*~Tetsuyaoi~*

SDR - Tome 2 - De l'adolescence à l'âge adulte

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SDR - Tome 2 - De l'adolescence à l'âge adulte

Message par Mili le Lun 21 Juil - 17:33

Prologue

Je marche dans la rue sans regarder ce qui m'entoure. Pour tous les adolescents, la rentrée au lycée est un cap important. Pour moi, ce n'est qu'une rentrée comme une autre. Je n'ai pas abandonné d'amis du collège, je n'en ai jamais eus. Et je sais que je ne m'en ferai pas au lycée.
A quoi ça sert d'avoir des amis ? A être obligé d'aller chez eux et de les inviter chez soi ? A les avoir sur le dos lorsqu'on a envie d'être seul ? Comme si j'avais besoin de ça...

Je franchis le portail, monte les quelques marches bordées d'une pelouse, pousse la porte vitrée dans laquelle je croise mon reflet. Cheveux noirs en bataille, yeux bleus cernés dûs à ma peur de m'endormir et rougis à cause d'une cigarette qui fait rire. J'ai le teint pâle, et dans mes vêtements sombres, un jean noir, des rangers noires et un t.shirt noir à l'effigie d'un groupe de rock, j'ai carrément l'air d'un cadavre ambulant. D'autant plus que je ne suis pas très épais, sans être rachitique non plus.
La foule s'ouvre devant moi, et des chuchottements commencent à naître parmi les différents groupes.
Allez tous vous faire foutre !

J'arrive à un panneau en liège sur lequel sont affichées les différentes classes. Je suis en seconde B, salle 202. Je rajuste mon sac sur mon épaule et je me dirige vers les escaliers que je monte lentement. Je longe le couloir du deuxième étage, peint en violet avec des portes vertes. C'est laid. Quel est le type qui a eu l'idée de ces couleurs ?
J'arrive en salle 202. La pièce est vide. Je m'installe au fond à gauche, à côté de la fenêtre, et j'attends.

Reprendre les cours ne m'enchante aucunement. Pas que je me sois amusé cet été. Mais je pouvais courrir les bars, à la recherche de quelqu'un qui pourrait m'aimer. Malgré ma taille et ma carrure minables, je fais plus que mon âge. Peut-être parce que je n'ai pas la gaité ni la vitalité qui caractérisent les gens de seize ans. Mon silence passe pour de la maturité.

La cloche sonne. La salle se remplit peu à peu et s'anime de bruit. Je ne prête aucune attention à mes futurs camarades de classe, je regarde par la fenêtre, mon menton appuyé sur ma main.
Un bruit de toux me fait tourner la tête. Un garçon assez grand, aux cheveux et aux yeux noirs, est debout près de ma table, et tient la chaise à côté de la mienne. Son visage est très sérieux, plus sérieux que celui des adolescents que je cotoyais au collège.
-Je peux ? demande-t-il simplement.
-Comme tu veux, je réponds en repportant mon attention à ce qui se passe par la fenêtre.
Je l'entends tirer la chaise, et s'asseoir à côté de moi.

Durant l'appel, j'apprends que ce garçon s'appelle Harry.


Chapitre 01

L'heure du déjeuner. Mon heure préférée.
Mon sac à l'épaule, je quitte la salle de classe, et je fais le tour du lycée, pour aller à mon endroit tranquille. Personne ne vient derrière le bâtiment, et je peux manger mon sandwich seul, assis sur le rebord d'une fenêtre du rez-de-chaussée, mes écouteurs de walkman vissés aux oreilles.
La solitude, ma vieille amie, celle qui ne m'abandonnera jamais quoiqu'il arrive.
J'ai repris les cours depuis une semaine et ça me barbe déjà. La vieille prof de chimie, avec sa blouse blanche et ses cheveux aussi hérissés que si elle s'était fait exploser une de ses solutions au visage, m'a saoûlé parce que je n'écoutais pas. Est-ce ma faute si ce qui se passe par la fenêtre est plus intéressant que son cours... même s'il ne se passe rien par la fenêtre ?

Un bruit de pas attire mon attention. Je tourne la tête. Harry avance calmement, et s'asseoit près de moi. Il ouvre son sac, sort un sandwich, et mange. Il ne dit pas un mot, ne me regarde même pas. Il se contente d'être là.
Il a trouvé ma cachette secrète mais après tout, il n'est pas gênant. Il ne parle même pas. De toute manière, même s'il parlait, je ne l'entendrais pas, avec la musique à fond dans mes écouteurs.

Je ne comprends pas pourquoi il perd son temps vers moi, il a l'air de bien s'entendre avec d'autres gars de la classe, ils participent même ensemble au club de football qui a lieu trois fois par semaine, le lundi soir, le mercredi après-midi et le vendredi soir. Ce n'est pas comme s'il était solitaire ou sans amis.
Mais tant qu'il ne me dérange pas...

Je le regarde du coin de l'oeil. Il est très grand, ses yeux noirs sont brillants, et son visage est sérieux, mais doux. Son expression n'est pas celle de quelqu'un qui est triste ou qui déprime, c'est seulement celle de quelqu'un qui n'a aucune raison de rire. Ses épaules sont larges, ses bras sont musclés. Il n'a rien d'un bodybuilder, non. Il a simplement le genre de silhouette qui inspire la sécurité. Le genre de poitrine contre laquelle il serait bon de se blottir en fermant les yeux.

Agacé par mes pensées, je lance mon mégot dans la pelouse.


Le soir-même, alors que je sors du lycée avec Harry, une Mercedes grise est garée devant. Tous les élèves la regardent en passant, de l'admiration plein les yeux. Un homme sort du véhicule.
Grand, blond, des lunettes de soleil sur le nez, vêtu d'un costume, il se dirige vers moi, un sourire aux lèvres.
-Sven, dit-il en retirant ses lunettes.
Et là, je reconnais la voiture, et William.

C'est un homme d'affaires que j'ai rencontré durant l'été, dans un bar. Il a les cheveux mi-long, blonds, des yeux verts avec un physique de star malgré ses trente ans passés. Il est venu s'assoir à ma table, son sourire de séducteur aux lèvres.
-Je t'offre un verre ? a-t-il demandé.
-Et si on allait baiser tout de suite, on gagnerait du temps ? j'ai répondu.
Il m'a emmené dans sa voiture, on est allés chez lui, et il m'a sauté.

Je quitte Harry, sans même lui dire au revoir, et je rejoins William. Nous montons dans sa Mercedes. Il prend la direction de chez lui.
-Désolé, j'ai été très occupé dernièrement, dit-il.
-Pas grave.
-Et je pars en voyage d'affaire demain, donc je tenais à passer cette soirée avec toi.
Comme je ne réponds pas, il demande :
-Tu veux que je te ramène quelque chose ?
-Comme vous voulez...
-Ta rentrée s'est bien passée ?
-Ouais...
Il sait que je ne suis pas un grand bavard, il n'insiste pas.
William est toujours très gentil et prévenant avec moi. Avant et après m'avoir baisé. Pendant, c'est autre chose. Après le sexe, il me laisse prendre une douche et pendant ce temps-là, il nous prépare à manger. Il cuisine bien, pour un célibataire.

Il rentre dans la cour de sa maison, et m'introduit chez lui. Là, il me demande :
-Tu veux boire quelque chose ?
-Non, rien.
Il défait son noeud de cravate et pose une main sur mon épaule pour me diriger vers sa chambre.
-Alors c'est parti.
Je le précéde dans sa chambre et je me déshabille. Tout en me regardant, il retire son costume que je devine hors de prix, sa chemise, puis son slip. J'ai toujours trouvé les slip nazes sur les hommes, mais après tout, ce qui compte, c'est ce qui est à l'intérieur, non ?
William s'approche de moi une fois que nous sommes dénudés, il me pousse à quatre pattes sur son lit, m'écarte les jambes, et me pénétre dans un long râle.
-Ahhh Sven, que c'est bon d'être en toi.
Quant à moi, je soupire de soulagement. C'est si bon d'être aimé...

Nous sommes assis à table, mangeant le repas que William nous a préparé, quand ce dernier me demande :
-Sven, quand je serai rentré de voyage, j'aimerais fêter mon retour et inviter quelques amis pour faire la fête, tu veux venir ?
-Vous rentrez quand ? je demande.
-Je pars une semaine et demi. Je rentre mercredi. Je sais que tu ne dois pas te coucher trop tard alors nous pourrions manger chez moi le midi, et mes amis arriveraient vers quatorze heures.
-Ca me va.
Plusieurs personnes pour m'aimer ! Rien que d'y penser, je sens mon coeur palpiter.
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Mili
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Re: SDR - Tome 2 - De l'adolescence à l'âge adulte

Message par Mili le Lun 21 Juil - 17:35

Chapitre 02

Un jour, alors que je suis arrivé le premier dans la salle de classe, comme d'habitude, les yeux rivés à ce qui se passe par la fenêtre... Je tourne la tête, je vois Harry assis à côté de moi. Je ne l'ai pas entendu arriver à cause de la musique que j'écoute en sourdine.
Je remarque qu'il a la lèvre fendue et l'index de la main droite bandé et maintenu droit par une atèle. Tout ça à cause d'un jeu avec un ballon...
J'hésite, puis je dis :
-Si tu ne peux pas écrire, je te photocopierai mes cours.
Il sourit, puis je le vois tressaillir, à cause de sa lèvre fendue, sans doute. Toutefois, ses yeux brillent de mille feux.
-Je veux bien, merci.
Je reporte mon attention sur la cour du lycée qui se vide des élèves. Qu'il ne croie pas que le voir me coller au cul et lui passer mes cours font de nous des amis.
Ce genre de sentiments hypocrites tels que l'amour, l'amitié, tout cela me donne envie de gerber. Ca n'existe que dans les esprits, pour se valoriser, se donner une raison d'être en vie. Personne ne m'a jamais aimé, et je suis toujours vivant. J'ignore jusqu'à quand, mais je le suis toujours pour l'instant.
Cette vie pourrie me saoûle. Parfois, je me demande pourquoi je me fais chier à continuer. Je me dis qu'il serait tellement facile de voler en cachette les boites de lexomil du père de ma famille d'accueil, ses précieux petits médicaments qui l'aident à s'endormir, et tout avaler d'un coup.
Dans le meilleur des cas, ce serait enfin fini.
Dans le pire des cas, je me louperais et je pourrais toujours recommencer plus tard...


Enfin le week end. Le samedi, je passe mon après-midi en ville, je regarde la vitrine d'une boutique de guitares, puis je m'arrête dans un bar, où je commande un Coca-Cola. Je ne bois pas d'alcool, je déteste ça. Le goût est horrible, et à moins d'en boire à me rendre malade, ça ne me fait aucun effet.
Mon verre à la main, je remarque un homme d'âge mûr, aux tempes grisonnantes, qui m'observe. Je fais comme si je n'avais rien vu, mais son regard persistant pèse sur moi. Il doit avoir autour de quarante-cinq ans, vêtu d'un pantalon en toile et d'un polo bleu marine.
Veut-il m'aimer, lui aussi ?
Je bois encore une gorgée de ma boisson, puis je plante mes yeux dans les siens. Il semble tout d'abord surpris d'être pris en flagrant délit de matage, puis il sourit. Il se lève et s'approche de moi, son café à la main.
-Tu attends quelqu'un ? demande-t-il. Je peux m'assoir ?
-Non et oui.
L'homme pose sa consommation sur ma table, puis prend place en face de moi. De près, je remarque que ses yeux marron sont bordés de petites rides, preuve qu'il n'économise pas ses sourires.
-Je m'appelle James, et toi ?
-Sven.
-Joli nom pour un joli garçon...
-Pas la peine de tourner autour du pot, je réponds agacé par ses vieilles techniques. Si vous voulez me baiser, dites-le et qu'on en finisse !
-Hé bien tu es direct, toi au moins ! fait l'homme après s'être esclaffé. J'avoue que tu me tentes bien, mais j'aimerais bien te connaître un peu avant.
-Pour quoi faire ? je demande surpris.
-Pour savoir ce que tu aimes. Pour savoir ce que tu veux en échange...
-Je ne veux rien en échange.
-Vraiment ? Tu es sûr que tu ne veux rien.
Je réfléchis. Puis je lance :
-Je fais ça pour mon propre plaisir. Certains hommes que je rencontre m'offrent des cadeaux, mais ce n'est pas mon but.
-Je n'aime pas prendre sans donner, insiste l'homme.
Je comprends que pour lui, plus que baiser, c'est payer pour baiser qui l'excite. Alors je soupire.
-Un piercing à l'oreille droite.
L'homme sourit et tout son visage s'éclaire.
-Suis-moi.
Il paye nos consommations, et nous quittons le bar. Quelques rues plus loin, nous franchissons la porte d'une bijouterie.

Mon oreille me brûle mais je n'y prends pas garde. Je frôle clou médical argenté du bout du doigt, et l'homme me regarde en souriant.
-Ca te plaît ?
-Oui.
Il passe un bras autour de mon épaule, nous marchons hanches contre hanches. Je comprends qu'il veut montrer que je lui appartiens. En réalité, je m'en fous. Tant qu'il me baise.
Au détour d'une rue, je repère Harry, qui marche dans notre direction. Ses yeux s'écarquillent, mais ça ne dure qu'une fraction de seconde. Il reprend ensuite son visage impassible. Il me salue d'un signe de la tête, je réponds de même.
-Un ami à toi ? me demande James.
-Nous sommes dans la même classe, c'est tout.
-Il t'a déjà baisé ?
-Non, jamais. Mais si un jour il me propose, je n'y verrai pas d'inconvénient. Une bite est une bite.
Je suis l'homme dans un hôtel.


Chapitre 03

Je sors du lycée, suivant le flot d'élèves, quand je remarque la Mercedes grise de William. L'homme d'affaires est debout, appuyé contre son véhicule, le regard perdu.
-Bonjour, je dis en arrivant près de lui.
-Bonjour Sven, répond-il en me souriant. Monte.
J'obéis. Il démarre et prend la direction de chez lui.
-Comment ce sont passés ces derniers jours ?
-Rien de spécial.
-Les cours, ça marche ?
-Normal...
-Tu as envie de manger quelque chose de spécial ce midi ?
-Non, comme vous voulez.
-Ce qui est bien, avec toi, c'est que tu n'es pas contrariant, fait William en riant.
Je me contente de hausser les épaules.

Après manger, William nous roule un joint à chacun, et assis sur le canapé, nous regardons les volutes de fumée monter jusqu'au plafond. Bientôt, je sens mon esprit s'apaiser et se détendre.
-Comment s'est passé votre voyage, au fait ? je demande.
-Très bien, merci, répond William avec un sourire. D'ailleurs, je t'ai ramené quelques babioles. Je vais te montrer ça avant que les autres n'arrivent.
-Vous étiez où ?
Il quitte le canapé et s'empare d'un sac en plastique posé sur une étagère tout en répondant :
-Je suis allé à Hong Kong et au Japon.
Il me tend le sac en plastique. Je pose mon joint sur le cendrier et j'ouvre le sachet. Il contient plusieurs CD de groupes de rock japonais et quelques t.shirts à l'effigie de ces groupes.
-Merci, je réponds.
-J'espère que tu vas aimer leur musique, me fait William. Certains chantent en japonais, d'autres en anglais, mais il font vraiment de la bonne musique.
-Je vous redirai ça.
Je pose le sac et m'empare à nouveau de la tige fumante qui m'attend sur le cendrier. J'ai à peine le temps de la porter à mes lèvres qu'on sonne. William se lève à nouveau et va ouvrir. Quelques instants plus tard, il précède deux hommes bruns dans la pièce.
-Sven, je te présente Louis et Mickael, deux amis à moi. Les gars, c'est Sven, le garçon dont je vous ai parlé.
-Enchanté, je suis Micka, dit le plus grand des deux en me souriant.
L'autre se contente de me scruter en disant :
-Ah ouais...
Il se tourne sur William et fait d'une voix amusée :
-Vraiment pas mal !! Une belle petite gueule.
Il reporte son attention sur moi et demande :
-Tu te déshabilles qu'on puisse voir ce qui se cache sous ces fringues ?
Je me lève, je retire mon t.shirt, mon pantalon, puis après un coup d'oeil aux trois hommes amusés, je retire mon boxer qui ne dissimulait rien de mon érection.
-Mignon et docile, fait Mickael avec un sourire.
-Mignon, docile, et excité, ajoute Louis en s'avançant vers moi.
Mickael le suit et se poste derrière moi, me caressant les fesses alors que Louis s'attaque à ma poitrine. Ses doigts et ses lèvres pincent et mordent mes tétons. L'autre m'écarte les fesses et me léche tout en introduisant un doigt en moi. William, quant à lui, vient s'agenouiller à mes pieds et suce mon pénis dur et érigé. Je ferme les yeux, appréciant la douleur de ces trois hommes.
Louis me pousse sur la table basse et me pénétre violemment. Mickael, assis en face de moi, libère son sexe fièrement dressé, et attire mon visage. Il n'a pas à rougir de son calibre, je n'en ai jamais vu un de ce diamètre. Heureux, je m'empresse de le sucer, appréciant cette chair chaude et gonflée dans ma bouche. Je gémis en sentant William nouer un lacet autour de mon érection douloureuse afin de m'empêcher de jouir. Il poursuit ses caresses, et Mickael me pince douloureusement la poitrine pendant que je le suce.
-Tu te débrouilles vraiment bien, me fait ce dernier. Will a vraiment déniché la perle rare.
-Il est bon à l'autre bout aussi, renchérit Louis en poursuivant ses vas et viens. J'ai l'impression que... qu'il m'aspire de... l'intérieur.
Je l'entends haleter, et bientôt, il pousse un grognement alors que je sens un liquide chaud me remplir. Mickael quitte sa place et reprend le poste de son ami. Je gémis en sentant son pénis épais me pénétrer, ça fait mal. C'est vraiment bon...
-Vous voulez boire quelque chose ? propose William.
-Whisky coca, répond Louis.
Mickael ne répond rien, il est trop occupé à me pénétrer. Un bruit de glaçons arrive à mon esprit mais je n'y fais pas attention, tout ce qui m'importe, c'est ce sexe à l'intérieur de moi, ces mains sur moi.
Bientôt, je sens quelque chose du dûr et froid contre moi. Louis fait glisser un glaçon le long de mon pénis, en passant l'arête sur mon gland. Je frémis, subissant ce mélange de froid et de douleur. Mais c'est si bon...
Continuez de m'aimer. Faites-le comme vous voulez, mais aimez-moi...
William prend la place de Mickael et me pénétre à son tour. Mon érection est de plus en plus douloureuse, je veux jouir, moi aussi, mais aucun des trois ne semble décidé à détacher le lacet noué autour de mon sexe. Mickael pince un de mes tétons entre deux glaçons. Je gémis. J'ai mal, je deviens fou, la pression qui habite mon corps est insoutenable.

-Tu veux à boire, toi aussi ? me demande Louis.
Non, j'ai envie de jouir. Défaites ce putain de lacet !
Toutefois, je ne dis rien, je n'en ai pas le droit. Ils font l'effort de m'aimer, je ne vais pas gâcher leur plaisir.
-Il ne boit pas d'alcool, fait William tout en poursuivant sa pénétration.
-Tu veux des glaçons dans ton coca ? me demande Louis.
-D... deux...
J'entends un petit rire. Est-ce à cause de ma voix hésitante ?
William se crispe derrière moi, et je le sens jouir à son tour.
Je n'en peux plus.
-S'il vous plaît, je murmure... Laissez-moi venir...
-Dans une minute, répond Louis. Un coca avec deux glaçons, hein... Ca ne te gêne pas de prendre les glaçons en premier ?
William défait enfin le lacet, mais ses doigts le remplacent, me serrant douloureusement. Je sens bientôt quelque chose de dur et froid me pénétrer, puis un deuxième. Un bruit de bouteille qu'on agite, puis je sens la pression de la boisson gazeuse gicler en moi. William me lâche enfin. Je me tords de douleur et de plaisir mélangés, puis je m'écrase sur la table basse.
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Re: SDR - Tome 2 - De l'adolescence à l'âge adulte

Message par Mili le Lun 21 Juil - 17:35

Chapitre 04

C'est en titubant de douleur et d'épuisement, mon sac de cours à l'épaule, le sachet en plastique à la main, que je rentre chez moi en fin d'après-midi. William s'est excusé. Comme il a bu de l'alcool, il ne peut pas me reconduire chez moi.
Il n'habite pas si loin, mais endorlori et fatigué comme je le suis, ces quelques kilomètres (trois tout au plus) me paraissent être l'autre bout du monde. Je crois que je n'y arriverai pas...
-Sven, ça ne va pas ?
Je lève la tête. Je m'aperçois que je suis presque à mi-trajet. Harry est en face de moi, son sac de cours au dos et son sac de sport dans une main. Il avait entraînement de foot.
-Je suis juste un peu fatigué, je réponds.
-Un peu fatigué ? Tu as l'air prêt à t'éffondrer. Viens, je vais te porter jusque chez toi.
-Ca va aller, je ne suis pas mourant !
Harry soupire.
-Ok, alors laisse-moi au moins porter tes sacs.
-Ca va, je te dis.
De force, il m'arrache mon sac de l'épaule et le porte de la main gauche, celle qui tient déjà son sac de sport. Son bras droit se passe autour de mon dos pour me soutenir. C'est ainsi que nous marchons jusque chez moi.
Harry ne pose aucune question, ne me demande pas comment je me suis mis dans un état pareil. Il est juste là, m'apportant son soutien au moment où j'en ai besoin.
Une fois arrivé, je déverrouille la porte.
-Tes parents ne sont pas là ? demande Harry.
-Non, Helen et Mark travaillent, et leurs enfants sont étudiants.
Il m'aide à monter les escaliers qui mènent à ma chambre.
-Tu appelles tes parents par leur nom ?
C'est la première fois qu'il me pose une question. Comme y répondre ne me gêne pas, je fais :
-Ce ne sont pas mes parents. C'est une famille d'accueil.
Je guette sa réaction du coin de l'oeil. Je m'attends à voir de la pitié dans ses yeux. Mais dans son regard noir, ne passe qu'une lueur de tristesse.
Nous arrivons dans ma chambre. Harry regarde autour de lui, admirant les posters collés au mur, et les rangées de CD sur une étagère. Je pose le sac en plastique sur le lit, puis demande :
-Tu veux boire quelque chose ?
-Non, je vais y aller...
-Puisque tu es là, tu peux rester. Si tu veux écouter de la musique...
Ses yeux se posent sur le dernier album de Marylin Manson.
-Fais comme chez toi, je dis. Moi je vais prendre une douche, je n'en ai pas pour longtemps.
-Ok.

Je rentre dans ma chambre, les cheveux humides et vêtu d'un boxer. Habituellement, je me douche chez William, mais aujourd'hui, il n'y a pas pensé. J'aurais aimé rester avec lui et ses amis, mais j'étais vraiment endolori et eux étaient endormis.
Je m'attends à ce que Harry témoigne de la surprise en voyant ma poitrine couverte de marques rouges, vestiges des délicieuses tortures de mes trois amants. Mais il me regarde puis tourne la tête, comme s'il m'évitait. Je passe un pantalon et je m'allonge sur le ventre, pour épargner mon derrière douloureux.
-Tu aimes les guitares, n'est-ce pas ? demande-t-il sans me regarder.
-Et toi ?
-J'aime bien...
-Si certains CD te plaisent, tu peux les prendre. Tu me les rendras à l'occasion.
-Comment as-tu fait pour t'acheter autant de CD ? demande-t-il. Tu travailles ? Tu as beaucoup d'argent de poche ?
-Non, ce sont des cadeaux, je réponds en frôlant involontairement ma boucle d'oreille.
-Des cadeaux d'anniversaire ?
-Non. Des cadeaux de certains mecs qui aiment me baiser.
J'ouvre le sac en plastique qui m'attend sur mon lit, et j'en sors les CD et t.shirts japonais.
-Comme ça, par exemple.
Harry regarde ce que je lui montre, intéressé par les CD. Dans ses yeux, aucune trace de mépris, de jugement, il semble se contenter d'écouter les réponses à ses questions comme si ce que je disais était banal. Surpris, je demande :
-Tu ne me juges pas ? Je ne te dégoute pas ?
Il sourit. Je remarque alors qu'il est beau garçon.
-Je n'ai pas à te juger, dit-il. Tu fais ce que tu veux. Par contre, si un jour j'apprends que certains te forcent à faire des choses que tu n'as pas envie de faire, dis-le moi, et je les tuerai.
-Qu'est-ce que ça peut te faire que certains me fassent ce genre de chose ? je demande en m'appuyant sur les coudes pour mieux le regarder.
Je le vois jeter un oeil à ma poitrine, puis il me regarde droit dans les yeux.
-Toi et moi, on est amis, que tu le veuilles ou non. Et on ne touche pas à mes amis.
Ses yeux noirs brillent d'une lueur que je n'avais jamais vue auparavant. Et je suis heureux d'être allongé sur le ventre, afin de lui dissimuler la manière dont mon corps réagit à ce regard brulant d'intensité.


Chapitre 05

-Frappez, tambours ! Sonnez, trompettes ! Sven a ammené un ami à la maison !
Assis à table, en face de Mark et Helen, Sarah en bout de table, et Harry à côté de moi, je ne sais où me mettre.
-Sarah, dit Helen en riant, laisse ce pauvre Sven tranquille.
-Mais c'est vrai, répond la fille de ma famille d'accueil. C'est la première fois en plus de trois ans que Sven ammène un ami à la maison.
-Tu veux dormir ici, Harry ? demande Helen.
-Non merci, répond Harry. Vous m'invitez déjà à dîner, c'est vraiment gentil. Et puis mes parents vont s'inquiéter si je ne rentre pas dormir.
-Je te raménerai en voiture, fait Mark.
-Ce n'est pas la peine de vous déranger...
-Mais si ! insiste Helen. Et quoiqu'il en soit, tu peux revenir quand tu veux.
-Merci madame, dit Harry en souriant.
-Et si tu venais passer le week end ici ! lance Helen avec un sourire. Vous pourriez faire vos devoirs ensemble, et Sven serait moins seul.
Je soupire.
-Helen, je ne suis pas seul.
-Non, tu es avec tes CD et tes posters, fait Sarah amusée.
Elle fixe Harry droit dans les yeux et demande :
-Au fait, est-ce que tu as une petite amie ?
-Euh... non, je n'en ai pas, répond l'intéressé en rougissant.
Puis souriant à Helen, il dit :
-Pour ce week end, je demanderai à mes parents.

-Que s'est-il passé il y a trois ans ? me demande Harry alors que je l'accompagne jusqu'à la voiture de Mark.
-Je n'habitais pas ici.
Je soupire et explique.
-C'est ma quatrième famille d'accueil. J'ai été adopté. Mes parents adoptifs sont morts dans un accident de voiture lorsque j'avais cinq ans et j'ai vécu dans une famille d'accueil. Ca s'est mal passé, j'ai été transféré dans une autre famille peu avant mes huit ans. Puis j'ai encore changé à dix ans. Et je suis finalement arrivé ici à treize ans. Sarah a dix-neuf ans, et ils ont un autre fils, Joshua, de vingt et un ans, qui fait ses études à l'étr...
Je n'ai pas le temps de terminer ma phrase. Harry m'attire dans ses bras, mon visage se retrouve blotti contre sa poitrine large et confortable.
-Je suis désolé, murmure-t-il en caressant mes cheveux. Je ne poserai plus de questions.
Je le repousse, affolé par les battements de mon coeur, et je fais d'un air indifférent :
-Ce n'est rien, ça ne me gêne pas d'en parler...
Harry hésite, puis dit :
-Helen m'a proposé de passer le week end ici, mais si tu préfères être seul, dis-le moi, je ne veux pas m'imposer.
-Bah, je m'en fiche... Si tu veux venir, viens, et sinon, ne viens pas...
-Alors je viendrai, répond Harry avec un immense sourire. J'arriverai vers dix-neuf heures, juste après l'entraînement de foot.
-Par contre, il n'y a pas de chambre d'amis. Il y a bien la chambre de Joshua, mais il revient passer le week end à la maison, alors tu seras obligé de dormir avec moi...
-On est tous les deux des garçons, non ?
-Mais je suis homo...
-Tant que tu ne te branles pas sur moi pendant que je dors, ça devrait aller...
Amusé, je n'ai pas le temps de répondre que Mark arrive.
-Sven, tu viens avec moi ramener ton ami ? me demande-t-il.
-Il est épuisé, il a eu une dure après-midi, plaide Harry.
-Ok, alors allons-y.
-A plus, me dit mon camarade de classe.
Je réponds par un signe de la tête, et je monte dans ma chambre.


Le lendemain, c'est avec un pansement sur la joue, un oeil au beurre noir et un bras en écharpe que je vois Harry arriver. Je me demande ce qui s'est passé. Je l'ai vu hier après son entraînement de foot, et il n'était pas blessé.
Le midi, je vais m'assoir sur un banc, dans le parc du lycée. Il fait de plus en plus froid et le soleil ne donne pas à l'arrière du bâtiment. Comme tous les élèves sont soit rentrés chez eux, soit à la cantine, je peux être seul. Harry arrive quelques minutes plus tard, alors que j'ai déjà entamé mon sandwich, mon walkman sur les oreilles.
Il pourrait me repprocher d'avoir changé d'endroit sans le prévenir, de ne pas l'avoir attendu, mais il se contente de s'assoir à ma gauche, sans rien dire. Impulsivement, je lui tends mon écouteur droit. Il le prend, un sourire aux lèvres, et le fixe à son oreille droite.
-Je n'ai pas pu écouter les CD que tu m'as passés, dit-il. Je suis rentré assez tard hier soir, et je n'allais pas réveiller toute la maison.
-C'est rien...
Il hésite, puis dit :
-Je n'ai déjà pas été très discret... Je n'ai pas voulu allumer la lumière pour ne pas les réveiller, et je suis tombé dans les escaliers.
J'ai envie de demander si les escaliers font des yeux au beurre noire, mais je ne réponds rien.
-Du coup, ajoute-t-il, je n'irai pas à l'entraînement de foot vendredi soir.
-Alors nous rentrerons ensemble, je réponds simplement.
Nous poursuivons notre repas sans rien dire.
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Re: SDR - Tome 2 - De l'adolescence à l'âge adulte

Message par Mili le Lun 21 Juil - 17:36

Chapitre 06

-Ca te dérange si je dors en boxer ? je demande à Harry alors que nous sommes sur le point de nous coucher, après avoir passé la soirée à écouter de la musique.
Il sourit.
-J'ai apporté un pyjama au cas où mais moi aussi je dors habituellement en boxer.
-Fais comme chez toi, je réponds simplement.
Il retire l'écharpe qui maintient son bras, passe son t.shirt au dessus de sa tête et je ne peux m'empêcher de regarder ses épaules larges, sa poitrine lisse, magnifique. Je repère quelques bleus sur ses côtes et je me dis que le football est un sport vraiment violent. Puis j'oublie tout, en le voyant défaire son pantalon. Ses jambes sont longues, ses cuisses musclées.
Harry ! Tu n'as pas le droit d'être aussi viril et sexy !
-Tu ne te déshabilles pas ? demande mon camarade en me regardant avec surprise.
Je cligne des yeux.
-Désolé, je rêvassais.
Je retire mes vêtements et je plonge sous les couvertures afin de dissimuler mon corps petit, mince... minable. J'ai honte de ce physique, et même s'il plaît à certains, je préférerais être plus grand, plus beau, plus viril.
Pas poilu, non, je déteste ça. Mais plus... plus comme Harry, quoi.
Mon camarade de classe s'allonge à côté de moi, posant sur son ventre son bras blessé. Je suis prisonnier entre lui et le mur contre lequel je me serre le plus possible pour éviter de toucher mon compagnon de lit.
-Bonne nuit, Sven, dit-il.
-'nuit, je réponds et il éteint la lampe de chevet.
Les volets sont fermés, il fait totalement nuit. Je fixe néanmoins le plafond, tout en sachant que je n'arriverai pas à m'endormir avant un bon moment. Si jamais j'y arrive...
Bientôt, j'entends la respiration calme et lente de Harry. Il s'est déjà endormi.
Je me tourne sur le côté, et mes yeux s'étant adaptés à l'obscurité, je le détaille. Son visage semble si paisible. Sa poitrine monte et descend au rythme de sa respiration. Je m'approche et doucement, je pose une main sur son bras. Sa peau est chaude, et je retire vivement ma main, comme si je m'étais brûlé.
Puis je recommence. Harry semble me sentir car il bouge le bras, comme pour repousser un insecte.
J'admire son ventre plat, sa poitrine libérée, sa bouche entre-ouverte.
C'est plus fort que moi, ma main se pose sur son ventre. Là aussi, sa peau est chaude. Je remonte en direction de sa poitrine. Je remarque des frissons sur son corps. Je frôle du bout du doigt un téton, qui se met immédiatement à pointer. Et là, je meurs d'envie de le prendre dans ma bouche, de le taquiner, le lécher, le mordiller... Mais je ne peux pas. J'ai peur qu'en bougeant, je ne le réveille.
Mon doigt remonte encore, le long de sa pomme d'adam. Il déglutit. J'arrive sur sa mâchoire, son menton, ses lèvres douces sur lesquelles je passe un doigt.
Sa bouche se pince, puis se détend à nouveau. C'est plus fort que moi, je me rapproche du corps endormi. Mes lèvres frôlent une échymose sur son côté, puis remontent en direction de sa poitrine. Je goûte le téton droit, le plus près de moi, puis je me rallonge rapidement comme Harry pousse un petit gémissement.
Toutefois, sa respiration reprend un rythme régulier. Etendu sur le côté, je me contente de le regarder dormir.


