je suis moi-même serviteur, non ?
-Tu ne peux pas sortir, et comme je ne peux passer tout mon temps avec toi, je me suis dit que Callum te divertirait.
-Il n'est pas un bouffon, que je sache ?
Hatori sourit.
-Pas bouffon, non, mais un serviteur peut tout de même divertir son maître, non ? Comme tu le fais avec moi, par exemple...
-Assez ! Il est hors de question que je touche Callum.
Hatori me regarda et je fus transpercé par ses beaux yeux violets.

-Comment oses-tu parler ainsi à ton maître. A ce rythme-là, je ne t'autoriserai pas à sortir avant quatre ou cinq ans.
Je sentis mon sang se glacer. Cinq ans enfermé dans cette cage dorée. Je n'y survivrais pas...
Mon maître balaya l'incident d'un geste de la main et expliqua :
-Si je t'ai offert Callum, c'est également pour son bien à lui. Il a 16 ans, possède une bonne éducation, il est bien fait de sa personne. Et il le sait bien. Il est amoureux de Megan, l'aide cuisinière de sa mère. Toutefois, Megan va bientôt repartir, elle a 21 ans et est ici depuis six ans et demi. Et elle n'a jamais considéré Callum autrement que comme son petit frère. J'ai préféré le détacher d'elle avant qu'elle ne parte, afin qu'il soit habitué à vivre sans elle. Et pour cela, quoi de mieux que le faire servir quelqu'un à temps plein ?
-Il n'a que 16 ans et vous me suggériez de... C'est immonde !
-A 16 ans, il est déjà plus grand que toi, fit remarquer Hatori.

Il avait touché la corde sensible. Je baissai la tête, honteux.
Car telle était la raison pour laquelle je ne toucherais jamais Callum. Son âge n'y était pour rien. En revanche, jamais je ne ferais le premier pas vers ce garçon à qui j'en voulais d'être plus grand que moi malgré notre différence d'âge.

-Pourquoi distribuez-vous ainsi le malheur ? demandais-je pour changer de sujet.
-Pourquoi répondais-tu au téléphone, tapais-tu des courriers et accueillais-tu les rendez-vous de ton patron ?
-C'était mon travail.
-C'est la même chose pour moi. Il y a 25 ans, j'ai brisé un miroir. Un homme est venu me chercher, tout comme je suis venu te chercher. Il m'a pris sous son aile, il a été très généreux avec moi. Mon maître était très vieux, et lorsque j'ai décidé de rester, il a fait de moi son successeur. A sa mort, il m'a fait don de ses pouvoirs, de son savoir. Je ne peux plus reculer, à présent, car ces pouvoirs, une fois qu'on les possède, c'est jusqu'à la mort. Et comme je n'ai aucune intention de me suicider, j'ai décidé de prendre du bon temps comme je le pouvais.
Sur cette dernière phrase, Hatori me regardait comme on regarde une proie. Il se pencha sur moi. Hypnotisé par ses beaux yeux violets, je ne pus reculer. Toutefois, Hatori s'arrêta. Un immense sourire éclaira ses traits.
-Désolé, je dois te laisser. Un miroir vient d'être brisé.
Avec un clin d'oeil, il ajouta :
-Mais tu ne perds rien pour attendre, je te rejoindrai ce soir.

Mili
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Re: Sept ans de Malheur

Message par Mili le Mar 10 Juin - 20:56

Chapitre 06


Mon maître quitta ma chambre et je ne sus si je ressentais du soulagement ou de la déception.
Quoiqu'il en soit, même si Hatori avait un comportement des plus étranges, j'étais sûr d'une chose : il n'était pas mauvais. Certes, il m'avait forcé à faire certaines chose qui ne m'attiraient pas spécialement. Et je lui en voulais de m'avoir suggérer de faire de même avec Callum.
Toutefois, il était prisonnier d'un travail dont il ne pouvait démissionner que par la mort. Pas de retraîte douce et paisible pour lui. De plus, tous ici semblaient l'aimer et le respecter. Ses serviteurs ne semblaient pas malheureux, et ils avaient été soumis par la bonté de mon maître et non par sa force.

Mes pensées prenaient un tour inquiétant. Je n'allais tout de même pas l'aimer ? Pas cet homme qui m'avait privé de mon travail, de ma petite amie, de tous mes amis... Même si pour être totalement honnête, mon travail ne me plaisait pas, Angela me tapait sur les nerfs, et mes amis n'étaient là que pour faire la fête, jamais quand j'allais mal...

On frappa. Callum entra.
-Vous avez bien mangé, Maître ?
-C'était délicieux, merci Callum. Et toi, tu as pris le temps de manger ?
-Oui, Maître. Merci de votre bonté.
Un maître était-il bon simplement parce qu'il laissait à son serviteur du temps pour manger ? Je décidai de repousser cette question à plus tard.
-Maître Hatori m'a dit de vous apporter ce que vous aimez, Maître. Ditez-moi, voulez-vous de la musique ? Des livres ? Regarder des films ? Jouer à des jeux vidéos ?
L'option jeux vidéos me plaisait bien. Lorsque j'en fis part à Callum, il sourit.
-Je reviens, ne bougez pas.
Il débarrassa ma table et quitta ma chambre. Il revint quelques minutes plus tard avec un meuble à roulettes. En haut du meuble reposait une télévision et sur le plateau du bas, plusieurs consoles, des jeux, des manettes.

-Tu joues avec moi ? proposais-je.
Les yeux de l'adolescent s'illuminèrent. Je lançai un jeu de combat, passai une manette à mon serviteur, et nous jouâmes comme deux enfants.


Le soir, c'est avec de l'appréhension que je me couchai dans le grand lit. Toutefois, Hatori ne vint pas. Je finis par m'endormir.
Je dormis d'une traite jusqu'au matin, lorsque je sentis qu'on me déshabillait. Je feignis de dormir, pour ne pas avoir à répondre aux avances de Hatori. Toutefois, lorsqu'il se mit à me pincer les tétons tout en suçant mon sexe presque dur, je ne pus réprimer un gémissement.
-Je n'ai pas pu venir hier soir, alors je me rattrape ce matin, expliqua-t-il.
-Vous n'étiez pas obligé de venir, vous savez.
Il me pinça encore plus fort.
-Hé ! Ca fait mal !
-Je sais...

Il remonta afin de soulager de la langue ma poitrine maltraitée, tout en me caressant de ses mains habiles. Il embrassa ensuite mes lèvres, immisçant sa langue. Il me bascula sur le côté, chevaucha une de mes jambes et me pénétra violemment. Une fois la douleur passée, il bougea lentement en moi.
Je ne l'aurais avoué pour rien au monde, mais j'aimais les sensations qui me traversaient. Même si Hatori n'avait jamais fait un geste tendre dans ma direction. Tout dans son attitude reflétait la possessivité, et rien de plus.
Je jouis. Il n'en fallut pas plus à mon maître pour faire de même. Et encore une fois, il me laissa souillié, endolori, sur mon lit.

Callum entra dès qu'il quitta ma chambre. Comme la veille, il me fit couler un bain, puis il me porta dans la baignoire. Ensuite, il me lava et l'eau chaude ajoutée à la douceur de l'éponge détendirent mon corps endolori.


Chapitre 07


Les jours passèrent, certains lents, d'autres rapides comme l'éclair. J'ignorais depuis combien de temps je vivais ici, mais je lus plus que durant toute ma vie, je crois. Je dévorais tous les mangas qui me tombaient sous la main, si bien qu'un jour, Callum m'annonça :
-Je crois que vous avez tout lu...
-Pardon ?
-Il ne reste plus qu'une partie de la bibliothèque que vous n'avez pas touché. C'est la partie yaoï.
-Pas grave, amène-moi ça. Après tout, ça reste un manga, non ?

L'idée de voir en images ce que Hatori me faisait subir ne me tentait pas plus que ça, mais il fallait bien m'occuper, et jouer aux jeux vidéos toute la journée m'aurait lassé. Callum revint bientôt avec un chariot portant plusieurs piles de mangas.
-Tu les as lus ? demandais-je.
-Oh non, répondit Callum.
-Essayons ensemble, comme ça, si ce genre ne nous plaît pas, nous pourrons toujours en rire.
Callum me sourit. Il prit un volume, s'assit sur le sol, adossé à mon lit. Je pris un des volumes et m'allongeai sur mon lit, sur le ventre, les bras pendant dans le vide.
Ce manga s'appelait Haru wo Dateita. Je me lançai. Et j'éclatai de rire.
-Super, commentais-je. Deuxième page et déjà une scène de cul. Enfin, le mec est avec une fille alors ça va.
Callum ne répondit pas. Je jettai un oeil dans sa direction. Il dévorait les chapitres à la vitesse de l'éclair.

J'observai mon serviteur pendant sa lecture. Et bientôt, je vis une bosse distendre son beau pantalon vert. Ayant l'impression de jouer les voyeurs, je retournai à ma lecture. Et bientôt, le sexe des protagonistes ne me choqua plus. Leur histoire d'amour était si belle, si touchante, si émouvante... Leur amour était si profond... dans tous les sens du terme, pensai-je en souriant. Heureusement que j'étais sur le ventre, cela cachait au moins mon état d'excitation.

Callum se leva, les joues empourprées. Il me tourna le dos, reposa son manga sur le chariot, et annonça :
-Je reviens.
Il quitta la chambre. Je repris ma lecture et comme il l'avait dit, Callum revint quelques minutes plus tard. La bosse dans son pantalon avait disparu, remarquai-je avec un sourire. Il saisit un deuxième volume et reprit sa place, adossé à mon lit.
-Tu lis quoi ? demandai-je.
-Love Mode.
-Ca a l'air bien, vu le rythme auquel tu lis.
Callum rougit adorablement.
-Oui, c'est... pas mal du tout, bredouilla-t-il.


Le lendemain matin, fidèle à son habitude, Hatori vint me rendre une petite visite. Avec le temps, j'avais fini par comprendre pourquoi il venait le matin et non le soir. C'était pour que Callum me voit ainsi humilié, couvert de semence, endolori.
Ce jour-là ne fit donc pas exception. Je ne feignais plus de dormir, sachant que ça ne changerait rien. Toutefois, Hatori ne me caressa pas, ne m'embrassa pas, il se contenta de retirer le bas de mon pyjama et de me prendre. Même avec l'habitude, cela était douloureux car je n'étais ni préparé, ni excité. Cependant, j'avais appris que protester ne servait à rien. Aussi, je supportai la douleur, la bouche close et les yeux ruisselants de larmes.