Lorsque je me réveille, je réalise que je suis blotti contre le corps chaud et doux d'Harry. Je n'ai plus sommeil, alors que le jour se lève à peine, je le sais en voyant un faible rai de lumière passer entre les volets. Alors je décide de me lever. Le mur à ma tête et sur ma droite m'empêche de passer, tout comme l'armoire au bout du lit, à mes pieds. La seule solution est d'enjamber Harry.
Je m'agenouille, puis je passe une jambe de l'autre côté de ses cuisses.
Subjugué par son visage paisible, ses lèvres pleines, sa poitrine si attirante, je reste là, un moment, à le regarder. Jusqu'à ce que je croise deux grands yeux noirs.
-Je ne fais que passer, je balbutie en quittant les cuisses de Harry. Rendors-toi.
-Quelle heure est-il ? demande-t-il en se retournant sur le réveil posé sur la table de nuit. Hein, cinq heures !
-L'heure de dormir...
Je sors de la chambre afin de dissimuler mon érection à mon camarade. Je me précipite à la salle de bains, où je me brosse les dents, avant de sauter sous la douche pour satisfaire mon corps tendu.
Appuyé contre le mûr, l'eau chaude ruisselant sur ma peau, je ne peux m'empêcher de penser à Harry, à son sourire adorable, à ses lèvres si douces, à sa peau tiède, à son corps magnifique.
Mais Harry ne s'intéresse pas aux hommes, et même s'il respecte ce que je suis, même s'il m'accepte en tant qu'ami, ça ne signifie pas qu'il approuve.
Ma main droite fait de rapides vas et viens sur mon pénis. Ma main gauche, quant à elle, glisse ses doigts dans mon intimité. J'imagine que c'est Harry qui me traite ainsi, et c'est tellement bon qu'il ne m'en faut pas plus pour venir.

Je retourne dans la chambre peu de temps après. Harry s'est rendormi. Alors je m'habille, et assis près de ma chaine hifi, je branche le casque et j'écoute de la musique. Je ne vois pas le temps passer, et je réalise qu'il fait jour lorsque je sens une main sur mon épaule. Je tourne la tête tout en retirant mon casque. Harry est agenouillé près de moi, toujours en boxer.
-Bonjour, dit-il. Déjà levé ?
-Je ne dors pas beaucoup.
-Et tu as des grosses cernes ! La nuit prochaine, je t'enchaînerai s'il le faut, mais tu dormiras.


Chapitre 07

Harry et moi sommes assis par terre au salon, devant la table basse, côte à côte. Nous faisons nos devoirs, et il m'explique lorsque je ne comprends pas. Il arrive à peu près à écrire, malgré son bras en écharpe, toutefois, ça n'améliore pas son écriture de cochon.
Sarah passe de temps à autre à côté de nous, vêtue d'une mini-jupe, semblant regarder ce que nous faisons. Au moment où nous prennons une pause, elle vient d'agenouiller en face de nous.
-Harry, ça te dit de faire un ciné, ce soir ? demande-t-elle.
Comme mon camarade m'interroge du regard, elle fait :
-Non, pas avec Sven, juste toi et moi.
-C'est gentil mais il n'y a aucun film qui m'intéresse en ce moment.
-Alors on pourrait aller boire un verre quelque part, lance Sarah avec un sourire.
-Non merci, je n'ai pas envie de sortir...
Vexée, elle se relève et quitte la pièce.
-Je me demandais pourquoi elle portait une mini-jupe au lieu des joggings qu'elle met habituellement le week end, ça y est, j'ai compris...
Harry me regarde, amusé.
-Si tu préfères sortir avec elle, tu peux, je dis d'un air détaché. Je ne t'en voudrai pas.
-Mais je préfère rester avec toi. Les filles ne m'intéressent pas.
-Tu es gay toi aussi ?
-Je n'en sais rien. Je ne me suis jamais intéressé à personne, je préfère jouer au foot ou écouter de la musique avec des amis, je n'ai pas envie d'une relation, quelle qu'elle soit.
-Alors fais comme moi : fais-toi plaisir sans t'impliquer émotionnellement.
-Je ne pense pas. Même si ça ne m'intéresse pas, je prends le sexe au sérieux, j'ai l'intention de faire ça uniquement avec quelqu'un que j'aime.
-Comme tu veux, je réponds sans prêter attention à ses paroles.
Je regarde sa dissertation d'histoire et je soupire.
-A "une nouvelle guerre", il y a LLE à nouvelle.
Harry corrige sa faute, les yeux dans le vague.


Après une journée passée à travailler, à nous promener en ville, et à écouter de la musique, nous allons nous coucher. La nuit est tombée depuis longtemps et Harry semble épuisé. Nous nous déshabillons et comme hier, je plonge sous les couvertures avant qu'Harry ne voie mon corps minable et petit. Ce qui ne m'empêche pas d'admirer du coin de l'oeil son corps long, souple et musclé, de détailler sa peau que je sais si douce et si chaude.
Je ne sais pas pourquoi j'arrive à me faire sauter par n'importe qui et je n'arrive pas à me tenir torse nu devant lui. Mais je renonce à comprendre, et me pousse sur le côté, face au mur. Le lit s'incline derrière moi, signe que Harry s'est couché, et la lumière s'éteint.
Bientôt, je sens une main timide sur mon épaule. Je sursaute. Harry me croit-il endormi et profite-t-il de mon sommeil pour me toucher, comme je l'ai fait hier avec lui ?
-Qu'est-ce que tu fais ? je demande en me retournant face à lui.
Son bras droit blessé étendu devant lui, il est allongé sur le côté et de son bras gauche, il m'attire contre lui.
-Je veux juste que tu dormes cette nuit, dit-il en m'enlaçant.
Nos corps sont l'un contre l'autre, je sens sa chaleur pénétrer chacun des pores de ma peau. Son souffle dans mes cheveux me fait me sentir si bien, tout comme cette main sur ma nuque.
Toutefois, je me sens si bien que je ne tarde pas à réagir. J'essaye de me reculer, mais la main douce sur ma nuque se fait puissante et me retient.
-Lâche-moi ! je lance en modérant ma voix pour qu'on ne m'entende pas.
-Pas question, j'ai dit ce matin que je t'enchaînerais s'il le fallait, et je ne plaisantais pas. Tu vas dormir cette nuit !
-Alors ne me colle pas tant. Je suis homo, je te rappelle.
J'étais heureux que son bras blessé s'interpose entre nous, mais je me rends compte que sa main est au niveau de mon érection naissante.
-Je me fiche que tu bandes, je suis un garçon aussi, je te rappelle, donc je suis bien placé pour connaître ce genre de réactions.
Il dépose un baiser sur mon front et murmure :
-Je veux juste que tu te sentes bien, et que tu dormes. Bonne nuit, Sven.
-Je ne suis plus un gamin ! je lance.
Il lâche un petit rire.
-Je le sais bien, un gamin ne réagirait pas comme ça.
Sa main chaude se fait à nouveau douce sur ma nuque, caressant mes cheveux, mes épaules, jusqu'à ce que je me sente si bien que la peur de m'endormir soit vaincue.


Chapitre 08

En cours de sport, nous faisons du volley ball. Je n'aime pas le sport, ça me gonfle. De plus, on ne peut pas dire que ma petite taille soit adaptée à cette activité. Nous sommes six par équipes, et Harry étant chef d'équipe, il m'a choisit en premier. C'est débile, je suis complétement nul.
Harry a complétement recouvré la mobilité de son bras droit, et il ne s'économise pas. La sueur coule le long de son dos, mouillant son t.shirt, et il est vraiment beau avec son short qui met en valeur ses longues jambes musclées. Il saute devant le filet et renvoie la balle d'un smatch puissant du bras gauche, pour feinter ses adversaires. Harry, tu es décidément trop cool...
Je ne peux pas détacher mes yeux de lui, à tel point que...
-Sven !
Le boulet de canon que l'équipe adverse vient de renvoyer me percute au niveau du ventre et je tombe en arrière. Putain, que ça fait mal...
-Sven, s'écrie Harry en accourant vers moi, ça va ?
Je soupire. Comment avoir l'air ridicule devant quelqu'un qui a autant de classe ? Touché dans mon amour propre, je me relève en ignorant la main que me tend mon ami, et je quitte le terrain.
-Sven ! appelle le professeur. Si tu n'es pas blessé, reviens tout de suite.
-J'ai mal au ventre, je réponds. Je vais à l'infirmerie.
-Je l'accompagne, lance Harry en me suivant.
-Je n'ai pas besoin de toi, je fais par dessus mon épaule.
Je croise ses grands yeux noirs. Ils semblent si tristes que j'en ai la gorge qui se serre. Je sors néanmoins du gymnase et je me rends dans le bâtiment principal, où se trouve l'infirmerie.
La personne en charge me laisse me reposer sur le lit, et me demande de dormir un peu. Toutefois, je sais que je n'y arriverai pas. Manifestement, il n'y a que dans les bras de Harry que j'arrive à dormir.
Mais qu'est-ce qu'il a de spécial, ce type, pour produire un tel effet sur moi ?
Les yeux fixés sur le plafond, j'attends que le temps passe.

Bientôt, on frappe à la porte. Harry entre, mon sac de sport à la main. Ses cheveux sont humides, il vient manifestement de prendre une douche.
-Ca va ? demande-t-il en s'asseyant sur le tabouret, près de mon lit.
-Oui.
-Je t'ai rapporté tes vêtements si tu veux t'habiller.
-Merci.
-Ca n'a vraiment pas l'air d'aller...
-Si si...
Que dire ? que je ne comprends pas pourquoi je le trouve aussi beau et pourquoi j'arrive à dormir quand je suis dans ses bras ? Il n'est pourtant coupable de rien...
-Pourquoi es-tu si gentil avec moi ? je demande d'une voix séche.
Surpris, il me regarde. Un sourire nait sur son visage si souvent sérieux.
-Parce que nous sommes amis, répond-il. Et quand on est amis, c'est normal, non ?
-Je ne sais pas... Je n'ai jamais eu d'amis avant...
-Alors je suis flatté d'être le premier, fait-il en déposant un baiser sur mon front. Dors, maintenant.
-Non, je vais bien...
-Tu es sûr ?
-Oui... Laisse-moi, je vais m'habiller.
Il quitte l'infirmerie. Je troque mon survêtement contre mon jean et mon t.shirt noirs, puis je sors à mon tour, une main posée sur mon front, là où il y a déposé un baiser.
Quel con !
Toutefois, j'ignore si j'attribue ce qualificatif à moi-même ou à Harry.


-Joyeux Noël, Sven.
Je tourne la tête sur Harry. Il vient d'arriver, et pendant les vacances, il passe trois jours à la maison. Son sac est posé sur le lit et il vient d'en tirer un CD d'un groupe de rock que je ne connais pas.
-Je ne fête pas Noël, je réponds en tournant la tête.
Ses grands yeux noirs se font tristes, et il soupire.
-Je me fiche que tu le fêtes ou pas, je t'offre juste un cadeau, et refuser ne se fait pas.
-Je n'ai pas de cadeau pour toi, moi...
-Je m'en fous, s'écrie-t-il. Ce que tu peux être têtu !
Il pose le CD sur mon étagère et je vais m'accouder à la fenêtre, les yeux dans le vide. Pourquoi Harry est-il si gentil avec moi ? Si patient ? J'aimerais tant le repousser, me libérer de lui. Parce qu'il ne pourra pas me supporter éternellement, parce qu'il ne pourra pas me serrer dans ses bras toutes les nuits. Je dois reprendre les bonnes habitudes, et me satisfaire uniquement d'un coup de bite de temps en temps !
Oui, je dois oublier ses étreintes chaleureuses et ses sourires lumineux. Harry, ces trois jours sont les derniers que tu passes ici.
Comme s'il avait deviné mes pensées, il vient derrière moi, passe ses bras autour de ma taille et m'attire contre sa poitrine rassurante.


James regarde la bijoutière poser mon cinquième piercing à l'oreille droite, d'un oeil satisfait. Le nombre de trous que j'ai à cette oreille, c'est le nombre de fois qu'il m'a baisé.
-Tu en veux un deuxième ? suggère-t-il. Ce serait ton cadeau de Noël.
-Je ne fête pas ce genre de trucs bidons, je réponds.
Cette remarque me fait penser à Harry, à son cadeau, à sa gentillesse, et je sens ma gorge se serrer.
Nous avons repris les cours depuis plus de deux semaines, et je ne lui ai plus proposé de passer le week end chez moi. Il se contente de manger avec moi le midi, et là, je reste muet, je l'ignore, mes écouteurs de walkman vissés à mes oreilles.
-Je ne te demande pas de le fêter, et de toute façon, c'est déjà passé, juste d'accepter un cadeau.
-Comme vous voulez, je réponds simplement. Mais à l'autre oreille, comme ça, ça ne faussera pas le compte de l'oreille droite.
James sourit, et la bijoutière me perce l'autre oreille. Après ça, l'homme m'emmène dans notre hôtel habituel.
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Re: SDR - Tome 2 - De l'adolescence à l'âge adulte

Message par Mili le Lun 21 Juil - 17:37

Chapitre 09

-Bonne année, Sven.
Je tourne la tête, dès que je franchis les grilles du lycée, et je vois William, adossé à la barrière.
-Bonjour, je réponds simplement.
-On y va ? me demande-t-il.
-Oui.
Sans regarder Harry qui est juste derrière moi, je suis l'homme d'affaires. Nous montons dans sa Mercedes et nous roulons jusque chez lui.
-Désolé, j'ai été pas mal pris au travail, avec la fin d'année et tout ça, me dit William.
-Pas grave. J'ai été beaucoup pris, moi aussi.
-Vraiment ? demande William avec un sourire.
-Ce n'était pas à double sens, si c'est ce que vous insinuez. Je n'ai pas beaucoup baisé en cette fin d'année. J'ai juste été occupé.
-Tu n'as vraiment aucun humour, grogne William.
-C'est pour mon cul, que vous me voyez, pas pour mon humour...
Nous rentrons chez lui.
-Tu veux boire quelque chose ? demande-t-il.
-Non merci, je réponds en retirant ma veste en jean noir.
Je l'accroche au porte-manteau de l'entrée, puis je me dirige vers la chambre.
-Attends, me fait William.
Il prend un paquet sur une égagère.
-Joyeux Noël quand-même, me fait-il.
-Je ne fête pas ça.
-Alors prends-le comme un cadeau habituel.
Sans répondre, je me dirige vers la chambre. Je n'ai pas le temps de me déshabiller, William me défait seulement mon pantalon, tire sur mon boxer, me pousse sur le lit et me prend.
Ca fait mal. C'est si bon d'être aimé.
Le visage d'Harry apparaît dans mes pensées. Lui ne saura jamais faire ce genre de choses, il est trop gentil. Tout ce qu'il a jamais fait, c'est me serrer dans ses bras et déposer un baiser sur mon front. Ridicule...
La main de William serre mon érection, faisant de rapides vas et viens. Ca fait mal, mais j'ai envie d'avoir plus mal encore. Et il le sait, alors son autre main se glisse sous mon pull et me pince douloureusement les tétons. Je gémis à n'en plus finir.

-Louis et Mika aimeraient bien te voir, me fait William lorsque je sors de la douche. Ca te dit que je les invite à nouveau un de ces jours ?
-Pourquoi pas, je réponds.
-Le week end prochain, ça te va ?
-Tout le week end ?
-C'est trop pour toi ? me demande William d'une voix provocatrice.
-Non, c'est cool.
-Alors j'irai te chercher vendredi après les cours, et je te raménerai le dimanche en milieu d'après-midi pour que tu aies le temps de te reposer et faire tes devoirs ensuite.
-Parfait.

Lorsque je rentre chez moi, j'ouvre le paquet que m'a offert William. Il contient un blouson en cuir noir, le genre de blouson dont j'ai toujours rêvé mais que je n'ai jamais eu les moyens de m'offrir. Je l'essaye. Il me va à la perfection, c'est exactement ma taille. Je passe les mains dans les poches, pour voir si je suis à l'aise dans les mouvements. Je découvre une petite boite argentée, plus petite qu'un étuit à lunettes. Je l'ouvre. Elle contient le nécessaire du fumeur de cigarettes qui font rire.
Alors je me roule un joint et je fume dans l'espoir d'oublier les yeux noirs et tristes qui me hantent si souvent depuis les vacances de Noël.


Durant toute la semaine, j'attends le week end avec impatience. Je ne dors plus la nuit, plus du tout. Avant, je somnolais au moins trois heures mais là, plus rien. Je ne fais qu'appréhender mon week end en fumant, me demandant ce que ces trois hommes vont faire de moi.
Enfin, le vendredi soir arrive. William est là lorsque je sors du lycée. Il me fait un signe de la tête, et je vois un sourire naître sur son visage. Il a dû remarquer que je portais le blouson en cuir.
Je pose sur les sièges arrière de sa Mercedes mon sac de cours et mon sac de sport dans lequel j'ai mis quelques vêtements de rechange, puis je monte à l'avant. Il démarre et s'engage sur la route.
-Merci pour le blouson, je fais.
-De rien, j'espère qu'il te plaît.
-Oui, sinon je ne le porterais pas. Et merci pour le reste, aussi...
-Ben de rien. Demande-moi quand ton stock sera vide, mais attention, n'abuse pas.
-Non, je ne suis pas inconscient.
-Je sais, mais tu es peu fou par moments.
Je ne trouve rien à répondre à ça. Et après tout, je me fiche qu'il me trouve fou. Tant qu'il me baise...


Chapitre 10

Lorsque nous arrivons chez William, nous nous asseyons sur le canapé sur salon et nous fumons un joint. Il boit un café, et moi un chocolat chaud car j'ai horreur de ce brevage noir et amer.
-Tu as l'air plus froid et renfermé que jamais, me fait remarquer l'homme d'affaires. Et l'état de tes yeux, je n'ai jamais vu ça...
La cigarette me détendant un peu, je réponds :
-J'avais un ami.
-Et tu l'as perdu ?
-Il était trop gentil. Je savais que ça ne durerait pas. Alors depuis la rentrée, je l'évite.
-Et tu n'arrives plus à dormir ?
-Je n'ai jamais été un gros dormeur. Avant, j'arrivais à dormir au moins quelques heures. Quand j'étais avec lui, il me serrait dans ses bras, et... je dormais la nuit entière. Et là, je ne dors plus du tout.
-Tu sais, rien n'est éternel. Ni l'amour, ni l'amitié. Dans la vie, rien n'est acquis. Donc si tu te prives de tout sous prétexte que ça ne durera pas, tu ne feras jamais rien dans ta vie.
-C'était la première fois que j'avais un ami, je ne savais pas comment réagir.
William pose une main sur mon épaule.
-Je comprends. Mais si tu veux mon avis, ça vaut la peine d'essayer.
On frappe à la porte.
-Je reviens, me dit William en se levant.
Il quitte le salon, et revient quelques instants plus tard avec Louis et Mickael.
-Salut Sven, me dit Louis. Content de te revoir.
-Il n'a pas dormi depuis un bail, répond William. Il faudra lui laisser des temps de repos.
-Non, surtout pas ! je m'écrie. Je suis là pour me faire baiser.
Mickael s'agenouille devant moi. Il me prend mon joint des mains, aspire une bouffée, et me le rend tout en disant :
-Nous, on veut bien te baiser, mais une fois mort d'épuisement, tu ne nous servira plus à rien, d'accord ?
Il sourit puis ajoute :
-Tous les matins, je te réveillerai avec une pipe. Mais pour te réveiller, encore faut-il que tu dormes.
Je hoche la tête. William pose un café devant chacun de ses amis, et nous discutons tout en buvant et fumant.

Nos joints et nos boissons terminés, les trois hommes me sautent dessus et me retirent mes vêtements. Ils m'attachent les mains dans le dos, puis nouent des liens maintenant mes mollets contre mes cuisses, pour que je garde les jambes pliées. Je suis devenu leur jouet, et je sais qu'ils vont m'aimer pendant tout le week end. Je bande rien que d'y penser. La réaction de mon corps les fait d'ailleurs sourire.
Ils se déshabillent à leur tour, et s'agenouillent près de moi sur l'épais tapis du salon. Mickael me présente son pénis épais, je le prends dans ma bouche sans hésiter. En réponse, il pince mes tétons. Ca fait mal, mais j'en veux plus.
-Egoïste, fait William à l'intention de Mickael tout en s'agenouillant de l'autre côté de ma tête. Et moi alors.
Je branle Mickael de la main gauche tout en suçant William, puis j'inverse, pour qu'ils aient droit à ma bouche chacun leur tour. Plus bas, je sens Louis s'amuser entre mes jambes. Il me suce tout en glissant des boules rondes en moi.
-Les glaçons de la dernière fois n'étaient pas une bonne idée, dit-il. Ca fond, ce n'est pas pratique. Alors j'ai amené quelques jouets plus amusants.
La pression s'accentue dans mon corps, combien de boules va-t-il rentrer en moi ?
Je frémis et lâche un gémissement lorsqu'il les retire toutes d'un trait. Puis il recommence.
-Ca te plaît ? me demande-t-il.
Je hoche simplement la tête. Je suis déjà sur le point de jouir. Je le sens presser mes testicules tout en glissant des boules plus grosses. Je soupire. C'est décidément trop bon...
Son pénis remplace bientôt les jouets, et c'est avec joie que j'accueille ses coups de reins. Il ne m'en faut pas plus pour jouir.


Je suis réveillé par des coups de langue sur mon sexe. J'ouvre les yeux. Nous avons dormi tous les quatre pèle-mèle dans le grand lit de William. D'ailleurs, je suis le premier étonné d'avoir dormi. Il est près de dix heures, et comme promis, Mickael me réveille avec sa bouche.
-Bien dormi ? me demande-t-il avec un sourire en coin après avoir avalé ma semence.
-Oui, merci.
-Rien ne vaut une bonne fatigue physique pour bien dormir. Et ne t'en fais pas, nous avons bien l'intention de te fatiguer, aujourd'hui encore.
Assis en tailleur, il me prend dans ses bras et m'empale sur lui. Je m'accroche à ses épaules, les yeux fermés. J'appuie sur mes cuisses pour faire moi-même les vas et viens. Je sens une main se poser sur mes fesses et un doigt humide caresser mon entrée déjà prise par Mickael.
-Arrête, Louis, lui dit William en nous regardant tout en se caressant. Tu vas finir par lui faire mal.
Louis glisse tout de même un doigt en moi, un sourire aux lèvres.
-Mais non, tu vois bien qu'il y a encore de la place, répond-il.
Il se place derrière moi et se frotte contre mes fesses.
-Qu'en penses-tu, toi ? me demande-t-il.
-Faites ce que vous voulez de moi, je réponds.
-Brave garçon. Je vais laisser ton corps encore endormi reprendre des forces, mais dans le bain, tu y auras droit. Rien de tel que l'eau chaude pour détendre le corps.
Je frémis. Deux en même temps. Cela dépasse toutes mes espérances.


Chapitre 11

Après un petit déjeuner rapide durant lequel les trois hommes se moquent de mon chocolat chaud, le qualifiant de petit déjeuner de gamin, William et Louis m'emmènent à la salle de bain alors que Mickael reste à la cuisine pour ranger. J'avoue que je suis soulagé de voir que ce dernier ne nous accompagne pas. Car s'ils ont l'intention de me prendre à deux en même temps, l'épaisseur du pénis de Mickael m'aurait fait vraiment mal.
William fait couler le bain, et Louis s'asseoit dans l'eau, pommeau de douche dans une main, gel douche dans l'autre.
-Viens là, me fait-il avec un sourire en coin.
William entre dans la baignoire, mais se contente de rester assis au bord. Je les rejoins, face à William qui m'attire pour le sucer.
Je sens l'eau et la mousse couler sur mes fesses, alors que Louis dit :
-Il faut bien te nettoyer, après tout ce que tu t'es pris hier...
Je gémis alors que deux doigts couverts de mousse glissent à l'intérieur de moi, faisant des vas et viens.
-Tu n'attends que ça, avoue, chuchotte William en s'agrippant à mes cheveux.
Je hoche la tête, frémissant lorsqu'un troisième doigt fait son entrée. Louis m'attire en arrière, et je hoquète de surprise. Je me retourne face à l'homme assis et je l'enlace, m'empalant sur lui. Louis ferme les yeux. Manifestement, mon cul lui plaît vraiment. Hé bien profites-en autant que tu veux, mon grand...
Derrière moi, je sens les doigts de William se frayer un passage. Je siffle de douleur.
-Du calme, mon garçon, me dit-il d'une voix apaisante. Ca va aller.
Il se positionne derrière moi, et je sens son pénis me pénétrer à son tour. Je m'accroche davantage aux épaules de Louis, mordant ma main pour ne pas crier. Je ne pleure pas à proprement parler, mais les larmes me font voir flou. Des larmes de bonheur. Deux personnes qui m'aiment en même temps...
Les deux hommes commencent à bouger et je deviens fou, je ne sais plus où s'arrête la douleur, où commence le plaisir, tout se mélange dans mon corps et dans ma tête.


Je reprends conscience allongé sur le ventre dans le grand lit de William. Mickael est assis près de moi, une main dans mes cheveux.
-Ca va ? demande-t-il. Ils y sont allé un peu fort, ces deux abrutis.
-Ca va, je réponds. Ne vous inquiétez pas.
-J'ai même pensé à appeler une ambulance, tu sais. Tu étais pâle comme la mort, et... tu saignais.
-Ce n'est pas grave, je vais bien. Où sont William et Louis ?
-En ville, ils sont allés t'acheter un petit cadeau pour se faire pardonner.
-Ils n'ont pas à se faire pardonner, au contraire, c'est moi... Je n'ai pas été à la hauteur.
-Ne te blâme pas, répond Mickael en passant une main dans mes cheveux.
Il soupire.
-Je ne sais pas ce qui t'est arrivé, mais même si tu ne veux pas l'admettre, tu n'es encore qu'un gosse. Un gosse têtu et borné. Tu aimes te faire prendre, soit, ce n'est pas moi qui vais m'en plaindre, mais...
-Je ne suis pas un gosse ! je m'écrie.
-Si tu l'es. Tu deviendras un homme lorsque tu connaîtras tes propres limites. J'ignore pourquoi tu as besoin de te faire sauter comme ça et je ne vais pas chercher à le comprendre, je ne suis pas psy. Mais il faut savoir imposer une certaine limite à ton corps, sinon il ne tiendra pas longtemps. A moins que tu ne cherches à te détruire ?
Je détourne les yeux. Ses mots gentils, sa main dans mes cheveux... Mika me fait vraiment penser à Harry...
En pensant à mon ami, je sens ma gorge se serrer. Je me lève, fouille dans mon sac à la recherche de vêtement sans prendre garde à mon derrière qui me fait mal, et je m'habille.
-Dites à Louis et à William que je m'excuse. Je... j'ai vraiment été nul, je ne mérite pas leur cadeau. Je vais y aller, maintenant.
-Tu tiens à peine sur tes jambes...
-Ca va aller, je vous dis...
Je prends mes deux sacs et je quitte la maison, laissant volontairement mon blouson en cuir sur le porte-manteau.

Je marche faiblement dans la rue, les cuisses et surtout les fesses en compote. Chaque pas est douloureux. Mais je ne pleurerai pas. La situation n'est pas à ce point drammatique. Je me suis fait aimer, et j'en suis réellement heureux. Oui, plus on m'aime fort et plus je suis heureux. Et plus la douleur reste et plus longtemps je me souviens à quel point on m'a aimé...
Mon sac glisse de mon épaule, et je le rattrape, mais mes jambes me lâchent, et je tombe à genoux sur le trottoir humide de glace fondue. Je tremble de froid, sans mon épaisse veste, mais pas question d'accepter des cadeaux que je ne mérite pas.
Les yeux rivés sur mes mains écorchées, je vois à peine qu'on prend mes deux sacs tombés au sol. Je lève les yeux. Harry me regarde, son visage sérieux. Il se baisse et me porte dans ses bras.
-Lâche moi ! je fais.
-Quand tu auras la force de me repousser.
-Je ne plaisante pas.
-Mais moi non plus...
Et en effet, je vois de la colère dans ses grands yeux noirs. De la colère, et aussi... de la tristesse.
-Est-ce que tu vas me lâcher ? je m'écrie, fou de rage.
Une voiture vient de se garer à proximité, je tourne la tête. Louis et William descendent de la Mercedes de ce dernier.
-Sven, fait William en accourant vers moi.
Je le regarde, encore plus humilié d'être dans les bras de cet idiot d'Harry.
-Je suis désolé. Je suis vraiment nul, je ne méritais pas que vous veniez me chercher.
-Imbécile, répond William en riant, on s'est vraiment fait du soucis pour toi. Viens, je te ramène chez toi si vraiment tu veux rentrer.
-Je peux marcher, je réponds.
-Vraiment ? fait Louis d'une voix ironique.
Je foudroie Harry du regard.
-Lâche-moi !
Il m'ignore et fait à William :
-C'est bon, je le ramène chez lui.
-Tu es chargé comme un âne, avec tes quatre sacs au dos et Sven dans tes bras, répond William.
Il ouvre la portère arrière de sa voiture et lance :
-Monte.
Harry obéit, tout en me gardant dans ses bras. William démarre.
-Au fait, tu as oublié ta veste.
-Je sais. Mais je ne la mérite pas.
William soupire et quelques instants plus tard, il se gare devant chez moi.
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Re: SDR - Tome 2 - De l'adolescence à l'âge adulte

Message par Mili le Lun 21 Juil - 17:39

Chapitre 12

Mark, Helen et Sarah ne sont pas là aujourd'hui, ils sont à un mariage, et c'est donc dans une maison vide que m'emmènent les trois hommes. Harry tient à me porter lui-même, comme s'il voulait que personne d'autre ne me touche.
Mon pauvre, si tu savais...
-Je vais te faire couler un bain, me dit-il en montant les escaliers.
Je devine qu'il veut surtout nous laisser discuter tous les trois. William pose sur mes sacs ma veste en cuir, et annonce :
-Lorsque je fais un cadeau, je ne tolérerai pas qu'on me le jette à la figure !
Je baisse les yeux.
-Je suis désolé, mais je...
Il passe sa main dans mes cheveux. Je lève la tête et je vois un sourire sur ses lèvres.
-Je sais, Mika nous a expliqué, dit-il. Mais tu n'as pas à t'en vouloir. C'est nous qui avons été bêtes, nous sommes adultes et nous n'avons pas été en mesure de te protéger.
Louis me tend un paquet, un sourire aux lèvres.
-Voilà pour nous faire pardonner.
-Il ne faut pas, je réponds embarrassé. C'est...
-Qu'est-ce que je viens de dire ? gronde William.
Je souris et prends le paquet. Je l'ouvre. Il contient un appareil qui ressemble étrangement à une perforatrice. C'est en réalité pour faire les piercings. Il y a également un sachet d'anneaux.
-Merci, je dis en baissant la tête.
-Passe me voir à l'occasion, fait William avec un sourire. Je t'offrirai un chocolat chaud.
-Salut, fait Louis en suivant son ami dehors.
Je les regarde partir, les jambes tremblantes. Alors c'est fini...
Je me précipite à la porte, je l'ouvre et je m'écrie alors que les hommes sont encore dans l'allée :
-Alors vous ne voulez plus me voir ? Enfin pour...
-Bien sûr que si, répond William avec un sourire doux. Mais avant ça, prends le temps d'aller mieux, dans ton corps, et... dans ta tête.
Je hoche la tête, et je referme misérablement la porte. Harry est debout, devant moi.
-Viens, ton bain est coulé.
Je monte les escaliers à sa suite. Il reste dans la salle de bains mais je m'en fiche qu'il me voie. Après tout, qu'il pense bien ce qu'il veut, qu'il me trouve moche, maigre, ce n'est pas grave...
Je me déshabille, notant au passage du sang dans mon boxer, et je vais dans la baignoire remplie d'eau chaude.
-Qu'est-ce que tu faisais dans le coin ? je demande.
-Je rentrais d'un match de foot.
-Et tu passes toujours par cette rue-là ?
-Non, je devais passer chez l'épicier, mais tant-pis, ça attendra.
Je ferme les yeux, le corps soulagé par l'eau chaude.
-Pourquoi tu m'aides toujours ?
-Parce que nous sommes amis, répond Harry comme si c'était simple comme bonjour.
-Et pourquoi tu es aussi gentil avec moi ?
-Parce que nous sommes amis, répète-t-il.
-Tu comptes rester ici cette nuit ? je demande.
-Ca dépend, tu veux que je restes ?
-Non, je réponds avec trop d'empressement.
J'entends Harry sourire.
-Alors je reste.
Je n'ose pas lui dire à quel point je suis soulagé et à quel point il m'a manqué.

Nous passons l'après-midi et la soirée à écouter de la musique tout en faisant nos devoirs. Harry nous mitonne des blancs de poulets au maïs, et nous mangeons en silence. Toutefois, je n'en ai pas fini de mes questions. Harry à beau répondre à certaines, j'ai l'impression que plus il me donne de réponses et plus les questions affleurent à mon esprit.
-Pourquoi as-tu voulu être ami avec moi ?
-Je ne sais pas, ça ne se commande pas, il n'y a aucune raison rationnelle.
-J'étais seul et je te faisais pitié ?
-Non, tu es stupide et tu me fais pitié.
Il ne sourit pas, mais ses beaux yeux noirs pétillent de mille feux. Je lui lance un torchon roulé en boule au visage et je quitte rapidement ma place pour m'abriter de ses représailles. Or au lieu de serviette à lancer, il saute de sa chaise et court à ma poursuite. Il m'attrape par la taille, m'asseois sur le canapé et chevauche mes cuisses pour bloquer mon corps.
-Alors, vaincu ? demande-t-il, un sourire victorieux aux lèvres.
Ses yeux noirs sont si brillants que je ne peux pas empêcher mon corps de réagir, surtout en sentant ce corps chaud si proche du mien. J'humecte mes lèvres, puis je lance d'un ton anodin :
-J'aime tes yeux.
Il rive son regard au mien et son expression rieuse se fait à présent intense alors qu'il répond :
-J'aime aussi les tiens. Ils sont si profonds...
Il semble réfléchir, puis ajoute :
-Ils paraissent hantés, comme s'ils en avaient trop vu... Comme si tu avais vécu depuis la nuit des temps et que cette vie te paraissait décidément trop longue...
Pour ne pas lui dire qu'il a raison, je rétorque :
-Hé, je ne suis pas un dinosaure !


Chapitre 13

Lorsque je me réveille, le lendemain matin, le soleil envahit la pièce. Je croise les grands yeux noirs souriants de Harry. Il me tient dans ses bras, comme lorsque nous nous sommes endormis, et je réalise que je n'ai jamais passé une aussi bonne nuit.
Hier soir, quand nous nous sommes couchés, mon camarade m'a serré dans ses bras, je sentais son souffle sur mon front, la peau douce de sa poitrine contre la mienne, nous étions réellement collés, sans bras blessé entre nous. Harry passait une de ses mains dans mes cheveux tandis que l'autre caressait mon dos, et j'étais réellement le plus heureux du monde. Surtout lorsque j'ai senti une érection naître contre la mienne.
Curieusement, je n'avais besoin de rien de plus. Sentir cette réaction me suffisait, comme si ce qu'il pouvait en faire était secondaire.
Est-ce parce que j'étais endolori ? Parce que j'ai eu tellement mal que j'ai peur de recommencer, même avec un seul homme ? Je l'ignore, tout ce que je sais, c'est que j'étais bien dans ces bras protecteurs, contre ce corps dur et tendre à la fois.
-Bien dormi ? me demande Harry.
-Ca peut aller, je réponds simplement.
Comme si j'allais admettre à voix haute à quel point je me sens bien !
Je regarde l'heure. Il est dix heures passées. Jamais je n'avais dormi aussi tard.
-Il est temps de se lever, tu ne crois pas ? je demande.
Avec un sourire provocateur, Harry répond :
-Lève-toi si tu veux. Moi, je reste au lit.
Je soupire, et j'essaye d'enjamber ses cuisses. D'un mouvement rapide, il m'attire contre lui. Ma tête repose sur sa poitrine, et j'entends son coeur qui bat de manière désordonnée. Contre mon ventre, je sens son boxer prendre du volume. Je le regarde, un sourire railleur aux lèvres, et il a le bon goût de paraître gêné.
-Réaction matinale, fait-il en me relâchant.
Toutefois, je ne bouge pas. Je monte à sa hauteur, toujours sur son corps, je passe mes bras autour de son cou, et je niche ma tête au creux de son épaule.
-Tu as raison, je dis en contenant un soupir de béatitude. Restons au lit.
Je le regarde, et mon sourire quitte mes lèvres lorsque je le vois fermer les yeux tout en tentant de respirer calmement, comme quelqu'un qui est sur le point de perdre son sang froid. Alors je le lâche et je quitte le lit, heureux de lui faire un tel effet, et gêné de ne pas avoir le courage d'y répondre.
-Désolé, je dis en passant le premier pantalon qui me tombe sous la main.
-Non, c'est moi...
Je soupire et je m'agenouille près de lit sur lequel il est toujours.
-Tu n'as fait aucun mal, ok ? Viens déjeuner, maintenant !


A partir de cette période, Harry est venu passer au moins deux week ends par mois à la maison, ainsi que plusieurs jours pendant les vacances. A chaque fois, nous dormions ensemble, et je me sentais plus heureux que jamais dans ses bras.
Je savais que rien de cela ne durerait, mais j'essayais de ne pas y penser pour ne pas ternir ma bonne humeur.
Je ne me suis plus fait sauter non plus d'ailleurs. Parce que je n'en ai pas besoin, ou parce que j'ai encore peur depuis que je me suis évanoui, je l'ignore.
L'envie de retourner voir William me tente de plus en plus, mais je résiste. Parce que j'ai honte de ma défaite de la dernière fois, j'ai peur qu'il ne fasse que rire de moi...

Toutefois, en franchissant les grilles du lycée, mes yeux se posent sur la Mercedes. William est appuyé contre, souriant, et même si je ne vois pas ses yeux verts à travers ses lunettes de soleil, je les devine braqués sur moi.
-Bonjour, Sven, dit-il quand j'arrive à sa hauteur.
-Bonjour, je réponds.
-Dernier jour de cour. Ton année scolaire s'est bien passée ?
-Ouais mais je m'en fous...
-Tu passes en première ? Ca te dit de passer la soirée à la maison pour fêter ça ?
-Je ne peux pas, Harry vient passer quelques jours chez moi.
-Il peut venir, lui aussi. Je ne vous raménerai pas trop tard.
Je manque de m'étrangler. Je tousse, puis je m'écrie :
-Avec Harry ?
-Quoi, Harry ? demande l'intéressé en arrivant justement près de nous.
-Tu n'aimes pas le chocolat chaud ou le café ? lui demande William. Ca ne te dit pas de dîner chez moi avec Sven ? Ca vous changerait un coup...
-C'est juste pour manger et boire un chocolat ? je demande déçu. Je n'en vois pas l'intérêt !
Je me détourne et fais un pas, quand une main se pose sur mon épaule. Je tourne la tête. William a retiré ses lunettes de soleil, et ses yeux brillent. Toutefois, j'ignore si ce que j'y vois est de la colère ou de la surprise.
-Je ne suis bon qu'à te sauter, c'est ça ? Si je ne le fais pas, je ne sers à rien !
Il soupire.
-Tant que tu continueras à penser de la sorte, je ne te proposerai que des chocolats chauds...
-Comme vous voulez, je réponds en dégageant mon épaule de sa main. Tu viens, Harry ?
William s'approche de Harry et murmure à son oreille :
-Prends soin de lui, il en a bien besoin.
Mon camarade sourit.
-Je sais, et je fais de mon mieux...


Chapitre 14

Assis dans ma chambre, la musique à fond, je regarde par la fenêtre. Il fait beau, contrairement à mon humeur orageuse et noire.
Je suis seul dans cette grande maison. Harry est parti en vacances, tout comme ma famille d'accueil. L'un et l'autre m'ont proposé de les accompagner, mais j'ai refusé, prétextant que j'avais envie d'être seul. En réalité, je ne voulais pas les faire chier. Je ne veux être un poids pour personne.
Sur un coup de tête, je coupe la musique, je dévale les escaliers, je mets mes rangers et je quitte cette maison. Je cours comme un fou dans la rue, et bientôt, mon débardeur noir est trempé de sueur. Il fait chaud, aujourd'hui, et je m'étais habitué à l'ambiance fraîche dûe à l'air conditionné de chez moi.
Enfin, j'arrive devant chez William, ruisselant, hors d'haleine...
J'hésite, puis je sonne. William vient m'ouvrir quelques instants plus tard.
-Bonjour Sven, dit-il.
Vêtu d'un short en jean et d'un t.shirt blanc, il semble plus jeune que lorsque je le vois dans ses costumes hors de prix.
-'Jour, je dis en essayant encore de reprendre mon souffle.
William me sourit.
-Entre.
J'obéis, perdu. Je ne sais même pas ce que je suis venu faire ici. Simplement, mon tête à tête avec moi-même m'exécrait, je ne supportais plus d'être seul. Comme lorsqu'on passe du temps avec quelqu'un qu'on déteste, on a envie de voir rapidement quelqu'un d'autre. J'avais envie de voir Harry, mais il est en vacances, alors je me suis rabattu sur la seule personne qui restait et que je savais où trouver.
-Ca faisait longtemps, fait William. Que me vaut l'honneur ?
Je ne sais que répondre. Alors je m'assois simplement dans le canapé. Mon hôte me sert un Coca-Cola sorti du réfrigérateur dans lequel il met deux glaçons. Je pose le grand verre sur mon front et soupire de béatitude. Enfin, je bois une gorgée de liquide et le froid qui passe par ma gorge me fait un bien fou.
-Êtes-vous déjà resté seul en tête à tête avec quelqu'un que vous détestez pendant trois longs jours ? je demande.
-Jamais, répond William en s'asseyant à côté de moi.
-C'est ce qui vient de m'arriver. C'était horrible. Alors je me suis enfui. Avant, j'arrivais à rester seul avec cette personne, ça ne me posait aucun problème. Mais depuis que je connais cet imbécile de Harry, j'en ai perdu l'habitude, et ça m'est devenu très difficile.
William soupire, et pose une main sur mes cheveux noirs humides de sueur. Je tourne la tête et il se rend compte que mon oreille droite est entourée de dix anneaux.
-Je vois que notre cadeau te sert, fait-il avec un sourire.
Que répondre ? Que les cinq premiers sont des preuves que je me suis fait sauter et que les cinq autres sont venus lors de moments où j'avais envie de me faire sauter et que j'avais trop peur ? Je réponds simplement :
-Oui, il me sert beaucoup.
-Tu comptes faire l'autre oreille, après ça ?
-Je ne sais pas encore...
-Ca te dit de te baigner dans la piscine ? il demande.
-Je n'ai pas de maillot de bain.
J'espère qu'il va suggérer qu'on se baigne nus. Pour me laisser une chance de me faire sauter. J'en ai vraiment envie, même si j'ai trop peur !
-Ce n'est pas grave, répond William, je peux t'en prêter un.
Je soupire.
-Ok.
Il disparaît dans sa chambre, revient avec un caleçon bleu tout simple.
-Tiens, change-toi.
Il retourne dans la chambre. Alors j'obéis. Bientôt, il ressort vêtu lui aussi d'un maillot de bain, deux serviettes et un tube de crème solaire à la main.
-Prends nos verres et allons-y, dit-il.
Je le suis jusqu'à la porte de derrière, nos verres de Coca-Cola dans les mains. Nous arrivons sur une terrasse égayée d'une table et de chaises en bois. Je pose les verres sur la table et me précipite vers la piscine, mais William agite le tube de crème solaire et lance :
-Attends ! Avec ce soleil et ta peau blanche, tu vas te transformer en écrevisse en moins d'une heure. Viens-là, je vais t'en mettre sur le dos.
J'obéis. Ses mains sont chaudes sur ma peau, presque aussi chaudes que celles de Harry. Je sens mon maillot de bain commencer à se tendre. Non, pas ça !
Dès qu'il a fini, je lui prends le tube des mains, j'étale rapidement la crème sur le reste de mon corps, et je saute dans l'eau sans un regard en arrière. Puisque tu ne veux pas me sauter, je n'ai aucune raison de te montrer l'effet que produisent tes mains sur moi.
Putain, il m'a juste touché le dos et je bande !

-Va prendre une douche pendant que je prépare le repas, me dit William lorsque nous sortons de la piscine, exténués.
-Merci, je réponds.
Je vais à la salle de bain, oubliant volontairement mes vêtements secs au salon. L'eau chaude ruisselle sur mon corps, et me fait un bien fou. Je me séche rapidement, puis je prends le risque de sortir nu. William, saute-moi dessus. Non.
Saute-moi tout court.
L'homme d'affaire éclate de rire lorsqu'il me voit sortir.
-Tête de linotte ! lance-t-il. Bon, je vais prendre une douche et j'arrive. Mets la table en attendant.
Il me croise. Je baisse les yeux, puis je cours près du canapé où j'ai laissé mes vêtements. Je m'habille en quatrième vitesse, et je quitte la maison.
Puisque personne ne veut m'aimer, autant que je sois seul.
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Re: SDR - Tome 2 - De l'adolescence à l'âge adulte

Message par Mili le Lun 21 Juil - 17:41

Chapitre 15

Je me promène dans la rue, plus seul que jamais. J'ai quitté William depuis trois jours et je n'ai pas dormi, depuis.
Je regarde les guitares dans la vitrine du magasin, envieux. Elles sont si belles. Un jour, j'aurai les moyens de m'en payer une de ce genre.
Harry devrait rentrer dans cinq jours, et ma famille d'accueil dans une semaine. Je soupire. Ca fait long, à passer seul.
Je suis sur le point de m'arrêter dans un bar, puis j'hésite. Si jamais je vois James, je ne pourrai pas lui refuser mon cul, lui qui est si gentil. En même temps, je n'ai absolument pas envie de me faire sauter par lui.
J'entre dans la bijouterie, où il m'a si souvent emmené pour me percer l'oreille à chaque fois qu'il voulait me baiser. Je regarde les bijoux, plus pour passer le temps que par réel intérêt, puis je ressors.
Au bout de la rue, je vois Harry qui marche près d'un homme. Il est brun, à peine plus grand que moi, et semble avoir autour de vingt ans, peut-être un peu plus.
Je me tourne en toute hâte en direction de la vitrine de la bijouterie.
Les deux compagnons marchent côte à côte, souriants, et disparaissent dans l'hôtel où m'emmène habituellement James.
Harry !!
Mais qu'est-ce qu'il fait ???
Comme s'il avait besoin de ça pour être aimé ! Quel idiot !
Après tout, qu'il fasse ce qu'il veut, je m'en fous !
Hors de moi, je rentre à la maison où j'écoute la musique à fond.


Allongé sur le sol de ma chambre, je n'ai plus la force de bouger. En rentrant, je n'ai pas pensé à brancher l'air conditionné, et je n'ai pas dormi depuis trop longtemps pour avoir le courage de me lever pour boire, manger, ou allumer la climatisation.
Cet imbécile de Harry est-il encore en train de se faire sauter ?
J'ignore depuis combien de temps je suis affalé, telle une chiffe, sur le sol. Je meurs de chaud, tous les muscles de mon corps me font mal, ma bouche séche a vraiment un goût désagréable. De plus, la musique à fond me perce les tympans. Ma tête est sur le point d'exploser.
Je ferme les yeux, me disant qu'il y a des moyens plus rapides et catégoriques de se suicider...

La musique s'arrête soudainement, et j'entends une voix qui crie mon nom en me secouant par les épaules.
J'ouvre les yeux. Harry... Son visage est déformé par l'angoisse, mais c'est bien lui.
-Qu'est-ce qui t'est arrivé ? demande-t-il.
J'essaye de parler, mais ma bouche séche ne fait que grogner. Harry soupire.
-Tu es squelettique, désséché, et tu pues, fait-il en me déshabillant. Tu es là depuis combien de temps ?
Je retiens ses mains pour l'empêcher de me retirer mes vêtements, mais le moindre mouvement me fait gémir de douleur.
-Laisse-moi faire, dit-il.
Il me porte complétement nu à la salle de bains, où il me fait couler un bain. Il me pose doucement dans la baignoire, puis quitte la pièce. J'ai à peine le temps de dire ouf qu'il revient, une bouteille d'eau à la main.
-Bois, ordonne-t-il.
J'obéis et ma bouche se déséche enfin.
-Tes vacances sont déjà finies ? je demande d'une voix gutturale.
-Non, je suis rentré trois jours plus tôt, je m'inquiétais pour toi, à juste titre.
Menteur, tu es rentré pour voir ton amant.
-Je ne t'avais rien demandé. Qui es-tu pour décider toi-même que je dois vivre ?
-Je pensais que j'étais ton ami, répond simplement Harry. Mais ce n'est pas grave, tu as le droit de ne pas être d'accord. Je te laisse tranquille.
Il quitte la pièce. Bientôt, j'entends la porte d'entrée claquer.
Je soupire. Est-ce de dépit ou de soulagement ?
Les yeux fermés, je me laisse aller dans l'eau aussi chaude et réconfortante que les bras d'Harry. Cet imbécile me manque déjà, mais la chaleur qui m'enveloppe ne me laisse pas le choix. Je ne peux plus lutter contre mes muscles qui se détendent. Non, je ne peux plus...

J'ouvre les yeux lorsqu'on me sort de l'eau. Harry, torse nu, me tient dans ses bras.
-Tu es vraiment irresponsable, fait-il d'un ton accusateur.
-Tu n'es pas parti ? je demande, surpris.
-Comment aurais-je pu te laisser seul après t'avoir retrouvé à moitié mort, il répond avec un sourire doux. J'ai juste ouvert et fermé la porte d'entrée pour que tu croies que j'étais parti. J'ai préparé à manger pendant que tu dormais. Séche-toi.
J'obéis, soupirant pour la forme, et je vais m'habiller dans ma chambre. Harry m'attend en haut des escaliers. Il a repassé son t.shirt.
-Au fait, je me suis invité à dîner et pour la nuit, lance-t-il avec son sourire de sale gamin.
-Fais comme chez toi, je réponds en le suivant dans les escaliers.
Il nous sert à manger dans la cuisine, et dit tout en me tendant mon assiette remplie à ras bord de spaghettis à la bolognaise :
-Tu sais, tu pourras m'envoyer sur les roses autant de fois que tu le voudras, tu peux jouer les gamins capricieux, tu peux même être méchant. Mais quoiqu'il arrive, je serai toujours là.
-J'ai l'air stupide au point de croire à des balivernes pareilles ? je demande.
-Non, tu as l'air désespéré au point de vouloir y croire.
-Je n'ai pas besoin de toi et de ta pitié.
-Ce serait beaucoup plus facile si c'en était, me fait Harry d'une voix douce. Mais ce n'est pas de la pitié, même si je n'arrive pas encore à définir ce que c'est.
Ses yeux noirs sont fuyants. Je ne comprends pas pourquoi, mais je suis sûr d'une chose : Harry est en train de me mentir. Sûrement parce qu'il ne sait pas que je l'ai vu rentrer dans l'hôtel...


Chapitre 16

Je franchis à peine les grilles du lycée, un matin, alors que j'entends :
-Bon anniversaire, Sven !
Je manque de m'étouffer avec la fumée de ma cigarette. Je me retourne. Harry est derrière-moi, un sourire aux lèvres.
-Comment tu sais ça ? je demande.
-C'est écrit dans le cahier de texte de la classe, il répond. Tu es né fin septembre, non ? Je ne te connaissais pas assez pour te le souhaiter, l'année dernière. Mais cette année, j'estime que c'est bon. Quel effet ça te fait d'avoir dix-sept ans ?
-Ca me fait chier.
C'est vrai. Je ne fête pas mon anniversaire. Car je ne vois rien de festif à me dire que j'ai vécu une année de plus dans ce monde pourri.
-Ca ne t'enthousiasme pas d'être bientôt majeur ? me demande mon ami.
Que répondre ? Que je n'ai pas l'intention de continuer à vivre jusqu'à ma majorité ? Il n'aimerait certainement pas cette réponse. Alors je demande :
-Et toi, quand es-tu né ?
-Fin mars.
Sans répondre, je monte les marches menant à l'entrée du lycée. Je suis né en automne, saison de la fin, là où la terre s'aprête à mourir pour l'hiver, alors qu'Harry est né au printemps, saison du renouveau. Et finalement, ces saisons s'accordent bien à nos caractères. Je ne pense qu'à en finir alors que mon compagnon est d'un optimisme à toute épreuve. Comment se fait-il que nous nous entendions aussi bien, dans ce cas ?


Les vacances de Noël sont attroces cette année. La neige encombre les rues, crée des embouteillages et des accidents comme jamais vus. Harry doit venir demain passer quelques jours chez moi, mais avant, j'ai une chose à faire. Une chose que je n'ai pas faite depuis bientôt un an, une chose qui me fait peur, mais une chose que j'ai terriblement envie de faire avant de devenir complétement fou.
Je secoue ma veste en cuir couverte de neige et je passe une main dans mes cheveux pour en retirer les flocons, puis je sonne. Quelques instants plus tard, William ouvre la porte, vêtu d'un jean noir et d'un pull assorti à ses yeux verts.
Son visage s'illumine alors qu'il lance :
-Sven, quelle bonne surprise ! Entre !
Je me demande pour quelle raison il m'accueille toujours avec autant d'enthousiasme alors que je l'envoie sans cesse sur les roses. Mais je n'hésite qu'une fraction de seconde avant de rentrer chez lui. Il fait chaud, je frotte mes mains glacées l'une contre l'autre.
-Bonjour, je dis en retirant ma veste.
-Suis-moi, me fait William, je vais te servir un chocolat, tu as l'air gelé.
-Je ne veux pas de chocolat, je réponds. Je ne suis plus un enfant. J'ai dix-sept ans, maintenant !
-Un café, alors ? Je croyais que tu n'aimais pas ça...
J'élude la question d'un geste de la main.
-Il est tard, je ne bois pas de café le soir. J'ai déjà du mal à dormir sans, alors...
-Tu as toujours tes insomnies ?
Il scrute mon visage rougi par le froid et remarque les cernes sous mes yeux. Il se dirige vers l'étagère du salon et me tent un paquet.
-Joyeux Noël !
Pourquoi m'a-t-il acheté un cadeau alors que nous ne nous sommes pas revus depuis cet été, lorsque je me suis baigné dans sa piscine, et que je l'ai planté là ? Je ne mérite pas tout ça...
Toutefois, j'essaye de sourire avec assurance.
-Moi aussi, j'ai un cadeau pour vous.
Je m'avance vers lui, passe mon pull par dessus ma tête, et me colle contre lui. Je passe une main sous son pull, caressant sa poitrine chaude, et je murmure :
-Joyeux Noël, William.
Mon autre main se presse sur sa braguette qui a déjà pris du volume. Néanmoins, c'est avec un sourire triste que William me repousse.
-Désolé, dit-il. Je ne peux pas...
-Mais si, vous pouvez ! Regardez dans quel état vous êtes.
Je m'agenouille devant lui, dézippe son jean, mais il recule.
-Arrête, Sven.
-C'est vous qui me disiez qu'on ne devait pas rejeter un cadeau !
-C'est différent, plaide William.
-Je vois...
Je me relève, et m'écrie :
-Je ne suis plus assez bien pour vous ? Vous avez trouvé mieux, c'est ça ? Je ne suis plus digne de me prendre votre bite dans le cul ?
Je ramasse mon pull, le passe, et poursuis :
-Très bien !
D'une voix sourde, je murmure :
-Je ne demandais pourtant pas grand chose. Juste un coup de bite...
-Non, justement, me répond William. Tu ne demandes pas qu'un coup de bite, même si tu n'en es pas conscient. Et ce que tu demandes, je ne peux pas te le donner. C'est moi qui ne suis pas digne de toi... Ton ami Harry, lui, par contre, peut te le donner. Va le voir, demande-lui de te sauver...
J'éclate d'un rire amer.
-Me sauver ! Je suis à ce point pitoyable ? Harry n'a pas besoin de moi, il a déjà quelqu'un à sauter. Tout ce que je représente pour lui, c'est quelqu'un à protéger, comme un chiot.
-Tu te trompes...
-Vous ne connaissez pas Harry alors la ferme !
Je passe le blouson en cuir et je quitte la maison. Il me semble entendre le mot "adieu" lorsque la porte se referme, mais je ne me retourne même pas.
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Re: SDR - Tome 2 - De l'adolescence à l'âge adulte

Message par Mili le Lun 21 Juil - 17:42

Chapitre 17

-Il fait chaud dans cette chambre.
Je regarde Harry, sans rien dire. Mon humeur ne s'est pas améliorée depuis hier, lors de mon départ de chez William, et j'ignore pourquoi mais j'ai toujours froid. Je porte deux pull overs et le chauffage est au maximum.
En retirant son pull, le t.shirt de Harry découvre son ventre et son dos. Je ne peux m'empêcher de le regarder et d'avoir envie de lui.
-Que t'arrive-t-il ? Tu es malade ? me demande mon ami.
-Je... Je vais prendre une douche.
Je me rends à la salle de bains. Je me déshabille, et une fois sous le filet d'eau chaude, je m'empare de mon pénis raide.
Je ne suis pas digne d'être aimé. Je n'ai pas à demander qu'on m'aime. Et pourtant, j'en ai tellement envie... tellement besoin...
Ma main gauche contourne mes hanches, glisse un doigt prudent entre mes fesses. J'ai toujours peur de toucher ce point de mon anatomie, et ça ne m'arrive d'ailleurs que très rarement. Mon doigt n'a pourtant rien oublié de ses réflexes, et mon corps reconnaît ses attouchements comme si la dernière fois datait d'hier...
Quelqu'un pour m'aimer, s'il vous plaît...
J'imagine qu'à la place de mes doigts, c'est Harry qui me pénétre et qui caresse mon érection. Je ferme les yeux, imaginant mon ami en boxer, me souvenant de son corps chaud contre le mien, et je ne tarde pas à jouir. Mes jambes ne me tiennent que faiblement. Je m'adosse à la paroit de la douche, essoufflé...


Hier soir, Harry est venu exceptionnellement dormir à la maison en semaine. Nous avions un exposé à faire pour ce matin et mon camarade voulait que nous soyons au point, chose que j'estimais déjà faite.
En fumant un joint pendant qu'il mange son sandwich à côté de moi, je me souviens à nouveau de son étreinte durant la nuit. J'ai dormi, cette nuit, en effet. Et pourtant, j'ai lutté pour que ça n'arrive pas, pour que cette dernière nuit soit la plus longue et merveilleuse de toute ma vie. Pour que je parte avec le souvenir de ces heures passées au creux de ses bras chauds et protecteurs.
Protecteurs, certes. Mais Harry ne peut pas me protéger de tout. Et surtout pas de moi...
Je glisse ma main gauche dans ma poche, frôlant les tubes ronds de médicaments.
-Tu ne manges pas ? me demande Harry.
-Si, tout à l'heure.
Comme si j'allais retarder l'effet des médicaments en mangeant. Mais finalement, je ne mens pas. J'ai bien l'intention de manger, même si ce n'est pas à un sandwich que je pense.
Je lance mon mégot dans l'herbe, je sors ma bouteille vide de mon sac, et je dis :
-Je reviens, je vais la remplir.
-Ok.
Je quitte notre banc, laissant sans regret mon sac derrière moi, et je me dirige vers le bâtiment. Je longe le mur du hall, et j'entre dans les toilettes. Là, je remplis ma bouteille à un robinet, et je m'enferme dans une cabine. Les portes ne sont pas solides, simple battant fixé au mur par deux gonds et une serrure, sans cadre ni plafond. Toutefois, je sais que le temps que quelqu'un se rende compte de quoique ce soit, les trois boites de médicaments auront fait effet.
De plus, entre midi et deux heures, le lycée est désert. Les externes rentrent manger chez eux, et les autres sont à la cantine, mis à part quelques uns qui font leurs devoirs, attendant le dernier moment pour aller manger dans le but de ne pas faire la queue.
J'ouvre le premier tube, je le verse entièrement dans ma bouche, et je bois au goulot de ma bouteille. Seulement, si les médicaments sont assez fins, ils sont aussi très longs, car ils sont conçus pour être sectionnés en quatre. Et la poignée que j'ai mise pèle-mèle dans ma bouche a bien du mal à franchir ma gorge.
Là, le ridicule de la situation m'apparaît et j'ai envie d'éclater de rire. Manquer de s'étouffer avec des médicaments qu'on prend dans le but de se suicider...
Lorsque je passe à la deuxième boite, je casse vite fait les médicaments en deux et je les prends en deux fois. Parce qu'il paraît que mourir en s'étouffant est très douloureux. Ma vie m'a fait assez souffrir, je n'ai pas besoin que ma mort se passe dans la souffrance également.
-Sven, tu es là ? demande Harry. Tu en mets du temps, à remplir une bouteille.
Je sursaute et manque de lâcher ma troisième boite.
-Je suis constipé, je rétorque. Laisse-moi chier en paix.
-Ok, désolé... Je t'avais pourtant dit de manger plus de légumes, hier soir...
J'entends ses pas décroître et je sais que le temps m'est compté. J'avale la troisième boite, broyant les médicaments entre mes dents au lieu de les casser. Là, je m'assois sur le bord des toilettes, attendant que le marchand de sable arrive, accompagné de la faucheuse.
-Sven, t'es toujours là ?
Je ne réponds pas, espérant qu'il ira voir ailleurs si j'y suis, mais il tambourrine à la porte.
-Sven ?
-Lâche-moi, j'ai mal au ventre.
-Viens, je t'emmène à l'infirmerie.
-Putain Harry, fous-moi la paix !
Je m'assois par terre, adossé au mur, et j'attends patiemment. Mais comment pourrais-je espérer m'endormir alors que cet abruti martelle la porte de coups de poings ?
Et pourtant, mes yeux se ferment. J'ai vaguement conscience du bruit de coups de pieds dans le battant, mais cela ne me concerne plus, même lorsque le loquet céde sous les assauts répétés de Harry et que le bord de la porte passe à un centimètre de mon nez.
Ces chiottes, ce lycée, cette vie, plus rien ne me concerne... Je veux juste en finir...

-Sven, courage, je suis là !
Ces mots traversent le brouillard cotonneux qui m'entoure, mais je ne sais plus qui les dit.
-Réveille-toi ! Allez, ouvre les yeux, Sven !
Je sens vaguement une main qui serre la mienne, je sens un corps qui étreint le mien, une poitrine réconfortante sous ma joue, mais je ne sais plus où je suis.
La voix qui me parle est secouée de sanglots, et je sens des gouttes d'eau qui coulent sur mon visage.
Qui es-tu ? Que me veux-tu ?
Des bruits de pas, de plus en plus...
On me porte, on m'allonge, puis j'entends des portières qui se referment. Un bruit de sirène...
J'entends tout ça de très très loin. Car plus rien ne me concerne...
Puis je n'entends plus rien du tout.