Une fois habitué à l'intrusion de mon maître, l'excitation naquit en moi. Néanmoins, il était trop tard. Hatori jouit en moi, puis se retira pour terminer son éjaculation sur mon visage. Il rajusta son pantalon et sortit de ma chambre. C'était la première fois qu'il me laissait insatisfait.

Callum entra discrètement. Il fit couler un bain, puis me retira mon haut de pyjama. C'était la première fois qu'il avait à me déshabiller, et mon début d'excitation provoqué par Hatori s'intensifia. Il me souleva ensuite délicatement et me porta jusqu'à la baignoire, dans laquelle il me déposa.
-Fermez les yeux, dit-il avec un sourire.
J'obéis. Avec douceur, il passa l'éponge sur mon visage afin de le nettoyer des larmes et de la semence de mon maître. Il passa ensuite sur mes bras, ma poitrine, mon ventre. Lorsqu'il arriva à mon érection, je sentis qu'il avait lâché l'éponge et qu'il me caressait, de sa main nue.
Surpris, je l'interrogeai du regard.
-C'est... c'est la première fois, bredouilla-t-il.
C'était vrai. Habituellement, lorsqu'il me faisait prendre mon bain, j'avais joui, et mon érection était calmée.
-Arrête, tu n'es pas obligé de faire ça, dis-je en lui prenant le poignet.
-Un serviteur n'a qu'un seul but : le bien-être de son maître.
-Je le sais, mais ça me met mal à l'aise que tu me fasses ce genre de chose.
-Je ne suis qu'un serviteur, Maître, vous n'avez pas à vous sentir gêné. Mais peut-être préféreriez-vous ma bouche ?


Chapitre 08


Je scrutai le visage de mon serviteur. Il était sérieux. Il me proposait sa bouche de la même manière qu'il me proposait plus d'eau chaude dans mon bain. Se sentait-il réduit à l'état d'objet ?
Je lui souris.
-Je ne veux ni ta main, ni ta bouche.
-Très bien, répondit-t-il en se redressant.
Je pensais qu'il avait abandonné l'idée de me satisfaire, mais un bruit de tissus attira mon attention. Je tournai la tête. Il se déshabillait.
-Callum !
-Oui, Maître ? répondit-il.
-Ne fais pas ça.
-Mais vous disiez que vous ne vouliez ni ma main, ni ma bouche, alors j'ai pensé que vous vouliez... euh... le reste.
-Non, je ne veux rien. Si j'ai besoin d'être satisfait, je peux le faire moi-même.
Callum repassa sa tunique verte.
-Comme toi hier, par exemple, ajoutai-je avec un clin d'oeil.
L'adolescent se mit à rougir.
-Pardon Maître, j'aurais dû vous le dire. Mais voir tout ça, et...
-Chut... Tu es mon serviteur, et je suis très content de toi. tu as le droit d'avoir ton intimité, toi aussi. Je ne peux pas te le repprocher.
-Vous êtes sûr ?
-Oui. Va chercher un petit déjeuner pour deux, j'arrive dans dix minutes.
-Oui Maître, répondit Callum, la tête basse.
Je me masturbai dans mon bain, puis je me séchai et me vêtis. Lorsque j'arrivai dans ma chambre, la petite table était dressée pour deux personne. Callum attendait, debout, droit comme un piquet.

Nous mangeâmes, puis je proposai au jeune garçon de pouruivre notre lecture.
-Je ne préfère pas, bredouilla-t-il.
Son visage était triste, et je me maudis de ne pas l'avoir remarqué plus tôt.
-Quelque chose ne va pas ?
-Ne vous en faites pas pour moi, Maître.
Je m'assis sur le lit. Je tapottai la place à côté de moi et je demandai :
-Viens t'assoir.
-Je dois ramener les couverts.
-Viens t'assoir !
Callum obéit, bien que ce soit visiblement à contre-coeur. Je lui souris, puis me lançai :
-Tu es mon serviteur, ok ?
-Oui.
-Mais je ne te considère pas comme tel. Pour moi, tu es un ami. Je ne te donne le rôle de serviteur que éviter les comérages et pour que Hatori s'estime satisfait.
-Vous n'êtes pas mon ami. Vous êtes mon maître et je vous obéis.

Je soupirai d'agacement.
-Si ça ne tenait qu'à moi, je te libérerais de ce joug. Mais on ne m'a pas demandé mon avis. Toutefois, j'aime beaucoup lorsqu'on lit ensemble, lorsqu'on joue ensemble, lorsqu'on regarde un film ensemble. Est-ce si contraignant pour toi ?
-Non, admit Callum. Mais vous rejetez mes offres de vous servir, parfois. Alors je ne vous fais pas confiance, car un jour où l'autre, vous rejetterez mon amitié si je vous la propose. Et j'en ai assez de me faire rejeter.
Je compris enfin ce qui arrivait. Je passai un bras autour du cou de l'adolescent et je le serrai contre moi.
-Megan est partie, confirma-t-il. Je lui ai proposé de l'accompagner, juste avant que vous n'arriviez. Elle a refusé. Et maintenant, elle est partie et je ne la reverrai plus jamais.
Callum avait les poings crispés sur ma chemise, et le visage contre mon épaule. J'ignorai ce qui me prit, à ce moment-là. Etait-ce dû à ses grands yeux verts humides ? A son expression égarée. Encore aujourd'hui, je l'ignore. Toutefois, je murmurai à son oreille :
-Je ne suis pas Megan. Mais je suis là, Callum.
De son oreille, ma bouche longea sa mâchoire, puis se posa sur ses lèvres. L'adolescent s'ouvrit immédiatement à moi, me serrant encore plus étroitement contre lui. Nos langues se rencontrèrent, se frôlèrent timidement, puis s'envolèrent dans une danse passionnée.

Callum me saisit par les hanches, me souleva et me déposa à califourchon sur ses cuisses. Il noua ses bras autour de ma taille et posa son front contre le mien. Ses yeux étaient débordants de gratitude.
-Je vous en prie, Maître, sanglota-t-il. Ne m'abandonnez pas...
Je n'eus pas le coeur de lui dire que j'avais fait une erreur.

Mili
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Re: Sept ans de Malheur

Message par Mili le Mar 10 Juin - 20:57

Chapitre 09


Nous passâmes le reste de la journée à lire la suite des mangas yaoï. J'étais captivé par ces hommes en train de faire l'amour, par la beauté de leur acte, pas la sensualité de leurs mouvements, par leur tendresse. Cela n'avait rien à voir avec ce que Hatori me faisait subir.

La relation était-elle idéalisée dans ces fichus bouquins ? Ou était-ce Hatori qui ne faisait que me considérer comme un objet. Comment cela se passerait-il si j'essayais avec Callum ?
Sans m'en rendre compte, je fixais l'adolescent. Callum dût sentir mon regard car il tourna la tête vers moi. Il rougit et je compris pourquoi dès que je vis la bosse dans son pantalon.
-Puis-je heu...
-Vas-y, répondis-je amusé.
Callum se leva et quitta la chambre à toute vitesse.


Le lendemain matin, fut identique à la veille : Hatori fut douloureux, rapide, et frustrant. Et comme la veille, ce fut humilié, souillé, les yeux rouges, excité et encore à moitié vêtu que Callum me trouva sur le lit. Toutefois, il ne se rendit pas à la salle de bains. Il se dirigea directement vers moi. Son regard passait de mes yeux à mon érection.
-Laissez-moi vous aider, demanda-t-il d'une voix suppliante.
Sans attendre de réponse, il me retira le haut de mon pyjama. Il embrassa mes lèvres.
-Arrête, je suis sale.
Sans se préoccuper de ma remarque, il caressa ma poitrine tandis que sa bouche poursuivait son baiser, mélangeant sa salive à la semence de Hatori. Deux doigts taquinèrent mes tétons, passant de l'un à l'autre. Je me maudis intérieurement : j'aimais ses mains sur ma peau, j'aimais sa bouche sur la mienne...
Sa main descendit et prit mon pénis dur.

-Vous êtes brûlant, Maître, murmura-t-il.
Sa main fit de lents vas et viens, et je sentis sa bouche suivre le tracé qu'il avait effectué de la main. Il taquina ma poitrine, goûta mon ventre, puis lécha mon sexe. C'était sa première fois, mais il ne se débrouillait pas mal du tout. Il me prit entièrement dans sa bouche tout en caressant mes cuisses, mon ventre.
Il releva la tête et demanda :
-Ca vous plaît, Maître ?
-Tu n'es pas obligé de faire ça, Callum.
-Je sais, Maître.
Il plongea à nouveau sur moi, m'enserrant entre ses lèvres, faisant jouer sa langue.
-Recule ! lançai-je.
Callum accéléra ses succions au lieu de m'écouter. Si bien que quelques secondes plus tard, je jouis dans sa bouche. Il avala manifestement ce qu'il put, le reste coula sur son menton. Je m'avançai vers lui, et l'essuyai avec mon haut de pyjama.

Mon visage grave le fit reculer.
-Je suis désolé. J'ai outrepassé mes droits. Si vous voulez me renvoyer...
-Approche.
Il obéit, la tête rentrée dans les épaules dans l'attente d'un coup quelconque. Au lieu de cela, je passai une main sur sa nuque et embrassai ses lèvres.
-Merci, chuchotai-je à son oreille.
Un sourire illumina le visage de l'adolescent. Il me porta dans ses bras et m'emmena à la salle de bains. Il s'assit sur le rebord de la baignoire, me cala sur ses genoux, et il fit couler l'eau. Ensuite, il me garda précieusement contre lui tout en caressant mon dos de ses mains douces en attendant que la baignoire se remplisse.


Chapitre 10


Les jours passaient et se ressemblaient tous. Callum ne me toucha plus comme il l'avait fait ce jour-là, il ne m'embrassa même plus, mais il avait toujours un geste tendre envers moi. La manière dont il me portait dans ses bras pour me poser dans la baignoire, la manière dont il me lavait, la manière dont il me séchait à la sortie du bain...

Au bout d'un mois, la collection de yaoï fut terminée, nous passâmes aux épisodes d'animes. Puis un jour, Hatori vint me voir, en plein milieu d'un épisode. Il renvoya Callum comme on envoie paître un chien. Il s'assit sur le lit, et dit :
-Fais-moi l'amour.
-Pardon ?
-Tu ne m'as jamais touché, alors aujourd'hui, tu vas me toucher, tu vas me faire tout ce que tu as aimé dans ce que tu as lu dernièrement.
-Et si je n'ai rien aimé ? répondis-je, provocateur.
Un sourire suffisant apparut sur les lèvres de Hatori.
-Fais ce que je te dis, et je te laisse sortir.
-Vrai... vraiment ?
-Puisque je te le dis !

Je m'avançai vers Hatori. J'embrassai ses lèvres pleines tout en enfouissant mes doigts dans ses longs cheveux violets. Lentement, je lui retirai sa veste noire que je posai sur le dossier d'une chaise.
J'étais en train de me prostituer pour de l'air frais, je le savais, mais j'avais tellement envie de sortir.

Je déboutonnai la chemise mauve de mon maître, cette chemise assortie à ses yeux et ses cheveux, je la lui retirai, puis je caressai sa poitrine lisse. Je chevauchai ses cuisses tout en l'embrassant, caressant son dos. Je descendit lentement sur son menton, dans son cou. J'embrassai son torse, jouant avec ses mamelons. Je descendis sur son ventre plat, et tout en commençant à défaire sa ceinture, je levai la tête pour vérifier mon droit.

Je croisai un regard froid au dessus d'un sourire sardonique.
-Continue, dit simplement Hatori.
Je tentai de ne pas me laisser décontenancer par son expression. Je libérai son sexe de toute entrave et je suçai de mon mieux.
Au bout d'un moment, Hatori se leva. Il me porta sur le lit, défit mon pantalon et mon boxer, puis il me pénétra. Habitué à ce traitement, aucun son ne sortit de ma bouche. Hatori se vida en quelques vas et viens, puis il se revêtit, et sortit de la chambre sans un mot.

Callum me rejoignit dès que mon maître eut quitté la chambre. Il s'assit près de moi, prit mon visage sur ses genoux et me caressa les cheveux.
-Vous allez bien ? demanda-t-il.
-Aussi bien qu'on puisse aller dans de telles circonstances, répondis-je.
Si Callum remarqua que je n'avais pas d'érection sans avoir joui, il n'en montra rien.

-Une petite sortie, ça vous tente ? me demanda-t-il. Vous pouvez marcher ?
-Je vais prendre une douche rapide et j'arrive.
-Je viens vous aider.
-Sous la douche ? demandais-je ?
Autant il pouvait me laver à l'aide de l'éponge lorsque je prenais un bain, il lui suffisait de retrousser ses manches. Mais dans la douche, c'était une toute autre histoire.
-Pas de problème, je n'ai qu'à me déshabiller moi aussi.
Je tournai la tête et j'embrassai la main qui me caressait les cheveux.
-Je vais la prendre seul, ça ira plus vite.

Je me levai en vitesse et courut à la salle de bains avant que Callum ne voit l'érection que faisait naître l'idée de voir ce jeune corps nu.


Chapitre 11


Nous passâmes tout l'après-midi à faire le tour de la propriété. Callum me montra le village, en contrebas, où il habitait avant de devenir mon serviteur. Je m'en voulus qu'il ait été obligé de quitter sa maison pour moi. Callum dût lire dans mes pensées car il me prit la main.
-Vous n'y êtes pour rien, Maître. De plus, j'aime travailler pour vous.
Je visitai ensuite le jardin orné de magnifiques parterres de fleurs, puis le terrain de tennis en terre battue, la piscine... J'étais éberlué.
-Nous avons le droit de nous baigner ? demandai-je. Et de jouer au tennis ?
-Pas les serviteurs. Mais vous pourrez y aller quand vous voudrez, vous êtes autorisé à sortir maintenant.
-Pourquoi pourrais-je y aller et pas toi ? Je suis serviteur, moi aussi ! J'irai avec toi, ou pas du tout.

Callum me regarda avec un sourire triste.
-Qu'ais-je fait pour avoir un maître si bon avec moi ?
-Peut-être es-tu bon avec ton maître, suggerai-je avec un clin d'oeil. Allons, poursuivons !
-C'est tout, répondit Callum gêné. Vous avez le droit de sortir du bâtiment, mais pas de la propriété.
-Ah, je vois... Dans ce cas, je vais aller voir mon maître pour lui demander si nous pouvons utiliser le court de tennis et la piscine.
-Non, Maître, je ne veux pas vous causer d'ennuis.
-Ne t'en fais pas. Sais-tu où je peux trouver Hatori ?
-Certainement dans son bureau.
-J'ignore où il se trouve.
Je n'étais jamais allé voir Hatori de moi-même, et je ne disais rien devant Callum, mais je n'en menais pas large. Callum me guida à son bureau.
-Merci, dis-je. Attends-moi dans ma chambre.
Callum était sur le point de repartir. Il hésita, puis me prit dans ses bras.
-Merci Maître.
Il déposa un baiser sur mon front, puis quitta les lieux.

Encouragé par cette preuve d'affection, j'inspirai un bon coup, et je frappai à la porte du bureau.
-Qui est-ce ?
-C'est moi, Yann, Maître.
Des bruits de pas, puis la porte s'ouvrit sur Hatori. Un sourire conquérant sur le visage, il dit :
-C'est bien la première fois que tu as l'audace de me rendre visite. Et que tu m'appelles "Maître". Entre.
-Je ne vous dérange pas ?
-Pas vraiment, j'allais prendre une pause.
J'entrai dans le bureau, et je sursautai lorsque la porte se ferma derrière moi.
-Que veux-tu ? me demanda Hatori.

Je déglutis, puis je me lançai :
-D'après Callum, j'ai l'autorisation d'utiliser le court de tennis, mais pas lui. Pourtant, je ne suis qu'un simple serviteur, tout comme lui. J'aimerais donc que vous l'autorisiez à les utiliser, lui aussi.
-Je vois. Dis-moi, Yann, tu as l'air de beaucoup aimer ce jeune serviteur que je t'ai trouvé.
-Bien sûr. Il est mon seul ami, ici.
-Oh, comme tes paroles sont vexantes, fit Hatori avec ironie.
Il sembla réfléchir, puis :
-Très bien, ton Callum peut utiliser la piscine et le court de tennis lorsqu'il est avec toi. Mais comme tu le sais, tout se paye. Sois prêt à vingt-deux heures, car toi et moi, nous allons passer toute la nuit ensemble.
-"Prêt" comment ?
-Nu, dans ta chambre. Je ne veux pas perdre de temps à te déshabiller.
-Oui, Maître. Je vous remercie.

Mili
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Re: Sept ans de Malheur

Message par Mili le Mar 10 Juin - 20:58

Chapitre 12


Callum et moi terminâmes l'après-midi à jouer au tennis. Bouger un peu me faisait du bien, depuis le temps que j'étais en cage. Toutefois, mon plaisir fut terni par l'appréhension de la soirée à venir, même si je ne laissai rien percevoir afin de ne pas culpabiliser mon serviteur. Il était si bon avec moi, si tendre, en quelque sorte ma bouée de sauvetage dans ce monde.

Le soir, je le renvoyai juste après le dîner, prétextant la fatigue, ce qui était vrai en quelque sorte. Je n'étais plus habitué à faire du sport, et le tennis m'avait exténué. Quel piètre amant je ferais pour Hatori. Je me dévêtis et me couchai.


Je dus m'endormir, car on me secoua sans ménagement. J'ouvris les yeux et croisai le dur regard violet de Hatori.
-Hé bien, ça commence bien, fit-il avec sarcasme.
-Désolé, je me suis endormi. Le tennis avec Callum m'a vraiment exténué.
-Si tu ne peux pas payer ta dette, je vais devoir le fouetter pour avoir désobéi aux règles.
-Je suis prêt à payer ma dette, Maître. Pardon.
-Parfait... Déshabille-moi.
Je me levai. Je m'approchai de Hatori et commençant à le déshabiller, découvrant lentement des parcelles de peau blanche.
Une giffle arriva sans que je ne la voie venir.
-Plus vite, retire cette chemise, que diable !
Je baffouillai des excuses et déboutonnai rapidement la chemise. Je passai ensuite au pantalon, puis aux sous-vêtements. C'était la première fois que je voyais Hatori nu, et je dus avouer qu'il était vraiment beau. Une magnifique peau blanche, des épaules larges, une taille fine, des cuisses souples...
-Qu'est-ce que tu regardes ainsi ?
-Pardon Maître, fis-je en baissant la tête.

Hatori enroula sa chemise sur mon visage, certainement dans le but de me cacher la vue. Je le sentis me nouer une sorte de collier autour du cou. Il me poussa sur le lit, sur lequel je tombai sur le dos. Il passa une barre métallique derrière mes genoux, les fixa à la barre, puis il appuya sur mes jambes. J'entendis un cliquetis, et lorsque je voulus poser mes jambes, je manquai de m'étrangler avec le collier.
Hatori retira sa chemise de mon visage afin que je puisse assister des mes propres yeux à mon humiliation.
-Je te préviens, lança-t-il, je n'ai pas l'intention d'être doux avec toi ce soir.
-Parce que vous l'êtes, d'habitude ?

Une claque sur la cuisse. Je retins un gémissement de douleur. Cela lui aurait fait trop plaisir.
-Ne me provoque pas, sans quoi ce sera encore plus douloureux pour toi, mon mignon.
-Oui, Maître.
Mon ton était docile, mais Hatori vit à mon regard que je me moquais. Une claque sur les fesses. Par réflexe, je voulus baisser les jambes, mais je manquai de m'étouffer avec ce maudit collier. Hatori éclata de rire. Puis il sembla réfléchir.
-Voyons voir, qu'est-ce que je pourrais bien te faire ?
-Ne me dites pas que vous n'avez déjà plus d'idées ? demandai-je d'un ton volontairement provocateur.
-Que ferais-tu, toi, à ma place ?
-Je vous attacherais les mains pour que vous ne puissiez pas retirer mon beau collier. Pour une fois que je vous offrirais un bijou, ça me briserait le coeur que vous l'enleviez. Ensuite, hé bien... Je vous planterais là et j'irais me coucher.
-Pas mal, l'idée d'attacher les mains. Dommage, je n'ai pas de menottes.