Chapitre 18

J'ouvre les yeux et je regarde autour de moi. Je suis manifestement dans une chambre d'hôpital.
Qu'est-ce que je fais là ?
Je me souviens des boites de lexomil que j'ai volées à Mark ce matin, avant de partir au lycée. Je me souviens du midi passé dans les toilettes, suivant mon plan de mourir. Je referme les yeux, sentant mes larmes couler sur mes joues.
Quel incapable.
Je n'ai jamais été foutu de mener ma propre vie comme je le voulais. Je ne sais pas aimer, je n'arrive plus à me faire aimer, je ne sais pas vivre ni sourire, et cerise sur le gâteau : je ne parviens même pas à mourir quand j'en ai envie...
J'essuie mes larmes d'un geste rageur. Mes premières larmes depuis dix ans.
La dernière fois que j'ai pleuré, c'était déjà sur mon propre sort. J'étais un gamin de sept ans, vêtu d'un pull troué et d'un pantalon rapiécé, allongé dans un grenier. Je venais de me rendre compte que j'étais indigne d'être aimé, que ma vie serait toujours merdique.
Et aujourd'hui, je me rends compte que je ne suis qu'une merde, capable de rien à part geindre sur son sort.
-Harry, pauvre con ! Qui t'a demandé de m'empêcher de mourir ! Pourquoi as-tu appelé cette putain d'ambulance ? J'ai échoué cette fois, mais je recommencerai !
Je découvre alors que la loque que je suis est capable de persévérer pour certaines choses... Lorsqu'elle est vraiment motivée. Et il n'y a rien qui me motive plus qu'en finir !

-Vous êtes réveillé ?
Je tourne la tête, et je vois à travers mes larmes un homme vêtu d'une blouse blanche.
-Je suis le Dr Loan, psychiâtre.
Comme je ne réponds rien, l'homme me demande :
-Comment en êtes-vous arrivé là ? Pourquoi avoir voulu mourir ?
Je soupire.
-Je ne veux pas mourir, j'ai confondu avec des smarties. J'ai des problèmes de vue...
L'homme secoue la tête, levant les yeux au ciel, l'air de penser que je suis un idiot fini qui ne mérite pas qu'il perde son temps avec moi.
-Dépéchez-vous de sortir, on vous attend dans le hall. Vos vêtements sont dans votre armoire.
Je me lève faiblement. Je retire la chemise de l'hôpital, et je passe les vêtements que je portais hier. D'une démarche chancelante, je longe le couloir en direction de la sortie. Je prends l'ascenceur jusqu'au rez-de-chaussée, pensant cyniquement que si les urgences sont au niveau -1, le niveau juste au dessus de celui de la morgue, c'est sûrement parce que certains ont plus de chance que moi.

Arrivé dans le hall de l'hôpital, j'aperçois Harry, assis sur un fauteuil. Il est pâle comme un linge, et ses yeux sont rouges. Un gros paquet est posé sur le sol, près de ses pieds. Il me voit et se lève. Je le rejoins, penaud. Car même si je suis en colère contre lui, je ne dois pas être bien impressionnant, je tiens à peine debout.
Dans ses yeux noirs, j'aperçois un mélange de tristesse de colère. Puis je ne vois que le plafond du hall de l'hôpital comme je tombe en arrière, sous l'impacte de son poing dans la joue.
-Pourquoi n'as-tu rien dit ? s'écrie-t-il. Ce n'est pas parce que je ne parle pas que toi, tu n'as pas le droit de parler si tu en as besoin !
Aussitôt, il s'agenouille près de moi et m'entoure de ses bras. Je sens sa poitrine secouée de pleurs, et mes larmes coulent de concert avec les siennes qui tombent sur mon front.
-Je n'ai aucune raison de continuer, je fais entre deux sanglots. Rien qui me motive à poursuivre cette chienne de vie. Je n'en peux plus d'avancer sans raison. Je n'ai plus qu'une envie : mourir. Pour ne plus souffrir. Si tu savais à quel point j'ai mal, Harry... Si tu savais...
Je n'ose pas lui dire que la raison qui me motiverait le plus serait qu'on m'aime, je sais qu'il ne comprendrait pas, lui qui est si heureux, souriant. Il ne peut pas savoir ce que ça fait, d'être seul sans amour.
Il pousse le paquet vers moi et dit en essuyant ses yeux aussi discrètement que possible :
-Maintenant, tu as une raison de continuer. Et tant que tu l'as, tu n'as pas le droit d'abandonner. Suis-je clair ?
Je hoche timidement la tête, puis j'ouvre le paquet. Il contient une guitare noire brillante et un sachet de médiators. Bouche bée, mes yeux passent de l'instrument à mon compagnon. Manifestement, ma réaction le fait sourire. Alors il dépose un baiser sur mon front, et chuchotte :
-On est dans le hall de l'hôpital, tout le monde nous regarde...
Je tourne la tête et je vois en effet que les regards convergent dans notre direction. Rassemblant ma dignité, je referme le paquet afin que l'humidité n'abîme pas ma précieuse guitare, et je me relève, le paquet sous le bras. Avec le soutient d'Harry, nous allons jusqu'à l'arrêt de bus.

-Je suis à l'hôpital depuis combien de temps ? je demande en voyant que le soleil est haut dans le ciel.
-Depuis vingt-quatre heures.
-Tu n'es pas en cours ?
-J'avais mieux à faire, répond Harry en me souriant avec douceur.
Harry, arrête de me sourire aussi gentiment alors que je ne t'ai pas jugé assez précieux pour continuer de vivre.
Voyant mes larmes qui roulent sur mes joues, il les essuie de ses mains et murmure :
-Tout va bien, Sven. Je suis là, d'accord ? Je serai toujours là, aussi longtemps que tu en auras besoin...
Je n'ai pas besoin de toi, Harry ! J'ai besoin qu'on m'aime ! Es-tu prêt à me sauter pour que cette vie me paraisse supportable ? Es-tu prêt à te salir pour moi ? Es-tu prêt à descendre aux enfers avec moi ?
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Re: SDR - Tome 2 - De l'adolescence à l'âge adulte

Message par Mili le Lun 21 Juil - 17:43

Chapitre 19

Harry me regarde, un sourire aux lèvres. Assis sur mon lit, ma guitare dans les mains, j'essaye de jouer, chose assez difficile puisque je n'ai jamais appris. J'essaye de repérer les notes de musique, et de répéter ce que j'ai entendu dans mes CD préférés.
Je suis sorti de l'hôpital depuis deux semaines, et aujourd'hui, c'est l'anniversaire de Harry. Je déteste fêter ce genre d'évènements, mais j'avais décidé, en cadeau, de lui jouer quelque chose. Malheureusement, mon niveau n'est pas assez élevé, et à part les premières mesures de "Still Loving you" de Scorpion, que j'arrive à jouer à la vitesse d'un escargot, je ne parviens pas à grand chose.
Pourtant, c'est avec des étincelles dans les yeux et un sourire lumineux que Harry m'applaudit.
-Bravo ! s'écrie-t-il. Tu te débrouilles vraiment bien.
-Pas la peine d'en faire tout un plat, je sais bien que je ne suis pas encore au point...
-C'est sûr, mais en deux semaines, et sans professeur, je trouve que tu t'en sors bien. Merci Sven.
Son sourire devient contagieux, à tel point que j'en aurais presque envie de sourire.
Etrange, depuis que Harry est arrivé, hier, je n'ai pas pensé une seule fois à mourir...

Accoudé à la fenêtre, mon camarade me demande :
-Au fait, tu vois toujours le type à la Mercedes ?
-William ? Non, je ne l'ai pas revu depuis les vacances de Noël, pourquoi ?
-Parce qu'il me semble que c'est sa voiture qui est arrêtée devant... Ah oui, il en sort.
Je me précipite hors de la chambre, je dévale les escaliers, traverse le couloir, et me rue dehors. Mais il n'y a plus rien. Je vais sur la route, et j'aperçois la Mercedes, au stop, à une centaine de mètres. Je cours dans sa direction, mais la voiture tourne, et je la perds de vue. Dépité, à bout de souffle, je retourne chez moi.
-Il y a quelque chose qui dépasse de la boite aux lettres, me dit Harry qui m'attendait devant.
Je tourne la tête, et m'empare de l'enveloppe. Elle est blanche, sans aucun cachet de la Poste, avec un seul mot écrit au stylo : Sven.
Je l'ouvre.

Sven,
Je sais que tu continueras à m'en vouloir malgré mes mots. Toutefois, j'aimerais te dire à quel point je suis désolé.
J'ai profité de l'adolescent perdu que tu étais, profité de ton corps adorable parce que tu voulais être aimé. Or tu prétends vouloir être "baisé", mais tout ce que tu attends, c'est quelqu'un qui t'aime. Tu acceptes simplement le sexe pour compenser ce manque d'amour.
Et cet amour, venu du coeur, je ne pourrai pas te le donner. Pas comme tu l'attends. Même si j'ai beaucoup d'affection pour toi. Assez d'affection pour me retirer et espérer que tu sauras ouvrir les yeux sur celui qui sait t'aimer avec son coeur.
Alors je m'en vais. Inutile de venir chez moi, j'ai déposé cette lettre en me rendant à l'aéroport. J'ai demandé à être muté dans une de nos filiales au Japon. Parce que je sais que si je reste, je ne pourrai pas résister longtemps à la tentation que tu représentes.
Et me tenter, tu ne sais que trop le faire. Tu n'imagines pas à quel point ça m'a été difficile de t'ignorer, te repousser...
Apprends à sourire, apprends à ouvrir ton coeur au lieu d'ouvrir tes jambes. Tu verras, parfois, ça fait mal, mais ça en vaut vraiment la peine.
Affectueusement,
William


Je sens les bras de Harry m'entourer, et je me rends compte à ce moment que je pleure. Pourquoi ? Parce que j'ai perdu un amant ? Ou parce que je sais que cette lettre n'est qu'un tissus de mensonge ?
Hors de moi, je me dégage des bras de mon camarade et je cours en direction de chez William.
-Sven, attends, s'écrie Harry. Ca ne sert à rien...
-Tu ne peux pas comprendre ! je réponds.
Et en effet, il ne peut pas comprendre, car moi-même je ne comprends pas pour quelle raison je réagis de la sorte.
Je croise des passants sans les voir, je longe les rues sans rien remarquer. Et lorsque j'arrive devant la maison de l'homme d'affaires, le panneau "A Vendre" m'achève. Je tombe à genoux, le souffle coupé.
A nouveau, je sens les bras de Harry m'entourer, et je le laisse faire. Je niche mon visage ruisselant de larmes et de sueur contre sa poitrine rassurante, appréciant la douceur de sa main dans mes cheveux.
-Comment veut-il que je croie qu'il a de l'affection pour moi s'il part ? je demande d'une voix rauque.
-Parfois, partir est la seule solution, répond Harry. C'est vraiment difficile, ça fait mal, et pourtant, on sait que tant qu'on sera là, l'autre personne ne réagira pas.
Je lève les yeux sur mon compagnon.
-Toi aussi, tu vas partir ?
Il me sourit, puis dépose un baiser sur mon front.
-Je ne sais pas. Tout ce que je sais, c'est que si un jour je pars, ce ne sera jamais bien loin, tu pourras toujours me retrouver si tu le veux.
-Non ! je fais en m'accrochant à son sweatshirt.
Pour toute réponse, il continue de me bercer contre lui, jusqu'à ce que mes larmes arrêtent de couler.


Chapitre 20

Accoudé à la fenêtre, je regarde les rares voitures qui vont et viennent dans la rue.
Deuxième semaine des grandes vacances. Harry doit venir passer le week end à la maison. Uniquement le week end.
Car pour une raison ou pour une autre, cet abruti a décidé de travailler. Il est serveur dans un bar, et doit normalement terminer à vingt heures. Or il est près de vingt heures trente, et cet imbécile n'est toujours pas arrivé.
Sur une impulsion subite, je sors de ma chambre, dévale les escaliers, et enfile mes Rangers qui sont de plus en plus fatiguées.
-Sven ! appelle Helen. Ce n'est pas ce soir que Harry vient ?
-Si, je réponds. Je pars à sa rencontre.
C'est un mensonge. Je n'ai pas du tout l'intention d'aller voir ce lâcheur qui préfère gagner de l'argent que passer du temps avec moi. Qu'il travaille jusqu'à minuit si ça lui chante !
Je marche dans la rue, et sur un coup de tête, je vais au centre-ville, où je me rends au bar qui est près de la bijouterie. Je m'assois à une table, tournant le dos à l'entrée, et je commande un Coca-Cola. Le serveur me reconnaît et me sert, un sourire aux lèvres, tandis que je m'allume une cigarette.
Qu'est-ce qu'il a à sourire comme ça, lui ? J'ai l'air heureux de vivre, peut-être ?
-Bonsoir Sven.
Je me retourne. James vient d'entrer dans le bar, et me regarde, tous sourires.
-Ca fait longtemps qu'on ne s'est pas vus, ajoute-t-il.
-En effet, je réponds.
James s'avance, et s'assoit en face de moi. Je ne sais pas quoi lui dire. Peut-être m'en veut-il de ne plus être venu, mais je ne lui avais rien promis.
-Ca te dit, une petite balade ? me demande-t-il.
-J'ai arrêté de baiser, je réponds. Et je n'ai pas bu mon Coca.
-Je ne parlais pas de baiser, juste de marcher dans la rue.
-Ok, dès que j'ai fini de boire.
James sourit. Il commande un café auprès du serveur, puis il me demande :
-Alors, qu'est-ce que tu deviens, depuis le temps ?
-Pas grand chose. Je rentre en terminale littéraire à la rentrée.
-Tu aimes lire ?
-Non, mais je me suis bon en langues, je réponds.
-J'avais cru remarquer, répond James avec un sourire en coin.
Il boit une gorgée de café et reprend :
-Et ça te plaît, la filière littéraire ?
-Bah je m'en fous. Il fallait en choisir une, j'ai choisi celle où j'avais le plus de chances de réussir, c'est tout.
-Oui, je comprends. Et tu vas faire quoi, après le lycée ? Tu vas aller à la fac ?
-Non ! Dès que j'ai ce putain de bac, je travaille pour être indépendant.
-C'est dommage, c'est la belle vie, les études.
-Sans doute, mais j'aime être seul.
Comme j'ai terminé mon Coca-Cola, James me sourit et demande :
-Alors, on va se balader un peu ?
-Pourquoi pas ?
Je me lève. Il pose un billet sur la table, et je le suis à l'extérieur. Il me regarde et fait :
-Je vois que tu t'es fait percer tout autour de l'oreille. De nouveaux amants ?
-Non, un pistolet.
James éclate franchement de rire.
-Tu m'étonneras toujours !
Nous passons devant une ruelle mal éclairée, où je distingue une silhouette, un mégot rougeoyant aux lèvres.
-Salut, James.
Je regarde mon compagnon, et son sourire se fige sur son visage.
-Le patron m'a dit qu'il n'avait toujours pas récupéré l'argent que tu lui devais...
-Max double la somme toutes les semaines, rétorque James. Je ne pourrai jamais le rembourser.
-Que penses-tu de vendre tes organes, dans ce cas, dit un deuxième homme en arrivant près de nous.
James me pousse dans la direction du nouveau venu, et détale à toutes jambes.
-Bon, dit l'homme en me prennant par le poignet, je suppose que les organes d'un jeune homme sont en meilleur étant que ceux d'un vieux con comme lui.
Il me traîne dans la ruelle, vers son accolyte qui dit :
-Il est plutôt mignon, si on en profitait un peu avant de le découper ?
Muet de stupeur, je me contente de regarder les deux hommes. Ils ne vont pas oser faire ça, n'est-ce pas ? Ce n'est qu'un mauvais rêve...
Toutefois, le bruit de tissus qui se déchire, provenant de mon t-shirt, met fin à mes doutes.
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Re: SDR - Tome 2 - De l'adolescence à l'âge adulte

Message par Mili le Lun 21 Juil - 17:44

Chapitre 21

L'homme qui était déjà dans la ruelle me maintient les poignets dans le dos tandis que l'autre découpe mon jean à l'aide de son scalpel. Bientôt, je me retrouve nu, en rangers.
Je ferme les yeux. Moi qui avais envie de baiser à nouveau, me voilà servi. Je respire lentement, dans le but de détendre mon corps. Car je sais que hurler ne servira à rien. Autant prendre le plus de plaisir possible avant de mourir. Et j'ai vraiment envie de mourir. Echapper à ce monde de merde, échapper à l'hypocrisie environnante où l'argent compte plus que l'amitié.
D'ailleurs, je ne croyais pas au concept de l'amitié. J'aurais mieux fait de rester fermé à cette connerie !
-Dites, vous allez me tuer rapidement, n'est-ce pas ? je demande.
-Qu'est-ce que tu veux dire par "rapidement" ? demande celui qui est dans mon dos.
-Ne pas me laisser agoniser pendant des heures. M'offrir une mort rapide à défaut d'être indolore.
Celui qui tient le scalpel se redresse après avoir découpé mon jean, et il me regarde droit dans les yeux.
-Tu es bizarre, toi, me dit-il. Tu ne cries pas, tu te laisses faire, et tu nous demandes même de t'achever rapidement...
Il range son scalpel dans sa poche, puis me pousse contre un mûr, me maintenant par la nuque d'une main, glissant les doigts de l'autre dans mes fesses. Je gémis sous ses mouvements brusques, et ne peux retenir un râle de douleur quand il me pénétre presque aussi tôt.
-Tu es vraiment bon, c'en serait presque dommage de te découper, me dit-il.
Je ferme les yeux, supportant la douleur aussi silencieusement que possible.
Pitié, achevez-moi. Si le sexe ne m'apporte plus aucun réconfort, je n'ai plus de raison de vivre. C'était tout ce qui me restait, l'espoir que j'avais, avec une guitare qui ne signifie plus rien pour moi. Parce que si c'était me l'offrir pour mieux m'abandonner par la suite, Harry aurait mieux fait de me laisser crever dans ces putains de chiottes !
-Ne pleure pas, me dit l'autre homme en s'agenouillant près de moi et caressant mon pénis qui se met à durcir malgré moi. Tu vas voir, on va bien s'amuser, tous les trois...
Imbécile, comme si j'allais pleurer à cause d'une misérable bite dans le cul. Je suis sur le point de répondre, mais on me coupe dans mon élan.
-Amusez-vous avec qui vous voulez, mais pas avec Sven !
Je sursaute en reconnaissant cette voix.
-Tuez-moi, maintenant, je chuchote. S'il vous plaît...
-Je m'en occupe, dit à son accolyte celui qui était agenouillé devant moi, ignorant totalement ma requête. Amuse-toi bien.
Il se relève et se dirige en direction de la voix. Malgré le bruit de bagarre, l'autre continue de me pénétrer. Je tourne la tête, le regarde, et répète dans un sanglot :
-Achevez-moi...
-Attends un peu, je viens juste de commencer.
-Mais il sera bientôt trop tard.
Il se retire brutalement. Sans sa prise, mes jambes molles me lâchent et je tombe à genoux. Je me demande ce qui se passe, au moment où j'entends un bruit de chute. Je tourne la tête et je vois une silhouette étendue sur le sol. Dans l'obscurité environnante, je vois une ombre le prendre par le revers de son t-shirt, et lui mettre un coup de poing dans la mâchoire.
-Qu'est-ce que tu fous là ? je demande à Harry. Cette guitare, c'était pour te donner bonne conscience et m'abandonner ensuite ?
-Triple idiot !
Dans sa voix, je perçois de la colère, et le bruit de poing contre une joue me laisse à penser qu'il étanche sa fureur contre l'homme au scalpel. Après un coup de pied dans les côtes, il l'abandonne et se dirige vers moi. Je ne distingue pas ses traits, je ne vois que son ombre menaçante. Il passe sa chemise par dessus sa tête, sans même la déboutonner, et fait d'une voix dure :
-Enfile ça !
Docilement, je lève les bras et passe le vêtement. Harry m'aide à me lever, et je m'aperçois que sa chemise m'arrive presque à mi-cuisses. Il me porte dans ses bras, sans douceur, et repart. Je pose ma tête contre son épaule nue, regrettant les mots que je lui ai jetés au visage. Toutefois, la lueur d'un lampadaire me montre un visage si froid et fermé que mes excuses restent coincées dans ma gorge. Je remarque également une entaille sur sa pomette gauche. Je lève une main pour essuyer le sang qui perle sur sa joue, mais la relaisse tomber dès que j'entends d'une voix dure :
-Ce n'est rien.
Sous ma joue, sa peau est toujours aussi chaude, et malgré mes paroles, malgré mes envies de mort, je suis heureux qu'il soit venu me chercher. J'ose lever les yeux vers lui. Son regard est froid, braqué droit devant lui, son visage est pâle, et ses lèvres serrées. Je l'ai déjà vu pleurer, rire, ou bien sérieux, mais jamais contrarié à ce point. Et je sais que c'est à cause de moi.
Toutefois, il marche d'un bon pas, et je sais qu'il ne me laissera pas tomber. Alors je ferme les yeux, bercé par son avancée brusque mais régulière.


Chapitre 22

Un bruit de porte attire mon attention. Je ne m'étais pas endormi, mais j'étais si bien, dans les bras protecteurs d'Harry, que je n'ai pas vu le temps passer. J'ouvre les yeux.
-Sven, mon Dieu ! s'écrie Helen en se levant du fauteuil dans lequel elle lisait un magazine. Mais que t'est-il arrivé ?
-C'est bon, Helen, dit Harry avec un sourire rassurant. Je m'en occupe, tout va bien.
Helen soupire.
-Sven, quand Harry est venu tout à l'heure, et qu'il ne t'avait pas croisé en chemin, je me doutais que tu t'étais mis dans le pétrin !
-Je n'ai rien fait de mal ! Comme Harry n'arrivait pas, je suis allé boire un verre avec quelqu'un que je connais. C'est lui qui m'a mis dans le pétrin !
Sans me lâcher, Harry retire ses tennis du bout des pieds, et fait :
-C'est terminé, maintenant. Ne vous inquiétez pas, Helen, je m'occupe de tout.
-Merci Harry, heureusement que tu es là...
Harry monte les escaliers jusqu'à la salle de bains. Une fois dans la pièce, il allume les robinets de la baignoire mais je dis :
-Pas de bain, j'ai mal au cul.
C'est un mensonge. Mon postérieur en a vu des plus dures, dans tous les sens du terme. Mais je veux voir comment Harry va réagir.
-Tu ne peux pas aller te coucher comme ça, dit-il. Et tu ne peux pas prendre de douche, tu tiens à peine debout.
-Prends ta douche avec moi, je réponds d'un ton de défi.
Il soupire, puis il me pose à côté de la baignoire. Là il me retire la chemise et mes rangers, puis me soulève et me pose dans la baignoire. Là, il lance :
-Tiens-toi au rebord.
J'obéis. Il retire son jean, ses chaussettes et son boxer. C'est la première fois que je le vois nu, et pourtant, j'ose à peine le regarder. En réalité, je suis gêné. Gêné de voir qu'il fait tout ça pour moi. Que malgré les mots que je lui ai lancés au visage, il continue de prendre soin de moi.
Il me rejoint dans la baignoire et allume la douche.
-Tiens-toi à moi, dit-il.
Je pose mes mains sur ses épaules, puis subitement, je l'enlace et je murmure à son oreille :
-Pardon. Pardon pour tout ce que je t'ai dit. Parce que cette guitare, même si je l'aime, elle ne te remplace pas... J'étais seul, j'attendais, je...
Je me hausse sur la pointe des pieds, et je léche l'entaille sur sa joue gauche. Je le regarde, et remarque que ses yeux sont brillants, et rougis de larmes avalées par l'eau de la douche.
-Chuttt, fait-il en posant ses mains sur ma nuque pour m'attirer plus étroitement contre lui. Tout va bien, je comprends, ce n'est rien.
Il dépose un baiser sur mon front, et j'ignore s'il fait ça parce qu'il en a vraiment envie, ou si c'est pour me cacher les preuves de la tristesse que je lui ai infligée.
Je suis désolé, Harry, je ne crois pas être en mesure de changer. J'ignore comment, mais je sais que je vais te faire souffrir encore. J'ai tellement peu confiance en le monde qui m'entoure, j'ai tellement peur d'être abandonné, que toi, qui a la force, le courage, et la folie de rester près de moi, je vais te tester encore et encore, pour m'assurer que je peux réellement croire en toi.
Comme s'il avait lu dans mes pensées, mon compagnon murmure à mon oreille :
-Je ne te laisserai plus seul. Certes, je vais continuer mon travail, mais je passerai tous les soirs en rentrant. Je te serrerai dans mes bras jusqu'à ce que tu t'endormes. Puis le matin, tu te réveilleras, toujours dans mes bras.
Je baisse la tête, gêné. J'ai l'impression qu'il parle d'un amant.
Mes yeux se posent involontairement sur son pénis, et je remarque qu'il est d'une taille tout à fait respectable. Rien à voir avec Michael, certes, mais assez pour me donner encore plus envie de lui.
Toutefois, je relève la tête. Même s'il n'en a jamais parlé, je sais qu'il a un petit ami. Que dirait ce dernier s'il savait que nous nous douchons ensemble, que nous dormons ensemble, que nous faisons presque tout comme des amants, sauf le sexe ?
D'ailleurs, quand Harry va-t-il trouver le temps de le voir, s'il travaille la journée, et dort chez moi la nuit ?
Je secoue la tête.
-Je ne veux pas que tu viennes dormir ici tous les soirs.
Harry sourit, de son sourire de sale gamin, et répond :
-Ce n'était pas une question. Je ne te laisse pas le choix.
Je soupire.
-Et déjà, quel besoin as-tu de travailler autant ?
A son tour, il baisse les yeux.
-J'ai...
Il me regarde, un sourire éclatant aux lèvres, et fait :
-Je veux m'acheter une batterie pour t'accompagner quand tu joues de la guitare !
Malgré son sourire qui accélère les battements de mon coeur, j'ai l'impression qu'il me cache quelque chose. Mais tout comme il n'a jamais parlé de son petit ami, je sais que s'il est décidé à ne pas dire quelque chose, il ne le dira pas. Alors je n'insiste pas, me contentant de fermer les yeux quand il verse du shampooing sur mes cheveux.


Chapitre 23

Assis sur le lit, en boxer, j'attends patiemment pendant qu'Harry me brosse les cheveux. Je ne les ai pas coupés depuis mon entrée au lycée, et ils atteignent à présent mes épaules. Harry me les lave, me les coiffe, comme s'il était mon coiffeur attitré.
A bien y réfléchir, il me traite comme une fille, avec gentillesse, douceur, tendresse. Mais moi, je ne suis pas une fille. J'ai une bite, moi aussi, et à force de sentir ses gestes doux, ses baisers tendres sur mon front, ses coups de brosse réguliers, ses caresses, ses bras autour de moi, cette bite se met souvent à durcir.
-C'est la dernière fois que nous dormons dans cette chambre, je dis.
-Tu es sûr que ça va aller ? me demande Harry. Je te vois très mal vivre seul.
-Bien sûr que ça va aller, je réponds.
J'aurai dix-huit ans à la fin du mois. La DDASS a décrété qu'étant majeur dans moins d'un mois, je n'ai plus besoin de famille d'accueil. Afin d'éviter de me faire déménager pendant la période scolaire, mon appartement est loué à partir du premier septembre, et je vais pouvoir y déménager. Harry m'aidera à y ranger mes affaires.
Je n'ai pas encore vu cet appartement, mais il se trouve plus près du lycée. Ce sera pratique.

Pendant toute la journée, avec l'aide de Sarah, qui a son permis de conduire, nous démanageons mes affaires, puis le lendemain, nous rangeons.
Ce que la DDASS appelle un appartement est en réalité une seule pièce, mais ça me suffit amplement. J'ai un lit, une étagère avec ma chaine hi-fi, mes CD, ma guitare, c'est tout ce dont j'ai besoin.


Demain, c'est la rentrée des classes. Harry vient juste de partir, après m'avoir caressé les cheveux et déposé un baiser sur le front. Moi qui pensais qu'il resterait dormir, j'en suis pour mes frais.
De colère, je m'empare de mes ciseaux et je coupe ces tifs auquels il attache trop d'importance. Après ça, peut-être qu'il n'aura plus envie de me voir, de dormir chez moi, de prendre soin de moi. Tant mieux ! comme si j'avais besoin de lui !

Je passe la nuit à écouter de la musique. Je n'ai pas sommeil, et lorsque mon réveil sonne, je n'ai toujours pas dormi. J'éteins ma chaine hi-fi, je mets du gel dans mes cheveux courts, pot qui date de deux ans, et je m'habille d'un jean noir et un t.shirt noir. Je visse mes écouteurs à mes oreilles, je prends mon sac, et je pars.
Sur le chemin, certains me saluent, mais je ne leur réponds pas. Ce n'est pas parce qu'on était dans la même classe l'an dernier qu'on se connaît.
Je monte les marches qui coupent en deux la pelouse, et je rentre dans le lycée. Je m'approche du panneau d'affichage pour vérifier dans quelle classe je suis. Au passage, je vois avec soulagement qu'Harry est dans ma classe, et je monte. Là, je m'assois au fond à gauche, près de la fenêtre.
-Sven ! J'ai bien failli ne pas te reconnaître.
J'entends la voix de Harry, malgré la musique, mais je l'ignore. Cet idiot tire son mon écouteur et le détache de mon oreille.
-Bonjour Sven.
Je me retourne. Harry est près de moi, avec une jeune fille aux longs cheveux bruns.
-'Jour, je réponds.
-Tu as coupé tes cheveux ? me demande Harry.
-Non, ils sont tombés tous seuls.
-C'est dommage, fait Harry sans tenir compte de ma remarque, ils étaient beaux.
-Je ne suis pas une fille... Si tu veux des cheveux longs, tu n'as qu'à aller dormir chez elle ! je fais en désignant la fille qui est près de lui.
Il sourit et dit :
-Au fait, je te présente Anne, ma nouvelle voisine. En plus, elle est dans notre classe.
-Cool...
Elle a des cheveux longs et elle est sa voisine ! Super, peut-être vais-je enfin être débarrassé...
Comme Harry fait mine de tirer la chaise près de moi, je lance :
-Tu n'as qu'à t'assoir à côté d'elle.
-C'est bon, fait Anne avec un sourire, je vais me mettre devant vous. En tous cas, je suis heureuse de te rencontrer, Sven. Harry m'a beaucoup parlé de toi.
-Je ne peux pas en dire autant, je rétorque tout en regardant par la fenêtre.

A midi, comme Harry explique un exercice de mathématiques à Anne, je sors de la salle et je rentre chez moi. Je pourrai enfin manger tranquille ! S'il veut être avec Anne, qu'il reste avec elle autant que ça lui chante !
Toutefois, lorsque je reprends ma place au fond à gauche, à treize heures trente, Harry me demande :
-Tu étais où ?
-Je suis rentré chez moi.
-Tu aurais pu prévenir, je t'ai cherché partout.
Menteur, tu avais l'air trop bien occupé avec ta nouvelle voisine. Néanmoins, je réponds :
-J'avais envie d'être seul.
Lorsque la voisine en question fait son apparition et s'installe juste devant nous, je tourne la tête et regarde par la fenêtre sans répondre à son sourire amical.
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Re: SDR - Tome 2 - De l'adolescence à l'âge adulte

Message par Mili le Lun 21 Juil - 17:46

Chapitre 24

Depuis la rentrée, Harry essaye de se partager en trois, entre Anne, ses copains du foot, et moi. La jeune fille est plutôt gentille, mais je ne l'aime pas. Elle n'a rien de désagréable ou pimbêche, mais elle me prive de Harry, même si je ne l'admettrais pour rien au monde.
Il n'est pas venu dormir une seule nuit chez moi. Il faut dire que nous avons cours le samedi matin. Enfin, cours... Le samedi matin est prévu pour les devoirs surveillés. Jolie manière de terminer la semaine... ou de commencer le week end, selon la manière dont on voit les choses. Et le samedi après-midi, il a un match de foot.
Le week end dernier, je suis allé le voir jouer, sans le lui dire. Je n'avais rien de mieux à faire. Harry a marqué trois buts. Il joue vraiment bien. A chacun de ses buts, Anne l'acclamait, du banc des remplaçants. Après le match, il est allé dans les vestiaires, et il est ensuite reparti avec elle, sans me voir. Tous deux parlaient autant l'un que l'autre, et souriaient.
Pourquoi, à moi, ne m'a-t-il jamais parlé ? Pourquoi, avec moi, n'a-t-il jamais été aussi souriant ?
Le midi, je rentre manger seul chez moi. Je retrouve enfin ma bonne vieille solitude, celle qui, je le savais, serait toujours là pour moi. Seulement, même avec la musique, c'est trop calme. Je me suis habitué à Harry au fil de ces deux années, et j'ai l'impression d'être amputé d'un membre, sans lui.
D'ailleurs, je n'ai pas dormi depuis cette maudite rentrée. Parce que dormir sans Harry, je n'y arrive pas. Une fois, dans une chanson, les paroles disaient que c'était lorsqu'on perdait quelque chose qu'on s'appercevait de l'importance qu'il avait. J'ai trouvé ça ridicule. J'avais tout perdu, j'étais seul. Et pourtant, je ne trouvais pas cette perte si importante que ça. C'est parce que je ne me souvenais pas de ce que j'étais avant d'avoir subi cette perte.
Aujourd'hui, je peux comparer ma vie avec et sans Harry. Et cet idiot me manque énormément.
Ma guitare dans les mains, je pleure, et pour la première fois de ma vie, les notes naissent naturellement sous mes doigts.
J'ai passé des soirées à m'entraîner, mais je n'avais jamais osé composer. Pourtant, ce midi, seul, épuisé physiquement et émotionnellement, je caresse les fils de ma guitare tout en pensant à ce que j'aurais envie de dire à Harry.
Je sors un bloc notes, et j'écris.
Puis je serre ma guitare dans mes bras, et à force de pleurer, je finis par m'endormir.