Hatori me souleva par la taille et me positionna à genoux. Il prit mes mains et me les attacha derrière le dos avec sa chemise. Puis il me poussa sur le dos, que je gardais rond afin de ne pas éloigner mes genoux de mon cou. Je me maudis pour mon idée. La position était des plus inconfortables, avec les mains attachées dans le dos. Toutefois, je n'en laissai rien paraître, ça lui aurait fait trop plaisir.


Chapitre 13


Hatori s'agenouilla près de mon visage et prit mes cheveux à pleines mains pour me forcer à tourner la tête. Je compris ce qu'il voulait, et je suçai son sexe raide. Pendant que je suçais, il entreprit de me branler. Toutefois, pas un début d'érection ne pointait en moi. Je faisais ce que j'avais à faire, mais sans plaisir, sans excitation.

-Es-tu fatigué à ce point ? me demanda Hatori.
-Non, Maître, c'est juste que vous ne me faites aucun effet.
Une claque sur les fesses. Violente. Sèche.
-Attention, j'aurais pu vous mordre, fis-je en reprenant son pénis dans ma bouche.
Mon maître capta mon regard amusé. Cela dût l'énerver car il se retira. Il se positionna face à mon sexe et entreprit de le lécher. Je commençai à bander. Lentement, mon pénis durcit, prit du volume.
-Tu vois ? demanda Hatori fier de lui.
Il revint à mes côtés afin que je poursuive ma fellation, et il me caressa à nouveau. Sa main était dure, rapide. Je ne tardai pas à jouir, m'innondant la poitrine et le visage.
Hatori s'agenouilla près de moi, et me pénétra. Je ne bronchai pas. J'avais quitté ce corps, je regardais la scène comme si j'étais un spectateur extérieur. Je ne sentais plus la douleur ni l'humiliation, j'avais juste pitié de l'homme qui subissait les caprices de mon Maître.

Hatori, tout en faisant de rapides et violents va et viens, reprit la masturbation de ce corps, mais rien ne se produisit. Il se retira avant de jouir. Tout cela l'amusait, son sourire caustique en était la preuve. Il se dirigea vers une malette que je n'avais pas vue. Il l'avait apportée pendant que je dormais. Il sortit un fouet.
-Tu fais moins le malin, maintenant, hein ?
Je ne répondis pas. Ce corps était vide de toute âme, je m'étais réfugié là où je ne sentirais pas la douleur. Un coup sur la cuisse droite. Je ne bronchai pas. Un autre en travers des fesses. Puis sur la poitrine. Je ne sentais toujours rien.

Je remarquai les lacérations causées par le fouet, mais je ne me sentais plus concerné par ce corps souillé. Pas un cri n'en franchit la bouche close, pas une larme ne coula des yeux vides.
-Toujours pas mal ? demanda Hatori.
-Toujours pas, répondit le corps.
Sa voix était blanche, sans ton.
Hatori poussa le corps immobile au sol. Il tomba à genoux, le dos exposé. Hatori se positionna derrière lui, et le pénétra violemment, jusqu'à se vider complétement. Puis il reprit ses coups de fouets. Le dos, les fesses, les cuisses. Et il bandait rien qu'à faire de genre de chose. Il se branlait d'une main, fouettait de l'autre. Puis il pénétrait. Se vidait. Et recommençait.

La nuit était à un stade bien avancé lorsque je perdis connaissance.


Je revins à moi en sentant de l'eau chaude sur mon corps.
-Bouge, nom de Dieu, réagis ! gémissait une voix paniquée.
J'étais dans un bain. Je sentais quelqu'un, derrière-moi, qui faisait bouger mes membres endoloris. Je regardai les mains qui s'activaient sur moi. J'aurais reconnu entre mille ces mains aux longs doigts fins.
Je me laissai aller contre ce corps nu, corps que je n'avais jamais vu, mais dont un bras me maintenait, afin de m'empêcher de glisser et avaler de l'eau.
Je posai mes mains sur ce bras enroulé autour de ma poitrine et je fermai les yeux. J'étais enfin en sécurité. Toutes les larmes que je n'avais pas versées durant cette horrible nuit s'écoulèrent.
-Maître, chuchota Callum. Vous êtes enfin revenu à vous.
J'avais terriblement mal aux fesses et au dos. Je me retournai dans la baignoire afin d'épargner les parties lacérées de mon corps. Je fis face à mon serviteur. Je blottis mon visage contre sa poitrine rassurante. Il me caressa les cheveux, me laissant pleurer de tout mon saoûl.
Sentant de l'eau couler sur mon front, je levai les yeux. Callum pleurait avec moi.


Chapitre 14


Une fois nos larmes taries, Callum sortit du bain. Il enroula une serviette autour de sa taille, puis il me porta dans ses bras. Il m'emmena dans la chambre, et me déposa délicatement sur le lit, où il avait déposé un grand drap de bain. Il entreprit de me sécher, aussi doucement que possible, mais chacun des effleurements de la serviette m'arrachait un gémissement de douleur.
Une fois que je fus complétement sec, Callum annonça.
-Je vais chercher la trousse à pharmacie.
-Pas dans cette tenue, répondis-je.
Je tentai de le retenir et l'attrapai par la serviette de bain, qui se détacha et tomba au sol.
-Je vois, fis Callum amusé, vous me préférez complétement nu.

Je ne pus répondre. Je regardais ce corps que je voyais pour la première fois. Callum avait des épaules larges, une poitrine musclée, lisse, bronzée, une taille fine, de longues jambes puissantes. Et le reste... Ma foi, le reste était tout aussi appréciable. Des goutelettes d'eau ruisselaient sur son corps, le rendant encore plus sexy.
Callum rougit sous cet examen.
-La trousse à pharmacie est à la salle de bains, Maître. Je ne comptais pas sortir de la chambre dans cette tenue.
-Séche-toi, tu vas attraper froid, répondis-je.
-Ca va aller...
-C'est un ordre !

Callum se pencha sur moi. Il déposa un chaste baiser sur mes lèvres.
-Merci de prendre soin de moi, Maître. Cependant, je dois vous désobéir car ma priorité, c'est vous.
Il récupéra la serviette de bain au sol, l'enroula à nouveau autour de sa taille tout en gagnant la salle de bains. Il revint quelques instants plus tard avec une malette. Avec sa douceur habituelle, il désinfecta chacune de mes coupures, pansa mon corps.
Seul mon sexe n'avait pas été blessé, Hatori y avait pris garde, et avec mon corps bandé, je ressemblais à une momie obscène.
-Voulez-vous vous habiller ? me demanda Callum.
-Juste un caleçon. Je ne supporterais pas le frôlement des vêtements sur mon corps.
Callum m'aida à passer le sous-vêtement, puis il demanda :
-Souhaitez-vous un petit déjeuner ?
-Non, je n'ai pas faim. Va te sécher et t'habiller avant de t'enrhumer, maintenant.
-Oui, Maître.

Callum disparut dans la salle de bains. Il revint quelques minutes après, vêtu de la tête au pied.
-Que voulez-vous faire, aujourd'hui ? demanda-t-il. Regarder quelques épisodes de Full Metal Panic, commencer ce fabuleux livre dont je vous ai parlé, L'Assassin Royal, ou...
-Non, je veux dormir. J'ai passé une nuit plutôt mouvementée, et je n'en peux plus.
-Alors dormons.
Callum s'allongea près de moi. Je me réfugiai dans ses bras accueillants, blotti contre sa poitrine.
-Maître ?
-Oui...
-Pourquoi avez-vous fait tout ça pour moi ?
-Hein ?
-Tout ça, ce qui s'est passé cette nuit. C'est à cause de cette histoire de piscine, n'est-ce pas ? Vous n'aviez pas à vous sacrifier ainsi pour moi.
-Tu n'es pas mon serviteur, tu es mon ami. Il est hors de questions que j'aie droit à des choses auxquelles tu n'as pas droit.
-Mais pour la peine, c'est vous qui avez été maltraîté.
-N'en parlons plus.

Je fermai les yeux, me sentant glisser dans le sommeil, lorsque...
-Maître ?
-Oui ?
-Vous n'aimez pas mon corps ?
-Pourquoi cette question ?
-Vous n'avez jamais fait un geste dans ma direction, vous ne m'avez jamais touché. Et pourtant, moi, j'aimerais vous appartenir.
Je soupirai. Je levai une main et la passai sur la joue de Callum. Puis dans ses cheveux dont les méches s'égaraient sur ses magnifiques yeux.
-Tu te considères comme mon serviteur, n'est-ce pas ?
-Oui Maître.
-Comment veux-tu que je te touche alors que j'ignore si tu accepteras par envie ou par devoir ?
Callum prit ma main. Il la posa sur son entre-jambe, où une bosse prenait forme. Il plongea dans mes yeux et dit simplement :
-Ce genre de chose n'arrive pas par devoir, Maître.

Mili
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Re: Sept ans de Malheur

Message par Mili le Mar 10 Juin - 21:00

Chapitre 15


Je me réveillai blotti dans les bras protecteurs de mon serviteur. Il dormait. J'admirai son visage paisible, ses lèvres pleines et attirantes. Je passai une main sous sa tunique et caressai son dos. Sa peau était douce, chaude, rassurante.
Les beaux yeux verts si chaleureux s'ouvrirent. Un sourire illumina le visage de Callum. Puis il poussa un soupir.
-Quel piètre garde-malade je fais. Je me suis endormi.
-Je vois ça, répondis-je avec un air faussement sévère.
Callum baissa les yeux. Je rampai sur le côté afin d'avoir le visage en face du sien, et je l'embrassai, tout en caressant son dos.
Nos estomacs vides nous rappelèrent à l'ordre. En effet, un bruit de gargouillis vint casser l'ambiance. Nous éclatâmes de rire. Callum jeta un oeil à sa montre et s'exclama :
-Ho ! Il est quinze heures ! Ma mère va me tuer si je vais chercher à manger à cette heure-là.
-Tu n'as qu'à dire que c'est pour moi, que je dormais.
-Elle va voir que je dormais. Elle a un don pour ça.
-Si ça ne me gêne pas, je ne vois pas où est le problème.
-Merci Maître.
Callum se leva et partit chercher à manger. Il revint quelques minutes plus tard avec un plateau qu'il déposa sur la petite table.
-Vous souhaitez manger couché ? demanda-t-il. Dois-je vous nourrir ?
-Ok pour manger couché, mais je peux le faire moi-même.