Lorsque je me réveille, ma guitare n'est plus contre moi. A sa place, je croise deux grands yeux noirs inquiets.
-Qu'est-ce que tu fais là ? je demande en me dégageant des bras qui m'étreignent tendrement.
-Tu n'es pas venu en cours cet après-midi, alors je suis passé te voir ce soir. J'ai frappé, mais tu n'as pas répondu. Comme c'était ouvert, je suis entré.
Harry soupire.
-Tu avais vraiment l'air épuisé, ces derniers temps. Tu ne dors toujours pas, la nuit ?
-Ce n'est pas grave, je réponds en me reculant contre le mur, en fuyant ces bras réconfortants, ce corps chaud. Je finis par m'endormir quand je suis vraiment fatigué.
-Tu devrais voir un médecin, tu sais.
-Je préférerais que tu ne viennes plus chez moi, je dis en baissant les yeux.
-Je sais, répond Harry en soupirant. Et j'ai essayé de t'éviter depuis la rentrée. Parce que j'ai bien vu que... que tu ne voulais plus me voir. J'ignore ce qui s'est passé, mais tu es devenu fuyant. Ca date de la rentrée. Tout d'abord, tu t'es coupé les cheveux, puis tu es rentré manger chez toi le midi, tu es parti devant le soir... Je ne voulais pas m'imposer.
Mais qu'est-ce qu'il est con ! Il n'a vraiment rien compris !
Je m'agenouille sur le lit, je pose mes mains sur ses épaules et je le pousse en arrière.
-Espèce de débile ! C'est toi qui m'évites depuis la rentrée ! Tu passes ton temps avec Anne et tes potes du foot !
Je pousse tellement fort qu'il tombe à la renverse sur le plancher, et dans mon élan, je lui tombe dessus. Toutefois, il éclate de rire. Il me serre dans ses bras et contre mon ventre, je sens ses abdos se contracter et se relâcher à chacun de ses rires.
-Lâche-moi, je dis d'une voix froide.
Son rire s'arrête brusquement. Il écarte ses bras, et se relève.
-Ok, j'ai compris...
-Non, attends !
Debout devant la porte, il m'interroge du regard. Je prends ma guitare d'une main, mon bloc-notes de l'autre, et je m'assois en tailleur sur le lit. Là, je le regarde droit dans les yeux, jetant juste un oeil à mon texte de temps à autre. Et chante, accompagné de ma précieuse guitare.

Bébé faudrait rentrer tu vois
Je suis en mal d'être avec toi
La machine à café est détraquée
Les cendriers tous renversés
Des heures et des heures passées
Devant la mire de ma télé
Des nuits sans dormir à me demander
Où tu peux bien aller
Faut pas m'laisser traîner là
Seul avec ces idées-là
J'suis pas si fort que tu crois
Pas si fort que ça
Bébé un doute en moi s'est figé
Tu n'vas plus rentrer
Je peux faire une croix sur toi
Comment ne pas m'imaginer
Ta petite gueule entre ses bras
Comment ne pas crier
Comment ne pas pleurer
Je suis fatigué
Faut pas m'laisser traîner là
Seul avec ces idées-là
J'suis pas si fort que tu crois
Pas si fort que ça


J'ai à peine fini ma chanson que Harry saute sur le lit. Il me prend la guitare des mains, la pose plus loin, et me serre aussi fort que mon corps peut le supporter. Il me fait mal, mais ses bras sont tellement bons que je n'aurais protesté pour rien au monde.
Les yeux brillants, il se penche vers moi, ses lèvres avancent en direction des miennes. Au dernier moment, il dévie sa course et dépose un baiser sur mon front.
Blotti au creux de ses bras, j'entends son coeur battre plus fort que jamais... A moins que ce ne soit le mien.

________________________________________________________________

NDA : "Ces idées-là" n'est pas de moi. Cette magnifique chanson est de Louis Bertignac, vous pouvez la télécharger en cliquant Ici.


Chapitre 25

Une fois mes affaires rangées dans mon sac, je m'aprête à quitter la salle de classe lorsque j'entends :
-Harry, tu viens boire un verre avec nous, ce soir ?
C'est Ben, le capitaine de l'équipe de foot. En voyant Harry secouer la tête, il insiste.
-Allez, d'habitude, tu viens le jeudi soir. Il y a une soirée organisée par les filles de l'école d'infirmières ! Tu vas voir, on va s'amuser.
-C'est gentil mais j'ai d'autres projets ce soir.
En disant cela, il fait un clin d'oeil à Anne qui lui pose une main sur l'épaule, un sourire aux lèvres.
Je soupire, et quitte la salle sans me faire remarquer. Aujourd'hui, c'est mon anniversaire. Et contrairement à l'an dernier, Harry ne me l'a pas souhaité.
Certes, je ne fête pas ce genre d'évènements. Mais s'il me l'avait souhaité, ça aurait signifié qu'il pensait un peu à moi.
Manifestement, malgré sa réaction à la chanson que je lui ai chantée il y a trois jours, rien n'a changé.
Je sens mes joues me brûler en me remémorant son étreinte, son souffle chaud sur mes lèvres... Cet idiot a failli m'embrasser ! Et je me demande pourquoi je lui en veux ! Parce qu'il a manqué de m'embrasser ? Ou parce qu'il ne l'a pas fait ?

Je quitte le lycée, en traînant les pieds, et je rejoins mon appartement. Là, je m'allume un joint, et je prends ma guitare, avec une indéscriptible envie de pleurer. Et je joue, je m'entraîne. Parce que cette guitare, c'est ma raison de vivre, je n'ai plus le choix. Alors autant qu'elle accomplisse son rôle.
J'ignore depuis combien de temps je suis adossé à mon lit, quand j'entends frapper. Une lueur d'espoir illumine mon début de soirée noir. Harry ?
Je me lève, sans lâcher ma guitare, et je vais ouvrir. Toutefois, c'est Sarah qui se trouve de l'autre côté de la porte.
-Bonjour Sven, dit-elle un sourire aux lèvres.
-'Jour, je réponds.
-Bon anniversaire !
Je vais m'assoir sur mon lit, et je l'entends qui me suit.
-Papa et maman m'ont demandé de t'apporter un gâteau, dit Sarah en déposant un plat sur la table. Ils se sont dit que tu pourrais le partager avec Harry.
-Il a d'autres projets.
La fille de ma famille d'accueil s'assoit sur mon lit et soupire.
-Harry n'est plus ton meilleur ami ?
-Il a seulement fait semblant de l'être.
Les mains posées sur son ventre, Sarah éclate de rire.
-Et il a fait semblant de dormir avec toi, de passer la plupart de ses week ends avec toi, et aussi de te porter dans ses bras lorsque tu étais blessé, de te laver, sans compter la guitare qu'il t'a offerte, et le reste ?
Je la regarde, outré.
-Comment oses-tu rire ?
Je me lève, furieux.
-Tu ne comprendras jamais ce que je ressens. D'ailleurs, as-tu vraiment essayé ? A part me pelotter quand j'avais treize ans et jouer les grandes soeurs devant Harry pour pouvoir le draguer, nous ne nous connaissons pas ! Tout ce qui intéressait tes parents, c'était le chéque que leur envoyait la DDASS ! Alors pourquoi t'envoyer m'apporter un gâteau maintenant que je suis parti ? Ils n'ont plus rien à y gagner !
Sarah se lève du lit, tremblante de rage. Ses joues sont rouges et ses yeux brillants. D'un geste violent, elle balance sur le sol le gâteau au chocolat nappé de caramel préparé par sa mère... mon préféré.
-Tu crois que c'était pour le chèque de la DDASS que maman n'était jamais couchée avant que tu ne rentres, le soir ? Tu crois que c'était pour le chéque de la DDASS que nous étions heureux de voir que tu avais un ami tel que Harry ? Tu crois que c'était pour ça que nous te proposions de venir en vacances avec nous, même si tu refusais à chaque fois ?
Son visage s'adoucit, et c'est avec un sourire triste qu'elle s'approche de moi, et me prend dans ses bras.
-Pauvre Sven, je ne pensais pas que tu étais malheureux au point d'avoir besoin de tant que tu ne voies pas l'évidence.
Elle dépose un baiser sur ma joue. Je baisse les yeux
-Je sais que tu ne passeras plus nous voir, parce que pour toi, nous n'étions qu'une famille d'accueil qui ne t'acceptions que pour le chèque de la DDASS, même si ma mère n'a pas voulu prendre de nouvel enfant. Oui, elle a refusé quand la DDASS le lui a demandé, disant que c'était ta chambre. Quoiqu'il en soit, notre porte te sera toujours ouverte.
Je reste planté au milieu de la pièce, les yeux baissés, sans l'accompagner à la porte, sans refermer derrière elle.

-Sven ?
Je cligne des yeux. Je vois Harry, par l'entrebaillement de la porte. J'ignore depuis combien de temps je suis debout, les yeux dans le vide. Toutefois, je n'ai pas besoin de poser la question car Harry y répond.
-Que s'est-il passé ? demande-t-il. Je viens de croiser Sarah dans les escaliers. Elle pleurait.
Je cligne à nouveau des yeux, puis je demande :
-Qu'est-ce que tu fais là ? Tu n'es pas avec Anne ?
Il affiche son sourire de sale gamin, et en montrant deux sacs qu'il tient dans ses mains, il lance :
-Hé bien non ! Comme je l'ai dit, j'ai d'autres projets.
-Tu as mis tout ce temps à faire des courses ?
-Non, regarde !
Il pose les sacs sur le sol, et sort son porte-feuilles de sa poche. Là, il en retire un papier rose en s'écriant :
-Tadam !!!
Harry vient d'avoir son permis de conduire...
-Et maintenant, sors les casseroles, je vais nous préparer un bon petit plat. Comme je sais que tu n'aimes pas fêter ton anniversaire, on va fêter l'obtention de mon permis ! Et même si je ne l'avais pas eu, j'aurais trouvé un autre prétexte pour faire la fête, ce soir ! Je te rappelle que tu as dix-huit ans, maintenant !
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Re: SDR - Tome 2 - De l'adolescence à l'âge adulte

Message par Mili le Lun 21 Juil - 17:47

Chapitre 26

Pendant que Harry est aux fourneaux, je nettoie le gâteau qui s'est écrasé au sol. Agenouillé, passant un couteau entre les lattes du plancher pour en retirer les miettes, j'entends mon compagnon fouiller dans le placard et le réfrigérateur.
Une fois mon nettoyage terminé, je dresse la table et je m'assois sur mon lit, égrenant des accords au hasard.
Tout en cuisinant, Harry m'accompagne, frappant les ustensiles contre les casseroles. Il me tourne le dos mais je devine un large sourire sur ses lèvres. J'aime quand il est heureux. Je préférerais que ce soit grâce à moi, mais j'en suis incapable. Alors je me contente de regarder son sourire, espérant qu'il arrivera au moins à me supporter jusqu'à la fin du lycée. S'il ne veut plus me voir après, je m'en accomoderai. Mais le regarder uniquement de loin jusqu'à la fin du lycée, je ne pourrais pas le supporter.
-A table ! lance Harry en frappant ses cuillères l'une contre l'autre.
Je lui souris de mon mieux, et je vais m'installer à la petite table. Il nous sert, puis prend place en face de moi. Nous mangeons en silence, et je regrette de ne pas avoir autant de conversation qu'Anne, de ne pas savoir sourire comme elle. Un jour, il faudra que je lui demande comment elle fait...
Après le repas, Harry apporte un petit gâteau surmonté d'une bougie dans une main, et une bouteille dans l'autre. Lorsqu'il pose le plat qui contient le gâteau, je remarque que la bougie est en forme de sept.
-Pourquoi "sept" ? je demande, surpris.
Harry pose la bouteille, baisse la tête, un petit sourire aux lèvres.
-J'ai pris cette bougie impulsivement, mais je me demande si je dois te dire pourquoi...
Je le scrute du regard, et il soupire.
-Bon, ok... Tu vois, ton prénom, c'est sept en anglais, seven, sauf qu'il manque un E, un peu comme à toi, il te manque une case.
Je saute de ma chaise et je lui bondis dessus tandis qu'il éclate de rire.
-Je savais que tu n'aimerais pas mon explication, fait-il en évitant mes coups de poings factices.
-S'il me manque une case, toi, tu es un extra-terrestre pour pouvoir me supporter aussi facilement !!! Téléphone maison...
Harry sursaute et s'écrie :
-Téléphone maison !
Il s'empare de son téléphone portable et compose un numéro.
-Oui ? C'est moi. Désolé de ne pas avoir prévenu mais je ne serai pas de retour avant lundi... Oui, à bientôt.
Il raccroche et suggère :
-Et si tu soufflais ta bougie ?
-Pas avant lundi ? je demande.
-Hé bien oui ! Ce soir, je ne peux pas rentrer comme j'ai bu.
-Tu ne conduis pas !
-Certes, mais j'ai le permis, maintenant, je dois prendre les bonnes habitudes.
-Quelle excuse bidon !
-Vendredi soir, continue-t-il comme si je ne l'avais pas interrompu, je reste t'aider à réviser pour le devoir surveillé de samedi, puis samedi et dimanche soir, je t'aide à dormir... Je précise que tu n'as pas le choix.
-Si je n'ai pas le choix, alors autant souffler ma bougie et faire le voeu que tu te casses le plus tôt possible !
Il me fait un clin d'oeil. Je reprends ma place, et je souffle la bougie tandis que Harry nous sert à boire. Je regarde mon verre rempli de liquide pétillant et je proteste :
-Je n'aime pas l'alcool !
-Taratata ! Tu fêteras mon permis comme il se doit !

Un gâteau et une bouteille plus tard, je suis allongé sur mon lit, la tête sur les genoux d'Harry tandis que ce dernier me caresse distraitement les cheveux.
-Ca va ? demande-t-il. Tu veux dormir ?
-J'ai pas sommeil.
-Sven ?
-Ouais ?
-Je me demandais... quand as-tu commencé à rencontrer William, et les autres ?
-Quand j'ai eu compris que me faire sauter était la seule solution pour qu'on m'aime, et que j'ai eu le courage de le mettre en pratique.
-Raconte-moi...
-Bah, ce n'est pas comme si c'était un secret d'état. Tu sais que je suis passé par pas mal de familles d'accueil. La première me laissait crever de faim, et m'habillait de pulls troués et de pantalons rapiécés. Je dormais dans le grenier, au milieu des courants d'air, et ma famille me disait que ces courants d'air, c'étaient des fantômes qui m'emméneraient si je ne'étais pas sage. Je crois que mes insomnies datent de cette époque. C'est également à ce moment-là que j'ai su que personne ne pourrait jamais m'aimer. Depuis ce moment-là, je n'ai plus pleuré. Enfin, jusqu'à ce que je te rencontre...
Comme le regard d'Harry se fait triste, je lui souris, et continue :
-Vers mes huit ans, je suis passé dans une autre famille d'accueil. Celle-ci était sympa. Le fils aîné avait dix ans de plus que moi, il jouait au foot avec moi, il m'emmenait à l'école par la main. Le père s'occupait beaucoup de moi également, surtout le mercredi. Il avait pris l'habitude de ne pas travailler ce jour-là pour s'occuper de son fils, et il l'a gardée pour s'occuper de moi. La mère, elle, travaillait à temps plein, je la voyais moins. La plupart du temps, je ne dormais que quelques heures, la nuit. Parfois, je dormais plus, et là, je rêvais de fantômes qui venaient me chercher parce que je n'étais pas sage. Alors bien sûr, j'essayais d'être un gentil petit garçon, de bien faire mes devoirs, d'être obéissant.
Harry quitte son statut d'oreiller pour s'allonger contre moi et me serrer dans ses bras, comme si j'avais besoin d'être rassuré et consolé alors que c'est lui qui a les larmes aux yeux. Je me recule un peu, par peur de mon coeur qui se met à battre comme un fou, et je poursuis :
-Un jour, alors que je lisais un conte avec le père, un mercredi, je lui ai demandé pourquoi personne ne m'aimait. Je me demandais sérieusement ce que j'avais fait de mal, pourquoi ces fantômes venaient me hanter. Il m'a serré contre lui, avec un sourire tendre, et il m'a dit que tout le monde m'aimait, ici. Et il m'a dit qu'il allait me montrer à quel point lui m'aimait. Il m'a embrassé. Il m'a retiré mon pantalon, et m'a caressé les fesses. Il a fini par glisser un doigt en moi. Et moi, je me laissais faire. Pour une fois que quelqu'un m'aimait, et me le montrait, je n'allais pas le repousser.
-Mais c'est horrible ! s'écrie Harry. Profiter de la faiblesse d'un enfant pour abuser de lui !
Je pose une main sur sa joue pour le calmer, et je lui souris.
-Je ne vois rien d'horrible là-dedans. Certes, c'est de la pédophilie et je n'encourage pas ce genre de pratiques, loin de là. Mais cet homme a été réellement gentil avec moi. Il ne m'a jamais brusqué, ne m'a jamais fait mal. J'aimais ce qu'il me faisait. Pour la première fois de ma vie, je me sentais aimé. Parfois, il me disait que lorsque je serais plus grand, il me pénétrerait avec son pénis, que nous nous connecterions de la manière la plus intime qui soit, et je n'attendais que ça, qu'il me montre encore plus qu'il m'aime. Seulement, nous n'avons pas eu le temps d'y arriver. J'avais dix ans lorsque son fils nous a découverts. Je suis passé dans une autre famille, puis dans celle que tu connais. J'ai découvert grâce à Sarah que les femmes me laissaient totalement indifférent, et vers quatorze ans, j'ai commencé à sortir, prétendant que j'allais chez des amis. En réalité, je rencontrais des hommes dans les bars...
Je souris à Harry.
-Voilà, tu sais tout, je fais d'une voix enjouée.
Il me serre davantage dans ses bras, et je sens mon t-shirt s'humidifier sous ses larmes. Je passe mes doigts dans ses cheveux bruns, murmurant à son oreille :
-Tout va bien, inutile de te mettre dans un état pareil. Du calme...
Comme il ne fait pas mine de me lâcher, je suggère :
-Dormons.
Allongés en boxer, l'un contre l'autre, je sens que Harry me tient plus fort que jamais, et contre sa poitrine douce et rassurante, je trouve un sommeil qui me fuyait depuis longtemps.


Chapitre 27

-J'y crois pas ! je lance alors qu'Harry apporte les boissons, tu travailles ici pendant toutes les vacances de Noël.
Anne, assise en face de moi, le remercie tandis que je paye nos consommations.
-Ben oui, il faut bien que je m'achète une voiture, maintenant que j'ai le permis. Et je n'ai pas renoncé à t'accompagner à la batterie, fait-il avec un clin d'oeil.
Je regarde discrètement Anne et je demande à mon compagnon :
-Alors pourquoi m'avoir proposé de venir boire un verre ici si tu es en service ?
-Ca me faisait plaisir de te voir.
-Egoïste !
Anne rit sous cape.
-Quoi ? je lui demande.
-Je vous laisse, j'ai des clients à servir, dit Harry. Je finis dans une heure... normalement. Sven, je dors chez toi ce soir. C'est plus près que rentrer chez moi !
-Profiteur !
Anne rit à nouveau tandis qu'Harry se dirige vers de nouveaux arrivants.
Je la regarde, et je demande :
-Comment tu fais ?
Elle me rend mon regard, surprise.
-Comment je fais quoi ?
-Pour rire avec Harry comme tu le fais. Il n'est jamais comme ça, avec moi, tout comme nous ne parlons quasiment jamais.
Anne me dévisage comme si j'avais dit une énormité, puis elle répond, un sourire doux aux lèvres :
-Harry ne parle et ne sourit que lorsque nous parlons de toi.
Je me redresse sur mon siège, comme si on m'avait piqué avec une aiguille.
-Que dit-il sur moi ?
J'espère que ce crétin n'est pas allé répéter ce que j'ai fait et ce que je lui ai confié.
-Oh, il dit tout et rien... Sven par ci, Sven par là... Sven m'a aidé en anglais, Sven joue de mieux en mieux de la guitare... Plus tard, j'habiterai avec Sven et nous fonderons un groupe, je l'accompagnerai à la batterie et nous serons connus dans le monde entier grâce à sa voix et sa guitare.
Je ne peux m'empêcher de sourire. Anne répond à mon sourire et dit :
-Tu le rends heureux...
-Mais je ne fais rien pour le rendre heureux.
D'un air mystérieux, Anne répond :
-Tu en fais plus que tu ne le crois...
Harry vient nous rejoindre à ce moment-là.
-De quoi vous parlez ? il demande d'un ton nonchalant.
Comme je ne sais que répondre, Anne prend la parole, chose que je regrette aussitôt.
-De la pièce que je fais avec le club de théâtre. Je disais justement à Sven que nous n'avions toujours pas trouvé de prince, et il est d'accord pour...
-Je vais le faire, la coupe Harry.
-Mais tu disais que tu étais trop occupé, avec le foot, répond Anne d'un air innocent.
-Je trouverai le temps, lance Harry d'un air boudeur avant de rejoindre son patron derrière le comptoir.
J'interroge Anne du regard et elle lâche un petit rire.
-Excuse-moi, c'est le seul moyen que j'ai trouvé pour qu'il accepte de jouer ce rôle.
-Comment savais-tu qu'il allait accepter ? je demande surpris.
-Parce qu'il y a une scène de baiser. Un faux baiser, hein... Mais il était jaloux.
Normal, quel homme ne serait pas jaloux de voir quelqu'un d'autre embrasser la femme qu'il aime ?
Surpris par la piqûre que je sens dans mon coeur, je me lève sans même finir mon chocolat, et je dis :
-Je vous laisse en tête à tête, j'ai à faire.
-Sven ! lance Anne. Attends...
Je l'ignore, je sors du bar.


Assis dans le noir, mes écouteurs sur les oreilles, j'attends que le temps passe. Ma porte est verrouillée, j'ignore si Harry a frappé ou pas, le soir où j'ai quitté le bar. Je ne me souviens même plus depuis combien de temps je suis là.
J'ai passé mes jours et mes nuits à écouter de la musique, ne me levant que pour changer de CD.
D'ailleurs, mon CD de Marilyn Manson vient de se terminer. Ca me fait étrange d'être dans le silence, après avoir écouté la musique à fond.
-Sven ! Je sais que tu es là ! Réponds ou je défonce cette porte !
Harry... Il ment, il ne peut pas savoir que je suis là ! Je change de CD, puis j'appuie sur "play". A nouveau environné de musique, plus rien ne m'atteint. Je ferme les yeux, tapant en rythme... Jusqu'au moment où la musique se coupe.
J'ouvre les yeux. Harry est debout devant moi, le doigt posé sur le bouton "stop" de ma chaîne hi-fi, et semble énervé.
-Comment es-tu entré ? je demande.
-Pourquoi tu ne répondais pas ? demande-t-il.
-Boulet ! Quand tu avais un petit ami, je te laissais du temps à passer avec lui, et toi tu préférais le passer à me coller. Maintenant que tu as une petite amie, je te laisse du temps et toi, tu viens le passer avec moi. Inutile de te demander pour quelle raison tu n'as aucune relation stable !
Je lâche un rire amer.
-Un prince ? Prince de pacotille, oui !
-Je n'ai jamais eu de petit ami, et je n'ai pas de petite amie. Anne n'est qu'une amie, ok ?
-Si tu veux, je réponds d'un air peu concerné.
Harry soupire.
-Bon, je vais rendre ses clés à la concièrge. Je te préviens, si tu as refermé, je défonce la porte. Tu sais que j'en suis capable.
Je le regarde quitter la pièce, et la seule idée qui traverse mon esprit est que son jean moule merveilleusement ses fesses.
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Re: SDR - Tome 2 - De l'adolescence à l'âge adulte

Message par Mili le Lun 21 Juil - 17:49

Chapitre 28

Finalement, j'ai eu, moi aussi un rôle dans la pièce de théâtre, celui d'un ménéstrel qui voyage de ville en ville afin de chanter la bonne nouvelle du mariage du prince et de la princesse. Ma guitare faisait d'ailleurs partie du rôle, même si elle représentait un anachronisme de taille. Ca a été mon ultime argument de refus, mais Anne prétendait que ça ne faisait rien.
D'ailleurs, nous avons joué cette pièce plusieurs fois, dans plusieurs lycée de la ville et lors d'une manifestation artistique payante. J'ai même cru y voir Sarah et Joshua, à un moment, mais j'ai dû halluciner.
C'était débile, la chanson que je devais chanter était mielleuse, et Anne voulait une mélodie douce, ce qui n'arrangeait rien. Bref, je me suis bien fait chier. Non pas que j'aie préféré réviser pour mon bac, je m'en fous comme de l'an quarante, même si tous les profs en parlent.
Vivement que j'aie ce putain de diplôme, que je sois enfin tranquille !

-Alors ? me demande Harry quand que je sors de l'épreuve de maths.
-Alors c'était long, je réponds. C'était chiant ! Et ma calculette est tombée en rade de piles, j'ai dû faire le dernier calcul à la main...
Harry éclate de rire.
-Heureusement que ce n'était que le dernier !
-Alors, et toi ? je demande.
-Bah, les doigts dans le nez, répond mon camarade, un large sourire aux lèvres.
C'est vrai que s'il a du mal en langues et en orthographe, Harry est vraiment bon dans les matières scientifiques. Je me demande d'ailleurs pour quelle raison il a choisi une filière littéraire. Enfin, au moins, je suis tranquille, la dernière épreuve est terminée. Pas que j'aie grand chose d'autre à faire...
-Tu travailles cet été ? je demande.
-Oui, cet été et même après. J'aimerais pouvoir m'acheter une voiture, maintenant que j'ai assez pour m'acheter une batterie.
-Tu comptes acheter cette batterie quand ? je demande.
-J'aimerais y aller dans une ou deux semaines, me répond Harry. Et euh... par contre, on la laisserait chez toi...
Je scrute le visage de mon vis-à-vis. Toutefois, il est sérieux.
-Chez moi ? C'est vrai que j'ai un appartement de 400 mètres carrés, donc je peux facilement avoir une batterie.
Harry pouffe de rire.
-Ce sera plus pratique pour t'accompagner si la batterie est chez toi, c'est tout.
Bien sûr, je ne peux pas refuser. Parce que si sa batterie est chez moi, il viendra plus souvent...


Assis adossé à mon lit, la guitare à la main, je joue une mélodie au hasard, les yeux perdus dans le vide. Il fait particulièrement chaud, en ce début juillet, et j'attends patiemment Harry qui doit passer par chez moi avant de nous rendre au lycée.
Je me relève d'un bond quand l'interphone grésille, j'abandonne ma guitare.
-Oui ?
-C'est moi, me répond mon camarade. Tu descends ?
-J'arrive.
Je sors de chez moi, je verrouille la porte, et je descends les deux étages. Harry est là, accompagné d'Anne que je salue d'un geste de la tête.
-Pas trop stressé ? me demande-t-elle.
-Ce n'est qu'un diplôme, je réponds, amusé. On m'a gonflé avec toute l'année, et si je peux éviter de le recommencer, ce serait tant mieux, mais ça ne me préoccupe pas plus que ça.
Anne soupire.
-J'en ai rêvé toute la nuit... Je me rendais au lycée, je faisais la queue pour avoir mes résultats et là, on m'annonçait que je l'avais loupé. Tout le monde me regardait, et je me rendais compte que j'étais nue...
Harry éclate de rire.
-J'imagine bien le spectacle. Hé bien je te rassure, tu es bien habillée ce matin.
-Oui, j'ai vérifié trois fois avant d'oser sortir de chez moi.
Je trouve leur bavardage futile, mais je ne dis rien. Après tout, aujourd'hui est certainement la dernière fois que je verrai Anne. Elle va continuer en fac d'histoire, et je serai bien heureux d'être tranquille !
Nous arrivons devant le lycée.
-Prêts ? nous demande-t-elle, un sourire aux lèvres.
Je passe mes mains dans mes poches, et j'avance sans l'attendre. J'entends mes deux compagnons m'emboîter le pas, et quelques instants plus tard, nous arrivons devant une table, où plusieurs professeurs attendent, des bulletins de notes empilés derrière eux.
-Bonjour, je dis à un barbu à lunettes.
-Bonjour, il répond. Votre numéro, s'il vous plaît ?


Chapitre 29

-J'y crois pas, Harry ! s'écrie Anne. Une mention ! Si c'est pas la classe, ça !
Cet idiot a eu des notes moyennes dans les matières principales, mais il a eu des notes hautes dans les matières scientifiques. Je me surprends à me demander encore pourquoi il a choisi de faire une filière littéraire.
-Et toi, Sven ? me demande Anne.
Je lui tends mon bulletin. Mes notes, ce ne sont que des notes. Pas de quoi en faire un plat...
-Wah ! Seize en anglais ! Quinze en allemand ! Treize en maths ! Dommage que tu aies eu cinq en histoire et en philo, tu aurais sans doute eu une mention aussi.
-Je m'en fiche !
L'histoire, ça m'a toujours saoûlé. Je me fous complétement de ce qui s'est passé avant. Chacun fait ce qu'il veut. Quant à la philo, c'est vraiment chiant comme matière...
-On va ramener nos livres et on y va ? demande Harry.

Après avoir ramené nos livres de cours, Anne part devant. Sa mère l'attend pour fêter ça chez ses grands parents, à plusieurs heures de route.
-On va fêter ça chez toi ? me demande Harry avec un sourire.
-Si tu veux.
-Je vais acheter à boire, alors. Il fait vraiment chaud.
-J'ai un robinet, tu sais...
Avec son sourire de sale gamin, il répond :
-Aujourd'hui est un jour particulier, buvons autre chose que de l'eau !
-Comme tu veux...
Nous faisons un détour par une boutique, nos sacs vides au dos, et nous achetons de quoi manger. Harry rajoute un pack de bière à nos achats, et nous quittons le magasin après avoir payé. J'essuie discrètement la sueur qui perle à mon front, tout en suivant mon camarade jusque chez moi. Nous montons les deux étages, et une fois arrivés, nous retirons nos chaussures. Harry met nos achats dans mon réfrigérateur, ne gardant que deux bières, dont une qu'il pose sur mon front.
-Bois ça, me dit-il amusé.
Je sursaute en sentant le métal froid contre ma peau chaude, et il éclate de rire. Je m'empare de la canette et je la décapsule, lui lançant un regard de défi. Il sait très bien que je n'aime pas l'alcool, mais je ferai un effort, pour continuer à le voir sourire.
Je vais ouvrir la fenêtre et je ferme les volets. N'ayant pas la climatisation, je protège mon appartement comme je le peux. Ensuite, je m'assois sur mon lit poussant un soupir, comme si j'avais parcouru des kilomètres dans le désert. Je retire mon t.shirt, m'essuie le front avec, et le jette au pied de mon lit.
-Il fait chaud, nous aurions plutôt dû aller au cinéma, ils ont l'air conditionné, au moins...
-Je t'ai pas forcé à venir, je réponds.
-Je sais, répond Harry en s'asseyant à côté de moi, et d'ailleurs, ça me fait très plaisir d'être là, chaleur ou pas !
Il retire son t-shirt à son tour, puis m'écoute alors que je joue de la guitare. Harry en est à sa quatrième bière quand il me demande :
-Tu voudrais m'apprendre à jouer de la guitare ?
Je le regarde, surpris.
-Toi ? Toi, tu veux jouer de la guitare ? Et la batterie, alors ?
Il sourit, allant éteindre ma chaine hi-fi.
-C'est juste pour essayer. Je n'abandonne pas l'idée de t'accompagner à la batterie.
Je m'empare de ma précieuse guitare et je m'assois au sol. Harry s'assoit juste derrière moi, le menton posé sur mon épaule droite afin de regarder mes mains. Un frisson me parcourt lorsqu'il passe une main dans mes cheveux pour désserer une méche qui lui bouche la vue. Il est collé contre moi, ses bras autour de moi, et je me sens réellement bien.
Je joue les premières mesures de "Come as you are" de Nirvana, sentant ses yeux braqués sur mes mains.
-Recommence, demande-t-il en se penchant davantage par dessus mon épaule.
Je sens sa poitrine chaude contre mon dos, ses mains sont posées sur ses genoux dans l'attente d'immiter les miennes. J'obéis à sa requête, tâchant de me concentrer sur mon morceau. Il me sourit, et je recommence, les trois premières notes.
-A toi, maintenant.
Il positionne ses mains sur la guitare. Je guide ses longs doigts fins sur le manche et sur les cordes, lui indiquant où appuyer, comment pincer. Il joue à son tour les trois premières notes, et je ne peux m'empêcher d'éclater de rire.
-Ca ressemble à un cri de canard, fait-il. C'est normal ?
J'essaye de reprendre mon sérieux.
-Pas vraiment, je réponds. Recommence.
La deuxième fois n'est guère mieux, et lors de la troisième fois, lui non-plus, ne parvient pas à garder son sérieux. Il éclate de rire. Je le regarde, amusé.
-J'espère que tu seras meilleur à la batterie, je dis entre deux éclats de rire. Sinon, on n'est pas rendus.
Nous repartons dans une hilarité communicative. Toutefois, le visage d'Harry redevient sérieux. Ses yeux noirs sont rivés sur moi, à tel point que mon rire s'arrête et que je passe une main sur mon visage, pour vérifier que je n'ai pas de saleté. Le regard plus intense que jamais, Harry prend mon poignet, se penche vers moi, et pose ses lèvres sur les miennes.
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Re: SDR - Tome 2 - De l'adolescence à l'âge adulte

Message par Mili le Lun 21 Juil - 17:49

Chapitre 30

Interloqué, je ne sais comment réagir en sentant les lèvres chaudes de mon camarade sur les miennes. C'est un baiser chaste, sans prétention, qui ne dure qu'une seconde, le temps d'un frôlement. L'instant d'après, Harry se recule et relâche mon poignet, le regard toujours aussi sérieux bien qu'un peu gêné.
Mon coeur n'a jamais battu aussi vite. Je pose la guitare plus loin sur le sol, et je me retourne entre les bras de Harry, sentant une érection contre mon ventre. J'ai la bouche séche, et manifestement, c'est également le cas pour mon compagnon car il s'empare de ma bière à peine entamée, et la termine d'une seule traite. Le liquide doré et mousseux coule au coin de sa bouche, sur son menton, le long de son cou. Il fait mine de vouloir l'essuyer, alors à mon tour, je lui prends le poignet. Harry est plus fort que moi, mais il n'en a jamais fait usage contre moi. Sauf à l'hôpital, et encore, je le soupçonne de ne pas y avoir mis toute sa force. De ce fait, il ne résiste pas lorsque je l'arrête dans son mouvement.
Je m'agenouille près de lui, et après un clin d'oeil qui le fait rougir, je léche la bière qui coule sur son ventre plat et musclé, jouant au passage avec un adorable nombril. Je remonte la coulée de bière jusqu'à sa poitrine. Le goût de la boisson et de la sueur d'Harry me rendent complétement fou, à tel point que mon jean me serre de manière insupportable. Ma langue fait enfin officiellement connaissance avec un téton rose dont la pointe tendue semble m'appeler. Je jette un oeil à mon compagnon. La tête baissée, il me regarde, un sourire flottant sur ses lèvres. Mes dents prennent la place de mes lèvres, et il gémit, rejetant la tête en arrière, les yeux fermés. Je me fais pardonner d'un coup de langue, puis je remonte encore le sillon humide dans son cou, chevauchant ses cuisses puissantes, appréciant son érection encore plus dure contre mon ventre. Mes lèvres se dirigent sur son menton, poursuivant la bière jusque sur ses lèvres.
Là, il s'ouvre à moi. Je plonge dans sa bouche au goût de paradis, sentant ses mains douces passer dans mes cheveux, sur mes épaules, dans mon dos... Sa langue répond à la mienne dans une danse infiniment sensuelle. Je ferme les yeux, m'accrochant à son cou, comme sur le point de me noyer. C'est mon premier baiser depuis huit ans. La dernière fois qu'on m'a embrassé remonte à mes dix ans, avec le père de ma famille d'accueil de l'époque. Et c'est si bon que j'en ai envie de pleurer...
Nous nous séparons enfin, à bout de souffle. Harry m'attire contre lui, je pose la tête contre son épaule. Il est le premier à reprendre sa respiration.
-J'ai envie de toi, murmure-t-il à mon oreille.
-Prends-moi, je réponds dans un souffle.
La surprise se peint sur son visage, immédiatement remplacée par une infinie tendresse. Il me porte dans ses bras, me dépose doucement sur le lit. Me dominant de sa hauteur, son visage plonge sur le mien dans un nouveau baiser, baiser dans lequel la tendresse a laissé la place à une faim sauvage. Je me laisse investir par sa langue, puis ses lèvres descendent sur ma poitrine, mon ventre... Ses mains s'attaquent fébrilement à ma ceinture, déboutonnent ma braguette, me débarrassent de mes vêtements.
Je n'ai jamais vu Harry dans un état pareil. Lui, habituellement si calme, est devenu completement fou, comme s'il attendait ce moment depuis plus longtemps que moi...
Ses mains douces caressent mon érection, puis descendent entre mes jambes, où il introduit un doigt. Je gémis. Cela fait si longtemps que personne, pas même moi, ne m'a touché à cet endroit-là. Un deuxième doigt rejoint le premier. Je soupire, mélange de plaisir, de douleur, et d'appréhension. Un bruit de fermeture Eclaire attire mon attention. Harry se poste au dessus de moi, et bientôt, je le sens me pénétrer. Je m'accroche à ses épaules, comme si j'étais sur le point de tomber. Les yeux fermés, je cambre les hanches à sa rencontre. Une fois totalement rentré, il pousse un long soupir. Il me sourit.
Mon coeur s'emballe à la vue de cette expression tendre et sereine.
-Vas-y, je chuchote.
Alors il bouge, de plus en plus vite, de plus en plus fort, jusqu'à ce que nous nous écroulions sur le lit, bras et jambes emmélés, dans un long râle.

Allongé sur le ventre, j'ouvre les yeux. Harry est allongé à côté de moi, et son beau regard noir est soucieux. De plus, il semble gêné.
-Excuse-moi, dit-il en me regardant droit dans les yeux. Je ne voulais pas... enfin si, mais... pas pas comme ça...
-C'est ok, je réponds avec un sourire, tu peux recommencer quand tu veux.
Son visage se détend.
-Vraiment ? demande-t-il. Tu ne m'en veux pas ?
Je me rapproche de lui, et passe mes bras autour de sa taille, posant ma tête sur son ventre. Il glisse une main dans mes cheveux, les yeux fermés, un sourire flottant sur son visage. Impulsivement, je me rapproche de lui et l'embrasse. Ses bras se referment sur moi, et il dit :
-La prochaine fois, j'irai plus doucement...
-Comment ça, plus doucement ? je demande d'un air de défi. Comme ça ?
Mes lèvres s'emparent à nouveau des siennes. Je descends lentement dans son cou, puis sur sa poitrine lisse et musclée, où je m'empare de ses tétons qui m'ont tellement tentés au fil de ces années. Il pousse un gémissement, alors que je savoure ces morceaux de chair rose tant attendus. Je descends sur son ventre, retire jean et boxer qui ne l'ont pas quitté durant tout ce temps. Une magnifique érection me fait face. Je jette un coup d'oeil à Harry et je vois qu'il rougit. J'affiche un sourire railleur, et je plonge sur ce pénis dur, le léchant sur toute sa longueur avant de le prendre dans ma bouche.
-Sven...
Cette petite plainte m'excite au plus haut point. Je m'agenouille, chevauche les hanches de mon compagnon, prêt à m'empâler sur lui, mais il me retient, un sourire aux lèvres.
-Du calme...
Adossé à la tête du lit, il humecte un doigt dans sa bouche et le glisse en moi. Je soupire, m'accrochant à son cou. Ses lèvres se posent sur mon épaule, descendent lentement sur ma poitrine. Il remonte sur mes lèvres, resdescend sur l'autre épaule. Il glisse un deuxième doigt en moi, au moment où ses dents s'emparent d'un de mes tétons. La tête rejetée en arrière, je suis sur le point d'exploser.
-Harry, s'il te plaît...
Il prend mon visage entre ses mains, passe sa langue sur ma bouche, et au moment où cette langue franchit mes lèvres, je le sens me pénétrer en même temps. Je m'appuie sur ses mains et à l'aide de mes cuisses, je fais des vas et viens sur ce pénis dur. Et je crois que l'excitation dans les beaux yeux qui me font face me fait plus d'effet que ce sexe qui me pénétre. Je le vois se mordre la lèvre, sans doute dans un effort ultime pour tenir plus longtemps.
-Tu vas te faire mal, je dis en me penchant sur lui.
Je léche sa lèvre meurtrie, m'empare de sa bouche. Il gémit, passe un bras autour de mes épaules pour m'attirer contre lui, alors que son autre main se referme sur mon érection. C'est plus que je n'en peux supporter. Accroché aux épaules d'Harry, je jouis dans un long gémissement qui ressemble à un sanglot. J'ai l'impression de m'envoler, d'être pris dans une tornade. Harry me rejoint bientôt dans le tourbillon de l'orgasme.

Blotti contre sa poitrine large, j'essaye de reprendre ma respiration. Mon coeur bat à tout rompre et je me demande pourquoi je me sens aussi bien. Puis je comprends que je me pose des questions stupides. Je me suis toujours bien senti après qu'on m'ait baisé, pourquoi aujourd'hui serait-il une exception ? Si je me sens mieux que d'habitude, c'est simplement parce que je ne me suis pas fait sauter depuis longtemps...


Chapitre 31

-Tu arrives pile poil à l'heure, me dit Harry alors que je franchis la porte du bar dans lequel il travaille. Je reviens.
Debout près de l'entrée, je le regarde se diriger en direction d'une pièce réservée au personnel, j'en profite pour admirer son derrière moulé dans un jean bleu. Il ressort quelques instants plus tard. Il a troqué sa chemise noire à l'effigie du bar contre un t-shirt.
-On y va ? me demande-t-il.
Je sors du bar.
-Je vais enfin avoir cette batterie ! lance-t-il en passant un bras sur mon épaule.
Je me dégage de son étreinte. Ce n'est pas parce qu'on a passé la journée d'hier et la nuit à baiser qu'on est un couple ! Il ne relève pas, il prend peut-être ça pour de la timidité ou de la pudeur...
-J'ai failli avoir assez pour m'acheter ma voiture, ajoute-t-il.
-Comment ça "failli" ? je demande.
-Tu n'as pas vu la vieille bourge assise au fond ?
-Non.
Je ne regarde jamais les gens qui m'entourent. Ils ne m'intéressent pas.
-Hé bien elle m'a donné un très généreux pourboire, explique Harry. Et elle m'a dit qu'elle le multiplierait par cent si je venais passer la nuit chez elle.
-Et tu as refusé ? je demande.
-Bien sûr, il répond comme si c'était normal.
-C'est dommage. une fois, tu m'as dit que tu prenais le sexe au sérieux, que tu n'avais l'intention de faire ça qu'avec quelqu'un que tu aimes. Maintenant que tu sais dissocier ton coeur de ton corps, tu devrais en profiter.
Il affiche son sourire de sale gamin, mais son regard est intense.
Souvent, j'arrive à déchiffrer ses regards, mais là, je n'y parviens pas. Ou plutôt... ce que je vois ne peut ête réel. Non, ça ne se peut pas...


Harry est debout devant le plan de travail, à nous mitonner le repas, alors que je suis assis sur mon lit, guitare en main. Parfois, au lieu de remuer les ingrédients qui cuisent, il utilise les ustensiles comme s'il s'agissait de baguettes de batterie. Mais pas ce soir.
-Je t'avais demandé de faire tourner la machine à laver ! soupire-t-il. Ce n'était pourtant pas compliqué !
-J'ai oublié, je réponds.
Et c'est vrai, je n'y ai plus du tout pensé. J'ai passé la journée à jouer de la guitare, à essayer de composer et à m'entraîner.
-Franchement, on ne peut rien te demander...
Excédé, je pose ma guitare. Je n'ai plus envie de jouer.
-Tu sais, si tu n'es pas content, tu n'as qu'à rentrer chez toi, je réponds.
Je jette un oeil à la batterie qui trône fièrement dans un coin du salon. Depuis qu'il est allé acheter cet instrument maudit, il ne le quitte que pour aller travailler. Le soir, après son service, il rentre, pour ne repartir que le lendemain matin. Cela fait trois jours que ça dure.
Je suis pathétique. Jaloux d'un instrument de musique...
Comme pour confirmer mes doutes, Harry répond :
-Mais je préfère cet appartement, il a quelque chose que je ne peux pas abandonner...
Harry, pauvre con !

Ce soir-là, je me couche tôt, après avoir fumé un joint sous le regard désapprobateur d'Harry, et lorsqu'il me rejoint au lit, mon compagnon ne fait pas un geste dans ma direction. Je ne le vois pas. Non, je lui tourne le dos. Mais je ne sens pas sa chaleur. Je sais qu'il me tourne le dos également, et qu'il est allongé le plus près possible du bord.

Le lendemain matin, je suis réveillé bien avant qu'il ne parte travailler. Toutefois, je fais mine de dormir, même si je sais qu'il sait... Je l'entends lorsqu'il va à la salle de bains, puis lorsqu'il prend son petit déjeuner, et enfin lorsqu'il s'en va. Mais je ne bouge pas, je ne réponds même pas quand il me souhaite une bonne journée avant de fermer la porte.
En effet, il savait...
Dès qu'il est parti, je me lève, et je passe la matinée à jouer de la guitare. Puis je prends une douche et je descends en ville, où j'achète un sandwich au thon que je mange distraitement tout en marchant au hasard.
Peu après quinze heures, je me retrouve devant le bar dans lequel j'ai rencontré James. Je rentre.
Le serveur me fait un sourire et me sert un Coca-Cola avant même que je n'aie commandé.
-Salut, dit-il.
Je regarde ce grand blond et je réponds d'un hochement de la tête.
-Si tu attends James, je ne pense pas qu'il reviendra.
-Je ne l'attends pas, je réponds.
-Je ne l'ai pas revu depuis la dernière fois que tu es venu, poursuit le blond. Il a emprunté de l'argent et ne l'a pas remboursé. Personne n'a jamais trouvé son corps, mais d'après les rumeurs, ils ont utilisé ses organes pour rembourser ses dettes.
-Je m'en fous, je ne l'attends pas, je répète.
-Ah ? demande le serveur en arquant un sourcil.
Je bois une gorgée de Coca-Cola et je réponds :
-Pour moi, une bite est une bite, peu importe à qui elle appartient.
Le serveur regarde autour de nous et demande :
-Alors la mienne pourrait peut-être convenir ?
-C'est une bite, non ?
Le blond affiche un immense sourire.
-Je termine le service dans une heure et demi. Après, on fait ce que tu veux.
-Dans une heure et demi ? je demande. Pourquoi pas... sauf si je trouve quelqu'un d'autre avant...
-Je m'appelle Nick ! fait le blond.
-Ton prénom ne m'intéresse pas, je réponds, mais il est déjà en train de prendre la commande d'un client.
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Re: SDR - Tome 2 - De l'adolescence à l'âge adulte

Message par Mili le Lun 21 Juil - 17:51

Chapitre 32

Nick me suit dans les escaliers qui mènent à mon appartement. Je déverrouille la porte et nous entrons.
-Wah, la batterie et la guitare ! s'écrie-t-il. Tu sais en jouer ?
-Oui, même si la batterie ne m'appartient pas.
C'est vrai. Lorsque Harry est absent, la journée, je joue un peu de batterie de temps en temps, pour me défouler. Je m'en sors plutôt bien, d'ailleurs.
Je verrouille la porte derrière nous. Je sais que Harry va revenir, et il est temps qu'il comprenne qu'ici, c'est mon appartement, et que j'ai besoin d'intimité !
Je me tourne sur Nick. Il est aussi grand que Harry, mais de carrure plus modeste. Toutefois, il est plutôt bien fouttu. Je retire mes rangers et je vois que le serveur passe d'un pied à l'autre, comme s'il ne savait pas quoi faire.
-Tu es puceau ? je demande.
-Non, mais c'est la première fois que je fais ça avec quelqu'un que je viens de rencontrer.
-Tu sais, qu'on se connaisse depuis deux minutes ou dix ans, techniquement, ça se passe pareil, et ça finit toujours avec une bite dans le cul.
Il sourit mais garde son air hésitant. Pour le rassurer, je dis :
-Si ça peut t'aider, dis-toi qu'on se connaît depuis un moment vu qu'on s'est déjà croisés au bar dans lequel tu travailles.
Je pensais qu'il avait autour de trente ans, mais ses hésitations me font reconsidérer son âge. Vingt-cinq, peut-être moins.
-Tu veux une bière ? je demande pour le décoincer.
-Oui, avec plaisir.
Je sors une bière du réfrigérateur, vestige de la fameuse journée des résultats du bac, et voir Nick décapsuler la canette me fait penser à Harry. Harry, torse nu, avec un filet de liquide doré coulant le long de son cou jusque sur sa poitrine, son ventre...
Mon corps commence à réagir à cette pensée. Je retire mon t-shirt, fixant Nick droit dans les yeux. Ce dernier rougit. Il pose sa bière et avance vers moi, tout en retirant son t-shirt à son tour. Il le pose sur une chaise, et me prend dans ses bras lorsqu'il arrive à mon niveau. Il se penche vers moi. Toutefois, je tourne la tête et ses lèvres se posent sur ma joue.
-Je n'aime pas qu'on m'embrasse, je lance sans chercher à savoir ce qui m'a pris d'éviter ce baiser.
Mes lèvres ne sont pourtant pas réservées à Harry ! Jamais il n'aura ce pouvoir sur moi. D'ailleurs, il n'aura jamais aucun pouvoir sur moi.
Pour me prouver que ma bouche n'est pas qu'à Harry, je m'agenouille et déboutonne le jean de Nick. Je m'empare de son érection, que je léche et suce avec plaisir.
-Hé ! du calme ! s'écrie le serveur. A ce train-là, je ne vais pas tenir bien longtemps.
Il me prend par le bras et me relève. Puis il me pousse doucement sur le lit. A son tour, il défait mon pantalon tout en léchant ma poitrine. Je frémis en sentant ses dents mordiller mes tétons.
-Plus fort, je murmure.
-Ah, tu aimes quand c'est violent ? demande-t-il en retirant complètement mes vêtements restants.
-Ou...oui.
Il commence à me pénétrer d'un doigt, alors que son autre main s'empare de mon érection. Ses dents se transforment en crocs sur ma poitrine, et lorsqu'il me soulève et me pénétre sans prévenir, je suis obligé de mordre le dos de ma main pour réprimer un gémissement de douleur... de plaisir. Mes yeux s'embuent de larmes, je vois flou, mais je n'ai pas besoin de voir pour ressentir. J'ai l'impression d'être à l'agonie, je veux être délivré.
Nick me branle plus fortement tout en me pénétrant avec rudesse, et le noeud qui retient mon corps se relâche enfin. Je jouis dans un râle de plaisir.

-Hé bien, tu es endurant, fait Nick alors que je le suce afin de réveiller une érection. On a déjà fait deux rounds et tu en redemandes. Pourtant, tu n'as pas eu l'air de rester sur ta faim...
-Quand on découvre un bon plat, rien n'interdit de se reservir tant qu'il en reste encore, je réponds entre deux coups de langue.
Nick éclate de rire.
-Oui mais j'ai bien l'impression qu'il ne reste plus grand chose, là...
Son pénis durcit dans mes mains. J'affiche un sourire railleur tout en répondant :
-Manifestement, il en reste assez pour que je me reserve une fois...
-Alors bon appétit !
-Merci, je réponds en chevauchant ses hanches. Ne t'en fais pas, reste allongé, je m'occupe de tout.
Nick se redresse sous moi et s'agenouille, tout en maintenant mon corps sur le sien. Ses dents s'emparent de mes oreilles percées, mordillent mon cou, descendent le long de ma poitrine. Haletant, je passe mes mains autour de son cou afin de me retenir.
On frappe à la porte.
-Sven, tu es là ?
La voix de Harry perce le nuage de plaisir et de douleur qui m'entoure.
-Qui est-ce ? demande Nick.
-Je t'avais dit que la batterie ne m'appartenait pas...
-Sven, je viens de t'entendre parler ! Ouvre-moi !
-Lâche-moi, Harry, je suis occupé !
-Je te préviens, si tu n'ouvres pas cette porte, je...
-Tu quoi ? Je suis quand-même chez moiiiaaaaa...
Ma voix se brise quand Nick mord un de mes tétons déjà irrité par ses précédentes attentions.
-Sven, ça va ? demande Harry d'une voix inquiète.
-Oui...
J'entends un bruit de coup de pied. Je suis sur le point de me dégager de l'étreinte de Nick mais le serveur me retient.
-Tu as voulu ce troisième round, non ? demande-t-il avec un clin d'oeil.
D'une voix plus rauque, il ajoute :
-Tu savais qu'il allait venir, n'est-ce pas ?
Il me soulève, s'assoit sur le lit, et m'assois sur lui, dos à sa poitrine. Il me porte en passant ses mains sous mes cuisses, m'écarte les jambes, et me fait faire des vas et viens sur son sexe raide.
-C'est ça que tu voulais, hein ? Qu'il te voie faire ce genre de choses ?
-Arrête...
La porte se brise sous l'impact de Harry. Mon camarade rentre. Ses traits sont déformés par la fureur. Je me sens humilié d'être vu ainsi par lui, les jambes écartées, mon intimité exposée, tout comme les marques rouges sur tout mon corps.
J'ignore si cette humiliation m'excite inconsciemment. Toutefois, c'est ce moment-là que choisit mon corps pour me lâcher. Tendu comme un arc, il finit par se libérer dans une jouissance folle.


Chapitre 33


Je reviens à moi au contact de l'eau chaude. Je sens des bras me déposer dans la baignoire. J'ouvre les yeux et je vois Harry. Ses yeux sont rougis, son visage est pâle.
-Ca va ? me demande-t-il.
-Ca va, je réponds simplement.
-Je suis désolé, je n'aurais pas dû entrer alors que tu m'as dit que tu étais occupé. Mais... la dernière fois que tu m'as envoyé sur les roses alors que je voulais entrer, c'était...
-C'était quand j'ai voulu mourir, et j'ai lamentablement échoué...
-Sven... soupire Harry les yeux fermés, en prennant entre son pouce et son index la zone entre ses yeux, en haut de son nez, comme s'il souffrait d'un mal de tête dû à la sinusite.
Il ouvre à nouveau les yeux. Ils sont si noirs, si profonds, si tristes aussi.
-Je suis désolé. Je resterai cette nuit encore, comme ta porte est cassée, on ne sait jamais ce qui peut arriver. Demain, j'appellerai un réparateur et je te laisserai tranquille. Je reviendrai de temps en temps pour t'accompagner à la batterie, pour qu'on répète, quand tu auras envie. Mais je ne passerai plus à l'improviste. J'aurais dû me douter que pour toi, qui a toujours été seul et qui aimes tant la solitude, ça te serait difficile de vivre avec quelqu'un. J'ai été trop égoïste. J'ai également présumé de moi. Parce que tu as accepté de coucher avec moi, je pensais que nous avions une relation...
Je tourne les yeux, fixant un point sur le carrelage du mur, pour ne pas voir les larmes de Harry.
-Tu m'as déjà accepté plus que tu n'as jamais accepté personne d'autre, mais j'en demandais toujours plus...
Ta gueule, Harry ! Tu me donnes envie de pleurer, idiot !
Je plonge la tête sous l'eau afin de cacher mes yeux humides. Lorsque je ressors, Harry s'est levé du rebord de la baignoire où il était assis, et s'apprête à quitter la salle de bains, la tête basse. Alors je le prends par le bras et je l'attire dans la baignoire. Il me tombe dessus, et le choc me coupe le souffle.
-Sven ! s'écrie-t-il en prennant appuis sur ses coudes pour se relever. Ca va ? Je t'ai fait mal ? Mais qu'est-ce qui t'a p...
Je passe mes bras autour de son cou et je lui coupe la parole en scellant ses lèvres. Sa réponse à mon baiser a goût de tristesse et de désespoir, puis de surprise et de joie. Je sens mon coeur s'emballer. Je passe mes mains sous son t-shirt, caressant sa peau douce et chaude.
-Sven, pas ici, on va mettre de l'eau partout...
-Tu as déjà vidé la moitié de l'eau en me tombant dessus, je réponds d'un air innocent.
-Mais c'est toi qui m'a tiré par le bras !
-Je pensais que tu avais un peu plus d'équilibre...
Harry soupire.
-Ok, j'essuierai toute cette eau.
-Et moi, je ferai tourner une machine à laver, je réponds en fixant à nouveau le carrelage du mur d'un air peu concerné.
-Sven, murmure-t-il en me serrant dans ses bras.
D'un mouvement du bassin, il nous fait pivoter dans la baignoire, et je me retrouve allongé sur lui. Il éclate de rire en voyant ma surprise. Et je ne peux m'empêcher de sourire.
Harry, j'aime te voir rire. Ce serait bien si je pouvais admirer ce spectacle plus souvent. Malheureusement, je sais que je vais encore te faire mal, je vais encore mettre ta patience à rude épreuve. Parce que personne n'a jugé utile de rester près de moi. Je sais que je n'en vaux pas la peine. Alors toi qui fais l'effort de rester, je vais te tester encore et encore pour vérifier que je place bien ma confiance.
Je lui retire ses vêtements aussi rapidement que possible, et il m'attire à nouveau dans ses bras. Je soupire. Je me sens si bien contre cette poitrine chaude et douce dont le coeur bat à tout rompre. Contre mon ventre, je sens son pénis durcir. Il affiche un petit sourire gêné et me repousse.
-Désolé, dit-il, je crois qu'on devrait sortir de cette baignoire avant qu'un pote à moi ne se réveille totalement.
Je me frotte lascivement contre lui, et demande d'une voix aguichante :
-Pourquoi, tu ne veux pas que je t'aide à calmer ce pote en question ?
-Je ne veux pas risquer de te faire mal, répond Harry en fermant les yeux pour tenter de se maîtriser. Tu en as eu assez pour aujourd'hui, tu ne crois pas ?
Je m'avance, le visage en face du sien, et ses grands yeux se font interrogateurs.
-Oui, je réponds, mais ce n'était pas toi...
Je regrette immédiatement ma réponse, gêné.
Toutefois, Harry ne semble pas se rendre compte de mon mal-être. Il soupire. Ses mains se posent sur mes joues. Il attire mon visage et prend mes lèvres dans un baiser si doux et sensuel que les larmes me montent aux yeux.
-Tu vois, murmure-t-il en me serrant dans ses bras et caressant mes cheveux humides, c'est parfois difficile de rester près de toi, tu peux être vraiment dur. Mais rien que pour ces moments-là, je n'abandonnerais ma place pour rien au monde.
Bercé par ses mains qui caressent mes cheveux et mon dos, par sa respiration régulière, par son souffle qui frôle mon front, épuisé par les assauts de Nick, je finis par m'endormir. Parce que je suis en sécurité entre ces bras, contre ce corps, je sais que rien ne pourra jamais m'arriver.


Chapitre 34

Je me réveille dans mon lit, vêtu d'un boxer. J'ouvre les yeux. Harry est assis à la petite table, et lit un livre à la lueur du néon fixé en haut du lavabo.
-Tu vas te tuer les yeux !
Il sursaute et me regarde.
-Tu es réveillé...
-Oui, quelle heure est-il ?
Je me tourne pour regarder le réveil posé sur la table de chevet : il indique trois heures vingt.
-Tu ne travailles pas, demain ? je demande.
-Si.
-Tu devrais peut-être te coucher, non ?
-Pas possible. J'ai cassé ta porte. Je monte la garde.
-Ca ne risque rien, il n'y a que des petits vieux qui habitent ici.
-Raison de plus, c'est le rêve des cambrioleurs.
-La porte de l'immeuble est à code.
-Ils ont peut-être un ordinateur qui trouvera le code et...
Je me lève et je ferme son livre.
-Tu lis trop de romans policiers ! Tu crois que les vieux qui vivent dans un une pièce ont des trésors et qu'ils attirent les voleurs ? Viens te coucher, idiot, sinon tu vas être complétement épuisé demain. Et arrête de lire dans le noir.
-Tu as perdu ma page, soupire Harry en éteignant néanmoins le néon avant de me suivre vers le lit.
Il se déshabille, se couche. Je me blottis contre son corps chaud. Je me sens si bien que j'en aurais presque envie de ronronner.
-Sven, murmure-t-il en caressant mes cheveux.


-Tu es là ? je peux rentrer ? fait la voix d'Harry dans le petit haut-parleur près de ma porte fraîchement réparée.
Je me lève de mon lit et me dirige jusqu'à l'interphone, ma guitare à la main.
-Pourquoi tu ne montes pas, tu connais le code, je réponds.
-Parce que je ne vois pas l'intérêt de monter si tu es absent ou... occupé.
-Je suis occupé, je joue de la guitare, mais tu peux monter.
Quelques instants plus tard, on frappe à la porte. J'ouvre.
-Grande nouvelle ! lance Harry en entrant. J'ai demandé à mon patron et il est d'accord pour qu'on joue un soir par mois dans son bar !
-Vrai ? je demande en dissimulant ma joie de mon mieux.
-Oui ! Notre première a lieu jeudi soir de vingt heures à vingt-deux heures !
Je soupire.
-Je n'ai écrit que trois chansons. Nous ne tiendrons pas deux heures...
-Ce n'est pas grave, nous pouvons chanter autre chose !
-N'importe quel groupe peut chanter des reprises, je réponds. On en voit partout, des groupes qui chantent du Nirvana, du Beatle's ou je ne sais quoi...
-Alors chantons du rock japonais ! C'est très peu connu, ça nous différenciera !
Il saute sur le tabouret de sa batterie et demande :
-Tu es prêt ?
-Mais je n'ai encore jamais essayé !
-Hé bien essaye ! Maintenant !
-Je ne parle pas japonais !
Harry soupire, et se pince le haut du nez entre le pouce et l'index, signe de nervosité.
-Je me démène pour nous trouver un bar et toi, tu es tellement négatif...
-Je demanderai à Nick qu'il touche un mot à son patron, je réponds.
-Je le lui demanderai moi-même, fait Harry un peu trop vite.
Harry... Peut-être que tu n'aimes pas que je couche avec d'autre types. Mais si ce n'est pas Nick, ce sera un autre.
J'ignore pourquoi mais je ne peux me résoudre à dire ces paroles haut et fort.
Je m'assois sur mon lit, et j'essaye de jouer un morceau d'un groupe japonais.
-Dis ? me demande Harry en s'allongeant sur le ventre, juste derrière moi.
-Oui ?
-Tu as déjà aimé quelqu'un.
Je réfléchis un instant, puis je réponds :
-Non. Aimer quelqu'un, c'est prendre le risque d'être rejeté. Or j'ai été bien assez rejeté comme ça. Je préfère m'attacher aux objets. Ce que j'aime le plus, c'est cette guitare. Elle ne me rejettera jamais, elle ne pourra jamais me dire "je ne t'aime pas, tu n'es rien pour moi." Elle ne m'abandonnera jamais. Si une corde casse, je la remplacerai, si elle s'abime, je la réparerai...
-C'est vrai que c'est dur d'aimer quelqu'un. On est exposé, fragile. Mais c'est tellement émouvant de se dire que la personne qu'on aime sourit grâce à nous.
Je me retourne, surpris.
-Tu aimes quelqu'un ?
-Ca m'est déjà arrivé.
Comme le sujet ne m'intéresse pas outre mesure, je reprends ma chanson à la guitare. Après tout, qu'il ait aimé ou pas, ça ne me concerne pas.
-Mon patron m'a demandé le nom de notre groupe, fait-il après un moment. J'ai répondu "Dark Diana".
-C'est nul, d'où t'est venu un nom pareil ?
-De ton humeur lunatique : Diane est la déesse de la lune. Et de ta manière de courir après les hommes : Diane est également déesse de la chasse, même si elle chassait les biches et souhaitait garder une virginité éternelle.
-Pourquoi le titre n'est-il en rapport qu'avec moi ? Je ne suis pas seul dans ce groupe.
-Non, c'est vrai, fait Harry avec son sourire de sale gamin. Je fais la biche.
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Re: SDR - Tome 2 - De l'adolescence à l'âge adulte

Message par Mili le Lun 21 Juil - 17:51

Chapitre 35

-Salut Sven.
Je salue Nick d'un geste de la tête.
-Désolé pour l'autre fois, j'y suis peut-être allé un peu fort.
Il se masse la joue et ajoute :
-D'ailleurs, Harry n'y est pas allé de main morte non plus. Tu aurais dû me dire que c'était ton petit copain.
-Ce n'est pas mon petit copain.
-Et pourtant, il a réagit comme tel.
-Il est un peu protecteur, c'est tout...
J'hésite puis je dis :
-Harry et moi jouons dans un bar, une fois par mois. Est-ce que ton patron voudrait que nous jouions ici aussi ?
-Je lui en toucherai deux mots, répond Nick.
-Merci. Tu termines à quelle heure vendredi après-midi ?
-J'arrête à seize heures et je reprends à vingt, pourquoi ?
-Parce que pour le moment, je dois m'exercer pour jeudi soir, mais vendredi à seize heures, tu peux venir chez moi si tu veux...
-Ton chien de garde ne sera pas là ?
Je hausse les épaules.
-Il finit plus tard le vendredi. Et de toute manière, il a appris à se servir de l'interphone.
-Alors je te donnerai la réponse de mon patron vendredi, fait Nick avec un clin d'oeil. J'arriverai vers seize heures trente.