Au moment du dessert, Callum lança :
-Je reviens, j'ai oublié les cuillères.
-Attends, pas la peine, on peut manger avec les doigts, non ?
Mon serviteur me regarda et rougit adorablement. J'éclatai de rire. Je secouai le yaourt, puis j'ouvris un coin et je bus simplement. Callum rit, lui aussi, quand il se rendit compte de sa crédulité. Toutefois, j'avais envie de le taquiner.
Une fois le yaourt vide, j'ouvris complétement l'opercule, je passai un doigt contre la paroi du pot, et léchai mon doigt. Callum ne me quittait pas des yeux. Je passai à nouveau mon doigt dans le pot, puis le tendit à mon serviteur. Il avança, mais au moment où il allait s'emparer de mon doigt, je lui maculai la joue et le menton.
-C'est malin, fit-il.
Il semblait légèrement vexé. Manifestement, ce petit jeu l'avait émoustillé et il avait envie de jouer. Avant qu'il n'ait eu le temps de prendre une serviette, je l'attirai à moi par le revers de sa tunique. Je léchai les traces de yaourt sur sa joue, son menton, et terminai ma course sur ses lèvres.


Les jours passèrent et Hatori ne revint pas me voir avant une semaine. Mes blessures étaient presque totalement refermées.
Lorsqu'il me réveilla, ce matin-là, je ne pus m'empêcher de trembler de peur. Toutefois, il fut presque doux... comparé à la dernière fois. Il se contenta de me pénétrer, de jouir, puis il repartit.
Lorsque Callum me vit, il prit peur. Toutefois, je le rassurai.

Hatori recommença ses visites régulières. Sans un mot, il entrait, faisait sa petite affaire puis repartait. Et moi, je ne disais rien, ne bougeais pas, j'attendais simplement qu'il ait terminé, aussi docile qu'une poupée de chiffon. Ensuite, je passais mes journées avec Callum. Nous regardions des animes, nous jouions à des jeux vidéos, nous nous baignions dans la piscine, nous jouions au tennis.
Je crois pouvoir affirmer sans me tromper que j'étais heureux, malgré l'ombre de Hatori qui plannait au dessus de ma tête. Car quoiqu'il arrive, quoique Hatori me fasse, je savais qu'après, Callum serait là.


J'étais arrivé depuis plus d'un an, maintenant, et un jour, alors que je proposai une séance de visionnage à Callum, après plusieurs longueurs dans la piscine, ce dernier ce mit à rougir.
-Il ne reste plus que des yaoï, Maître.
-Puisque nous avons pu les lire, je pense que les regarder ne devrait pas poser de problème.
-Oui, Maître.
Callum revint bientôt avec les DVD. Il me fit choisir, puis lança l'anime.
J'étais allongé sur le ventre, les bras pliés sous le menton. Mon serviteur était, fidèle à son habitude, assis au sol, adossé contre mon lit.

Je ne jetai pas un seul regard au téléviseur. Je préférais admirer les expressions de Callum. Il souriait, puis rougissait, posait ses mains sur sa bouche comme pour réprimer un cri.
Une jolie bosse se mit à enfler dans son pantalon.
Je m'avançai vers Callum et chuchotai à son oreille :
-Eteins ça.
-Ca ne vous plaît pas, Maître ?
J'enlaçai son cou et déposai un baiser juste derrière l'oreille, là où sa peau était si douce.
-Si, répondis-je, mais j'ai décidé qu'aujourd'hui, le film, ce serait nous...


Chapitre 16


Callum prit la télécommande, puis demanda :
-Vous êtes sûr de vous, Maître ?
-Oui, mais si toi, tu ne veux pas, il est encore temps de refuser.
Pour toute réponse, mon serviteur éteignit la télévision à l'aide de la télécommande. Puis il se retourna, toujours au sol, et il prit mon visage dans ses mains. Son baiser me donna l'impression d'être la chose la plus précieuse au monde. Je lui répondis. Nos langues se frôlèrent, se caressèrent.
Callum m'enlaça, puis me renversa sur le dos, à quatre pattes sur moi, sur le lit. Pendant qu'il baisait mon visage, je passai mes mains sous sa tunique verte, que je retroussai. D'un geste vif, il la fit passer par dessus sa tête et la jeta au sol.

Je le poussai doucement, de manière à ce qu'il s'allonge sur le dos, et je commençai enfin à caresser ce corps qui me tentait depuis trop longtemps. Sa peau était merveilleusement douce, quoique couverte de petits frissons. Je léchai ses tétons dressés, je les pinçai doucement. Il poussa d'adorables gémissements qui amplifièrent mon érection. Je descendis sur son ventre plat et ferme. Je taquinai son nombril, puis léchai le bord de sa ceinture. Je posai une main sur son entrejambe, que j'entrepris de caresser doucement, tout en faisant de longs vas et viens au bord de sa ceinture.

-Maître, gémit-il.
Je débouclai la ceinture, je le débarassai de ses vêtements, le laissant en boxer.
-Enlevez tout, supplia-t-il.
-Tu es sûr ? demandais-je en glissant une main sous le boxer.
-Oui...
Je retirai le sous-vêtement et pris dans ma main son pénis dressé. Je le léchai lentement, appréciant son goût, sa chaleur. Je le pris dans ma bouche.
-Maître ? demanda Callum.
Tout en le caressant de la main, j'avançai mon visage vers le sien. Je passai ma langue sur ses lèvres, et annonçai-je :
-Exceptionnellement, dans cette situation, appelle-moi par mon prénom. Si tu ne le fais pas...
Je retirai ma main de son sexe et Callum gémit de frustration.
-Ah... non, c'est impossible...
-Très bien.

Je sautai du lit, m'emparai de la télécommande, mais je n'eus pas le temps d'appuyer sur un quelconque bouton qu'une main se posa sur mon épaule. Je me retournai.
Les yeux verts de mon serviteur étaient implorants. Il m'attira dans ses bras et passa les mains sous ma chemise.
-Yann, murmura-t-il, s'il vous plaît. Je vous en prie... Laissez-moi retirer vos vêtements.
Je lui souris.
-Tu vois, ce n'était pas très compliqué.
Il déboutonna ma chemise, tout en embrassant les parcelles de peau libérées. Il descendit et s'attaqua à ma ceinture, puis mon pantalon. Il embrassa mon sexe à travers mon boxer. Finalement, il me déshabilla entièrement et me prit dans sa bouche.
-Arrête, dis-je en lui repoussant le visage.
J'étais au bord de la jouissance. Je fermai les yeux pour tenter de me contenir, puis :
-Laisse-moi te faire plaisir, Callum.

Le jeune homme sourit. Il m'embrassa, et dit :
-Exceptionnellement, dans cette situation, appelez-moi Cal.
J'éclatai de rire.
-Très bien, Cal.
J'embrassai sa bouche souriante, puis je descendis sur l'objet de ma convoitise. Callum gémit en sentant ma bouche se refermer sur lui. Je fis jouer ma langue sur ce pénis dressé tout en osant un doigt plus bas. Tout cela était nouveau pour moi, et la peur se disputait à l'excitation. Je glissai doucement mon doigt, et la manière dont Callum bougea le bassin répondit à la question que je n'avais pas osé poser. Je bougeai mon doigt tout en poursuivant mes jeux gourmands, puis un deuxième.
-Maître, gémit Callum tandis qu'un liquide remplissait ma bouche. Yann...

Mon serviteur haletait sous mes doigts que je n'avais pas retirés. Je passai un coup de langue sur son sexe.
-Laissez-moi vous appartenir, s'il vous plaît, chuchota Callum.
-Tu es sûr ? Tu risques d'avoir mal.
-Non, avec vous, je ne peux pas avoir mal. Venez.
Je retirai mes doigts et avec d'infinies précautions, je le pénétrai. Une fois entré totalement, je demandai :
-Ca va ?
-Oui, répondit Callum en souriant.
Je m'activai en lui, tout en caressant son pénis qui durcissait déjà. Je manquai de jouir plusieurs fois, mais je ralentis mes mouvements afin de me reprendre. Je voulais que cette première fois soit inoubliable pour mon cher Callum, je voulais qu'il ait autant de plaisir que possible.
Ses halètements me prouvèrent bientôt qu'il ne tiendrait plus longtemps. J'accélérai mes cours de reins en même temps que mes caresses, et quelques instants plus tard, il poussa un long râle qui ressemblait presque à un cri d'agonie. Ses spasmes ne me laissèrent pas indifférent, je le rejoignis aussitôt dans la jouissance.


Chapitre 17


Je jetai un oeil à Callum tout en léchant sa semence sur son ventre.
-Tu as l'air songeur. Tu regrettes ? Tu t'attendais à autre chose ?
Callum m'attira dans ses bras et me serra contre lui.
-C'était merveilleux. Je savais que ce serait bien. Avec vous, je suis toujours bien. Toutefois, je ne m'attendais pas à autant de plaisir.
-Je suis heureux que ça t'ait plu. Je m'en serais voulu de te faire mal.
Callum me sourit, puis baissa les yeux.
-Maître ? demanda-t-il.
Je ne répondis pas.
-Yann ? demanda-t-il avec un sourire.
-Oui ?
-Allons-nous recommencer ?
J'éclatai de rire.
-Pas dans l'immédiat, mais si tu veux recommencer, tu sais quoi faire.
-Vous mettre un anime yaoï ?
-Non, simplement venir à moi.


-Sais-tu faire du cheval ?
C'était la première fois que j'entendais la voix de Hatori depuis un an, depuis ce jour où il m'avait tant fait mal.
-Du cheval ? demandai-je. Non, je n'ai jamais essayé.
-Attend-moi dans le hall à dix heures, je vais te présenter Alain, il t'apprendra.
-Pour quelle raison ?
-Dans trois mois, j'aurai besoin que quelqu'un se rende au village. J'y attends deux chevaux. Tu descendras donc avec Alain, et vous reviendrez à cheval. Ce sera ta première sortie en dehors de la propriété. Mais tu n'y auras droit que si tu te tiens tranquille d'ici-là. Alain pourra même te faire visiter les alentours, dans la limite du raisonnable.
-Et Callum ? ne puis-je m'empêcher de demander.
Mon maître sourit, de cet éternel sourire qui me donnait froid dans le dos.
-Callum t'attendra bien sagement ici, comme le gentil petit toutou qu'il est.
Je serrai un poing rageur mais renonçai à provoquer la colère de mon maître.