Alors que Harry monte la batterie à la place du babyfoot qui a été poussé contre le mur pour l'occasion, les discutions vont bon train. Le bar est bondé, suite à la publicité affichée au mur, et toutefois, les clients ricanent de voir qur Dark Diana ne se compose que d'un guitariste et un batteur tous juste sortis de l'adolescence.
Hier, Harry s'est acheté une épave, pour ne pas dire une voiture de merde, avec ses économies. Parce que pour déplacer la batterie, à la main, ça n'aurait pas été possible. Il est donc l'heureux propriétaire d'une vieille 104 vert bouteille que je trouve vraiment moche, mais qui roule. Et qui, contre toute attente, est assez spacieuse pour contenir les caisses de la batterie. Prenant part, moi aussi, à ce groupe, j'ai investi dans les micros. Il faut dire que je ne travaille pas, et mon faible revenu paye à peine mon loyer et ma nourriture.
Les gens assis aux tables discutent, fument, et boivent sans nous regarder, à présent, sauf de temps à autre pour se moquer. Je place les micros, les ignorant de mon mieux. Je jette un regard à Harry, et je le vois, serein, assis derrière sa batterie complétement montée.
-Tu es prêt ? me demande-t-il.
Je réponds d'un simple hochement de tête. J'avance vers le micro.
-Bonsoir. C'est notre premier concert, alors soyez indulgents.
La foule éclate de rire. Je baisse la tête, décontenancé. Toutefois, derrière moi, Harry ne se laisse pas démonter. Je l'entends entrechoquer ses baguettes pour donner le signal du départ. Alors je commence à jouer, ignorant la fumée de cigarette qui m'irrite la gorge, ignorant le brouhaha des consommateurs, je suis dans ma bulle, seul avec Harry.
Nous commençons avec quelques chansons des Smashing Pumpkins puis de Nirvana, pour attirer l'attention du public avec de la musique qu'il connaît. Et ça fonctionne, les converations diminuent, les regards qui se posent sur nous ne sont plus moqueurs mais intéressés, puis captivés.
L'entrain me gagne, et nous poursuivons sur d'autres chansons, de groupes japonais cette fois. Toutefois, par égard pour ma mémoire et également pour l'intérêt du public, nous n'avons choisi que des chansons en anglais.
L'attention ne diminue pas, bien au contraire. Certains tapent du pied ou des mains pour nous accompagner. Le bar qui était déjà bondé, se remplit davantage. J'ai peine à y croire.
Par moments, je me retourne sur Harry. Je ne peux m'empêcher de sourire en voyant son visage sérieux et concentré. Il répond à mes sourires et je me sens encore plus fou, plus motivé à conquérir ce premier public.
Finalement, nous terminons notre concert sur les chansons que j'ai écrites, et lorsque je vois les gens tenir leurs briquets en l'air quand je chante "Ces idées-là", je sens les larmes me monter aux yeux.

Après notre dernière chanson, les applaudissements retentissent, et certaines personnes insistent pour nous offrir à boire.
Assis en face d'Harry à une table, ma guitare posée près de moi, j'attends ma consommation. Le patron de Harry vient et pose devant nous un Coca-Cola, puis il dit :
-Je vous veux tous les vendredis soirs ! Sans exception !
-Je finis plus tard, le vendredi soir, proteste Harry.
-Si vous me rapportez autant de monde, je pourrai embaucher une serveuse en plus ! Alors, pour le vendredi soir ?
Harry m'interroge du regard. Il doit lire ma réponse dans mes yeux car il sourit, et répond :
-Oui !
Le patron éclate de rire.
-Bien joué mes gars !
Il ébouriffe les cheveux d'Harry puis dit :
-Je ne vais pas vous faire rechanter demain soir, mais venez vendredi prochain à la même heure !
Harry et moi, nous nous regardons, puis nous hochons la tête de concert.


Chapitre 36

Lorsque je me réveille, Harry est déjà prêt à aller travailler. Il vient s'assoir sur le lit et passe une main dans mes cheveux.
-Tu devrais dormir encore, on est rentrés tard hier.
-Ca va, je réponds en me redressant.
-Comme tu veux.
Il dépose un baiser sur mon front et lance :
-Bonne journée.
-Ouais, toi aussi...
Moi, ma journée ne peut qu'être bonne, je sais que Nick va venir me sauter...
Je passe ma matinée à jouer, alternant entre la guitare et la batterie. Vers quinze heures, je vais prendre une douche, puis je mange un morceau avant l'arrivée du serveur.
-Youhou !
Je sursaute en entendant l'interphone grésiller. Je me lève et après avoir appuyé sur le bouton commandant le déverrouillage de la porte de l'immeuble, je fais :
-Entre, c'est ouvert.
Quelques instants plus tard, on frappe. J'ouvre.
-Salut, lance Nick en entrant.
Je réponds pas un simple hochement de la tête.
-J'ai parlé à mon patron, il veut que vous alliez le voir ce soir pour en parler avec lui, dit-il avant de me pousser en direction du lit.
Ses yeux bleus lancent des éclairs, éclairs qui se logent directement dans mon bas-ventre. Il ne me laisse pas le temps de répondre quoique ce soit ni même de le remercier. Je tombe allongé sur le lit. Il m'emprisonne en se positionnant à quatre pattes au dessus de moi.
-Que veux-tu, cette fois-ci ? demande-t-il.
Je lève la tête, rive mes yeux aux siens, et je fais d'une voix sourde :
-Fais-moi mal.


-Un compte joint ? je demande en déballant un carton de vêtements.
-Oui, un compte sur lequel nous verserons de l'argent tous les mois, et duquel sera tiré le loyer, la bouffe, nos besoins communs, répond Harry en finissant de monter mon armoire.
Nos concerts marchent très bien, depuis deux ans, à tel point qu'Harry et moi avons décidé de vivre ensemble puisque nous en avons les moyens. Nous jouons tous les soirs de la semaine, sauf les dimanches et lundis soirs.
L'idée de vivre avec Harry ne m'enchantait pas plus que ça, mais après tout, comme il vivait quasiment chez moi, à présent, il est chez lui aussi.
Nous avons chacun une chambre, et la pièce commune est munie d'un bar derrière lequel est installée une petite kitchenette. Nos meubles se limitent pour le moment à deux armoires et un seul lit, le mien.
Pas que je me plaigne de devoir dormir avec Harry jusqu'à ce qu'il ait le sien propre. Au contraire. Depuis deux ans, il squatte mon appartement, ma cuisine, mon lit. Comment vais-je faire lorsqu'il aura son propre lit ?
-Je pourrai m'acheter quelques bouquins, maintenant que j'ai arrêté de mettre de côté.
-Des bouquins ? je demande.
-Ben oui ! Figure-toi que j'aime lire ! Pour quelle raison crois-tu que j'ai choisi de faire un bac littéraire ?
Je ne trouve rien à répondre. Pour moi, si Harry avait choisi cette filière, c'était pour me suivre. Je ne m'étais même jamais posé la question tant ça me semblait évident.
Harry s'accroupit près de moi, et demande :
-Quel est le sens de ce regard triste ?
-Moi, un regard triste ? je remande en affichant un sourire railleur. J'ai simplement envie de baiser.
Il prend mon menton dans sa main pour incliner mon visage, et dépose un baiser sur mes lèvres.
-Alors faisons le, murmure-t-il.
Son souffle chaud sur ma bouche encore humide me fait frissonner. Les cartons de vêtements deviennent les derniers de mes soucis, alors que je sens ses mains se glisser sous mon pull, sur mes reins, là où je suis si sensible.
Depuis le temps, il connaît mon corps mieux que personne. Il est le seul à avoir pris la peine de connaître mes points sensibles. Je suppose qu'il l'a fait pour deux raisons. Tout d'abord, depuis qu'on se connaît, il a toujours cherché à me faire plaisir. Et ensuite, il croit que je ne le laisserai plus me baiser si je n'ai pas un plaisir maximum.
Harry, si tu savais... Rien que me prendre un coup de bite me fait plaisir...

Ses yeux brillent de mille feux alors qu'il retire mes vêtements, et chacun des frôlements de ses mains provoque chez moi un frisson.
Allongé sur le sol, entre les cartons épars, je le regarde retirer sa chemise. Sa peau semble si douce, je ne peux m'empêcher de m'arrimer à ses épaules et l'attirer à moi dans une étreinte désespérée.
Tout en le serrant contre moi, je sens une de ses mains se glisser sous mes fesses alors que l'autre tente de retirer son jean noir. Il me pénétre du doigt. Mes lèvres ne peuvent quitter les siennes. Je manque d'air mais je ne peux me résoudre à me détacher de lui.
-Idiot, murmure-t-il en redressant la tête afin de reprendre son souffle.
Ce faisant, je sens son sexe rentrer en moi. Et là, les larmes coulent sur mes joues. Parce qu'après cela, je vais à nouveau me retrouver seul. Un mur pour nous séparer, c'est trop, moi qui étais habitué à ses bras autour de moi pendant mon sommeil. Mais lui, il a voulu sa propre chambre.
Harry me relâche. Je le sens dur contre moi, et pourtant, il libère mon corps de son étreinte.
-Je ne peux pas continuer, soupire-t-il. J'ai envie de toi, mais pas comme ça...
C'est vrai, je ne bande même plus. En fait, je n'avais pas envie de baiser. J'avais juste envie qu'il s'occupe de moi.
-Tu es fatigué, dit Harry en se relevant. Viens te coucher, nous finirons demain.
Je n'insiste pas. Mais une question frôle mon esprit.
-Harry, quand tu dis "nous finirons demain", tu veux dire que nous finirons de ranger, ou de baiser ?
Un sourire égaye son visage sérieux, et il répond :
-Qui sait ?


Chapitre 37

Je me couche près d'Harry, qui me serre dans ses bras, fidèle à son habitude.
-Ca va mieux ? demande-t-il en essuyant mes yeux encore humides.
Je me fais pitié ! Je suis vraiment ridicule !
-Sven ?
-Oui, ça va ! je réponds avec agressivité.
-Tu es bizarre depuis que nous avons commencé à emménager. Si quelque chose ne va pas, tu peux en parler...
-J'étais juste habitué à dormir avec toi, je ne comprends pas pourquoi tu as tenu à ce que notre appartement possède deux chambres, je réponds un peu trop vite.
Harry soupire et son souffle me chatouille le front.
-Tu m'as dit une fois que tu avais besoin d'intimité. Comme cet appartement est à nous deux, tu auras ta chambre pour... recevoir du monde, quand l'envie t'en prendra. Et si jamais tu veux dormir avec moi, ma porte te sera toujours ouverte.
Comme si j'allais frapper à sa porte, comme un gamin qui va chercher du réconfort parce qu'il n'arrive pas à dormir sans son ours préféré.
Je ferme les yeux. La main d'Harry qui passe dans mes cheveux m'apaise, tout comme son bras réconfortant dans mon dos.
-Dors, murmure-t-il, le déménagement t'a épuisé...
Blotti contre sa poitrine rassurante, je ne me fais pas prier.


Trois jours plus tard, Harry reçoit son nouveau lit. Assis sur le mien, je joue de la guitare pendant qu'il le monte le sien. Et qu'il ne compte pas sur moi pour l'aider ! J'ai conscience d'agir en gamin égoïste et capricieux, mais je n'arrive pas à me comporter autrement.
Sur un coup de tête, je pose ma guitare, je sors de ma chambre et je quitte l'appartement. Je franchis la porte d'un bar dont j'ai l'habitude puisque j'y joue tous les mercredis soirs, et je m'assois.
-Salut Sven, me dit Candy, la serveuse. Harry n'est pas avec toi ?
-Ca ne se voit pas ?
-Toujours aussi souriant et communicatif, toi ! me fait-elle. Heureusement que tu ne tires pas une tête pareille quand tu joues ! Qu'est-ce que je te sers ? Un Coca ?
-Comme d'hab', je réponds.
La serveuse m'apporte ma consommation et me pose la note à côté.
-Ce n'est gratuit que lorsque tu joues...
Je lui donne le montant exact.
-Merci pour le pouboire, fait-elle en tournant les talons.
Je ne supporte pas cette fille. Elle a une de ces manières de regarder Harry, lorsque nous sommes sur scène... Je me demande s'il n'a pas voulu une chambre particulière pour pouvoir coucher avec elle.
-Salut Sven.
Je me retourne. Je vois un homme brun à lunettes rectangulaires, vêtu d'un pantalon à pinces et d'une chemise blanche. Il me sourit. Et je reconnais...
-Louis ?
J'ai bien failli ne pas me souvenir de lui. Il n'avait pas de lunettes, la dernière fois que je l'ai vu.
Son sourire s'élargit. Il me serre dans ses bras, puis prend place en face de moi.
-Salut mon gars, comment ça va, depuis le temps ?
-Très bien, et vous ?
-Ca va... Je passe souvent dans ce bar et je t'ai vu plusieurs fois jouer avec ton ami. Vous faites vraiment un beau duo, tous les deux ! Vous êtes ensemble ?
-Pas plus que je ne suis avec quelqu'un d'autre, vous savez...
-C'est dommage, je suis sûr que tu serais heureux avec lui.
-Je le suis. Il baise bien. Je n'ai pas besoin de rien de plus.
-Tu as grandi, mais en quatre ans, tu n'as pas évolué d'un pouce.
-Vous avez des nouvelles de William ? je demande autant pour changer de sujet que par réel intérêt.
-Il est toujours au Japon. Il revient nous voir de temps en temps. Tout se passe bien pour lui même si c'était assez difficile au début. Le japonais n'est pas une langue facile.
-J'imagine... Et quand est-ce qu'il revient ?
-Tu veux le revoir ?
-Non, je réponds vivement, je cherchais juste à entretenir la conversation.
Louis lâche un petit rire.
-Il revient tous les étés, en juillet, il reste quinze jours chez moi, et quinze jours chez Mika. Il me demande souvent de tes nouvelles. Il était vraiment content quand il a vu que tu as eu ton bac !
-Et comment l'a-t-il appris ?
Louis hausse les épaules, comme si j'étais débile.
-Il a regardé dans le journal ! Il savait dans quel lycée et quelle filière tu étais, et avoue que les Sven, ça ne court pas les rues...
Je ne peux m'empêcher de sourire. William, même s'il est parti, m'abandonnant à Harry, continue à me regarder de loin.
-J'aimerais le revoir...
-Je suis sûr que lui aussi, l'aimerait, j'en suis certain. Malheureusment, voir que tu n'as pas changé d'un iota le rendra seulement triste. Triste de voir que tu es toujours aussi perdu. Triste de voir que son sacrifice n'a rien changé...
Mon sang ne fait qu'un tour dans mes veines et je me lève, hors de moi.
-Son sacrifice ? je demande d'une voix sourde. Vous ne croyez pas que ça m'a rendu triste de voir qu'il était parti ? Il a décidé seul de ne plus me baiser ! Il a décidé seul de son départ, et s'il en a souffert, s'il en souffre encore, c'est bien fait pour sa gueule ! Je ne lui avais rien demandé d'autre que me baiser ! Il a voulu arrêter, puis s'en aller ! C'est son choix.
-Sven, murmure Louis alors que je tourne le dos et quitte le bar sans finir ma boisson.
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Re: SDR - Tome 2 - De l'adolescence à l'âge adulte

Message par Mili le Lun 21 Juil - 17:53

Chapitre 38

Fou de rage, j'avance dans la rue sans voir personne. Les bruits de pas derrière moi ne tardent pas, mais je ne me retourne pas, même lorsqu'on me prend par le poignet.
-Lâchez-moi.
-Calme-toi, Sven, me dit Louis. Viens chez moi.
-Faire quoi ?
-Parler.
-Ca ne m'intéresse pas.
J'entends Louis soupirer.
-Que tu ne te respectes pas, c'est une chose. Mais que tu ne respectes pas ceux qui t'entourent, c'en est une autre. Tu préfères que les seules personnes qui s'intéressent à toi ne s'intéressent qu'à ton cul ? J'ai l'impression que tu respousses volontairement les personnes qui t'apprécient, ainsi tu ne prends pas le risque d'être abandonné.
-Arrêtez votre psychanalyse à deux balles ! J'ai refusé de rencontrer tous les psys qu'on m'a proposé de voir, ce n'est pas pour que vous me fassiez chier avec vos conneries !
-Et pourtant, tu en as vu un... Mais ce psy était trop impliqué émotionnellement et physiquement pour tenter quoi que ce soit...
Je me retourne sur Louis. Et je l'observe pour la première fois. Ses lunettes aux épaisses montures noires encadrent ses yeux verts, et ses cheveux trop longs bouclent sur le col de sa chemise.
-Vous êtes psy ? je demande éberlué.
Il éclate de rire.
-Non, je suis architecte. Par contre, Micka est psy. Alors, tu viens boire un verre chez moi ?
Je hoche la tête. De toute manière, je n'ai pas envie de rentrer chez moi, Harry m'emmerde. Je suis Louis et je demande :
-Vous n'avez pas peur que je revienne vous voir le mois prochain pour rendre visite à William ?
-Je comptais l'amener à votre concert, de toute façon. Il est déjà venu vous voir l'an dernier, tu sais, mais il est resté éloigné et nous sommes partis dès que vous avez eu fini de jouer. Il avait les larmes aux yeux, tu semblais si heureux, si souriant, en réelle harmonie avec ton ami. Il pensait réellement que tu avais changé d'état d'esprit.
Il déverrouille la porte d'une maison et je me rends compte qu'il habite près de mon immeuble.
-Entre.
J'obéis. Louis me précède dans le salon.
-Assis-toi. Tu veux boire quelque chose ?
-Non merci.
Je prends place sur le canapé. Il s'assoit en face de moi dans un fauteuil.
-De quoi vouliez-vous parler ? je demande mal à l'aise sous son regard scrutateur.
-De toi. De ce que tu fais quand tu n'es pas sur scène avec Harry, par exemple...
-Je joue de la guitare, j'écris des chansons, et je baise.
-Les chansons que tu as écrites sont très belles. J'ai d'ailleurs beaucoup de mal à imaginer que quelqu'un comme toi, qui n'aime personne et qui n'a pour but que se faire sauter, ait écrit une chanson telle que "Ces idées-là".
-Après que vous et William soyez partis de chez moi, la dernière fois que nous nous sommes vus... je n'ai plus baisé pendant deux ans... Alors je me raccrochais à Harry, puisque cet idiot était toujours là. Et à ce moment-là, il était moins là, et j'étais seul...
-Très gentil pour Harry. Il était ton bouche-trou, c'est le cas de le dire.
-Je ne lui ai rien demandé, c'est lui qui était là ! C'est lui qui m'a empêché de crever ! Si c'était pour m'abandonner par la suite, il n'avait qu'à me laisser en finir dans ces putains de chiottes ! Il n'avait qu'à laisser faire les deux mecs qui m'ont violé et voulaient ensuite me découper pour vendre mes organes...
Louis soupire.
-Je pensais que tu n'avais pas changé, mais je me suis trompé. Tu as encore régressé.
-Sale con !
Je me lève et sors de la maison au moment où Mickael était sur le point de sonner.
-Sven ! C'est bien toi ?
Je le pousse de mon chemin.
-Cassez-vous, espèce de sale menteur !
-Menteur ?
-Vous vous souvenez, quand je me suis réveillé, sur le lit, la dernière fois qu'on s'est vus, vous m'aviez dit que vous n'étiez pas psy...
-Et c'était vrai. A ce moment précis, je n'étais qu'un homme impuissant devant ta détresse, trop impliqué pour pouvoir y faire quoique ce soit...
-La seule chose que vous puissiez faire, c'est me sauter.
Michael secoue la tête.
-Non, Sven, je ne peux rien faire... Par contre, je connais quelqu'un qui peut faire quelque chose pour toi, il suffit que tu lui ouvres ton coeur.
Ouvrir mon coeur ? Comme si j'étais maso à ce point !
Je quitte cette maison, les larmes aux yeux. Je me sens plus misérable que jamais. Je rentre chez moi. Harry est allongé sur son lit, un livre à la main.
-Tu es rentré, dit-il en quittant sa chambre dès qu'il me voit. Sven, ça va ?
-J'ai juste besoin qu'on me baise, est-ce si compliqué ?
Harry soupire.
-Non, ça ne l'est pas.
Il me serre dans ses bras, et répète d'une voix douce :
-Ca ne l'est pas, pas du tout. Viens, baptisons mon nouveau lit...


Chapitre 39

-Harry ? je demande alors que mon compagnon est au dessus de moi, occupé à déboutonner ma chemise.
-Oui ?
-Comment on fait pour ouvrir son coeur ?
Harry me dévisage, et ses grands yeux noirs sont remplis de tendresse. Il prend mon visage entre ses mains, et il répond :
-Pour certains, c'est inné. Pour d'autres, ça peut prendre du temps, mais il suffit qu'ils trouvent quelqu'un qui possède une clé solide et beaucoup de patience, et ça finira par arriver.
-Même si la serrure est rouillée ?
-Même si la serrure est rouillée, confirme Harry avec un sourire doux.
Il se penche sur moi, dépose un baiser d'une légéreté infinie sur mes lèvres alors que ses mains terminent de défaire ma chemise. Ses lèvres descendent dans mon cou, sur ma poitrine qui commence à se couvrir de frissons. Mes mains passent dans les cheveux bruns d'Harry pour l'encourager dans ses caresses divines. Comment fait-il pour être aussi bon ?
Ses dents s'emparent d'un de mes tétons, qu'elles mordillent doucement. La tête rejetée en arrière, je pousse un long râle alors que sa main masse mon érection à travers mon jean. Ce mélange de douleur et de plaisir est insoutenable.
-Harry...
Ses dents passent à mon autre téton, et ses mains défont ma braguette. Libéré de cette pression sur mon sexe, je soupire de soulagement. Il passe une main sous mon boxer, et me caresse lentement de haut en bas.
Mes doigts descendent sur sa nuque, et je l'attire à moi. Car moi aussi, j'ai envie de le toucher. Comme s'il avait lu dans mes pensées, il fait passer son t-shirt par dessus sa tête. Je le serre dans mes bras, caressant la peau nue de son dos, frémissant quand sa poitrine s'écrase sur mes tétons devenus douloureusement sensibles à cause de ses morsures. Une de mes mains se promène sur son dos, alors que l'autre descend sur ses fesses.
-Sven...
Prenant les choses en mains, je défais sa braguette et descends son pantalon et boxer pour caresser ses fesses sans entrave. Je sais combien il aime ça. Et aujourd'hui, en ayant parlé de lui à Louis, en lui ayant dit qu'il avait toujours été là pour moi, j'ai envie de lui faire plaisir de la seule manière que je connais.
Laissant mes mains sur ses fesses, je nous retourne pour être au dessus de lui, et à mon tour, je léche sa poitrine magnifique, mordillant les pointes roses qui semblent m'appeler. Je libère une de mes mains pour le débarrasser entièrement de ses vêtements, et je plonge sur son érection. Je retire à la hâte mes vêtements restants, et après avoir passé deux doigts dans ma bouche, je fais glisser ma main au bas de mon dos.
Harry gémit. J'ignore si cela vient de mes lèvres ou de la scène que j'offre à ses yeux mi-clos, mais je suis heureux de lui faire plaisir.
Je remonte lentement sur son corps, je me laisse glisser le long de son pénis dressé. Harry et moi poussons le même gémissement. Il pose une de ses mains sur mon érection, la caresse doucement, puis de plus en plus vite. Mon corps suit son rythme. Toutefois, Harry ne tarde pas à se retourner sur moi.
-J'en veux plus, murmure-t-il à mon oreille. Je veux te sentir partout, pas uniquement sur mes hanches.
Comblé, je passe mes bras autour de son cou, lui offre mes lèvres dont il s'empare sans attendre, tout en commençant ses coups de reins. Une de mes mains se détache pour caresser son dos qui commence à se couvrir d'une pellicule de sueur, puis ses fesses musclées...
Les yeux fermés, j'apprécie le contact de ce corps sur le mien. Mes jambes se nouent autour de ses reins, comme pour l'attirer plus loin en moi. Je me cambre davantage pour lui offrir un meilleur angle.
J'ai rarement ressenti une intensité pareille, tout mon corps est en surchauffe.
-Harry, je vais...
-Viens, chuchote-t-il.
Mon corps se crispe, et d'un coup, toute la pression se relâche. Emporté par cette mer déchaînée, je m'accroche encore plus aux épaules d'Harry, comme si j'allais me noyer. Contre moi, il se tend, et je sens sa semence me remplir. Je pose une main sur sa nuque, caressant ses cheveux humides. Son souffle court brûle le creux de mon cou. Il est sur le point de quitter mon corps, mais je le retiens, de mes bras et de mes jambes.
-Je vais t'écraser, proteste-t-il entre deux halètements.
-Ce n'est pas grave, au moins, je serai mort heureux, je réponds avec un sourire.
-Idiot...
Je tire un drap sur nos corps humides et enlacés, puis mes bras se placent à nouveau autour du cou d'Harry. Je n'ai pas l'intention de le lâcher avant un moment. Parce que même si j'en ignore la raison, c'est le sexe avec Harry qui est le meilleur, ce sont les baisers de lui seul que j'accepte.
-Harry ?
-Oui ?
-Comment fais-tu pour être aussi bon ?
-Je suis si bon que ça ? demande-t-il avec son sourire de sale gamin.
-Non, c'était ironique...
Son sourire meurt peu à peu sur son visage. Je pose mes mains de part et d'autre de sa mâchoire et je m'approche à un souffle de ses lèvres.
-Je plaisante.
Il sourit à nouveau, puis chuchote :
-Si je te disais mon secret, tu ne le croirais pas, alors en attendant, je vais me contenter de te le montrer, je vais continuer à être aussi bon que possible.
Idiot, Harry, tu es le meilleur. Mais je ne peux pas te le dire. Je ne peux pas te laisser avoir un tel pouvoir sur moi. Toutefois, j'aimerais bien connaître ce secret...
Comme s'il voulait faite taire les questions qui trottent dans ma tête, il s'empare de mes lèvres. Les yeux fermés, je ne peux que répondre à un baiser aussi tendre.


Chapitre 40

Epuisé, je me laisse tomber sur une chaise, ma guitare sur les genoux. Harry s'assoit en face de moi, ses baguettes à la main. Il pose une main sur mon épaule, et son regard se fait soucieux. Je suis sûr qu'il est sur le point de me demander si je ne suis pas trop fatigué.
-Félicitations, les garçons, nous fait le patron du bar en nous apportant un Coca-Cola à chacun, vous avez été fantastiques.
-Content que ça vous ait plu, je réponds avec un sourire.
-Si ça m'a plu ?? Si j'étais un peu plus démonstratif, et moins vieux, je brandirais une pancarte comme ces filles là au fond. Ah, Sven, pendant que j'y pense, une jeune fille a laissé ça pour toi.
Il me tend une enveloppe sur laquelle il n'y a que mon prénom.
-Une nouvelle fan ? demande Harry avec son sourire de sale gamin.
-La ferme, je réponds en ouvrant l'enveloppe.
J'en sors une feuille de papier, que je manque de laisser tomber en voyant la signature.

"Très cher Sven,
Je viens souvent voir tes concerts. Ce soir, papa, maman et mon frère, nous sommes venus tous les quatres, mais tu ne nous as certainement pas remarqués. Tu étais vraiment extraordinaire. Si j'avais su que tu parviendrais à ne faire qu'un avec une guitare, je t'en aurais acheté une il y a longtemps.
Mais le principal est que tu sois heureux. Et heureux, tu avais l'air de l'être, en jouant. Tu étais magnifique, digne des plus grands pros.
Nous sommes tous les quatre très fiers de toi. Je sais que tu ne le feras pas, peut-être parce que nous n'avons pas su voir tes blessures comme Harry, mais passe nous voir quand tu veux.
Ta plus grande fan,
Sarah"

La feuille me tombe des mains. Harry s'en empare mais je la lui prends des mains. Je sors mon paquet de cigarettes de ma poche, duquel j'extirpe mon briquet coincé entre deux tiges de mort, et je brûle le papier dans un cendrier.
-Sven... murmure Harry.
Je m'allume une cigarette, songeur, et mon regard se pose sur une pancarte appuyée au mur, au fond de la salle, à côté de la table de deux filles. Sur ce panneau est écrit en gros "Sven, on t'aime". Je trouve ça ridicule. D'autant plus qu'elles ne sont pas les seules à agir de la sorte.
-Pourquoi ces idiotes se mettent-elles en position de faiblesse ? je demande après avoir tiré sur ma cigarette.
-Comment ça ? me demande Harry en haussant un sourcil interrogateur.
-Je sais que ces pancartes ne sont que des manifestations débiles de fans, mais pourquoi se mettent-elles volontairement en position de faiblesse, à clâmer leur prétendu amour ?
-Pour toi, montrer ou dire son amour, c'est se mettre en position de faiblesse ?
-Bien sûr. Je suis incapable d'aimer, mais si je l'avais été, j'aurais été encore plus vulnérable, plus blessé.
Harry pose une main sur la mienne, un sourire doux aux lèvres.
-Aimer ne rend pas faible, au contraire. En ce qui me concerne, lorsque j'aime quelqu'un, je pourrais déplacer des montagnes pour cette personne. Je n'ai jamais été aussi fort qu'en aimant quelqu'un. Sans même le savoir, elle m'a donné la force d'oublier mes propres ennuis et de me consacrer uniquement à elle.
-Mais cette personne ne t'a jamais fait de peine ? Elle ne t'a jamais blessé ?
-Si. Mais l'amour donne aussi la force de pardonner.
-Tu lui pardonnerais tout ? je demande surpris.
Le sourire d'Harry disparaît, remplacé par son sérieux habituel.
-Non, il y a une chose que je ne lui pardonnerais jamais. Si elle venait à mourir, je ne le lui pardonnerais pas.
Je plonge dans les grands yeux noirs en face de moi. Harry semble si sûr de son amour, de ses sentiments, de la force que cela lui procure. Je me demande qui j'envie le plus : lui, ou la personne qu'il aime ?