Je descendis donc dans le hall à l'heure dite. Hatori me rejoignit quelques minutes plus tard.
-Suis-moi.
J'obéis. Nous marchâmes jusque derrière la propriété, nous prîmes un sentier que je ne connaissais pas, et arrivâmes près de bâtiments en bois. C'était l'écurie.
-Je commence avec les chevaux, m'expliqua Hatori. Je n'en ai que deux pour le moment.
Un homme sortit de l'écurie. Il était de taille moyenne, brun, le crâne un peu dégarni, et une bouche si fine qu'on en distinguait à peine les lèvres.
-Je te présente Alain, dit Hatori. A partir de maintenant, il t'attendra tous les jours ici à dix heures pour tes leçons d'équitation, jusqu'à ce qu'il t'estime prêt pour l'accompagner dans trois mois.
-Enchanté, dis-je à Alain.
-Alors c'est toi, mon élève, fit Alain. Tu es Yann, c'est ça ? Enchanté.
-Bon, je vous laisse, lança Hatori. Je compte sur toi Yann.
-Oui Maître.

Alain me détaillait avec ses petits yeux de serpents.
-Vous avez cassé un miroir, vous aussi ? demandai-je afin qu'il cesse ce regard scrutateur.
-Oui.
-Il y a longtemps ?
-Trois semaines.
Je renonçai à faire la conversation à cet homme asociable. Mon premier cours commença.

Mili
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Re: Sept ans de Malheur

Message par Mili le Mar 10 Juin - 21:00

Chapitre 18


Mes journées étaient à présent bien remplies, entre Hatori qui venait me voir au petit jour, un tennis avec Callum le matin, les cours d'équitation à partir de dix heures jusqu'à midi, quelques épisodes d'animes avec Callum le temps de digérer (nous regardions rarement plus d'un épisode avant que l'un de nous saute sur l'autre), quelques longueurs dans la piscine... J'avais presque un emploi du temps de ministre.

Au bout d'un mois, Alain me jugea apte à l'accompagner, mais me conseilla toutefois de revenir faire un peu de cheval de temps en temps, afin de ne pas oublier le peu que je savais. Aladin, mon cheval attitré pour l'exercice, allait me manquer, mais à choisir, je préférais passer ce temps avec mon cher Callum.

Aussi, le lendemain, après le tennis, lorsqu'il me vit retourner dans ma chambre, il demanda :
-Maître, et votre cours d'équitation ?
-Fini ! Je suis un cavalier cheveronné.
-Vraiment ?
-Non. Mais je suis capable de faire avancer un cheval, et même trotter un peu. Cela suffit amplement à ramener un cheval du village.
-Vous avez autre chose de prévu à la place ?
-Non, fis-je en le dévorant des yeux.
Callum rougit adorablement.
-Ne bougez pas, attendez-moi ici, je reviens dans dix minutes.
-J'aimerais bien prendre une douche.
-Non, non, attendez-moi !!
Callum me prit ma raquette et partit en courant. Involontairement, mon regard se posa sur ses fesses musclées. Il avait une de ces énergies... et ce n'est pas moi qui allais m'en plaindre. Je m'assis donc sur un banc, le long du court de tennis, et j'attendis patiemment tout en regardant le paysage. Deux jardiniers arrosaient les fleurs, une femme de ménage étendait des draps sur les fils, deux enfants partaient en direction du village, un panier vide à la main.

-Venez Maître.
Je sursautai. Callum éclata de rire.
-Pardon. Venez.
Il me tendit la main gauche, tenant un panier de la droite. Je lui pris la main et le suivis en direction d'un sentier qui longeait le court de tennis. Nous poursuivîmes plus loin, là où je ne m'étais jamais aventuré.
-Où allons-nous ? demandai-je.
-Vous êtes trop curieux.
-C'est que j'aimerais bien prendre une douche.
-Et moi j'aimerais bien goûter votre peau après l'effort, répondit Callum en rougissant.
-Pour cela, nous aurions eu meilleur temps d'aller dans ma chambre, tu ne crois pas ?
-Pas quand j'ai une meilleure idée.

Nous arrivâmes à une rivière qui serpentait dans les champs.
-Cette rivière, la Vin, est la limite de la propriété de Maître Hatori. Toutefois, personne ne peut nous voir.
Callum posa le panier. Il prit la couverture qui le recouvrait et l'étendit sur le sol. Il se déchaussa, s'assit sur la couverture, et me tendit les bras.
-Venez, Maître.
-Ici ? demandai-je en sentant le rouge me monter aux joues.
-Ici, confirma Callum.
Pour mieux me tenter, il retira son t.shirt, offrant sa poitrine à la douce brise. Je ne pus attendre plus longtemps. Je m'agenouillai et chevauchai ses cuisses, carressant son dos, léchant son cou. Sa peau avait le goût salé de sueur, mais ce n'était pas désagréable sur mon cher Callum.
Il retira mon t.shirt et s'allongea, m'emportant avec lui. Je léchai sa poitrine, son ventre, imprimant dans ma mémoire le goût de sa peau. Je tirai sur son short, emportant le boxer dans la foulée. Je caressai son pénis dressé, jouant dessus avec la langue.
Callum m'encourageait de petites plaintes. Je le pris dans ma bouche et fis de longs vas et viens.
-Yann...
Ce soupir m'excita plus encore qu'une caresse, et je m'aventurai là où je n'avais jamais osé aller. Ma langue descendit lentement entre les jambes de mon serviteur, afin de l'effleurer. Je passai ses jambes sur mes épaules et je tins son bassin surélevé, puis je poursuivis mon exploration.
-Yann... s'il vous plaît...

Je le fis languir encore un peu, puis n'y tenant plus, je baissai mon short et le pénétrai.


Chapitre 19


Nous passâmes le reste de la journée à cet endroit, à manger les sandwiches que Callum avait confectionnés, à nous baigner dans la rivière, à rester simplement allongés, nus, l'un contre l'autre, à profiter du contact de l'air sur nos corps.

Cette rivière resta en quelque sorte notre lieu de rendez-vous secret, et nous nous y retrouvâmes tous les jours après le tennis. Même si nous ne faisions pas l'amour à chaque fois, nous retrouver en secret, passer du temps à l'air libre, je trouvais ça vraiment merveilleux.


Deux mois plus tard, Hatori vint me rendre sa visite matinale, fidèle à son habitude. Puis tout en rajustant son pantalon, il annonça :
-Aujourd'hui, tu pars avec Alain chercher les chevaux.
-Aujourd'hui ?
-Oui, vous partez à huit heures. Alain t'attendra à cette heure dans le hall d'entrée.
-Je serai prêt.
-Vous pouvez allez vous promener, Alain peut te faire visiter les environs, mais attention, si tu n'es pas rentré à midi, je considérerai que tu t'es enfui. Et Callum te remplacera auprès de moi.
Je sentis mon sang se glacer. Impossible, Hatori ne pouvait pas maltraiter Callum comme il l'avait fait avec moi. Pas mon cher Callum.
-Je serai rentré à midi.
Hatori me fit un signe de la tête, puis quitta la chambre.

Callum arriva dès qu'il sortit. Il me fit prendre mon bain, puis apporta le petit déjeuner. Lorsqu'il fut temps pour moi de partir, je l'enlaçai et l'embrassai comme si ma vie en dépendait.
-Maître, murmura Callum, surpris par ma fougue.
-Je reviendrai avant midi, promis-je.
-Oui, je l'espère bien. Je nous ferai tout un tas de sandwiches et nous irons à la rivière, répondit mon serviteur.
Il n'était pas conscient de l'épée de Damoclès suspendue en haut de sa tête. Je préférai ne rien lui en dire. Je serais largement rentré à midi, et Hatori ne toucherait pas un seul cheveu de mon amant.

Je me rendis dans le hall. Je sentais le regard d'Alain posé sur moi, mais tentai de l'ignorer, tout en me demandant pour quelle raison il me regardait toujours ainsi.
-Bonjour Alain, fis-je.
-Bonjour, répondit-il seulement.
Nous quittâmes le bâtiment, puis la propriété, en direction du village. La route faisait des zigs et des zags, et Alain suggéra que nous coupions à travers les bois, afin d'atteindre le village dans une ligne droite. Je suivis mon guide, et je remarquai des cordes enroulées autour de son épaule.
-Pour quoi faire, ces cordes ? demandai-je.
-Les chevaux doivent être sellés normalement. Mais si tel n'est pas le cas, nous pourrons les utiliser pour faire un harnais.
N'y connaissant rien en harnachement, je me contentai de cette explication.

Toutefois, il me sembla remarquer que nous ne marchions pas en direction du village, mais qu'au contraire, nous nous enfoncions plus profondément dans les bois. Je supposai que ces années restées sans sortir avaient émoussé mon sens de l'orientation, aussi je me tus.
Nous marchions depuis près de deux heures, je supposai bêtement qu'Alain voulait me faire visiter les bois. Car il ne fallait pas deux heures pour faire les cinq kilomètres qui nous séparaient du village.
J'adorais les balades en forêt, mais je ne pris pas goût à celle-ci, gardant sans arrêt un oeil rivé à ma montre.

Alain s'agenouilla pour resserer son lacet, je partis devant. Je sentis une corde passer au dessus de ma tête. La corde se resserra autour de ma taille, plaquant mes bras contre mon corps. Alain fit plusieurs tours d'un arbre avec la corde, et je me retrouvai plaqué contre le tronc. Il défit mon pantalon, et je sentis son regard de prédateur posé sur moi, ce regard que je n'aimais déjà pas en temps normal.
-Voyons voir si la pute du maître est aussi bonne qu'elle en a l'air, siffla Alain.


Chapitre 20


Je sentis la panique me gagner. On allait encore tenter de me prendre de force. Et ça, il n'en était pas question, plus jamais ! Comme si Hatori ne suffisait pas. Toutefois, Alain ne s'embrassa pas de caresses ou quoi, il se contenta de baisser son pantalon, de me prendre par les cuisses afin de me positionner en face de lui, et de me pénétrer.
La douleur me submergea. Pas la douleur de la pénétration, non. J'y étais habitué. La douleur de l'écorce rèche du tronc d'arbre, qui entâmait déjà ma chemise, puis ma peau. Il me fallait un plan, vite.

Je fermai les yeux. Je pensai à Callum de toutes mes forces. Je me remémorai ses caresses, ses baisers, sa douceur, la plénitude que j'atteignais rien qu'à lui prendre la main.
Mon sexe commença à durcir.
-Oh, mais c'est que tu aimes ça dis-donc ! s'exclama Alain en prenant mon pénis dans sa main.
Les yeux toujours fermés, je feignis le contentement.
-Prenez-moi... dans votre bouche, fis-je d'un ton suppliant.
Alain me lâcha les cuisses. Il se baissa et commença une fellation. Je n'attendis ni une ni deux, je lui balançai un coup de pied à la tempe. Il s'éffondra.

Et je me retrouvai seul, attaché à cet arbre... Il y avait mieux, comme situation.
Je m'accroupis. L'écorce m'irritait la peau, le moindre frôlement contre l'arbre devenait insupportable. A force de contortions, je parvins à passer la tête sous la corde. J'étais libre. Je mis en vitesse mon boxer et mon pantalon. Alain commençait à gémir. Je lui balançai un coup de pied dans l'entre jambe, ça devrait le calmer un moment.

Puis je partis en courant dans la direction dont nous venions. Je jetai un oeil à ma montre : il était près de onze heures. J'accélérai ma course, trébuchant dans les ronces, mais sans jamais tomber. Je n'avais pas le droit de tomber. Car j'ignorais si j'aurais la force de me relever.
La chemise en lambeaux frôlant à chaque mouvement mon dos écorché me faisait souffrir le martyre, mais je n'avais pas le temps de l'enlever.
-Callum, murmurai-je afin de me donner de la force. J'arrive...

La forêt commença enfin à devenir moins dense. J'arrivai sur la route. La propriété de Hatori était en face de moi. Il était onze heures cinquante. Je poursuivis ma course, je croisai deux enfants qui partaient au village avec un panier vide. Ils ne dûrent pas me reconnaître, et s'écartèrent du chemin du forcené que j'étais.

J'arrivai enfin dans la propriété. Je vis Hatori qui se dirigeait vers la bâtisse, une main posée sur l'épaule de mon cher Callum.
-Attendez ! hurlai-je.
J'accélérai encore ma course, utilisant mes dernières forces, et je me jetai dans les bras de Callum qui se retournait.
-Callum, soupirai-je.
-Maître ?
Je m'agenouillai devant Hatori, inconscient des larmes qui coulaient de mes yeux.
-Pitié, ne lui faites aucun mal. Je vous en prie, Maître, ne le touchez pas. Battez-moi, fouettez-moi, mais pas lui, pas Callum.
-Où est Alain ? demanda Hatori de sa voix froide.
-Quelque part dans les bois, assomé et... mal en point.
-Que s'est-il passé ?
-Il m'a emmené dans les bois, attaché à un arbre et m'a pris de force.
Hatori me prit sous les aisselles afin de me relever. Il me poussa dans les bras de Callum et dit à mon serviteur :
-Occupe-toi de lui.
Callum était sur le point de me porter dans ses bras mais Hatori l'arrêta.
-Non, regarde son dos. Je crois qu'il est préférable pour lui de marcher.

Je suivis Callum en direction du bâtiment. J'entendis Hatori dire à un jardinier :
-Va me chercher Gérald ! Tout de suite.
-Qui est Gérald ? demandai-je à Callum alors que nous entrions.
-Le capitaine de la garde.
-La garde ?
-Lorsque quelque chose ne lui plaît pas, Maître Hatori fait en général justice lui-même, en distillant un peu de malheur. Mais lorsqu'un crime a été comis, c'est Gérald qui intervient, et qui met en prison le coupable dans l'attente de son jugement.
-C'est un policier, en quelque sorte.
-Qu'est-ce que c'est, un policier ? demanda Callum.
-Laisse-tomber.

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Re: Sept ans de Malheur

Message par Mili le Mar 10 Juin - 21:02

Chapitre 21


Une fois dans la chambre, Callum tenta de me retirer la chemise déchirée qui s'était collée aux croûtes de sang séché sur mon dos.
-Désolé, Maître, ça va faire mal.
-Vas-y, ne t'en fais pas.
Le jeune homme détacha délicatement la chemise de mon dos, puis il pansa et banda ma blessure. Lorsque ce fut fait, il s'assit près de moi, posa ma tête sur ses cuisses et me caressa les cheveux.

-Je suis désolé que ce genre de chose vous soit encore arrivé, Maître.
-Ne t'en fais pas. C'est pour toi que je m'inquiétais.
-Pour moi ?
-Si je n'étais pas rentré à midi, Hatori te prendrait à ma place comme serviteur. Quand je l'ai vu, une main posée sur ton épaule, j'ai cru devenir fou.
Callum éclata de rire.
-Maîte Hatori me conduisait aux écuries. Je sais faire du cheval, et il voulait que je descende au village vérifier qu'il ne vous était rien arrivé.
-Vraiment ?
-Pour une raison que j'ignore, vous êtes le seul avec qui Maître Hatori se conduit de cette manière.

Hatori entra dans la chambre, sans frapper, il ouvrit seulement la porte. Il sourit en nous voyant dans cette position, ma tête posée sur les genoux de mon serviteur qui me caressait les cheveux.
Callum se releva brusquement. Il était sur le point de quitter la chambre. Hatori posa une main sur son épaule et lui sourit.
-Ne pars pas, je n'en ai pas pour longtemps.
Mon maître prit une chaise et s'assit, les jambes croisées, en face de moi, qui étais allongé sur le ventre, sur mon lit.
-Comment te sens-tu ? demanda-t-il.
-Ca peut aller.
-Peux-tu m'expliquer ce qui s'est passé avec Alain ?
-Depuis le début des cours d'équitation, il me regardait d'une manière bizarre, indéfinissable.
-Pourquoi ne m'en as-tu rien dit ? s'énerva Hatori.
C'était la première fois que je voyais mon maître ainsi. S'inquiétait-il pour moi ?
-Un regard n'est pas un crime, rétorquai-je.
-Soit. Et ensuite ?

Je racontai donc notre descente au village dans les moindres détails. Le seul détail que je cachai est la manière dont je m'y pris pour faire semblant d'être excité.
-Aïe, sourit Hatori lorsque je relatai le coup de pied dans les parties sensibles d'Alain. Bien fait !
Puis il serra un poing. Ses yeux étaient noirs de fureur.
-"La pute du maître", dit-il. J'aurai la peau de ce scélérat !
-Maître ?
Hatori m'interrogea du regard.
-Pourquoi heu... enfin... La manière dont il m'a traîté n'est pas différente de la vôtre, alors pourquoi...
Hatori se releva si brusquement que sa chaise tomba à la renverse.
-Cela ne te regarde pas, fit-il en se dirigeant vers la porte.
Il posa la main sur la poignée, se tourna vers moi.
-Je suis le seul à semer les graines du malheur, ici. Et je ne les sème pas au hasard. Nul autre que moi n'a le droit de faire cela.
Sur ces dernières paroles, il quitta la chambre.


Chapitre 22


Hatori ne vint plus faire ses visites matinales les jours suivants, je supposai que c'était par égard pour mon dos blessé. Les jours passèrent, ma peau repoussait petit à petit. Le tennis et la natation me manquaient, mais je savais que ce ne serait pas raisonnable.
Toutefois, ce qui me manquait le plus, c'était l'étreinte de Callum. Ce dernier se contentait de baisers et de gestes tendres, il avait peur de me faire mal.

Deux semaines après ce jour mouvementé, je fus réveillé par Hatori. Je fus surpris de voir qu'il retirait le haut de mon pyjama. Il me poussa sur le ventre, puis :
-Tout cela m'a l'air cicatrisé. Te sens-tu en état de faire du cheval ?
-Oui Maître.
-Alors tu iras avec Callum chercher les deux chevaux au village.
-Personne d'autre n'y est allé ? demandai-je surpris.
Les yeux violets se mirent à briller.
-Je préfère que ce soient des gens en qui j'ai confiance qui y allent. Vous pourrez vous promener un peu, mais rentrez avant la nuit.
Je n'arrivais pas à y croire.
-Avant la nuit ?
-Ce n'est pas suffisant ? Avez vous l'intention de camper durant trois jours ?
-Au contraire ! Merci Maître.

Voulant me montrer reconnaissant, et supposant que c'était ce qu'il attendait de moi, je déboutonnai le pantalon de mon Maître. Toutefois, il me repoussa avec un sourire.
-Garde ça pour Callum.
-Mais... Ne suis-je pas votre serviteur ?
-Si. Et je ne me gênerai pas pour venir te voir lorsque j'en aurai envie. Aujourd'hui, je venais simplement vérifier l'état de tes blessures, je n'ai pas le temps de m'amuser.
Sur ces dernières paroles, il quitta la chambre.

Le comportement de Hatori avait changé. Je me demandai quelle mouche l'avait piqué. Puis je souris : je n'allais pas m'en plaindre.
Callum me découvrit assis sur mon lit, torse nu, un sourire béat aux lèvres.
-Bonjour Maître.
-Bonjour Callum.
Je me levai, je poussai mon serviteur sur le lit, et je lui sautai dessus, chevauchant ses hanches.
-Mais que...
Je coupai la parole de mon amant d'un baiser, tout en glissant mes mains sous sa tunique assortie à ses yeux.
-Aujourd'hui, nous sortons, annonçai-je tout en déposant des baisers sur son cou.
-Si nous devons sortir, vous devriez arrêter ça, Maître. Sinon, je ne suis pas sûr de vous laisser partir.
-Viens prendre un bain, Callum.
-J'ai pris une douche tout à l'heure, Maître.
-C'est un ordre.
-Oui Maître, répondit docilement Callum.