Ce soir-là, lorsque nous rentrons, Harry m'emmène directement dans sa chambre, me tennant par la main. J'ai tout juste le temps de poser ma guitare.
-Que se passe-t-il ? je demande en riant. Tu as envie de baiser à ce point ?
-Non, mais j'ai sommeil et toi aussi. Et je veux que tu dormes avec moi.
Nous nous déshabillons dans l'obscurité, nous nous couchons. Mon compagnon me serre dans ses bras, fidèle à son habitude. Ma main se pose dans son dos, et comme mue d'une volonté propre, caresse sa peau douce.
-Harry ? je demande.
-Hmm... répond-il d'une voix étouffée.
-Pourquoi est-ce que tu dors et baises avec moi si tu aimes quelqu'un ?
Pour toute réponse, j'entends la respiration régulière de mon colocataire. Cet idiot s'est endormi. Je ferme les yeux, blotti contre sa poitrine lisse et musclée, et je ne tarde pas à sombrer, moi aussi, dans le sommeil.
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Re: SDR - Tome 2 - De l'adolescence à l'âge adulte

Message par Mili le Lun 21 Juil - 17:54

Chapitre 41

J'essuie la sueur qui coule de mon front, tout en déchargeant les cartons de la voiture d'Harry pour les transporter dans le bar. Je n'en peux plus, cet été est vraiment caniculaire, et ce n'est pas parce que je déteste le froid que j'apprécie une telle chaleur.
-Ca va aller ? me demande Harry en ressortant du bar.
-Oui, ne t'inquiète pas.
Il prend un nouveau chargement de cartons et me suit dans le bar. Je le pose et retourne à la voiture chercher ma guitare, alors qu'Harry prend le dernier carton.
-Si c'était à refaire, je jouerais du pipeau, c'est plus facile à transporter, fait-il avec un sourire.
J'éclate de rire, imaginant notre duo : un guitariste et un flutiste.
-Je doute de notre succès mais si jamais tu veux essayer, la prochaine fois, je lance avec un clin d'oeil.
Il verrouille la voiture, et nous retournons dans le bar, où nous montons la batterie.
-Je vous serre à boire, les garçons ? nous demande Candy, la serveuse.
-Un Coca bien frais, je réponds.
-La même chose, s'il te plaît, fait Harry sans même la regarder, occupé après sa batterie.
Avec une moue déçue, Candy tourne les talons, et je ne peux m'empêcher de sourire, sans savoir pourquoi.

Nous sommes sur le point de commencer notre concert, lorsque je vois trois hommes franchir la porte restée ouverte du bar. L'un d'entre eux est grand, blond, et je sais que derrière ses lunettes de soleil, ses yeux verts perçants ont croisé les miens. Je manque d'en lâcher ma précieuse guitare tellement je suis surpris. Le public commence à s'inquièter et je lui souris.
-Ce n'est rien, juste la chaleur, j'ai les mains moites, je dis en posant mon instrument.
Je me dirige vers Harry, assis derrière sa batterie, et je murmure à son oreille :
-Enlève-moi mon t-shirt.
Je lève les bras. Il sourit, et fait passer le vêtement par dessus ma tête. Je m'apprêtais à le prendre pour m'y essuyer les mains, mais il m'attire à lui et dépose un baiser rapide sur mes lèvres. Puis il lance mon t-shirt dans la salle, en direction de William.
Harry...
Ses yeux noirs lancent des éclairs, et son visage est plus sérieux que jamais. Je comprends le message qu'il adresse à William. "Maintenant, c'est moi qui le baise. Toi, tu n'as que les miettes."
Je le regarde, surpris. Harry est jaloux ? Comment peut-il ?
Je foudroie mon vieux compagnon du regard, et de surprise, il tombe assis sur le tabouret de sa batterie.
-Je fais ce que je veux ! Avec qui je veux ! Compris ?
Puis je me penche et léche ses lèvres. Il s'ouvre à moi, ma langue pénétre sa bouche, et je fais juste un aller retour dans ce paradis avant de rejeter ma tête en arrière, comme essouflé.
Harry, tu as compris, n'est-ce pas ? Tu as compris que même si je baise avec d'autres, c'est toi le premier ?
Je me dirige vers l'avant de la scène, où des sifflements joyeux et des applaudissements fusent. Je repère une pancarte, sur laquelle en dessous du "Je t'aime Sven" est écrit "Le couple le plus sexy de l'année".
Le couple ? N'importe quoi...
Je trouve William assis à une table. Ses lunettes sont posées en haut de sa tête, maintenant ses cheveux blonds en arrière. Ses yeux verts, que je m'attendais à voir furieux ou jaloux, semblent pétiller de joie. Je ne peux m'empêcher de lui sourire, tout en passant la courroi de ma guitare autour de mon cou, et il me fait un clin d'oeil.
Le public est déchaîné.
Je m'approche du micro.
-Désolé pour ce contre-temps. Je tiens bien ma guitare, maintenant.
Le public éclate de rire. Je souris puis je lance :
-Ce soir est une soirée exceptionnelle. Tout d'abord, parce que quelqu'un que je n'ai pas vu depuis trop longtemps est venu me voir.
Je me tourne, fais un clin d'oeil à Harry, puis j'ajoute :
-Et aujourd'hui, ça fait deux ans exactement que Harry et moi, avons notre bac ! Ca fait exactement deux ans que nous avons fêté ça... à notre manière. Et maintenant, musique !
Fidèles à notre habitude, nous jouons quelques morceaux que nous reprennons d'autres artistes, puis ceux que nous avons composés nous-même. Toutefois, le temps passant, la liste de nos propres compositions s'est allongée.
Lorsque je chante "Ces idées-là", le public agite des briquets, et chante avec moi.
C'est ça, la vie rêvée d'artiste. Prendre du plaisir à créer quelque chose, et voir que ce qu'on crée plait à d'autres.

Je descends de scène, exténué, tenant toutefois ma guitare. Harry me suit, ses baguettes à la main. La sueur dégouline de mon front, mes tempes, goutte le long de mon cou. Toutefois, cela n'empêche pas William de me serrer dans ses bras.
-Tu es une petite merveille, fait-il, un immense sourire aux lèvres. Mieux que ça, tu es un diamant qui a trouvé la lumière qui sait l'éclairer de la plus belle manière qui soit.
-La lumière qui sait l'éclairer ? je demande tout en me libérant de son étreinte. Vous parlez de ma guitare ?
-C'est ça, oui. C'est bien ta guitare qui te rend aussi heureux, qui te fait sourire, qui te fait afficher un air aussi comblé, non ? fait William en faisant un rapide clin d'oeil à Harry.
-Oui, je réponds. Bien sûr, que c'est grâce à cette guitare.
William éclate littéralement de rire, comme si en plus d'être musicien, j'étais devenu comique.
-Assis-toi, dit-il. Toi aussi, Harry.
Nous prennons place à la table, où le patron du bar vient nous féliciter et nous amener un Coca-Cola. Louis et Mickael sont là, et sourient comme s'ils partageaient un secret connu d'eux seuls. William pose mon t-shirt sur mes épaules.
-Tiens, mets ça, ce serait dommage que tu t'enrhumes.
Il se lève, pose une main sur l'épaule d'Harry, et fait avec sérieux :
-Je peux te parler ?
Mon vieux camarade se lève et le suit d'un air aussi sérieux. Je suis prêt à me lever, mais Mickael me retient par le poignet, un sourire rassurant aux lèvres.
-Laisse-les, il ne va rien leur arriver.
Rougissant, je passe mon t-shirt pour cacher mon visage.
-Qui vous a dit que je m'inquiétais ? je demande avec plus d'agressivité que je ne le voulais. J'ai envie d'aller aux toilettes.
-Ben voyons, répond Louis. Alors, raconte-nous un peu ce jour des résultats du bac ! Quelle est cette manière particulière dont vous avez fêté ça ?
Pour une raison que j'ignore, je n'ai pas envie de leur dire que Harry et moi, avons couché ensemble. J'ai envie de garder ça pour moi. Alors je réponds :
-Ce jour-là, pour la première fois, Harry et moi... nous nous sommes bourré la gueule.
Le sourire qui montait sur les visages des deux hommes s'éteint lorsque j'achève ma phrase. Désolé les gars, je peux me montrer à vous complétement nu, et même vous attendre les jambes écartées, mais tout ce qui concerne Harry, je le garde pour moi.


Chapitre 42

Lorsque William et Harry nous rejoignent, ils paraissent détendus, et échangent des regards entendus. Mon colocataire s'assoit à ma droite, alors que son interlocuteur prend place à ma gauche.
-Qu'est-ce que vous vous êtes dit ? je demande, curieux.
-J'ai proposé à Harry de me tenir compagnie cette nuit, répond William.
Surpris, je les regarde tous les deux. Ils semblent aussi sérieux l'un que l'autre.
-Je peux venir ? je demande.
Harry se lève, poussant un long soupir.
-Je sais que tu ne ressens rien pour moi, mais après la manière dont tu m'as embrassé tout à l'heure... Laisse tomber... Je vais démonter la batterie. Je pars dans une heure.
Il quitte la table et fend la foule en direction de son instrument.
-Tu es vraiment un pro pour blesser ceux qui tiennent à toi, fait William en me souriant avec douceur. Louis n'avait pas menti : tu n'as pas changé.
Instinctivement, je caresse les cordes de ma guitare. Je lève la tête et je regarde l'homme d'affaires dans ses yeux verts si tristes.
-Si j'ai proposé de venir avec vous, c'est parce que... j'aimerais que personne d'autre que moi ne touche Harry.
William passe une main dans mes cheveux ébouriffés.
-Alors tu devrais le lui dire.
-Je n'en ai pas le droit ! Il ne m'a jamais interdit de coucher avec d'autres, lui.
-Peut-être parce qu'il a peur de te perdre s'il le fait, répond Mickael. Peut-être qu'il se dit que s'il le fait, tu préféreras le laisser tomber pour continuer à en voir d'autres.
-Ou peut-être qu'il s'en fout ! Il a tenu à ce que notre appartement ait deux chambres, justement pour que je puisse amener d'autres types.
Je repense à la manière dont il a réagi la première fois qu'il m'a vu avec Nick. Mais c'était différent. Il pensait que lui et moi formions un couple. A présent, les choses sont claires.
Afin de changer de conversation, je demande :
-Et le Japon, bien ?
-Le Japon, ça va... Et les Japonais, miam !


Ma guitare à la main, je monte les marches menant à notre appartement. Cet idiot d'Harry est rentré sans moi !
J'ai dû vraiment le blesser...
J'ouvre la porte, je pose mon instrument. Je retire mes chaussures, et je traverse la pièce principale pour me rendre dans la chambre d'Harry, où j'entre sans frapper. Il est allongé sur le dos, les yeux grands ouverts fixés au plafond.
-Qu'est-ce que tu fais là ? me demande-t-il sans même tourner la tête. Tu as tellement pleuré lorsqu'il est parti, tu aurais dû en profiter maintenant qu'il est là. Surtout vu ce que tu avais l'intention de faire avec lui ce soir...
Je m'allonge près d'Harry et le serre dans mes bras.
-Etre avec quelqu'un qui est parti, ou avec quelqu'un qui est resté ? Mon choix est vite fait...
Comme il me regarde, de la surprise, plein les yeux, j'ajoute :
-Quant à ce que j'avais l'intention de faire ce soir... Mon intention était plutôt de t'empêcher de le faire. Je sais que je suis un gamin geignard et égoïste, et que je n'ai pas le droit de te dire ça étant donné le nombre de partenaires que j'ai, mais... Je n'ose même pas t'imaginer avec quelqu'un d'autre, et si ça arrive, je ne veux pas le savoir !
-Sven...
Harry passe une main dans mes cheveux. Son expression est plus douce et tendre que jamais.
-C'est pour ça que tu voulais te joindre à nous... Oh Sven...
Je me recule, heureux que l'obscurité cache mes joues rougissantes, et je bredouille :
-Oui, bon, pas la peine d'en faire tout un plat.
Il m'attire au creux de ses bras et m'embrasse à m'en couper le souffle. Puis il dit :
-Tu es souvent égoïste, cruel, chiant...
-Merci, je réponds avec une pointe d'humour.
-Mais tu peux être tellement mignon et adorable, par moments... Je comprends pourquoi je t'... je te suis depuis ces années.
Je regarde Harry. Son regard se fait fuyant et son expression gênée. "Je comprends pourquoi je t'..." Qu'était-il sur le point de dire ? Toutefois, je ne pousse pas ces réflexions plus avant lorsque je sens une main se faufiller sous mon t-shirt. Mon esprit devient blanc, et j'oublie tout ce qui n'est pas cette main qui me caresse avec tant de douceur.
Harry, il n'y a que toi qui arrive à me faire tout oublier d'un simple toucher.
-Si tu veux que je ne sois qu'à toi, tu n'as qu'un mot à dire, fait-il en retirant mon t-shirt.
Je regarde sa poitrine dénudée, son corps si tentant, son sourire de sale gamin.
Cela fait cinq ans qu'Harry me suit partout, qu'il me rassure, m'aide à dormir, me soigne, me sort du bain, me tient compagnie, partage mes silences, et surtout, qu'il subit mon égoïsme. Je ne peux pas lui en demander plus.
Alors je secoue la tête en signe de négation. Non, Harry. J'aimerais bien ne pas te partager, mais je ne peux pas te demander ça.
Une lueur fugitive de tristesse passe dans ses grands yeux noirs. Mais j'ai dû rêver car le temps que je cligne des yeux, j'ai à nouveau en face de moi le sale gamin et son sourire racaille. Sourire, d'ailleurs, qui se retrouve bientôt dans mon cou, descendant jusqu'à ma poitrine alors que ses mains se posent sur mes fesses.
C'est si bon que j'en aurais pleuré. Mais Harry se recule. Il quitte la chambre, sans un mot.
-Harry...
Comment oses-tu me laisser comme ça ? Abruti !
Toutefois, mon colocataire revient, une bière dans chaque main.
-Deux ans, ça se fête !
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Re: SDR - Tome 2 - De l'adolescence à l'âge adulte

Message par Mili le Lun 21 Juil - 17:55

Chapitre 43

Je prends la bière qu'Harry me tend, surpris.
-Je n'aime pas fêter les anniversaires, mais pour deux ans de sexe, je pourrais faire une exception...
Mon camarade me regarde, d'un air faussement outré.
-Je ne parlais pas de deux ans de sexe ! Je voulais fêter les deux ans de notre bac !
Je ne peux m'empêcher de rire à cette remarque complétement débile. Toutefois, mon rire se bloque dans ma gorge lorsque je vois Harry porter la boisson à ses lèvres. Je suis des yeux le liquide doré et mousseux qui coule le long de son cou, puis sur sa poitrine, sur son ventre...
D'un air exaspéré, je pousse un long soupir.
-Décidément, tu ne sauras jamais boire à la canette !
Je garde sous silence le fait que je ne m'en plains pas. Je m'avance jusqu'à lui et léche son ventre, répétant la même scène qu'il y a deux ans. Mon coeur bat à tout rompre en me remémorant la première fois où j'ai pu toucher ce corps sans me cacher. Je remonte jusqu'à sa poitrine, lentement, prenant le temps de déguster cette peau lisse et douce, alors qu'une de mes mains frôle la bosse nettement formée dans le boxer d'Harry. Je fais glisser ma canette froide sur un téton dressé et mon ami pousse un soupir qui rend mon jean trop serré. Mais ça ne me dérange pas. Tout ce que je veux, ce soir, c'est faire plaisir à ce corps si viril et sexy. Ainsi, même s'il n'est pas qu'à moi, il trouvera tous les autres fades, sans goût, comparés à moi.
Je glisse une main dans son boxer et caresse son pénis érigé.
La tête rejetée en arrière, la mâchoire crispée, je devine qu'Harry tente de se maîtriser. Je mordille un de ses tétons, laissant son jumeau subir la torture du froid, et remonte encore, suivant la coulée de bière qui s'est presque évaporée sur cette peau brûlante. Je lèche ses lèvres sèches, les franchis, taquine sa langue.
-Sven, murmure Harry...
Je décapsule ma bière. Mon partenaire me regarde. Je lui souris, puis fais couler le liquide dans son cou, sur sa poitrine. Toutefois, au lieu de remonter cette chute alcoolisée, je la descends, commençant par son cou, sans jamais retirer ma main de son boxer.
Ma langue suit la mousse sur sa poitrine, alors que ma main libre tire sur son sous-vêtement afin de le retirer, puis je descends sur son ventre, prenant mon temps, laissant le liquide arriver à destination.
Je le rattrape enfin lorsqu'il arrive au bas du ventre de mon compagnon, et ma bouche finit par prendre la place de ma main.
-Sven...
Je ne réponds pas, même si ses suppliques me font plus d'effet que je n'aurais pu l'imaginer. Je me concentre sur ce pénis gonflé de plaisir dans ma bouche, j'en apprécie sa chaleur, alternant les coups de langues et jeux de lèvres. Je sens avec plaisir Harry glisser ses mains dans mes cheveux, et je devine qu'il ignore lui-même s'il souhaite m'empêcher de continuer ou m'y encourager.
-Sven...
Trop tard. Je sens un liquide chaud et salé envahir ma bouche, tandis qu'Harry crispe ses doigts dans mes cheveux. Je grimace sous le coup de la douleur, mais je ne le libère que lorsqu'il se laisse tomber en arrière, sur le lit. Je le suis dans sa chute, léchant au hasard les gouttes de sueur qui perlent sur sa poitrine.
-Démon, fait-il entre deux goulées d'air.
Il pose ses mains sur mes fesses, et jette un oeil à nos corps enlacés, lui complétement nu et moi vêtu de mon jean horriblement serré au niveau de la braguette. Avec un sourire de sale gamin, il lance :
-L'un de nous est trop habillé, et ce n'est pas moi...
Il se retourne sur moi, et me libère enfin de mon vêtement, soulageant mon érection douloureuse. Toutefois, je comprends presque le sens de l'expression "prendre une douche froide" lorsqu'il vide sa bière sur mon pénis dressé.
-Idiot ! je lance. Ton lit va être trempé.
Je pensais que le liquide glacé allait calmer le feu qui bouillonnait en moi, mais c'était sans compter la bouche chaude qui prend possession de moi juste après. Le contraste entre les deux températures est aussi puissant qu'une décharge électrique, d'autant plus qu'Harry glisse un doigt humide en moi.
-Pour le moment, chuchote-t-il entre deux coups de langues, mon lit est le dernier de mes soucis.
Je cambre des hanches, à la rencontre de sa main. Et à vrai dire, son lit m'importe peu à moi aussi. Tout mon corps n'est que sensations, mon ventre me brûle, et ni la bouche ni la main d'Harry ne sont faits pour me calmer.
-Plus vite, je halète. Plus fort.
Comme s'il avait décidé de me contrarier, mon compagnon ralentit le rythme de sa main, alors que sa langue me frôle à peine. Je bouge mes hanches, pour imposer mon propre rythme, mais il me bloque sans effort apparent de sa main libre.
-Harry, sadique !
-Etant toi-même un peu masochiste, je pense qu'on va bien s'entendre...
Je lui lance un coup de pied pour me venger, mais il s'empare de ma cheville, qu'il léche, parcourant mon mollet, l'intérieur de ma cuisse. Ses cheveux frôlent mon érection, attisant davantage le feu qui me consume. Ses lèvres contournent mon pénis, pour ma plus grande frustration, et remontent sur mon ventre, ma poitrine. Ses dents s'attaquent à mes tétons aussi durs et dressés que possible. Je lâche un râle de plaisir en sentant cette douce torture. J'aimerais qu'il me morde plus fort, mais je sais qu'il ne le fera pas. Harry est trop gentil pour me faire mal, même si je le lui demande.
A ma grande joie, je le sens enfin faire son entrée. Je passe mes bras autour de son cou, l'attirant plus profondément en moi. Sa peau douce, bien qu'un peu collante de bière, me comble presque autant que son pénis lorsque je la sens contre moi.
Avec mes autres amants, seules comptent la douleur et la pénétration. Alors qu'avec Harry, la douceur, la tendresse, les baisers rendent cet acte encore meilleur. Etrange, pour moi qui aime principalement la douleur, la torture...
Je m'empare des lèvres d'Harry, fermant les yeux afin d'apprécier davantage son étreinte. Sa peau contre la mienne, ses lèvres contre les miennes, son pénis en moi, tout cela est si bon que j'en ai envie de pleurer.
Je m'accroche à son cou au point de l'étrangler. Mais il ne me repousse pas. Pas Harry...
Il me sourit tendrement, passant une main sur mon front pour en écarter une méche noire qui s'y perd.
-Sven, murmure-t-il.
Bientôt, son sourire se fige. Il tente de se contrôler, il veut durer le plus longtemps possible. Alors à mon tour, je lui souris, niche mon visage au creux de son épaule, et sans relâcher mes bras autour de son cou, je chuchote à son oreille :
-Venons ensemble.
Quelques coups de reins supplémentaires et nous crions notre plaisir, haletants.


Chapitre 44

Epuisés, en sueur, Harry et moi quittons la scène, moi ma guitare à la main et Harry ses baguettes dans sa poche. Nous prennons place à une table, acceptant avec reconnaissance un Coca-Cola bien frais que nous apporte un serveur.
Mon compagnon désigne d'un mouvement de la tête un homme, quelques tables plus loin, et me dit :
-Ce type a une tronche qui ne me revient pas.
Je regarde l'homme en question. Blond, avec une fine paire de lunettes dorées, il a environ quarante-cinq ans. Ses cheveux ont l'air d'avoir été coiffé au gré du vent, et il semble ne pas s'être rasé depuis une semaine. Il porte un vieux jean et une chemise qui ont connu des jours meilleurs.
L'homme capte mon regard et me sourit. Je tourne la tête, gêné.
-Depuis au moins un mois, il est à tous nos concerts, ajoute Harry. Tous les soirs, quelque soit le bar, il est là. Et... il te déshabille du regard. Je n'aime pas ça.
-Ca change des petites pisseuses qui crient "je t'aime", je réponds avec un sourire en coin.
-Je ne plaisante pas, insiste Harry. Je suis réellement inquiet !
Je regarde à nouveau l'homme en question, et encore une fois, je croise son regard.
-Sois plus discret, fait Harry en soupirant.
-Désolé...
L'homme se lève et quitte sa table, venant dans notre direction.
-T'as gagné, dit Harry. Maintenant, il va venir te draguer...
-Désolé... je répète, sans le penser le moins du monde.
-La ferme, le voilà !
En effet, celui dont nous parlons depuis la fin de notre concert arrive à notre table.
-Excusez-moi de vous déranger, dit-il avec un sourire. Je m'appelle Graham, et... vous voir jouer sur scène, comme ça... Ca me donne vraiment envie de vous produire.
-Produire comment ? je demande avant qu'Harry n'ait eu le temps de l'envoyer sur les roses.
-Produire, quoi... Enregistrer des CD, faire des concerts dans de plus grandes salles...
Il me regarde et ajoute :
-Tu as vraiment beaucoup de talent, et tu as le physique qui va avec. Tu ferais un tabac !
-Vous voulez me produire moi seul, ou avec Harry ?
-C'est toi qui m'intéresse, mais comme tu auras besoin d'un batteur, Harry peut venir aussi.
-Quel serait le nom du groupe ? Vous garderiez celui qu'on a actuellement ?
-Pourquoi pas ? Il sonne bien alors ça me va. Alors ?
-Alors...
-Nous allons réfléchir, me coupe Harry.
-Sage décision, répond Graham en me tendant sa carte. Appelez-moi dès que vous aurez pris votre décision, ou si vous avez des questions.

-Harry ?
-Hmmm...
-Tu dors ?
-Hmmm... Plus maintenant...
-Désolé.
-Pas grave...
Mon compagnon se retourne et me regarde. Malgré l'obscurité de la chambre, je sens ses yeux posés sur moi.
-Qu'y a-t-il ? demande-t-il.
-Tu en penses quoi, de la proposition de Graham ?
-Et toi ?
-Ca fait plus de six ans que nous nous produisons dans les bars, et j'aime toujours autant jouer avec toi. Mais si nous avons l'occasion de passer à un niveau supérieur, ce serait bête de ne pas la saisir.
-Tu as raison. Mais je persiste à dire que je trouve ce type louche ! Cette manière qu'il a de te regarder... L'instant d'avant, ses yeux sont d'une tristesse incroyable et l'instant d'après, il ressemble à un loup prêt à te dévorer.
-Il est peut-être fou amoureux de moi ! je lance en éclatant de rire.
Harry me sourit et j'ajoute :
-Non, il est peut-être louche mais pas débile.
-C'est vrai que pour être amoureux de toi, il faudrait vraiment être complétement dingue.
Pour une raison que je ne cerne pas, cette remarque, venant de mon vieil ami, me fait plus mal qu'une giffle. Mais je ne dis rien, je ne montre rien. Après tout, c'est moi qui ai tendu le bâton pour me faire battre.
Toutefois, après un sourire et une main qu'il me passe dans les cheveux, j'oublie tout de ce qu'il vient de dire. Parce que c'est lui, qu'il est là depuis dix ans, et que sans lui, j'aurais manqué beaucoup de choses, dont les nuits dans ses bras, les baisers enflammés, le coeur qui bat même si je n'en définis pas la raison.
-Alors demain, j'appellerai Graham ! Et j'irai le voir.
-Nous irons le voir, rectifie Harry en me serrant dans ses bras. Et maintenant, dors.
-Bonne nuit Harry...
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Re: SDR - Tome 2 - De l'adolescence à l'âge adulte

Message par Mili le Lun 21 Juil - 17:56

Chapitre 45

-Mais c'est un château, cette maison ! je m'écrie dès qu'Harry se gare devant chez Graham.
-Il doit y avoir une erreur, répond mon compagnon en vérifiant l'adresse. Ce type ressemblait à un clodo, il ne peut pas vivre dans un tel palace.
-Ah, vous voilà !
Nous nous tournons en direction de la voix. Un homme blond sort de la bâtisse. Il ressemble à Graham, avec ses cheveux blonds et ses yeux marron cerclés de montures dorées, mais ses vieux vêtements sont remplacés par un costume qui semble hors de prix, et l'homme s'est manifestement coiffé et rasé.
-Il me paraît encore plus louche comme ça, fait Harry à mon oreille alors que nous rejoignons Graham.
L'homme nous accueille et nous entrons chez lui.
-Je n'ai encore rien aménagé, mais les répétitions se passeront ici, explique notre futur manager. Je suppose que vous avez des contrats avec les bars dans lesquels vous travaillez.
Harry hoche la tête et répond :
-Oui, notre plus long contrat se termine dans trois mois.
-Très bien, d'ici là, j'aurai le temps de terminer la formation.
-La formation ? je demande.
-Hé bien oui... Un groupe formé d'un guitariste et d'un batteur, c'est un peu léger. Je vais recruter et bassiste et un joueur de synthé.
L'homme nous regarde, puis fait d'une voix posée :
-Dark Diana va faire un carton. Croyez en moi.
Ses yeux marron se braquent sur Harry et dit :
-Tu peux nous laisser. J'ai certaines choses à voir avec Sven et tu n'es d'aucune utilité.
-Quelles choses ? demande Harry sur la défensive.
-Les textes, et les vêtements. Tu n'es pas concerné puisque tu ne chantes pas et pour tes vêtements, ils ne se verront pas, caché derrière ta batterie.
Comme il m'interroge du regard, je lui souris et dit :
-C'est bon, Harry, je rentrerai en bus.

Graham me guide dans son bureau et annonce :
-Je n'ai encore fait aucun contrat, je ne sais pas exactement comment tout cela va se passer, mais nous aurons trois mois pour en parler.
Il s'écarte de moi et demande :
-Tourne.
Je m'exécute.
-Je comprends pourquoi toutes les nanas hurlent ton nom, tu as vraiment un beau cul.
-Vous voulez le voir de plus près ? je demande sur un ton de provocation.
Graham esquisse un sourire.
-Toi et moi, je sens qu'on va bien s'entendre.
Il s'approche de moi et plaque une main sur mes fesses.
-Moi aussi, je réponds.
Il s'appuie contre moi, et je sens une érection contre mes fesses. Il passe une main à l'intérieur de mon jean, sous mon boxer, et glisse un doigt en moi. Je soupire.
-Quelle réactivité, fait-il avec un sourire narquois.
Il retire sa main et je réprime un gémissement de frustration.
-Nous verrons ça un autre jour, dit-il en jetant un oeil par la fenêtre. Ton petit ami risque de s'impatienter. Suce-moi simplement.
-Harry n'est pas mon petit ami.
Docilement, je m'agenouille devant notre futur manager. J'ouvre sa braguette et je sors son pénis raide. Je le porte à mes lèvres, et le parcours de la langue, avant de le prendre dans ma bouche.
-Alors qui est-il ?
-Juste un pote de lycée, mon colocataire, et je couche avec de temps en temps, rien de plus.
-Oh, rien de plus, vraiment...
Je ne comprends pas vraiment les allusions de Graham et je ne m'y attarde pas, je poursuis ma fellation, heureux de voir l'effet que je produis sur ce vieil homme. Ses doigts crispés dans mes cheveux imposent leur rythme, que je m'empresse de suivre, jusqu'au moment où je sens un liquide aigre-doux couler dans ma bouche. Je peine à tout avaler, et je sens l'encolure de mon t-shirt devenir humide.
-Vraiment bon, fait Graham en poussant un soupire. Y'a pas à dire, tu sais y faire. Allez, va rejoindre ton colocataire avant qu'il ne ponde un oeuf de nervosité !
-Ponde un oeuf ? je demande en m'essuyant la bouche.
-Puisqu'il a l'air de jouer les mères poules...
Je ne trouve rien à répondre.
-Bon, je vous tiens au courant pour le déroulement des choses. Dès que j'ai trouvé les deux membres manquants et aménagé la salle, nous commencerons à répéter, concerts le soir ou pas.
-Compris, je réponds.
Je quitte la maison et retrouve Harry sur le parking. Il jette un oeil à l'encollure de mon t-shirt et soupire.
-Je savais qu'il était louche...


Epilogue

Assis dans un fauteuil, ma guitare à la main, je regarde Harry tout en jouant des notes au hasard. Depuis une semaine, il garde une barbe de deux jours, tout ça parce qu'un matin, au réveil, je lui ai dit qu'il était sexy lorsqu'il n'était pas rasé. Harry est définitivement trop mignon !
Ca fait maintenant vingt ans que nous nous connaissons, six ans que j'ai enfin compris que je l'aimais... six ans aussi que je suis malade, même si je suis tellement habitué à la trithérapie que je ne sens plus les effets secondaires.
Cela fait dix ans que nous connaissons Graham. Graham tour à tour ami, amant, père. Graham sans qui je serais encore sans doute à chanter dans les bars la nuit et me faire baiser par n'importe qui le jour. Graham qui m'a tant donné et à qui j'ai tout pris. Graham qui est mort dans un lit d'hôpital en me tenant la main, affaibli par le virus que je lui ai transmis, même s'il a répété que ce n'était pas ma faute.
-Qu'est-ce que tu regardes ? demande Harry en levant les yeux de son livre.
Je lui souris. Je pose ma vieille guitare au sol, et je vais m'assoir sur les genoux de mon compagnon.
-J'étais en train de repenser à ces dernières années, et... je me posais une question.
-Ah ?
-Qu'est-ce que vous vous êtes dit, William et toi, le soir des "deux ans de notre bac" ?
Harry éclate de rire, sûrement à cause de l'expression débile qu'il avait donné à cette fête.
-Il m'a dit adieu et m'a demandé de prendre soin de toi jusqu'à ma mort. Il m'a demandé de faire pour toi ce que lui ne pouvait pas faire.
Il me serre dans ses bras et ajoute :
-J'ai répondu que je n'avais pas besoin qu'il me le demande, que mon existence était centrée autour de la tienne, et que je ferais tout pour toi.
-Quel idiot tu fais !
-Pourquoi ? demande Harry amusé.
-Ben il faut être idiot pour attendre quelqu'un pendant aussi longtemps.
-Ah ? Tu ne m'aurais pas attendu, toi, si les rôles avaient été inversés ?
-Non, je t'aurais botté le cul depuis longtemps.
Harry éclate de rire, puis il passe une main sur mes fesses.
-Ca aurait été dommage d'abîmer un aussi joli derrière.
Avec un petit soupir, il ajoute :
-Et puis si j'avais agi ainsi avec toi, tu te serais braqué et je t'aurais perdu totalement.
Il a raison. Harry est le seul qui m'ait jamais compris. Avec Graham... Et William...
Finalement, je n'étais pas si seul...
Mon amant m'attire davantage contre lui, et l'envie de le taquiner me prend.
-Aïe ! Tu piques ! Tu pourrais te raser...
Harry me regarde, ses grands yeux noirs remplis de surprise.
-Mais c'est toi qui...
-Moi ? je demande d'un air innocent.
Il passe une main sur ses joues rapeuses et soupire.
-Désolé, j'ai la flemme de me raser en ce moment.
Harry, tu es adorable. Tu ne changeras jamais, tu passes toujours ton temps à exaucer mes désirs, sans penser à toi.
Je passe mes bras autour de son cou et dépose un baiser sur ses lèvres.
-Je t'aime Harry.
J'entends son coeur s'emballer dans sa poitrine. Je ferme les yeux.
Dire que j'ai mis trente ans à trouver ma place. Mais maintenant que j'ai goûté au bonheur, je n'ai plus l'intention de le laisser s'échapper.
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