Il me souleva pour se dégager, et alla faire couler l'eau dans la baignoire. Il se déshabilla, et je ne pus m'empêcher de regarder ce corps magnifique se dévoiler.
Irrésistiblement attiré par ce corps, je m'avançai et commençai à lécher sa poitrine.
-Callum. Tu sais, là d'où je viens, nous disons que la perfection n'est pas de ce monde. J'ai compris pourquoi.
-Ah ?
-La perfection ne peut pas être là d'où je viens, puisqu'elle est ici, juste sous mes yeux.
J'embrassai ces lèvres tentatrices tout en prenant dans mes mains les fesses de Callum. Il s'ouvrit à moi. Je glissai ma langue entre ses lèvres, explorant cette bouche que je connaissais déjà par coeur.
Callum se baissa, il retira mon pyjama puis il me porta et me déposa dans la baignoire. Il s'installa ensuite face à moi. Il chevaucha mon bassin et se laissa glisser sur mon sexe dressé.
-Yann, murmura-t-il en me serrant dans ses bras.
-Oui ?
Callum fit de longs vas et viens sur moi, trouvant le ryhtme qui nous convenait à tous les deux. Je caressai son pénis dressé tout en mordillant ses tétons.
-Qu'y-a-t'il, Cal ? demandai-je.
-Je... je vous aime... gémit Callum alors qu'il faisait emporter par la vague de l'orgasme.


Chapitre 23


Je garderai éternellement dans mon coeur le souvenir de cette journée idyllique.
L'aveu de Callum m'avait laissé songeur car j'ignorais moi-même ce que je ressentais. Il fallait admettre que j'étais un handicapé des sentiments. Lorsque j'étais avec Angela, je ne l'aimais pas. Simplement, elle ne me gênait pas...

Après le petit déjeuner, Callum et moi partîmes. Mon serviteur portait son habituel panier, une couverture posée par dessus. Nous marchions côte à côte, son bras libre passé sur mes épaules. Nous passâmes sur un pont, au dessus de la Vin, puis gravîmes une colline. Nous traversâmes des pâturages. Il était presque midi lorsque nous arrivâmes dans un petit coin boisé, à l'abris des regards. Callum posa son panier, étendit la couverture, et s'assit. Il sortit une bouteille de vin du panier et annonça :
-De la part de Maître Hatori, pour l'occasion.

J'étais définitivement perdu. Je ne savais plus que penser de mon Maître. Tous le trouvaient charmant et pourtant, il me maltraîtait. Cependant, lorsqu'on me maltraîtait, il se montrait charmant avec moi. Oûtre Monsieur Malheur, qui était cet homme ?

Nous déjeunâmes, puis restâmes à discuter, à apprécier la compagnie de l'autre, jusqu'au moment où le vin échauffa nos sens. Nous passâmes le reste de l'après-midi à faire l'amour, avec pour seuls témoins les arbres, le souffle du vent, et les vaches venues quémander les restes de notre repas.

L'heure était bien avancée lorsque nous atteignâmes le village. Nous prîmes les chevaux et montâmes en selle. Là, Callum fit la grimace.
-Attendez, Maître.
Il rougit, puis :
-Je vais plier la couverture et la poser sur ma selle.
Je ne pus m'empêcher d'éclater de rire.

Nous fûmes de retour vers vingt heures. L'homme qui nous prit les chevaux, à l'écurie, n'était pas Alain. J'ignorais ce qu'il était advenu de ce dernier, et cela ne me préoccupait pas le moins du monde.


Les jours passèrent. Callum était plus beau à chaque fois que je le voyais. Mais au fur et à mesure, il semblait également plus triste. Un jour, je me décidai à lui demander ce qui l'ennuyait.
-Maître... Vous ne vous souvenez pas ?
Je pensais qu'il parlait de son aveu, dans la baignoire.
-Si, je me souviens très bien, mais j'avoue que je ne sais que répondre.
-Le Maître Hatori viendra sûrement vous voir ces prochains jours afin de connaître votre réponse.
-Hatori ?
-Oui. Vos sept ans se termineront demain. Hatori voudra savoir si vous partez ou pas.

J'étais arrivé depuis sept ans. J'avais peine à le croire. Et j'avais totalement oublié que je devrais repartir après. Ou rester.
Ces dernières années, Hatori ne m'avait rendu visite qu'une fois par mois, et encore, c'était par pure forme. J'étais tout à ma relation avec Callum, nous passions toutes nos journées ensemble. Etait-ce possible que ces sept années aient passé si vite.

Callum prit mon visage dans ses mains et m'embrassa.
-Ne vous préoccupez pas de moi, Maître. Quoiqu'il arrive, faites le bon choix. Pour vous. Pour être heureux.
Je serrai le jeune homme dans mes bras, les yeux fermés afin de dissimuler mes larmes. J'embrassai Callum et lui fis l'amour avec toute la passion que je contenais, nous faisant attendre le plus longtemps possible avant la jouissance.


Le lendemain matin, je fus réveillé par Hatori. Il était assis sur le bord de mon lit.
-C'est le départ.
-Déjà ?
Hatori me sourit.
-Et oui, déjà. Tu as le choix : partir ou rester. Si tu rentres chez toi, tu retrouveras tout ce que tu as perdu. Ton travail, ta petite amie, tes amis, et même le chien. Les gens auront eu l'impression de vivre avec toi durant ces sept années et pour ta petite amie, ce sera un jour comme les autres, où tu rentres du travail.
Je me levai. Pendant que je me préparais, j'entendis Hatori annoncer à Callum qu'il lui avait fait construire une maison au village, afin qu'il y vive seul.
-Débarrasse ta chambre de serviteur aujourd'hui, demanda-t-il. Ensuite, nettoie la chambre de Yann. Mais ne touche pas à cette chambre avant dix-sept heures.
J'allai voir Hatori.
-Allons-y.

Mili
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Re: Sept ans de Malheur

Message par Mili le Mar 10 Juin - 21:02

Chapitre 24


Je montai dans la Jaguar rouge de Hatori. Il prit la route du village, dépassa le village, et entra dans un tunnel.
-Je suis le seul habilité à emprunter ce tunnel. Nous allons ressortir par un tunnel dans ton monde, mais si tu tentes de le prendre, tu arriveras simplement dans un autre village, près de chez toi.
-Maître ?
-Tu n'es plus mon serviteur.
-Hatori, j'aimerais comprendre... pourquoi ? Pourquoi avez-vous accepté de remplacer votre maître et de faire ce travail ?
Hatori me sourit.
-J'avais dix ans. Mes parents étaient alcooliques et passaient leur temps à me frapper. Un jour, j'en ai eu assez. J'ai cassé un miroir afin de m'en servir comme lame et les tuer. Au lieu de ça, je me suis coupé la main. Mon maître est venu me chercher. Je suis devenu son domestique pendant sept ans. Il était toujours très gentil avec moi, souriant, doux. Lorsque j'eus dix-sept ans, j'ai décidé de rester. Il m'a demandé si je souhaitais devenir son apprenti. Il m'a choisi, parce qu'il savait que nul autre que moi ne pouvait comprendre.
-Comprendre quoi ?
-Qu'on ne peut réellement apprécier le blanc qu'en ayant connu le noir, qu'on ne peut réellement apprécier la lumière qu'en ayant connu l'obscurité, qu'on ne peut apprécier l'amour qu'en ayant connu la haine...
Il me regarda, sourit, et ajouta :
-Qu'on ne peut apprécier la douceur et les caresses d'un amant qu'en ayant connu la torture.

-Alors c'est pour ça que vous...
-Callum n'aurait jamais pris autant soin de toi si tu n'avais pas été aussi mal en point. Et même s'il l'avait fait, je sais que tu l'aurais repoussé, car jamais tu n'aurais accepté Callum, si doux soit-il, rien que parce que tu le jalousais de sa grande taille.
Je me souvins alors qu'une de mes conversations avec Hatori, peu après mon arrivée. Hatori m'avait fait remarquer que Callum était plus grand que moi, malgré son jeune âge, et j'avais réalisé que je n'oserais pas toucher Callum, non à cause de son âge, mais à cause de sa taille.

-Et donc c'est pour cela que vous distribuez le malheur ?
-Si le monde était toujours heureux, plus personne n'apprécierait les petits bonheur de l'existance. Mon rôle est donc de parsemer un peu de malheur, pour donner plus de relief à ce bonheur.
-Je comprends.
Hatori m'avait fait souffrir, mais je n'arrivais pas à lui en vouloir. Pas après la sagesse de ses paroles.


Il se gara devant la maison que j'occupais avec Angela.
-Voilà. Si tu sors de cette voiture, tu n'y remonteras plus jamais.
Angela arriva sur le pas de la porte. Elle accusait le poids des années qui avaient passé. Je me demandais ce que j'avais pu lui trouver. Je descendis de la Jaguar, et l'image de Callum s'imposa à mon esprit. Je me retournai vers la Jaguar qui entâmait une marche arrière.
-Hatori, criai-je en courant.
Hatori ouvrit la vitre de la voiture, côté passager.
-Oui ?
-Peu importe à qui appartient le miroir ? Si c'est moi qui le brise, c'est moi que vous viendrez chercher ?
-En effet.
Je me baissai, ramassai une pierre et brisai le rétroviseur extérieur de la Jaguar. Puis un sourire satisfait aux lèvres, je remontai dans la voiture. Hatori reprit sa marche arrière en éclatant de rire.
Pendant le trajet du retour, je remarquai que le rétroviseur était à nouveau en état. J'interrogeai Hatori du regard. Il me fit un clin d'oeil.
-Je n'ai plus besoin de serviteur.


Epilogue


Voilà comment je me suis retrouvé dans cette chambre, en attendant patiemment dix-sept heures. D'ailleurs, il est dix-sept heures.
Callum entre dans la chambre. Il a les yeux rougis. Je m'en veux : c'est ma faute. Jamais je n'aurais dû partir, même pour une journée.

Il me remarque enfin.
-Maî... Maître ?
-Non, c'est moi, Yann.
Je lui saute dessus, l'allonge sur le lit, embrasse les larmes qui coulent sur ses joues.
-Pardon, je n'aurais jamais dû partir.
Callum me serre dans ses bras, j'ai l'impression que je vais étouffer, mais je ne m'en préoccupe pas. Je ne vois pas de meilleure façon de mourir que dans les bras de celui que j'aime.
Que j'aime ? Vraiment ?
J'entends une voix à mon oreille.
-Imbécile, pourquoi serais-tu revenu si tu ne l'aimais pas.
C'est la voix de Hatori. Je me retourne, mais il n'y a personne derrière moi. J'éclate de rire.

Je caresse le beau visage de Callum, j'embrasse ses lèvres.
-Je pensais ne plus vous revoir, chuchote-t-il.
-Je sais. J'ai été bête.
Je plonge dans ses yeux verts humides.
-Je t'aime, Cal.

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